‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 19 sur 66 · CHAPITRE XYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYII

DES ACCUMULATIONS DE MATIÈRE GRISE PLACÉES A l’eXTRÉMITÉ DES STRATIFICATIONS BLANCHES INTRACRANIENNES DE l’apPAREIL FONDAMENTAL, DANS LA CLASSE DES OISEAUX.

Oiseaux. — Appareil 145. L’organe de matière grise situé à l’extrémité des stratifications gane cérébelleux, mtracraiiiennes postérieures ou cérébelleuses ^ constitue ce que I on nomme communément la substance grise des circonvolutions du cervelet (pl. 7, fig. 91, 93, 94, 95, 96, 104, 107, 109, b' ; pl. 8, fig. 110, 112, 113, 114, 115, 116, 125, 126, A';pl.9,^^. 128, 129, 130, 131, 135, 136, Â').

Il forme, à la superficie du renflement et des lamelles qui terminent en haut et en arrière les parties postérieures du prolongement rachidien , une couche de substance grise qui environne de tous côtés l’extrémité supérieure de ces stratifications, excepté dans la partie qui regarde le ventricule.

Pour recouvrir ainsi les stratifications de matière blanche , la substance grise se replie en formant un nombre variable d’élévations transversales séparées par de longs et profonds sillons, au centre de chacune desquelles se prolonge une de ces la melles de matière blanche dont il a été question.

Ces circonvolutions ont été le sujet de recherches intéressantes de la part de Carus et de Tiedemann. On peut conclure des observations de ces savants, et c’est également le résultat auquel je suis parvenu , que rien n’est moins constant que le nombre qu’elles présentent à l’examen.

Sur trois animaux de la même espèce , il sera possible, en comptant ces élévations successives*, d’obtenir des quantités très-différentes;

DE L’OUGAMSATION DU CENTRE NERVEUX

ainsi il n’est pas iuste , à mou avis , de répéter ce que l’on a certifié ; Oiseaux. — ApRarcil

^ F J. fondamental.

que dans la poule le nombre de ces lamelles transversales est de quatorze, que l’oie eu possède treize, puisque d’autres oies ou d’autres poules eu offrent douze ou seize.

Il faut doue se contenter de dire avec un anatomiste moderne (Lenret, Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec V intelliyence , tom. p. 281, 1. 18), que « renfermé )) dans des limites dont la moyenne est de quinze, le nombre plus )) ou moins ^and des lamelles du cervelet parait être en raison du w reste du volume de cet organe. »

Sur les parties latérales de cette masse de matière grise superficielle, quelques-unes des lamelles se prolongent, et, en dépassant en dehors toutes les autres , concourent à former deux appendices latéraux, longs de trois ou quatre millimètres suivant les espèces, s’enfonçant à droite et à gauche dans une cavité située sur la paroi interne du crâne, à la superficie de l’os temporal ( pl. 1 ^ fig. 91 ,9'^ , 104, 105,

108, b'; pl. 8, fig. 110, 112, 123, 124, A',* pl. 9, fig. 128, 129,

On voit d’après cette description succincte que l’organe de matière grise qui contribue à la formation du cervelet des oiseaux , n’a véritablement de ressemblance avec le même organe des poissons et des reptiles que lorsqu’on le considère du point de vue de sa position à l’extrémité intracrânienne des stratifications blanches postérieures de l’appareil fondamental. Les élévations et les enfoncements successifs de sa surface, qui constituent les lamelles cérébelleuses, donnent â cet organe une configuration particulière. Ces caractères, qui ne commencent à être véritablement appréciables que dans la classe des oiseaux, indiquent déjà des formes encore mieux dessinées dans les animaux mammifères.

146. Les organes de matière grise situés sur les stratifications intracrâniennes antérieures ou cérébrales des oiseaux, sont au nombre de trois , de même que dans les deux classes précédemment examinées ; je vais exposer successivement les particularités les plus intéressantes

Oiseaux. — Appareil offertes par chacun d’eux à l’observation , en commençant par l’étude

fondamental. * ' * 1

de celui qui est placé en dernière ligne.

Troisième organe Le troisième organe cérébral de matière grise des oiseaux est caché

cérébral. ^ ^

profondément dans le cerveau, en arrière et au-dessous du second et du premier organe de même couleur qui seront tout à l’heure étudiés; il est recouvert par eux, et, pour qu’il soit possible de l’apercevoir, il est indispensable d’écarter ces deux premières masses grises l’une de l’autre, ou d’enlever en partie la première (pl. 7, fig. 96, 98, 106, 108, 109, a'" ; pl. 8, fig. 114 , 115 , 116, 126, a'" ; pl. 9, fig. 131 ,

Il est situé de chaque côté du cerveau , immédiatement en arrière du second organe de matière grise et en avant du tubercule optique, de telle sorte qu’on pourrait le prendre au premier regard pour un tubercule placé en avant de celui qui reçoit l’insertion de la racine du nerf optique.

Cet organe offre à considérer trois faces : l’une profonde, par laquelle pénètrent dans son intérieur les irradiations des parties blanches à l’extrémité desquelles il se trouve placé; l’autre supérieure et externe, qui peut être remarquée en avant du tubercule optique (c’est la surface la plus considérable que présente cet organe, elle est arrondie et assez, lisse lorsqu’on l’a dépouillée du tissu cellulaire qui très-souvent l’environne, et sur elle tombe un nombre assez grand d’artérioles destinées à l’intérieur de la substance grise) ; la troisième est interne, et regarde la ligne médiane; elle touche la paroi homologue de l’organe qui est situé du côté opposé du corps; dans un certain espace de son étendue l’organe du côté droit se confond avec celui du côté gauche par la fusion médiane d’une partie de sa substance, qui rejoint par une espèce d’isthme transversal de substance grise l’organe opposé ; fait exactement semblable à ce que l’on observe dans les mammifères et dans l’homme, dans l’intervalle qui sépare sur la ligne médiane chacune des deux couches optiques.

Cette surface se voit dans la région des cavités ventriculaires; elle se développe en arrière et au-dessous de l’appendice pinéal , c’est-à-

DK i;ORGAMS\TION DU CENTRE NERVEUX.

dire postérieurement à l’endroit où le ventricule médian se prolonge par deux ouvertures latérales opposées , dans chaque côté du cerveau, entre le premier et le deuxième organe de matière grise que ce ventricule sépare l’un de l’autre.

147. Cette troisième masse de matière grise est, à mon avis , analogue à l’organe de même composition qui est situé, dans les classes des poissons et des reptiles, à la base de l’encéphale également en troisième ligne , mais dans une région plus inférieure.

Cette comparaison de deux parties dont la position n’est point la même, eût été beaucoup plus dillicile encore qu’elle ne l’est, si déjà nous n’avions pu constater que, dans certains reptiles , le siège de l’organe qui nous occupe change d’une manière complète, et que, lorsqu’il cesse d’être appréciable à la base de l’encéphale, on commence tout aussitôt à l’apercevoir dans les régions ventriculaires; fait très-important, que j’ai cherché à faire comprendre par l’observation des chéloiiiens. Il en résulte donc qii’après avoir été placées de chaque côté de l’encéphale au-dessous des stratifications antérieures, dans tous les pois.sons , dans les ophidiens, les sauriens et les batraciens , les masses organiques de matière grise cérébrale abandonnent cette position dans les chéloniens, laissent vide la place qu’elles occupaient dans les trois autres familles de reptiles, et sont alors visibles dans un niveau plus élevé, en arrière des organes de la seconde série.

Cette disposition , qui est pour la première fois appréciable dans les chéloniens, ne change jamais dans les oiseaux non plus que dans les mammifères; on peut donc, sur les oiseaux, regarder le troisième organe cérébral comme analogue à la masse de substance grise placée en troisième ligne sur les stratifications cérébrales de l’appareil fondamental des poissons et de la plupart des reptiles. Quoique la situation qu’il occupe dans ces difierentes circonstances soit entièrement opposée, il n’est pas impossible de constater nettement la régularité des variations qu’il subit, et d’apprécier, pour ainsi dire, le moment où, dans les chéloniens, sa position change pour présenter déjà

ce que nous étudions actuellement dans les oiseaux. Ce siège du troisième organe cérébral sera désormais invariable.

148. Pour apercevoir le second organe cérébral de matière grise dans la classe des oiseaux, il est nécessaire d’inciser longitudinalement le premier organe, de pénétrer dans la cavité ventriculaire du cerveau ; et alors, en écartant tout ce qui appartient au premier organe, on découvre parfaitement bien toute l’étendue de la superficie du second (pl. 7,^^. 95, 96, 97, 98, 106, 108, 109, a"; pl. 8,^^. 114, 115, 116, 117,a";pl.9,^^. 131, 132, 133, 137, a").

Il forme une masse irrégulièrement sphéroïdale, placée dans le ventricule cérébral et faisant saillie sur la surface intérieure de cette cavité.

Il peut être divisé en deux portions : l’une profonde, par laquelle pénètrent dans l’intérieur de la matière grise les extrémités irradiées des stratifications blanches qui s’y terminent, ou la traversent en la supportant; l’autre, superficielle, arrondie, lisse et formant un relief plus ou moins exhaussé dans le ventricule cérébral.

Par son extrémité postérieure et interne , cet organe reçoit les irradiations de substance blanche sur lesquelles il est placé; par son extrémité antérieure et externe, il se confond intimement avec la partie externe et antérieure du premier organe cérébral de matière grise.

Une section transversale ou verticale de ce second organe cérébral de matière grise est nécessaire, pour aider à l’intelligence de la manière dont les stratifications blanches se comportent dans son intérieur.

Les stratifications constituent, dans le centre de la partie grise , des stries très-apparentes , que l’on remarque surtout à cause de la ressemblance qu’elles paraissent établir entre la structure de cet organe et celle que l’on observera dans l’organe analogue des mammifères (corps strié).

Le deuxième organe .cérébral est le plus volumineux de tous ceux que l’on peut étudier sur les stratifications antérieures de l’appareil

DK L’OHGAMSATIüN DU CEIS ^RE NERVEUX.

fondamental des oiseaux ; il compose , presqii’à lui seul , la plus grande Oiseaux. — Appareil partie de la masse des hémisphères du cerveau. Le premier organe de matière grise, malgré sa présence au-dessus du second , est presqii’entièrement elVacé par ce volume énorme , aussi n’est-il pas étonnant que quelques anatomistes aient négligé de porter leur attention sur le premier organe, qui semble assez peu apparent à une observation inattentive.

C’est véritablement dans la classe des oiseaux que , toute proportion générale conservée, le deuxième organe cérébral de substance grise présente les dimensions les plus considérables relativement aux autres organes composés de la même matière, situés en avant ou en arrière de lui.

Puisque, sur les animaux de cette classe, il constitue au moins la moitié de la masse totale de l’encéphale, son relief est par conséquent bien supérieur à celui qui appartient au second organe cérébral de matière grise situé sur les stratifications intracrâniennes antérieures de l’appareil fondamental des poissons et des reptiles.

149. Pour faire comprendre la disposition du premier organe cé- premier ^ganc cérébral de matière grise des oiseaux, il faut l’examiner premièrement dans son ensemble, et ensuite sous chacune des faces qu’il possède.

Il est placé à la partie antérieure et supérieure du cerveau, dont il représente toute la superficie supérieure interne, inférieure et externe; il couvre la cavité ventriculaire, qui le sépare du second organe précédemment étudié; on l’aperçoit avec la plus grande facilité après l’ablation de la dure-mère et de l’arachnoïde , sous la forme d’une lame assez mince de matière grise (pl. 7, fig. 91 , 92, 93, 94, 95, 96, 97,

98, 104, 105, 106, 107,108, 109, a'; pl.8,/ï^. 110,111, 112, 113,

114, 115, 116, 117,123,124, 125, 126, o'; pl. 9, fig. 127, 128,

Sa face interne est sur la ligne médiane, et forme de chaque côté une des parois de la grande scissure médiane qui sépare les deux hémisphères.

Dans cet endroit, la matière grise se mêle et se confond avec les

Oiseaux. - A,. pare, 1 prolonffements des stratifications intracrâniennes antérieures , à l’ex-

londdnientul. 1 O '

trémité desquels l’organe est placé; ces prolongements ont l’aspect de stries blanches fréquemment disposées en éventail.

La face supérieure de cette large et mince couche de matière grise est étendue sur une lame très-peu épaisse de substance blanche provenant des stratifications antérieures de l’appareil. Cette lame recouvre la cavité du ventricule en formant autour d’elle un enduit , dont l’épaisseur est souvent assez faible pour qu’on ne puisse alors le reconnaître, à moins de l’examiner à la loupe sur de très-petites parcelles séparées avec des ciseaux, et placées de champ sur une lame de verre. Cette préparation n’est point nécessaire sur les encéphales dont le volume est assez grand , comme chez les poules , les hiboux , etc, etc.

Par sa face antérieure et externe , cet organe se confond avec la partie antérieure du second organe placé au-dessous de lui, comme je l’ai déjà dit § 147.

La délicatesse et l’amincissement excessif de ce premier organe cérébral peuvent empêcher au premier examen de le remarquer. Plusieurs anatomistes ne se sont certainement pas aperçus de son existence, à cause de sa ténuité, et l’ont confondu avec l’organe séparé de lui par la cavité ventriculaire, parce que ce premier organe enveloppe et recouvre en quelque sorte le second comme une écorce. Si l’on regarde sans attention , on ne voit qu’une seule masse de substance grise sphéroïdale au lieu d’en reconnaître deux , dont la première est superficielle et constitue la surface du cerveau, et dont la seconde, cachée sous la précédente, ne laisse apercevoir ses formes que par le soulèvement qu’elle imprime à l’organe qui la recouvre.

La dissection attentive d’un encéphale d’oiseau , placé sous une couche d’eau , ne laissera aucun doute sur la disposition et les rapports mutuels des deux premiers organes de matière grise, et sur la position du premier à l’égard du second.

La quantité de matière grise qui forme le premier organe n’est pas aussi minime que l’on peut le penser à la première vue. Il est vrai que l’épaisseur qu’elle présente est très-faible dans plusieurs points, et

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

surtout chez quelques oiseaux ; mais cette matière , répandue sur une superficie fort grande, occupe par conséquent un espace dont il est nécessaire de tenir compte. C’est principalement lorsqu’on compare le premier organe aux stratifications blanches qui viennent se jeter dans son intérieur, que l’on voit combien la masse de matière grise surpasse par son volume et ses proportions les prolongements de substance blanche qui sont en contact avec elle.

La disposition de cet organe m’a paru telle que je viens de la décrire dans toutes les espèces d’oiseaux que j’ai pu me procurer. Elle est totalement différente, on n’en saurait douter, de ce que l’on voit dans l’encéphale des poissons , dont le premier organe cérébral de matière grise est globuleux ; elle offre plus de ressemblance dans son ensemble avec la disposition du même organe dans la classe des reptiles , chez lesquels cette masse organique est également mince et quelquefois pour ainsi dire membraneuse. Mais un caractère anatomique principal 'les sépare dans ce cas, c’est qu’aucune stratification de substance blanche ne s’étend dans les oiseaux entre la partie droite et la partie gauche , tandis qu’un segment bien évident de l’appareil secondaire est placé entre les deux premiers organes cérébraux de matière grise dans les reptiles , et les réunit par une commissure transversale.

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