‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 8 sur 37 · ORGANISATION DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU TRAVAIL

l’attrait, ceux des sciences et des arts, pourvu tou; tefois qu’on s’y livre par vocation, et que ces travaux reçoivent la récompense qu’ils méritent. Les travaux répugnants sont surtout dans la catégorie de ceux qui n’exigent que l’activité matérielle de l’homme. Il faut analyser les causes des répugnances pour déterminer les conditions de l’attrait.

Causes ûe répugnance dans le travail.

L’insuffisance du salaire, l’insalubrité des ateliers, l’isolement, la trop longue durée des séances, le défaut d’émulation: voilà les principales caùses de la répugnance au travail.

Rétribution insuffisante. — En général, le travail est aujourd’hui mal rétribué. Combien d’hommes et de femmes s’excèdent de fatigue sans pouvoir suffire aux besoins de leur existence ! L’état de gène continuelle dans lequel ils vivent, et dont ils ne voient pas le terme, les décourage profondément. Le travail devient pour eux un supplice comparable àcelui de Sisyphe et des Danaïdes.—Au contraire, s’il est fortement rétribué, le travail prend de l’attrait. Cette condition est abondamment remplie dans l’organisation phalanstcrienne, qui a la propriété de créer beaucoup de richesses et de. les répartir aux diverses fonctions de manière à attirer les travailleurs dans chacune d’elles en proportion des besoins publics.

Insalubrité des ateliers. — La plupart des industries pénibles s’exercent actuellement dans des -conditions d’insalubrité. Les ateliers sont humides, sales, mal aérés, d’un aspect repoussant. La fabri-

32 troisième séance.

cation de certains produits donne lieu à des émanations délétères qui minent la santé des ouvriers, et •causent des maladies extrêmement graves : il y a tels d’entre eux dont la profession est si dangereuse qu’ils sont sûrs d’avance de ne pas atteindre l’àge de trente ans. Est-il étonnant que, dans ces conditions odieuses, le travail soit répugnant? Mais vouslui donneriez déjà un élément d’attrait, si vous construisiez des ateliers propres et sains, élégants même chacun dans son espèce, où l’air pur et la lumière .circulassent librement, et si vous préserviez de toute altération la santé des travailleurs.

Isolement. —L’homme s'ennuie dans l’isolement. Le'laboureur, seul au milieu d’un champ, travaille mollement, sans plaisir. Mais le charme se répand dans les travaux laits en réunions plus ou moins nombreuses, témoin l’ardeur et lagaité qui animent les ■groupes de travailleurs à l’époque des fauchaisons, des moissons etdes vendanges. Il faut donc, pour exciter battrait, que les travailleurs s'embrigadent par sociétés d’amis, se forment en groupes joyeux.

Monotonie et continuité du travail. — La plus grande cause de répugnance des travaux est leur continuité. L’homme a des facultés physiques, morales et intellectuelles. La nature veut qu’il développe toutes ses facultés : c’est pour celaqu’elle attache l’ennui et le dégoût à tout travail trop longtemps soutenu. Les jouissances même fatiguent, lorsqu’elles sont trop prolongées. Le plus bel opéra, s’il durait dix heures, serait insupportable : les spectateurs déserteraient la salle. Que penser de notre

organisation dü travail. ; 33 régime industriel, qui condamne- un homme à faire le même travail-pendant quinze heures .de la journée, pendant six jours de la semaine,. pendant douze mois de l’année, et ne lui permet d’exercer qu’une ou deux dcsfacultés si nombreuses dont Dieu l’a doté?—La nature exige impérieusement que. l’élément de variété soit introduit dans les. travaux. ,

Absence d’émulation. — Un autre élément nécessaire est la rivalité. Les hommes sont capables des plus grands efforts lorsqu’un sentiment de rivalité joyeuse ou de noble émulation les anime. Un des avantages de laconcurrence, d’ailleurs si désastreuse, est d’exciter une émulation qui a pour résultat le perfectionnement des produits.de l’industrie. SI. Considérant prouve, par plusieurs exemples puisés dans l’expérience, que si des travailleurs quelconques manquent d’activité lorsqu’ils opèrent confusément, il suflit de les diviser en .deux ou plusieurs groupes pour qu’à l’instant il s’établisse entre les groupes opposés des rivalités ardentes qui ont la propriété de doubler l’cnergie des individus et de déterminer subitement chez eux un acharnement passionné au travail.

Moyens (le rendre te travail attrayant. — Organisation des groupes et des séries.

Les' conditions nécessaires pour rendre le travail attrayant sont satisfaites par l’organisation de la commune associée,

Chaque genre de travail est confié à un certain

•;y k TROISIÈME SÉANCE,

nombre d’hommes, de femmes ou d’enfants, qui en

ont pris par goût la responsabilité, ebdontl affiliation forme une série. La série se divise en plusieurs (trouves : chacun de ces groupes s’adonne a une espèce à une variété du travail de genre exercé par la série. Par exemple, tous ceux qui se sont charges de la culture desgraminées composent une desseras de la branche des travaux- agricoles, et les membres : de cette ‘série qui s’occupent spécialement de telle - graminée forment le groupe spécial de cette culture. — Tout individu appartient à plusieurs senes et ■ m’enrôle dans les groupes qui lui conviennent : il ne consulte que ses goûts, ses aptitudes, ses talents propres. Cette latitude assure l’essor des vocations.

Division du travail.—'Variété des fonctions.

On voit que l’organisation des séries et des groupes "permet de pousser aussi loin que l’on veut la division du travail, préconisée avec raison par tous les économistes, et de l’appliquer a toutes les branche» de l’industrie. De plus, la division du travail se combine

avec la variété des fonctions, de sorte que dans ta phalange, chacun peut exercer toutes scs facultés, développer toutes ses vocations ; tandis que, dans notre système de morcellement, un homme est. applique tout le jour, toute l’année, toute la vie, a une seule profession, ou même à un détail minime de cette pro- ■ fession ! — L’industrie actuelle réduit 1 homme a l’état d’automate et de machine : elle use ses organes et abrutit son intelligence. L’ouvrier voit ses mem-

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