‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 33 sur 37 · DU MODE D’APPLICATION · texte numérisé non relu

DU MODE D’APPLICATION

social alvéolaire, c’est de son sein qu’origine le bien ou le mal général.

Si le Morcellement règne dans les communes, les fléaux qu’il y engendre séviront dans le département, qui est une réunion de communes, dans la province, qui est une réunion plus grande encore. La société ne saurait être riche, prospère, unie, si la misère, le désordre, l’égoïsme régnent dans les communes qui la constituent à la base.

Dans tous les cas, les communes ou agglomérations de population sont de différentes forces : d’abord le village, puis le bourg, agglomération plus nombreuse servant de chef-lieu cantonal à un certain nombre de villages. Le chef-lieu d’arrondissement vient ensuite ; puis le chef-lieu de département ; puis la capitale de province ; et enfin la capitale de nation. Ici nous nous arrêtons forcément, car nous n’avons encore, ni les capitales continentales, ni la capitale du globe. Lés nations, les unes par rapport aux autres, en sont encore où en étaient entre elles leurs provinces il y a quelques siècles: leur union administrative n’est point encore opérée ; ‘ et quelque incomplet que serait ce résultat à lui seul, en face des conquêtes que doit faire l’hùma -7 nité, il n’est pas en la puissance de la Civilisation de le produire. Cette tâche est réservée à sue période sociale aussi supérieure à la période civilisée que celle-ci, avec ses arts, ses monuments et ses villes, 'est au-dessus de la période sauvage. ■ h '

Quoi qu’il en soit, il est bieii constant que le Morcellement, qui est leprincipe agricole et industriel

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de nos communes, et qui y établit l’incohérence et la lutte entre les familles, se reproduit aux degrés supérieurs de l’échelle sociale, et que notre terre tout entière n’est elle-même encore qu’une commune planétaire morcelée, incohérente, dont les familles, qui sont des peuples et des races, se spolient, se trompent, s’oppriment, et n’ont pas jusqu’ici cessé de se combattre.

Terminons cet examen de la constitution des sociétés actuelles, en observant que ces agglomérations plus ou moins nombreuses, qui forment nos villes et nos villages, n’ont été produites que par l’instinct, les besoins individuels et tout-à-fait accidentels des familles qui les onlfondées etsuccessivement accrues. Ce ne sont point de grandes raisons de prévoyance, tirées de la configuration du terrain, des circonstances topographiques, des besoins supérieurs du commerce, de l’administration, des convenances générales enfin, qui ont présidé au choix des emplacements de ces centres plus ou moins-nombreux de population. La plupart même ont dû leur origine et leur accroissement à' des circonstances qui n’existent plus. Si bien que la distribution de la population sur le sol réfléchit, elle aussi, par ses contre-sens, le principe des fausses relations sociales.

Les sociétés actuelles ont donc, de la base au sommet, le Morcellement pour caractère général. Or, qu’y a-t-il à faire pour substituer à ce caractère vicieux le caractère d’Association, et asseoir l’institution sociale sur ce principe, dans ses éléments et dans son ensemble ? Qu’y a-t il à faire, et par où

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