CHAPITRE IV
SUBDIVISION DE LÀ THEHMODTNÀMIQUB EN DEUl BRANCBES DISTINCTES.
Ni dans Tlntroduction, ni dans le corps même de cet Ouvrage, je n'ai annoncé à mes lecteurs les divisions auxquelles j'avais l'intention de m'astreindre dans le cours de mon exposition. Je n'ai tracé aucun cadre, bien moins encore quoi que ce soit qui pût ressembler à un programme. La marche que nous avons suivie nous était pour ainsi dire dictée par l'enchaînement même des faits; elle était si naturelle, si logique, qu'il était fort inutile de la justifier à l'avance.
Au point où nous sommes arrivés, il devient, par deux raisons différentes, nécessaire de procéder autrement et de poser au moins quelques repères, quelques jalons principaux.
D'une part, la théorie mécanique de la chaleur se divise, comme nous allons voir et comme l'annonce le titre de ce Chapitre, en deux branches très-distinctes. Cette division sans doute est encore naturelle et logique ; elle repose sur l'essence même des phénomènes étudiés ; mais elle ne saute nullement aux yeux et, j'ajoute, elle n'a jusqu'ici pas été définie aussi catégoriquement que nous serons amené à le faire; que dis-je! l'examen des phénomènes de l'une des branches, auquel elle mène, a été évité par la plupart des auteurs, par suite d'une espèce de crainte prudente. Il devient donc indispensable de l'accentuer dès à présent très-nettement, sauf à la légitimer ensuite de mieux en mieux dans l'exposé même des faits.
D'autre part, après avoir posé et démontré les propositions fondamentales de la Thermodynamique, nous sommes amené maintenant à en faire l'application et à en tirer les résultats utiles dans l'étude des phénomènes. Or le nombre de ces applications, le nombre des faits physiques, chimiques, mécaniques, qui sont pour ainsi dire régis par les lois que représentent nos deux propositions, ce nombre, dis-je, est presque illimité : il y aurait plus que de la présomption chez un auteur quelconque à vouloir les embrasser ou seulement les indiquer tous. A un point de vue personnel, il est donc utile que j'indique, au moins sommairement, quels sont les genres de phénomènes à l'examen desquels je me limiterai.
Définition et objet de la première branche de la Thermodynamique.
Nous avons vu, à plusieurs reprises déjà, que la quantité de chaleur Q, nécessaire pour porter l'unité de poids d'un corps quelconque d'une température ^o à une autre f i > < /©? sipour expression