‹ Exposition analytique et expérimentale de la théorie mécanique de la chaleurChapitre 15 sur 72 · PH = M · texte numérisé non relu

PH = M

D'où il suit , comme on a coutume de le dire en mécanique : que le travail dépensé à mettre un . corps en mouvement est égal k la moitié de la force vive que possède ce corps.

La force vive ou le produit V» M est donc du travail emmagasiné dans un corps sous forme de mouvement : et elle doit, par ce fait même, la représenter, lui équivaloir intégralement. Mais je prouverai

aifleurs , je Fespère , avec toute la clarté désirable , qu'à moins de faire une hypothèse particulière sur la nature des forces , il nous est imposible d'aUer plus loin , et de confondre ces deux choses , comme on le fait en général.

Dans le cours de cet ouvrage, j'emploierai Tun ou l'autre de ces termes, selon la convenance du moment. J'éclaircis cette phrase par deux exemples très simples.

Dans nos usines mues par la vapeur (machine à calorique) , et où il s'agit en général d'un ouvrage continu et régulier à produire , la plupart des pièces des machines arrivent à un régime stable de mouvement, sinon uniforme, du moins périodique. Nous pouvons ici faire abstraction en quelque sorte de l'intensité particulière des vitesses, pour ne nous occuper que d'une vitesse générale, uniforme et invariable. Nous pouvons donc représenter toute l'action motrice du calorique par le produit d'un certain effort exercé, et d'un certain espace convenable parcouru sous l'action de cet effort.

L'emploi du terme de travail mécanique, traduit algébriquement par PH, convient ici mieux que tout autre.

S'agit-il au contraire des gaz enflammés dans un arme à feu, par eiemple, où l'action de la Forge calorique a pour effet de tirer du repos un corps plus ou moinslibre, le boulet ? Cette action se manifeste par le mouvement de cette masse matérieUe et s'y traduit sous forme de force vive, et par l'expression M V*.

En un mot l'expression de PH ou de travail mécanique convient partout où nous pouvons faire abstraction de la masse des corps en mouvement , et où nous ne considérons le temps , la durée que sous forme implicite.

Au contraire l'expression MV, ou de force vive, convient là où nous avons à nous occuper de masse, de changement de vitesse, et où, par suite, le temps intervient sous forme explicite.

Le mètre étant la base de toutes nos mesures et le kilogramme l'unité de poids ; l'unité de travail sera pour nous léut naturellement le kilogrammètre ou le kil. élevé à un mètre de hauteur, ou, ce qui est la même chose, un effort de 1^* exercé sur un parcours de 1*,

[ l^i Frottempnt.

' J'ai déjà parlé, dans la première partie, de la cbaleur développée par le frottement, et des interprétations qu'on a essayé de dcumer autrefois à ce sujet ; j'ai montré toute l'insuiSsance de ceUes-d. Je 'u'si à ajouter ici que quelques considérations générales.

Le frottement , dans nos machines, comme dans les phénomènes de la nature où il se présente , est compris parmi ce qu'on nomme les résistances passives, et il était considéré conmie une cause continue de perte de travail Ce dernier point de vue est juste par rapport & nous', il est complètement faux par rapport à l'économie de la nature. Dans nos usines, dans toutes nos machines, quelles qu'elles soient, dans une montre comme dans une machine à vapeur ' de mille chevaux, le frottement des pièces nous force i sacrifier une partie plus ou moins grande de la puissance disponible , et pour nous, cette partie constitue une perte réelle. Pour la nature, il^n'y a ici aucune pprte. Tout travail consommé en frottement est parallèle h un développement de calorique, et ce calorique , titre de Force, de cause capable de tirer la matière du repos ou de l'y faire rentier; représente, comme nous vem>ns bientôt, le travidl pour nous perdu. Une cascade, dont nous n'utilisons pas la puis^nce motrice, représente pour nous une perte de travail^ et, pendant de longues années, elle l'a représentée pourl'honmie de science luimôme : de feit il n'y a rien de perdu du tout ; le frottement, en détruisant le mouvement des mcdécules de l'eau , développe du calorique, qui représente intégralement, c(Mnme nous verrons^ la force vive annulée.

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