KT
d'où
f^ = fi -^ A(P.-t-R.)(V.-Y )-| rfV K L RT, JV— v'
En intégrant entre les limites
R = R<„ R = R, V = Vo, V = V, nous avons
d ou il resuite, en posant i H — —- — :^ = i -f- a,
Telle est la relation remarquable qui existe entre le volume interatomique et la pression interne supposée homogène. En introduisant cette valeur de R dans l'expression de la loi de Mariotte et Gay-Lussac corrigée, on a enfin, sous une forme tout à fait générale,
équation qui ne renferme plus que trois variables, susceptibles chacune d'une mesure expérimentale directe, et qui s'applique à une vapeur quelconque à partir du point de saturation inclusivement, jusque, inclusivement aussi, à celui où, par une addition de calorique, par la surchauffe en un mot, cette vapeur a été de fait convertie en un gaz parfait.
La loi de Mariette et Gay-Lussac corrigée peut se mettre , sous la forme
T To
Par abréviation, je la désignerai désormais par le symbole
( -U 6 n'étant autre chose que le traitait potentiel total que
représente le gaz ou la vapeur à la température absolue T. Je désignerai de même par (gj) la relation
P(V - >F) = Po(Vo - Y) = const.,
que nous avons établie depuis longtemps, et dans laquelle P ( V — W) n'est aussi autre chose que le traitait potentiel externe que représente le gaz à T. Enfin nous désignerons naturellement par ( - E= w J la loi que nous avons tirée de la combinaison de ( =; J et (w) ou
Je reviendrai ailleurs comme il convient sur ces désignations, qui n'ont rien d'arbitraire. La première ( - j ? prise toutefois sous une autre forme et dans une autre acception, appartient à l'un des plus beaux travaux de M. Clausius.
Nous devons maintenant examiner dans quelles limites R peut être considéré comme homogène dans les gaz et dans les
vapeurs, et, par conséquent, dans quelles limites les lois ( - j et f ~ ^ w j répondent aux faits.
§in.
Degré d'homogénéité de R dans les gaz.
Notre équation
ne renferme, comme on voit, que deux termes, R© et u© ou V, qui ne nous sont pas immédiatement connus comme valeurs numériques. Occupons-nous de leur détermination.
En ce qui concerne Y, et lorsqu'il s'agit des vapeurs et siirtout des gaz, nous pouvons, sans erreur sensible, poser
Ce terme, en effet, comme nous verrons, ne dépasse jamais o,ooi.Vo et ne s'abaisse jamais au-dessous de o,ooo5.Vo, à quelque gaz ou vapeur qu'il se rapporte, V© étant le volume spécifique à zéro et 0,76; il n'est donc jamais aussi qu'une faible fraction du volume spécifique V sous les pressions modérées où se font nos expériences. Une détermination plus précise de ^ ne devient nécessaire que quand, par un abaissement de température ou par une pression considérable, le volume V devient relatwement petit. Approximativement nous pouvons admettre la valeur moyenne 0,00076 . V© pour les gaz qui vont nous occuper.
En ce qui concerne R©, nous ne disposons, quand il s'agit des gaz, que d'une seule méthode pour le déterminer ; quand il s'agit des vapeurs, nous arrivons, au contraire, à plusieurs méthodes qui présentent un intérêt tout neuf. Voyons d'abord
comment l'équation /- ^co] peut être appropriée à tel ou
tel gaz donné.
Supposons P connu pour deux volumes particuliers, de sorte qu'on ait
Po pour Vo-T ou Y„ P, pour V, — T ou V,.
L'équation peut se mettre sous la forme
D'où il résulte, en prenant les logarithmes et en remettant pour (i -h a) sa valeur ci-dessus, et en remplaçant v par V,
Gîtte équation ne peut se résoudre, par rapport à R©, que par tâtonnements. Nous allons voir cependant que, quand on la réduit en nombres, la valeur de Ro est des plus faciles à en tirer.
Prenons pour exemple l'acide carbonique.
M. Regnault donne (*) un tableau indiquant l'accroissement de pression qu'éprouve ce gaz pour des diminutions déterminées de volume, à une même température.
Le volume maximum (relatif) de la Table ou 1914^9 répond à la pression minima o™, 774^3 ©n colonne de mercure. Le volume minimum ou 260,88 répond à la pression 5™, 449^6. La température n'est pas indiquée ; elle était sans doute entre
(') Relation des Expériences^ etc., t. 11, p. a36.
9 et 1 1 degrés, comme il en a été pour les autres gaz essayés : cela importe peu pour l'objet qui nous occupe. En prenant pour unité la pression 0,77403, posant par approximation \F = o, et nous rappelant qu'on a
K = o,i6463, E = 425, d' = 1,977414 (à zéro et o"',76),
nous obtenons
7,o4o63i5 == (i H- Ro) 7,â4oi564 - Ro- 7,34oi564*-^
et
(i -4- Bq) 13596.0,76
o, 16463.425.272,85. 1,977414 = i-h 0,2737035(1 -f- Ro).
En réduisant et prenant les logarithmes, on a
log (2:2^^ + ,) = 0,2369467(1 + R,).
ce qui donne, pour la valeur approximative de la pression interne de l'acide carbonique à 0,77403 et à 28a**, 85 (?),
et
Notre équation générale devient ainsi
en y laissant subsister les volumes relatifs de M. Regnault et les pressions en hauteur de mercure.
Si, à la place de V, nous écrivons le volume relatif 5 1 1,16, qui est le plus éloigné de 191 5 et 260,9 on trouve
La pression trouvée par M. Regnault était 1298469 ; la différence ne s'élève qu'à
La loi ordinaire de Mariotte donnerait
ou une erreur de près de 3 pour 1 00 en sens opposé.
Si, comme je suppose, la température était effectivement 10 degrés, la densité du gaz répondant au volume 1914^9 était sensiblement
et les volumes spécifiques étaient en raison inverse de ces nombres. On a donc approximativement
pour la pression interne à zéro et à 0,76, Notre équation générale devient par là
P = ao,a(ïT^ 235 «*•»"*,
P étant exprimé en kilogrammes par mètre carré.
Faisons l'application de l'équation ( - ^ w) à l'acide sulfureux.
M. Regnault a étudié la compressibilité de ce gaz dans des limites assez étendues et à deux températures (relativement) assez écartées {*). Prenons, pour établir notre équation numérique, la deuxième série (page !254)-
(0 Relation des Expériences^ etc., t. II, p. 264 et 355.
A 7*^, 7 ou T^ = a8o,55 et à o", 76283, la densité de Tacide sulfureux est très-sensiblement 2,79938. Le volume étant porté de 5 11,28 à 677,78, cette densité devient 2'*«^,iii7 : c'est la densité qui, dans le tableau de M. Regnault, répond à 7^7 et o*", 571 83.
Lorsque, sans changement de température, le volume est réduit de 677,78 à 281,71, la pression s'élève de o", 571 83 à 1"^, 341 58. Nous tirons de là, en remarquant qu'on a K=o,ii2f7,
et
,34,58 = (o,5,,83^R„,(to?)R.(g7^)-
I ^ a = X + (0,57183 -4- RQf 13596)
Résolue par tâtonnements successifs, cette équation nous
donne
R^ = o"*, 047604 ou 444^», 8,
pour la valeur de R© à 7°, 7, ou
T^ = 280,55 et P = 0,57183 ou 7775''«.
Il résulte de là
I + a = 0,298192 -f- 1 et
Nous sommes partis des valeurs extrêmes de la Table Regnault pour calculer R^. Pour soumettre à l'épreuve notre équation, introduisons la valeur de Y la plus éloignée de ces
extrêmes, le volume 469,72. Il vient
p= (0,57.83+ 0,047604) ig^ -0,047604 (|ij?.) '•"•"= 0,8.786!
la valeur de P indiquée par la Table est o™, 81 8^3.
Je passe à une seconde application plus frappante encore. Dans la troisième série d'expériences, la température était 1^7 ou T = 274,55. Au volume 677,78 répondait la pression o", 55838. Si de Téquation
nous tirons par tâtonnements la valeur de la densité, nous trouvons
d = 2''«,II2.
Au volume 3îi3,97 de la Table, cette densité était donc
Écrivant cette valem* dans l'équation, on a
La Tablé de M. Regnault donne 1,1 4453. La différence, comme on voit, est insignifiante. Cet exemple d'application
de f-^ Cl)] est d'autant plus frappant qu'il s'agit d'un gaz,
disons à! une vapeur arrivée presque à son point de saturation.
Le passage du volume 3^3,97 au volume 3o3,o6 est tout voisin de celui auquel M. Regnault a aperçu une rosée distincte dans son appareil. Contrairement à ce qu'on aurait pu
attendre, Tapplication de la loi ( - ^ a)| à l'acide sulfureux
donne des résultats plus approchés encore de la réalité que l'application à l'acide carbonique.
Appliquons enfin, comme dernier exemple, la loi [ - ^ «j
au cyanogène, dont la compressibilité a aussi été étudiée par M. Regnault [Relation^ etc., t. II, p. 253).
A zéro et à 0,76, la densité de ce gaz est (à peu près) 2*'*^, 33552. A o", 74108 et à 7^,7, on peut admettre très-approximativement
Le volume 758,56, qui, dans la Table de M. Regnault, répond à cette densité et à la pression 0,74108, étant porté à 841,95, la densité se réduit à
Jo= 2,21487 ^^^ = 1,9955.
On a donc, en partant des valeurs extrêmes de la Table,
et, en posant R = - ^^ > ^^ = 0,18462, on a aussi
IH- a = i-f- (0^66873 + R,) 13596
On tire de là
R, = o",i6585 ou 2255»'« et
Notre équation générale devient par là
P = ("'83458) TTp^^ - o,.6585 (^) •
Si, comme exemple, nous prenons le volume 59a,83 du milieu de la Table, et si nous remplaçons les densités par les volumes relatifs 841,95 et 592,83, il vient
La Table de M. Regnault porte o™, 94263.
§ IV
Degré d* homogénéité de R dans les vapeurs saturées, surchauffées.
Avant de nous occuper des méthodes de détermination et de vérification de R, qui sont spéciales aux vapeurs, construisons d'abord l'équation (-^a)j> comme nous l'avons fait
pour les gaz, et commençons par l'application à la vapeur d'eau, qui est à beaucoup près la mieux étudiée au point de vue des éléments dont nous avons besoin.
A 100 degrés, le volume de la vapeur saturée (à i atmosphère) que donne l'équation fondamentale
dt
est
Nous verrons bientôt que, quant à Teau, on a très-sensiblement
Il vient donc
Vq = 1,655389 — 0,00097 = 1,654419-
A 200 degrés et, par suite, à 1 5'*°*, 38o2 1 , la même équation
nous donne
D'après mes expériences, le volume de Teau à 200 degrés est
(V| r=z o"»%ooii54.
On a donc
En écrivant ces diverses valeurs de Po, P,, To, T|, u^, v, dans l'équation
et en nous souvenant qu'on a
K = 0,4, nous obtenons
i5 38o2i - ri + R ^ / 1. 654419 \ 47^.85
\o, 1262694/ D'où l'on tire, en passant aux logarithmes,
0,198338 4- o,3oi5272R, = log (i + ^i^^^S^j.
La valeur de Ro obtenue par tâtonnements est approximativement
R„ = o«^",io6i.
En d'autres termes, telle est la pression interne dans la va* peur d'eau saturée à i atmosphère et à loo degrés. L'équation
f = ^ û) ] devient ainsi
P= (lil^^L±^)ï o,,o6i(ii^)''"".
la pression étant exprimée en atmosphères.
En achevant les calculs indiqués, on a
Le lecteiu* se rappelle sans doute les expériences que j'ai relatées dans le volume précédent ; elles concernent les densités de la vapeur d'eau à des températures et à des pressions variées. C'est à l'aide de l'équation précédente que j'ai construit, dans les tableaux, la colonne des pressions dites calculées , en traduisant P en colonne d'eau (ou en multipliant les facteurs de la précédente par 10", 333). On a pu voir à quel remarquable degré le calcul répond à l'expérience. Je n'ai, en ce sens, besoin de donner aucune nouvelle vérification directe de la validité et du caractère rationnel de notre équation. Je passe aux méthodes de détermination de R qui sont particulières aux vapeurs.
En tout premier lieu, on voit que l'équation (^ ^wj est
susceptible d'un contrôle qui, quoique basé sur un calcul, est pourtant important en ce qu'il a pour point de départ les résultats donnés par l'une des équations les plus inattaquables