CHAPITRE XIX
DE l’appareil secondaire DU CENTRE NERVEUX DES OISEAUX.
154. On ne remarque rien dans l’encéphale des oiseaux qui puisse Oiseaux. — Appareil
1 1 * * secondaire.
annoncer la moindre trace de l’existence d’une portion de l’appareil
^ Desraoulins et Magendie, Anat. du syst. nerveux des animaux vertébrés, P® part., p. 211 , lig. 5 et suivantes.
Oiseanx. — Appareil secondaire entre les deux parties latérales du cervelet : on ne pourra donc faire observer et analyser ici que des commissures placées entre les organes de matière grise qui reposent dans le crâne à l’extrémité supérieure des stratifications blanches de l’appareil fondamental.
Le troisième organe cérébral de matière grise, celui qui reçoit l’insertion antérieure de la lamelle intermédiaire, ne présente aucune ’ sorte de stratification transversale de matière blanche , l’unissant à
l’organe situé du côté opposé de l’encéphale.
Les deux organes similaires sont simplement soudés entre eux sur la ligne médiane, par une fusion mutuelle de leur substance qui réunit à cet endroit les parois opposées de la cavité ventriculaire ; ces deux parois, en se confondant ainsi par une sorte d’isthme transversal, offrent à l’examen une disposition que nous retrouverons désormais dans les mammifères aussi bien que dans toutes les familles d’oiseaux.
Commissure des seconds 155. Lcs dcuxièmcs orfifancs cérébraux de substance grise présen-
organes cérébraux. • ^ O 1
tent manifestement , dans l’intervalle qui les sépare l’un de l’autre sur la ligne médiane, une commissure transversale dirigée de droite à gauche et formée de matière blanche. Ce fragment de l’appareil secondaire s’étend d’un organe à l’autre, et de chaque côté se perd dans l’épaisseur des amas de matière grise de cette seconde série, en s’y divisant en plusieurs irradiations très-délicates (pl. 7,^^. 94, 96, 106, 107, 108, 109, a" + ; pl. 8, fig. 114, 116, 125, 126, o" -f ; pl. 9, fig. 130, 131, 136, 137, «"4-).
Cette commissure des seconds organes cérébraux est visible au devant de la limite antérieure du troisième organe immédiatement placé derrière eux , en avant et au-dessous de l’implantation du corps pinéal sur la lamelle intermédiaire. C’est au devant de l’insertion antérieure de cette lamelle que ce fragment de l’appareil secondaire est facile à découvrir.
Au devant de cette commissure transversale de substance blanche, passe, en suivant une direction entièrement opposée et en formant un angle droit avec elle , la portion des stratifications antérieures qui se dirige, en s’étalant en éventail à la surface de chaque hémisphère.
vers le premier organe cérébral de matière grise , et tapisse chaque oueaux. - Appareil
• 1 • • • secondaire..
paroi de la grande scissure médiane ^ pour arriver jusqu'à la convexité supérieure du cerveau. On distingue cette commissure en écartant l’un de l’autre les deux hémisphères cérébraux. On en reconnaît les terminaisons antérieures et postérieures par une section de l’encéphale dirigée horizontalement d’arrière en avant, jusqu’au niveau convenable , en faisant passer cette section à peu près dans la partie moyenne des organes que la commissure sert à unir.
On apprécie la hauteur à laquelle est placée cette commissure en coupant verticalement la masse totale du cerveau , depuis le haut jusqu’en bas, de manière à ce que ce segment de l’appareil secondaire fasse partie du plan de la section par son bord antérieur.
Par sa position cette commissure ferme en avant le ventricule médian. En dehors et en arrière de sa portion médiane, entre les deux hémisphères, on distingue à droite et à gauche un petit pertuis qui fait communiquer de chaque côté le ventricule médian avec les cavités ventriculaires situées dans les hémisphères cérébraux, entre les deux premiers organes antérieurs de matière grise dépendant de l’appareil fondamental. •
156. Je n’ai pu constater l’existence d’aucun fragment de l’appareil secondaire dans l’intervalle qui , sur la ligne médiane, sépare le premier organe cérébral de matière grise de celui qui lui est opposé de l’autre côté du corps, et je ne crois pas que les oiseaux soient pourvus d’une commissure à cet endroit du centre nerveux.
On a le droit de penser en examinant les planches gravées des ouvrages de Carus que la partie désignée par ce savant anatomiste sous le nom de commissure antérieure, est exactement la meme stratification de substance blanche que je viens de décrire, en lui donnant le nom de commissure des deuxièmes masses organiques cérébrales de •matière grise.
Je n’ai pu vérifier l’existence de ce que Meckel {Arch. fur die Phy-
' Versuch einer Darstellung des Nervensystems. Leipzig, 1814; tab. IV, pl. VII, X. XIX.
Traild d'anal, comp., trad. par Jourdan, (ig. V, pl. XV.
Oiseaux. — Appareil secondaire.
siologie, tom. II) appelle les rudiments de la grande commissure cérébrale ou du corps calleux. Une portion meme très-minime de cette commissure ne s’est jamais présentée à mon observation dans la classe des oiseaux. Telle est aussi l’opinion de Haller, de Vicq d’Azyr, de Cuvier et de Tiedemann , et il est probable que Meckel a été induit en erreur à cet égard.
157. Il est évident, d’après ce que je viens de dire, que l’appareil secondaire est loin d’avoir subi chez les oiseaux un accroissement qui l’élève au-dessus de l’appareil secondaire des poissons et des reptiles; il présente au contraire une disposition qui semblerait plutôt annoncer la décroissance de l’ensemble qu’il forme.
Dans la classe des poissons des commissures existent : premièrement entre les masses grises voisines des origines de la huitième et de la cinquième paire; secondement une autre commissure transversale de substance blanche s’étend sur la ligne médiane entre les deux premiers organes cérébraux. Dans les reptiles les commissures voisines des origines nerveuses précitées ont disparu , la commissure intermédiaire aux deux premiers organes cérébraux subsiste seulement encore. Dans la classe des oiseaux ces dispositions ont disparu complètement : le premier organe cérébral est totalement séparé de celui qui est son congénère , et les organes de la deuxième série sont , seuls dans l’encéphale, réunis sur la ligne médiane par un cordon transversal; ce fait curieux n’exprime-t-il pas une véritable dégradation de l’un des segments de l’appareil secondaire?
Il en résulte encore que, si l’organisation du fœtus humain avait parcouru les trois phases hypothétiques représentées par l’organisation des poissons, des reptiles et des oiseaux, elle devrait présentera des époques successives, d’abord une apparence du corps calleux, puis une disparition de ce corps calleux, de même qu’elle devrait offrir à l’observateur les variations dont j’ai déjà parlé dans la position des organes cérébraux de nature grise.
158. Aucun vestige de l’appareil tertiaire ne se remarque dans la classe des oiseaux. Cette opinion est, il est vrai, en contradiction avec
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
celle de Treviranus qui croit trouver des vestiges de l’hippocampe dans les oiseaux et même dans les poissons; mais comme ce savant n’a appuyé cette assertion d’aucune preuve ^ d’aucune figure, que l’observation la détruit formellement, et que même les animaux sur lesquels cet anatomiste assure avoir pu vérifier ce fait, ne laissent apercevoir, à mon avis, rien de semblable {Scolopaæ Gallinago) , me crois autorisé à la regarder comme entièrement dépourvue de fondement.
159. Les cavités ventriculaires de l’encéphale des oiseaux ^ com- Cavités ventriculaires de
^ 'n* l'encépb. des oiseaux.
mencent en arrière du cervelet, a l endroit ou les stratifications postérieures de l’appareil fondamental commencent à s’écarter à droite et à gauche. Elles s’étendent au-dessous du cervelet, et s’agrandissent alors : il en résulte qu’elles forment un assez grand espace ou un canal entouré par les parois que recouvre la substance blanche cérébelleuse (pl.7,^^. 94,95,107, 109;pl. 8,/iÿ. 113, 115, 125, 127; pl. 9, fig. 130, 131, 132,133, 136,137).
Ce canal ventriculaire se prolonge alors au-dessous de la lamelle intermédiaire, et arrive jusqu’à la commissure du second organe cérébral qui la limite en avant.
Au-dessous de l’insertion antérieure de la lamelle intermédiaire et de l’appendice pinéal, la continuité du canal est interrompue par la confusion, sur la ligne médiane , de la substance de chacun des troisièmes organes cérébraux, de sorte que la cavité passe au-dessus et au-dessous de cet obstacle.
En avant de l’espèce d’isthme que forme la substance grise , et vers chaque extrémité de la commissure qui borne le ventricule du côté du cerveau , se trouvent les deux petits trous précédemment indiqués, l’un à droite et l’autre à gauche , par lesquels la cavité ventriculaire médiane communique de chaque côté dans un ventricule latéral situé
* Recherches sur la structure et les fonctions de l’encéphale. Archives de Médecine, 18''23 , 3® vol., p. 230.
® Les cavités ventriculaires ne sont indiquées par aucune marque sur les planches, leurs limites les désignent suffisamment.
entre le premier et le second organe cérébral. Elle sépare ces organes Pun de l’autre , de sorte que le second forme le plancher on la paroi inférieure du ventricule, et le premier en constitue le plafond ou la paroi supérieure. On peut facilement démontrer cette communication, en poussant de l’air par un tube dans le ventricule médian, ou bien en y injectant de la gélatine liquéfiée par la chaleur, et en la laissant se coaguler par le refroidissement, ou bien encore, en faisant pénétrer un crin dans les orifices désignés.
Corps pituitaire des oi- La base ou le plancher du ventricule médian présente successivement
seaux. * *
à observer, d’arrière en avant, le sommet de la colonne de matière grise rachidienne à découvert au-dessous du cervelet; la face postérieure des stratifications blanches antérieures ou cérébrales, et plus en avant, au-dessousde la fusion médiane des troisièmes masses organiques cérébrales, une cavité en forme d’entonnoir qui conduit dans un corps ou appendice pituitaire (pl. 7, ^5^.93, 94, 107, X ; pL 8, 1 11, 112,
113, 123, 125, 126, x; ph 9,^^. 127, 129, 130, 134, 136, x).
Ce corps plus au moins volumineux, toujours situé à la base de l’encéphale , derrière le chiasma des nerfs optiques, en avant de l’origine de la troisième paire, m’a paru ne jamais manquer dans aucun des animaux soumis à mon observation.
160. Je crois avoir précédemment prouvé que la loi présentée par M. Tiedemann ne pouvait être en aucune manière admise après l’examen attentif des animaux de la classe des reptiles et de celle des poissons. Il ne me sera pas plus difficile de faire maintenant comprendre, soit en rappelant plusieurs faits, soit en cherchant à en indiquer quelques autres, combien la théorie des phases successives du centre nerveux des fœtus humains s’accorde peu avec l’observation anatomique des oiseaux.
Il est vrai que ce n’est pas dans la classe des oiseaux que l’auteur de cette opinion séduisante a choisi les preuves qu’il regarde probablement comme les meilleures , mais cependant il en indique quelquesunes : il a donc pensé que les anatomistes curieux de vérifier sa manière de voir ne s’arrêteraient point à des indications peut-être trop
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
brèves et trop vagues , et chercheraient naturellement à la corroborer par un plus grand nombre de preuves.
Comme j’ai fait voir que le sinus rhomboïdal des oiseaux est tout autre chose que le canal central qui parcourt la colonne de matière grise de la moelle épinière, je ne reviendrai point davantage sur ce point, je ferai seulement remarquer que la dissection de ce sinus est une de celles sur lesquelles s’appuie le plus la théorie que je mets en question.
Le seul fait qui pourrait être de nature à faire reconnaître une certaine analogie entre la disposition de la moelle épinière du fœtus humain et la disposition de la moelle épinière des oiseaux, est celui qui a été parfaitement signalé par M. Tiedemann et reproduit par M. Serres, et duquel il résulte que cet organe s’étend, dans l’homme, aux premiers temps de la vie fœtale, dans toute la longueur et jusqu’à l’extrémité du canal vertébral. Mais sur une observation de cette nature que l’on peut répéter dans les oiseaux, quelle qu’en puisse être l’exactitude, il n’est pas possible d’élever un système, sans le soutenir en même temps par la considération des autres portions du centre nerveux.
161. Si 1’ on admettait comme fondée l’opinion des phases successives, le cervelet du fœtus humain devrait d’abord présenter, comme on assure qu’il présente en effet , j usqu’au troisième mois de la vie intrautérine, les caractères généraux du cervelet des poissons et des reptiles ‘ ; puis il devrait immédiatement ensuite, si la théorie était juste , offrir les traces les plus générales de l’organisation des oiseaux.
Le cervelet des animaux de cette classe est constamment divisé par des lamelles transversales nombreuses , dont plusieurs sont fort profondes. Il n’en est point ainsi, depuis le troisième jusqu’au cinquième mois de la vie utérine, à la surface du cervelet de l’embryon humain. Il est donc impossible de vouloir qu’en ce point de l’encéphale, les deux organisations soient alors analogues dans l’homme et dans l’oiseau. Ici ce n’est pas seulement d’après ma propre expérience que
* Tiedemann, Anatomie du cerveau, traduit par Jourdan, p. 172 , lig. 1 et suiv.
je me prononce : je ne crains pas de m’appuyer également sur les observations mêmes de l’auteur de l’ouvrage sur V Anatomie comparée du cerveau ‘ .
1 62. Il n’y a pas , a-t-on dit , de protubérance annulaire dans l’embryon humain avant un certain âge; il n'y a point non plus de traces de cette partie dans l’encéphale des oiseaux ; donc l’embryon humain traverse une phase caractérisée par l’absence de protubérance. Mais examinons ce fait attentivement, et nous verrons qu’il sera loin de contenter une logique quelque peu sévère.
Yers la quatorzième semaine de la gestation (3 moisi) on découvre la protubérance annulaire dans le fœtus or, c’est justement à cette époque que l’on devrait apprécier la phase de l’organisation des oiseaux privés de protubérance.
L’examen des éminences optiques servira-t-il à faire reconnaître que ces tubercules sont organisés dans l’embryon humain comme ils le sont dans les oiseaux? en aucune manière, puisque ces tubercules n’apparaissent qu’au septième mois de la vie intra-utérine Voilà donc que l’un des caractères les mieux arrêtés de l’organisation du centre nerveux non-seulement des oiseaux, mais encore des reptiles et des poissons, l’unité des tubercules optiques, ne saurait être reconnu à aucune période de la vie fœtale. Car ces masses de matière grise, distinctes, se montrant à une époque où l’encéphale possède tous les caractères qu’il conservera plus tard, apparaissent alors non plus uniques de chaque côté, mais se suivant en une double série désignée sous le nom de tubercules quadrijumaux dans les animaux mammifères.
163. On pourrait, jusqu’à un certain point, penser que les trois
^ L. c., p. 45, lig. 15 (quatrième mois de l’âge de l’embryon humain) : « Il n’y a pas de sillons à )) la surface du cervelet. » L. c., p. 64, lig. 19 (cinquième mois) : « Quatre sillons transversaux à » la surface du cervelet. »
^ L. c., p. 45 , lig.»25 (quatrième mois) : « A la face inférieure de l’organe (cerveau) , on aper- » çoit la protubérance annulaire. »
^ L. c., p. 187, lig. 16 : « C’est à sept mois seulement qu’on commence à apercevoir les émi- » nences nates et testes. »
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
organes cérébraux de matière grise des oiseaux n’ont pas dépassé le degré de développement de la couche optique, du corps strié et de la substance corticale des hémisphères du cerveau de l’embryon, parvenu à la fin du troisième mois de la vie utérine, si l’on ne se rappelait que la matière grise de l’encéphale est très-difficilement appréciable chez le fœtus âgé de moins de cinq mois, et qu’en raison de cette circonstance la délimitation très-problématique des organes cérébraux rend toute comparaison bien incertaine.
On cessera de songer à la démonstration de ce degré parallèle d’organisation, en considérant que dans l’oiseau la seconde série seulement des organes cérébraux de matière grise est réunie de droite à gauche, sur la ligne médiane, par une commissure partout d’autant plus évidente, qu’aucun fragment de l’appareil secondaire n’existe entre la première et la troisième série des autres organes placés à l’extrémité intracrânienne des stratifications antérieures de l’appareil
L’encéphale de l’embryon humain, au contraire, parvenu à l’âge auquel il est censé ressembler par son organisation nerveuse non plus aux poissons ou aux reptiles, mais bien aux oiseaux, c’est-à-dire, au commencement du quatrième mois, offre à l’anatomiste les détails évidents qui font reconnaître la présence : premièrement du corps calleux * (ou de la commissure des deux premiers organes cérébraux de matière grise, mihi), secondement de la commissure antérieure ^ , commissure des corps striés (commissure des deux seconds organes cérébraux de matière grise, mihi). Or, si la théorie était vraie , cette dernière commissure devrait exister seule dans l’embryon humain comme dans les oiseaux, et la première ne devrait point avoir apparu.
164. S’il est vrai que le centre nerveux de l’homme traverse en s’accroissant la phase d’organisation propre aux oiseaux, de même qu’il
* Tiedemann, l.c., p. 51 , lig. 22 (quatrième mois, pl. 4, fig. 3) : « Les hémisphères sont unis au » devant, de là résulte le corps calleux fort petit à cette époque. »
^ L. c., p. 51, lig. 27 et suiv. (quatrième mois) : « La commissure antérieure est située au devant n de ces piliers ( piliers antérieurs de la voûte), »
a dû parcourir une autre période pendant laquelle les caractères distinctifs du reptile ou du poisson ont été nettement dessinés sur la matière , il y a une époque pendant laquelle il devrait être semblable dans sa portion encéphalique aux parties supérieures de Paxe cérébro spinal des oiseaux , c’est-à-dire, depuis la fin du troisième mois jusqu’à un moment auquel il revêt, dit-on , les caractères de l’organisation des mammifères. A cette époque, on ne devrait rencontrer au centre des hémisphères cérébraux aucune trace des diverses parties de la voûte, puisque ces parties manquent absolument dans les oiseaux. Cependant les détails de la voûte commencent déjà à pouvoir être décrits et dessinés sur l’embryon âgé de trois mois ’ ; ils se reconnaissent alors avec toute évidence, et précisément à cette période de la vie intra-utérine où l’on voudrait prétendre que l’encéphale du fœtus est semblable à l’encéphale de l’oiseau.
Je n’insisterai pas davantage sur ces faits , parce que je craindrais, en leur donnant de plus grands développements , d’être entraîné en dehors de la route que je me suis proposé de suivre.