DU MODE D’APPLICATION
bilité animale, et qui prouve que l’espèce entière est appelée à réaliser son unité.
Ces premiers centres de population, dans lesquels les individus sont en relations directes et journalières avec la portion de leurs semblables qui habitent' le même lieu , et que l’on désigne en France sous le nom de communes, offrent donc l’élément alvéolaire de la société humaine. Et cette société, dans sa plus grande extension, ne saurait être conçue que comme un composé de communes,—quels que soient les rapports suivant lesquels celles-ci se composent elles-mêmes en nouveaux groupes appelés cantons, départements, provinces, nations, etc.'
En résumé, la famille, simple réunion do reproduction, ne constitue pas à elle seule' Félément social. La société n’apparait et ne se fonde, qu’avec ;la commune. La commune contient la réunion dereproduction ou la famille'; déplus, elle constitue, l’a ter lier du travail social, de la production industrielle, où les membres do l’espèce entrent en rapport pour . la création des éléments nécessaires au développement de la sociabilité humaine : enfin,.elle possède la propriété de .nouer des rapports extérieurs avec les autres centres de population.
Mais les rapports intérieurs des individus et des familles dans la commune , et les rapports extérieurs des communes entre elles, peuvent s’effectuer suivant des modes plus ou moins défectueux, plus ou moins parfaits. De la nature de ces rapports dépend la convergence ou la divergence des forces humaines, ' l’harmonie ou la lutte des individus dans lé sein des
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communes, des communes dans la nation, des nations entre elles. De la nature de ces rapports dépend le bonheur ou le malheur des individus, le bien ou le mal social.
Or, si l’on se rappelle ce que nous avons établi précédemment et d’une manière générale sur le Morcellement et sur l’Association, on comprendra avec la plus grande facilité que les sociétés peuvent appartenir à deux ordres, l’ordre sociétaire et l'ordre insociélaire ou morcelé :
• 4° L 'ordre sociétaire , fondé sur la commune associée, au sein de laquelle les individus et les familles combinent unitairement leurs capitaux, leurs travaux, leurs facultés de toutes sortes, pour la plus ■grande création des éléments du bien-être matériel et intellectuel de la société, et où les bénéfices de 'l’œuvre commune sont répartis proportionnellement àü concours de chacun dans l’atelier social organisé;
2° L 'ordre insociétaire , fondé sur la commune morcelée, au sein de laquelle les individus et les familles, simplement juxta-posés et non associés, fractionnent le noyau social, l’atelier du travail créateur, en autant d’ateliers disjoints et d’opérations divergentes qu’il y a de réunions de reproduction, c’est-à-dire defamilles: —ce régime, hachant le Sol, divisant et opposant les intérêts et les forces, engendre dans la commune la misère, la fourberie, l’hostilité, l’égoïsme et tous les fléaux qui affligent les sociétés barbares et civilisées.
Il est évident que la commune étant l’élément