CHAPITRE X
DES APPAREILS QUI CONCOURENT A FORMER l’eNSEMBLE DU CENTRE NERVEUX CÉRÉBRO-SPINAL CHEZ LES REPTILES.
96. Les stratifications de substance blanche qui concourent à former chez les reptiles la portion rachidienne de Uappareil fondamental, ne diffèrent que très-peu des mêmes parties étudiées précédemment dans la classe des poissons. Elles offrent à leur superficie, ainsi que dans ces animaux , des sillons extérieurs à peine visibles, excepté dans les régions les plus rapprochées du crâne, où ils indiquent déjà la séparation qui doit s’opérer plus en avant entre les parties antérieures et les parties postérieures.
Des renflements à l’origine des nerfs des membres supérieurs et inférieurs ne s’observent pas toujours chez les reptiles. Ces renflements manquent nécessairement chez ceux qui sont privés de membres; mais on les remarque parfaitement bien dans les batraciens (crapauds, grenouilles) , dans les chéloniens {Testudo grœca) , où leur existeuc'e est fort remarquable; et ils prouvent, dans ces derniers animaux, que cette disposition anatomique n’est pas nécessairement en rapport direct avec la rapidité des mouvements des membres auxquels se rendent les nerfs nés de la superficie de ces renflements.
97. Lorsque ces stratifications blanches du prolongement rachidien sont parvenues aux cavités du crâne, elles se séparent comme dans les poissons en deux portions : l’une postérieure ou cérébelleuse , l’autre antérieure ou cérébrale.
La stratification postérieure ou cérébelleuse ne suit pas un trajet fort considérable ; car, presqu’aussitêt que sa séparation est effectuée et qu’elle s’éloigne des stratifications antérieures, elle se recourbe de
chaque côté en dedans, en arrière et en haut, et vient avec la partie qui lui est similaire de l’autre côté du corps, former une espèce d’arc, situé en haut et en arrière de la moelle épinière, qui, par son union avec une quantité plus ou moins grande de substance grise , forme le cervelet de cette classe d’animaux (pl. 6,^^. 71 , 73 , 74, 76, 78, 79, 81,83, 84,86,88, 89 b, b’).
Cette disposition est, dans la plupart des reptiles, d’une simplicité fort grande; mais nulle part cette simplicité ne paraît aussi évidente que dans les batraciens, chez lesquels cet arc est extraordinaire par son exiguité; ce qui a été la cause de l’opinion de plusieurs anatomistes, qui ont voulu qu’il n’existât point alors de cervelet.
98. Les stratifications de la partie antérieure de l’appareil fondamental se continuent depuis lu moelle épinière jusque dans l’intérieur du crâne, en avant et au-dessous des précédentes, qu’elles dépassent de beaucoup par leur longueur, et se comportent alors de la manière suivante, qui n’est pas non plus très-compliquée.
Chacune d’elles , après s’étre continuée pendant quelque temps, de manière à constituer la base de l’encéphale , après s’étre mise en contact avec le troisième organe de matière grise, passe au-dessus du clîiasma des nerfs optiques , rencontre le second organe cérébral de matière grise , y répand quelques prolongements que l’on peut apercevoir avec le secours d’une lentille dans plusieurs animaux , le lézard entre autres [Lacerta viridis), et se termine enfin dans un organe gris , situé tout à fait à l’extrémité du cerveau ; elle envoie à cet organe des prolongements de substance blanche , dont l’ensemble représente une sorte de couché lamelleuse très-mince, que l’on peut apercevoir en écartant l’une de l’autre deux masses de matière grise placées à la partie la plus antérieure de l’encéphale des reptiles (pl. 6, 74, 79, 84 , 89 , a, a').
Cette terminaison a, comme on le voit, la plus grande analogie avec ce que j’ai fait remarquer dans la classe précédemment étudiée; cependant, l’extrémité la plus avancée de la stratification antérieure ou cérébrale de l’appareil paraît ici s’être assez modifiée pour que
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
l’on puisse faire remarquer, que, loin de se présenter comme un simple Reptiles. — Appareil lilet situé tout à fait inférieurement comme dans les poissons , cette extrémité , après avoir passé au-dessus du chiasma et avoir fourni les expansions qui se rendent au troisième et au second organe de matière grise , se relève en avant de ce second organe et vient concourir à former de tous côtés la voûte qui le recouvre, et qui n’est séparée de ce deuxième organe que par la cavité ventriculaire.
99. Des particularités analoorues à celles qui ont été précédem- Axes des stratifications
^ ^ ^ blanches.
ment signalées dans les régions médianes de l’appareil fondamental des poissons, se remarquent également dans la classe des reptiles, où elles ne dill’èrent véritablement pas de ce que l’on peut observer dans les poissons.
Au fond des sillons médians antérieurs et postérieurs de la moelle épinière, et dans toute l’étendue de ce prolongement , les stratifications de l’appareil sont intimement confondues dans une portion médiane qui sépare en arrière et en avant le fond de chacun des sillons d’avec la colonne centrale de matière grise : on peut l’apprécier fort bien par des sections transversales multipliées.
La portion médiane des stratifications postérieures ne dépasse point la fin du ventricule cérébelleux ; elle s’étend jusqu’au niveau du calamus sci'iptorius , et laisse alors les parties latérales des stratifications postérieures se porter à droite et à gauche vers le cervelet.
L’extrémité supérieure de la colonne de matière grise de la moelle épinière peut alors , dans quelques espèces, apparaître à découvert à la superficie de la cavité ventriculaire.
La portion médiane des stratifications antérieures s’étend plus loin que la précédente; on en peut vérifier l’existence jusqu’au niveau de l’origine des nerfs de la cinquième paire, endroit au delà duquel il ne m’a pas paru possible de la découvrir.
Ces deux parties médianes doivent, autant que dans les poissons, fixer ici notre attention , à cause de la régularité qu’elles présentent depuis leur extrémité iuférieure jusqu’à leur terminaison supérieure.
Elles ne se développent en aucun point , leur volume ne s’accroît nulle
cxisteiit , voIlà tout cc quG l’on peut en dire, et plus tard nous verrons, dans les mammifères, combien les conditions de l’existence de celle de ces parties qui réunit les stratifications antérieures, auront alors subi d’intéressantes modifications.