‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 18 sur 66 · FONDAMENTAL DES OISEAUX · texte numérisé non relu

FONDAMENTAL DES OISEAUX

141. Les accumulations organiques de matière grise situées à l’ori- Premier groupe cle.s or-

^ ^ ^ gdues de matière gri.se.

gine des nerfs, sont moins développées encore que chez les poissons et

Oiseaux. — Appareil foodameDtal.

les reptiles ; le premier groupe des organes de matière grise n’est véritablement constitué dans la classe des oiseaux que par la longue colonne de matière grise de la moelle épinière ; et en mettant à part les tubercules optiques, il ne m’a pas été possible de reconnaître une seule masse de matière grise apparente aux endroits mêmes où se fixent les insertions des racines des nerfs.

La colonne de matière grise renfermée dans le centre de la moelle épinière est facilement appréciable , lorsque l’on pratique des sections transversales du prolongement rachidien, et surtout lorsqu’on place les fragments, ainsi retranchés, au foyer d’une lentille de verre, capable de les grossir du double ou du triple.

On voit alors que cet organe de matière grise s’étend depuis l’extrémité la plus reculée du prolongement jusqu’à sa partie supérieure; à cet endroit, il se termine au-dessus de l’angle inférieur du ventricule cérébelleux , entre les stratifications de substance blanche divergentes, qui montent à cet endroit vers le cervelet (pl. 7, fig. 91, 94, 95, 96, 107, 109, o A'; pl. 8,^^. 113, 114, 115, 116, 126, O b’ ; pl. 9, fig. 130 , 131 , 132, 136, o A').

En général , la section transversale de cette colonne fait reconnaître en elle un aspect qui rappelle ce que j’ai déjà fait remarquer dans les poissons et les reptiles. Elle se compose d’une portion médiane et de deux portions latérales , qui ne peuvent être séparées qu’artificiellement, car cette scission n’existe en aucune manière dans la nature ( pl. 7, fig. 99, 100 , 101, 102, 103; pl. 8, fig. 1 18, 119 , 120, 121).

La portion médiane réunit entre elles d’un côté à l’autre les deux parties latérales : on en constate l’existence dans toute l’étendue de la moelle, excepté vers la fin du quatrième ventricule , où elle disparaît au-dessous du niveau de l’endroit où se terminent les parties latérales qu’elle réunit.

142. Un canal , dirigé depuis le fond du ventricule cérébelleux, règne dans toute la longueur de cette portion grise médiane (pl. 7, fig. 99- 103; pl. 8, fig. 118-121). On peut le distinguer à la vue simple , mais

Canal de la moelle épinière.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

on ne Uétudie bien qu’à l’aide d’un verre grossissant. Ce canal n’a au- Oiseaux. — Appare

^ ^ ^ ^ fondamental.

Clin rapport, quoi qu’on en ait dit * , avec le sinus rhomboïdal , je m’en suis assuré niaintefois. II est possible, avec beaucoup d’attention, de le suivre au centre même de la substance grise située en avant des stratifications blanches postérieures qui forment le fond du sinus; plusieurs sections transversales de la moelle, à l’endroit du sinus, démontrent parfaitement ce que j’avance; et en en pratiquant successivement de nouvelles, les unes à la suite des autres (pl. 7, 100, 101, 102,

10:i; pl. 8, fig. 120, 121), on constate qu’après avoir été moins appréciable, quoique visible encore, dans la région où la profondeur du sinus est la plus grande, et dans laquelle, par conséquent, la colonne de matière grise est fort amincie, ce canal , de très-faible qu’il était pendant toute la longueur du sinus, reprend bientôt ses dimensions et redevient aussi évident , au delà de la limite inférieure de la cavité rhomboïdale , qu’il l’était dans les régions supérieures de la moelle.

Cette disposition s’apprécie très-bien dans toutes les espèces d’oiseaux avec les seules préparations que j’ai indiquées; mais si l’on est curieux de mieux la connaître, on doit avoir recours ici à un procédé que, malheureusement, j’ai très-rarement pu employer avec quelque succès chez les poissons et chez les reptiles.

Ce procédé est l’injection des vaisseaux artériels du corps à l’aide de la gélatine colofée par le cinabre. On peut démontrer que ce canal contient une artère centrale , et que cette artère, dont la coloration sert à faire voir la direction de la cavité qu’elle occupe, s’étend depuis le fond du quatrième ventricule jusqu’à l’extrémité postérieure du prolongement rachidien, et passe non sur le fond du sinus rhomlioîdal , mais en avant de la substance blanche des stratifications postérieures de la moelle'épinière qui tapissent le fond de ce sinus.

Cette manière d’étudier les parties est une preuve de plus du tort

* Tiedemann, l. c. , p. i.30, lig. 3*. « Les oiseaux nous présentent ce canal tant dans leur état ^

■ d'embryon que dans leur âge adulte. Chez eux il forme à sa partie inférieure une excavation • remarquable, que Stenon, Perniiilt, Jacoba-us et quelques autres auteurs, ont décrite sous le nom » de sinus rhomboidal ; chez eux aussi, la substance grise en occupe l’intérieur, et elle n’est ap- > pliquée nulle prt en plus grande abondance qu’aux parois de ce sinus. »

que l’on a eu d’assurer que le canal central de la moelle des oiseaux se dilatait pour former la cavité rhomboïdale , et d’affirmer que ce sinus pouvait être comparé à la division médiane que l’on croit observer dans les embryons humains.

143. L’examen des deux portions latérales de la colonne de matière grise racbidienne, réunies l’une à l’autre par la portion médiane qui vient d’être décrite , prouve que ces portions latérales montent depuis l’extrémité inférieure de la moelle épinière jusqu’au quatrième ventricule , au fond duquel elles apparaissent ; elles se terminent manifestement à cet endroit (pl. 7, fig. 94, 95, 96, 107, 109, o; pl. 8, fig. 116, o; pl. 9, fig. 131 , o).

Elles subissent une modification remarquable dans toute l’étendue de la cavité rhomboïdale.

Dans les gallinacés (pl. 8, fig. 120, 121), lesr parties latérales de la colonne grise ressemblent, à l’endroit où existe le sinus, à deux triangles , placés de chaque côté du corps et réunis sur la ligne médiane par la fusion de deux de leurs sommets; de chacun des deux autres angles, qui se distinguent fort bien lorsque les objets sont examinés par une section transversale, naissent les origines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens.

Cette disposition s’efface graduellement à mesure que l’on s’éloigne de la portion la plus élargie du sinus rhomboïdal. •

Dans le pigeon (pl.7,^^. 101, 102, 103), les portions latérales de la colonne de matière grise du prolongement offrent des caractères anatomiques analogues, sauf quelques différences dans l’épaisseur de ces sortes de triangles, et dans l’obtusion des angles qui les limitent. Toutes les espèces d’oiseaux que j’ai pu étudier ont à peu près offert les mêmes observations à mon examen.

144. Dans le reste de l’étendue de la moelle épinière au-dessus du sinus rhomboïdal, les parties latérales de la colonne de matière grise donnent encore l’occasion de faire plusieurs remarques , soit qu’on les étudie en masse , soit que l’on examine en détail le segment antérieur et le segment postérieur de chacune d’elles.

DE L’OHGAMSATION DU CENTRE NERVEUX

En niasse, elles présentent partout et dans tous les oiseaux un carac- Oiseaux. — Appareil

' * * fondanienlal.

1ère constant et coininun : d’abord c’est qu’elles communiquent toujours avec la portion médiane ; ensuite c’est que les apparences que leur section transversale fait apercevoir sont variables, soit aux diverses hauteurs du prolongement rachidien dans la même espèce (pl. 7, fig. 99, 100, 101, 102, 103; pl. 8, 118, 1 19, 120, 121) , soit à un même niveau dans chacune des familles de la classe des oiseaux.

Il est vrai que cette variété de formes générales- ne saurait être détinie d’une manière précise , mais on la reconnaît facilement en examinant simultanément plusieurs moelles épinières, et les figures que je produis à la fin de cet ouvrage serviront à faire comprendre les résultats que l’on peut espérer d’obtenir en portant l’observation sur un grand nombre d’espèces.

Si l’on étudie séparément chacun des segments de ces portions latérales, on reconnaîtra, je le pense, que le segment antérieur est constamment plus volumineux que le segment postérieur (pl. 7 , fig. 99, 100, 101, 102, 103oa; pl. 8,^9. 118, 119, 120, 121 oa).

Il est arrondi dans la plupart des animaux que j’ai pu examiner; ses dimensions paraissent être plus considérables dans les régions supérieures que dans les régions inférieures ; elles augmentent au niveau du renflement cervical ; elles s’accroissent également sur le point du prolongement rachidien duquel émergent les nerfs de la troisième paire.

Le segment postérieur est en général plus mince et plus effilé que le précédent; cependant, vers les régions supérieures de la moelle épinière, il s’arrondit et semble prendre alors , quoique sur une échelle moins grande, la forme du segment antérieur.

Au-dessus du renflement cervical, ce segment postérieur est à découvert en arrière jusqu’à l’endroit où les stratifications postérieures s’écartent l’une de l’autre pour se porter au cervelet; cette disposition curieuse se remarque surtout fort nettement dans le pigeon. .

Les origines des racines nerveuses s’implantent dans toute la longueur du prolongement rachidien sur chacun de ces segments des portions latérales de la colonne de matière grise.

Les racines antérieures naissent, ou mieux, se fixent sur le segment antérieur ; les racines postérieures sont au contraire en contact , par leurs extrémités, avec le segment postérieur. Cette origine des racines postérieures, très-évidente dans toute l’étendue de la moelle, le devient surtout aux endroits où le segment postérieur gagne la superficie ; et justement sur cet endroit de la colonne de matière grise qui est à découvert, on remarque fort bien les insertions des racines postérieures des premiers nerfs spinaux, et celles des filets d’origine de la huitième paire.

Les origines de la huitième paire, celles de la septième, de la sixième, de la cinquième et de la troisième paire, ne présentent, dans la classe des oiseaux, aucune de ces accumulations de matière grise si remarquables à la partie supérieure de la colonne grise de la moelle épinière.

Cela ne veut pas dire que tous ces nerfs soient dépourvus d’organes de matière grise à leur origine ; car s’il est difficile de démontrer la relation de l’extrémité terminale des filets de la sixième et de la troisième paire avec la colonne cendrée de l’intérieur de la moelle , il n’en est pas de même pour les filaments par lesquels commencent la cinquième, la huitième paire et le nerf auditif.

Avec le secours de sections transversales heureusement pratiquées au niveau de l’insertion de ces nerfs, on peut , si je ne m’abuse, constater leur insertion terminale sur l’extrémité de la colonne de matière grise de la moelle épinière , sur le segment postérieur de chacune de ses parties latérales.

Au delà des limites de la moelle épinière, on rencontre dans la classe des oiseaux , de même que dans tous les animaux vertébrés, un amas organique de matière grise placé de chaque côté de l’encéphale , à l’origine des nerfs de la seconde paire, et en avant de l’insertion des nerfs de la quatrième paire. Cet organe repose sur la lamelle intermédiaire, en arrière de l’insertion antérieure de cette partie.

Chacune des accumulations qui le composent à droite et à gauche , s’incline latéralement, de manière à laisser entre les deux organes et sur

DE i;0RGAMSAT40N DU CENTRE NERVEUX.

la ligne médiane, un certain écartement (pl. 1 ,fig. 91, 92, 93, 95, 96, Oiseaux. — Apparc 104, 105, 106, 107, 108, 109, c/, d^i-, pl. 8, fuj. 110, 111, 112,

113, 114, 115, 116, 123, 124, 125, 126, d, pl. 9,^5^. 127,

128, 129, 131, 132, 133, 134, 135, rf,

Le volume de ces organes , comparé à celui de l’encéphale , est assez considérable ; les prolongements qui constituent la lamelle intermédiaire , les séparent de la cavité ventriculaire au-dessus de laquelle ils s’étendent.

Une légère couche de substance blanche , prolongement de l’extrémité des nerfs optiques, recouvre leur superficie, de sorte que, dans certaines espèces, ils paraissent au premier coup d’œil formés par la matière blanche ; mais un examen plus attentif et une section perpendiculaire à chaque organe , prouvent qu’a lors au-dessous de cette couche superficielle de matière blanche , s’étend une accumulation considérable de matière grise.

L’espace, plus ou moins large suivant les espèces, qui sépare l’un de l’autre ces deux organes parallèlement placés dans l’encéphale, est parcouru par des stratifications de matière blanche, tantôt simples, tantôt multiples, qui se portent directement de l’un à l’autre, et établissent entre eux une sorte de commissure au-dessous de laquelle se peut distinguer le prolongement très-mince de la lamelle intermé- • diaire qu’elles cachent en plus ou moins grande partie, et auquel ces stratifications transversales adhèrent intimement (pl. 7, fig. 95,

109, d, d 2; pl. 8, fig. 1 15, rf, d^\ pL 9 , fig. 131 , 132 , c?, d^).

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