‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 23 sur 66 · APPAREIL FONDAMENTAL DU CENTRE NERVEUX DES ANIMAUX MAMMIFÈRES ET DE · texte numérisé non relu

APPAREIL FONDAMENTAL DU CENTRE NERVEUX DES ANIMAUX MAMMIFÈRES ET DE

l’espèce humaine.

1 168. L’appareil fondamental des animaux mammifères offre, dans

sa généralité la plus étendue, de très-grandes ressemblances avec le même appareil considéré dans les trois classes de vertébrés dont il a été précédemment question.

Il est ici, comme dans les poissons, les reptiles et les oiseaux, le seul sur lequel se terminent en s’y insérant les racines du système nerveux périphérique; il est le seul dont les stratifications de matière blanche soient parallèles à l’axe du corps (pl. 2 , p^g. 14).

De même que dans ces trois classes, il est également le seul dont une des portions est contenue dans le canal rachidien , tandis que l’autre s’étend et se développe dans l’intérieur du crâne.

Comme partout ailleurs , cet appareil est composé de stratifications de substance blanche, d’accumulations isolées de substance grise et d’une lamelle intermédiaire qui réunit dans le crâne les régions antérieures aux régions postérieures.

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Malgré ces ressemblances, qui apparaissent largement dessinées Mammifères. — Appareil dans toutes les espèces, des différences énormes dans l’une des parties de cet appareil fondamental viennent imprimer au centre nerveux de tous les mammifères un caractère nouveau , que l’on ne saurait apprécier dans les autres classes.

Ce caractère dépend, comme je l’ai dit, de l’accroissement remarquable que prend vers les régions supérieures une des parties de l’appareil fondamental que j’ai déjà désignées sous le nom d’axes ou de portions médianes des stratifications rachidiennes.

L’un de ces axes, celui qui est placé transversalement en arrière au fond du sillon médian de la moelle, quine présente à l’observateur aucun développement supérieur dans les poissons, les reptiles et les oiseaux, s’éteint également dans les régions supérieures du centre nerveux des mammifères : c’est celui qui appartient aux stratifications postérieures de l’appareil. Il disparaît au moment à peu près où les éminences restiformes s’éloignent l’une de l’autre en montant vers le cervelet. Mais les dimensions de l’axe qui fait partie des stratifications antérieures s’étendent au contraire à mesure que la moelle épinière se rapproche des cavités du crâne, et deviennent telles, que des prolongements nés à droite et à gauche de chacun de ses côtés, débordent le bulbe rachidien. Ces prolongements latéraux de l’axe antérieur se portent vers les régions latérales du cervelet, viennent apparaître à la base de l’encéphale, forment à cet endroit la masse de l’éminence quadrilatère désignée sous le nom de protubérance annulaire, pour s’éteindre ensuite au delà du bord qui limite antérieurement cette protubérance.

La manière dont s’opère cette formation du pont de Yaroli par le développement de cette portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental, se présente dans les mammifères et chez l’homme comme l’un des faits les plus intéressants de tous ceux dont je vais essayer de présenter les détails.

Pour décrire convenablement et sans aucune confusion les stratifications de matière blanche de l’appareil fondamental des animaux mammifères, il est nécessaire d’établir une division artificielle dans

Mammifères. — Appareil la continuité qu’elles forment, et d’examiner d’abord ces stratifications

fondamental. • ? Il

pendant le trajet qu elles parcourent dans l intérieur du canal vertébral.

Dans toute l’étendue de cette cavité , elles constituent l’extérieur du long cordon médullaire connu de tout le monde, et dans l’épaisseur duquel les stratifications antérieures de l’appareil sont intimement rapprochées des postérieures.

Là j’examinerai d’abord sous le même coup d’œil ce que la nature a réuni , et ee ne sera qu’après cette étude simultanée de ces parties intimement rapprochées, que je chercherai à exposer les détails que présentent les stratifications postérieures et antérieures à mesure qu’elles s’élèvent des niveaux les plus inférieurs de la moelle épinière jusqu’aux régions les plus élevées du cervelet et du cerveau.

Les stratifications de matière blanche de l’appareil fondamental des mammifères , qui se prolongent dans une plus ou moins grande étendue de la longueur du canal vertébral de ces animaux, constituent la substance blanche de la moelle épinière, habituellement désignée sous le nom de cordons antérieurs et postérieurs du prolongement rachidien.

Dans les diverses espèces des animaux des trois classes précédemment étudiées , cette double portion de l’appareil peut être suivie généralement jusqu’à l’extrémité la plus reculée du canal vertébral; dans les mammifères , au contraire , cette observation ne paraît point pouvoir être faite , et constamment les stratifications blanches que nous allons examiner s’arrêtent à une hauteur variable du trajet qu’elles parcourent ailleurs en entier.

Plusieurs différences séparent sous ce rapport chaque famille des mammifères des autres familles ; mais sans entrer dans le détail des individualités qui me paraissent être assez multipliées et que je n’ai point l’intention d’énumérer , je me contenterai de faire remarquer que la limite la moins reculée des stratifications blanches du prolongement rachidien paraît se rencontrer dans l’espèce humaine.

Dans l’homme adulte, en effet, on voit qu’elles se terminent ordinairement à peu près à la hauteur de l’avant-dernière ou de la der-

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nière vertèbre dorsale , fait parfaitement observé par M. Serres, et Mummifères. — Appareil duquel ce savant professeur a su déduire habilement de hardies conséquences.

169. La superficie de ces stratifications présente une série de sillons à peu près parallèles, dirigés dans le sens de Taxe du corps, et d’autant plus faciles à reconnaître que l’on étudie des animaux plus voisins de l’espèce humaine par leur organisation.

De ces sillons les uns sont partout très-manifestes, ce sont les sillons antérieurs et postérieurs, tous les anatomistes sont d’accord sur leur existence ; les autres sont moins apparents et même tout à fait inappréciables dans beaucoup d’espèces, ce sont les sillons latéraux.

Si l’on joint la somme de ces deux sillons latéraux à celle des deux autres sillons sur l’existence desquels il ne peut être élevé de contestation dans aucune espèce , on comptera en totalité sur la superficie du prolongement rachidien six sillons, dont deux sont placés, l’un en avant et l’autre en arrière de l’organe, précisément sur le trajet de la ligne médiane , et dont les quatre autres sont , suivant les espèces , plus ou moins appréciables sur les côtés de la moelle, de telle sorte qu’il y en a deux à droite et deux autres à gauche , l’un est situé en avant et l’autre en arrière.

Chaque sillon latéral antérieur correspond à l’insertion des filets d’origine antérieure des nerfs rachidiens; chaque sillon latéral postérieur reçoit les insertions des racines postérieures de ces mêmes nerfs.

Il en est généralement ainsi dans toutes les familles des mammifères jusqu’au niveau postérieur de la protubérance annulaire; et, quoique dans plusieurs espèces, et particulièrement dans l’homme, une portion organique, le corps olivaire, se développe dans les régions supérieures du prolongement rachidien , ce fait n’apporte pas une sensible différence au nombre des sillons que je viens d’indiquer.

Le sillon latéral postérieur se confond alors avec celui qui sépare les éminences olivaires d’avec les prolongements restiformes, ,au fond duquel s’implantent les insertions des filets d’origine des nerfs de la huitième paire et du nerf glosso-pharyngien.

areii Lg silloii latéral antérieur vient se continuer avec le sillon qui sépare les mêmes éminences olivaires d’avec les prolongements pyramidaux, sillon dans lequel s’insèrent les racines des nerfs de la neuvième paire (hypoglosse) , et plus haut celles de la sixième paire crânienne.

Le fond de chacun des sillons latéraux de la moelle épinière s’arrête avec plus ou moins de netteté, suivant les hauteurs auxquelles on les examine et suivant les espèces, sur les parties latérales de la colonne de matière grise qui s’élève au centre de l’organe.

Cette observation , qui a déjà frappé plusieurs anatomistes, peut être faite dans toute la longueur du sillon latéral postérieur, depuis son extrémité inférieure jusqu’à son extrémité supérieure, mais elle ne saurait être répétée avec autant de précision sur tous les points du trajet du sillon antérieur.

Il est assez difficile de parvenir à faire cette remarque depuis le bas du sillon latéral antérieur jusqu’à la hauteur des filets d’origine du nerf hypoglosse. Mais à cette hauteur, et ainsi qu’au lieu où nait le nerf de la sixième paire, il m’a paru que la colonne de matière grise avait des rapports exacts avec le fond du sillon , à l’endroit de l’insertion de ces derniers nerfs, qui font suite aux origines rachidiennes antérieures.

170. Le fond des deux sillons du prolongement rachidien qui s’étendent antérieurement et postérieurement sur la ligne médiane du corps, et divisent en deux cette portion du centre nerveux, n’aboutit dans aucune des régions placées au-dessous de l’origine du premier nerf cervical à la colonne centrale de matière grise enveloppée par les stratifications rachidiennes.

Les axes ou les portions transversales de matière blanche dont j’ai déjà parlé (pl. 11,^^. 152, 153, sa, sp.; pl. 13, fig. 179, 180, sa, sp. ; pl. 14, p^g. 197, sa, sp) tapissent le fond de ces deux sillons, jusqu’à ce que, supérieurement, au niveau de la fin du calamus scriptorius , l’une de ces portions transversales disparaissant en arrière, la partie la plus élevée de la colonne de matière grise se trouve alors à découvert au fond du quatrième ventricule (pl. 1 1

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fig. 152,154,155, 156, 157,5a,sjo.;pl. 13, 181, 5o,sjo., etpl. 14,

jig. 198, 199, 200, 201,5p.), La disparition de l’une deces portions transversales n’est appréciable qu’en arrière, à l’endroit que j’indique. On ne saurait la reconnaître en avant; aussi de ce côté le sillon antérieur est-il partout terminé par un fond de substance blanche.

Certes rien n’est plus facile en apparence que la démonstration de ces sillons; cependant, en réalité, lorsqu’on s’approche de la nature, cette démonstration devient assez délicate et souvent douteuse, surtout pour ce qui concerne la plus grande partie de la longueur des sillons latéraux. Aussi cesse-t-on après un examen sérieux de s’étonner de la divergence des opinions existantes sur ce sujet.

Après ces sillons, on considère encore, à la surface de la moelle épinière des mammifères , des renflements dont l’un est dorsal , et l’autre lombaire, correspondant aux origines des nerfs qui se rendent aux membres de l’animal.

Si l’on en croit Desmoulins {Anatomie des systèmes nerveux , première partie , page 217) : a Cet excès de calibre de la moelle est en )) rapport avec les nerfs du toucher. » Cette opinion pourrait être appuyée par l’observation de l’homme, et principalement des chéiroptères , chez lesquels surtout le sens du toucher paraît être très-développé et s’exerce par une grande surface. Dans ces derniers animaux, en effet, le renflement supérieur est remarquable par son volume, et le renflement inférieur est si faible , qu’on serait même autorisé de dire qu’il n’existe point {Vespertilio murinus).

Avec non moins de raison on pourrait prétendre également que ces renflements sont en rapport direct avec la force musculaire et les mouvements des membres, car « le renflement supérieur est plus )) volumineux chez les taupes, le renflement postérieur est d’une » dimension considérable chez les animaux coureurs, comme les » chiens , les chevaux , les cerfs , etc » (Desmoulins , /. c., p. 218).

171. Si l’on coupe transversalement un prolongement rachidien, et si l’on regarde la superficie de la partie retranchée , on voit que les stratifications blanches forment une sorte de coque ou d’enveloppe

Mammifères. — Appareil foodamentaî.

■eii renfermant, dans toute sa longueur, la matière grise dont il sera question plus loin (pl. \ 152, 153, 154,155, 156; pl. n, fig. 179,

180; pl. 14, fig. 197, 198, 199, 200, 201 ;pl. 16, fig. 209, 211, 212, 214, 215 ; pl. M^fig. 218, 219 ; pl. 18, 213, 216, 217, 223).

L’épaisseur de cette enveloppe ne paraît pas être constamment la même aux différentes hauteurs auxquelles on l’examine. Il m’a semblé, mais je n’oserais affirmer que ce fait fût général , que partout où elle augmentait, le volume de la matière grise sous-jacente s’était également accru. On peut vérifier cette particularité dans l’espèce humaine, dans les solipèdes, dans les carnassiers et les rongeurs.

Cette sorte de long tuyau constitué autour de la matière grise par les stratifications de substance blanche , ne m’a présenté dans aucun animal la structure lamelleuse que quelques anatomistes regardent comme évidemment démontrée par un examen à l’œil nu.

Il est formé par un amas de fibrilles moniliformes, qui paraissent dirigées suivant le sens de l’axe du corps, c’est-à-dire, monter vers les régions supérieures ; mais lorsque l’on considère l’exiguité des fragments qui peuvent être examinés au microscope , on doit redouter d’être induit en erreur sur la direction de ces fibrilles. Peut-être, au lieu de se diriger verticalement, sont-elles placées horizontalement et pénètrent-elles péir une de leurs extrémités dans la colonne grise enveloppée par la substance blanche.

172. Si l’on cherche à considérer en détail les portions antérieures et les portions postérieures de cette enveloppe de matière blanche, on voit qu’il est assez difficile de reconnaître précisément la limite de chacune d’elles, et que les divisions antérieures, latérales et postérieures, établies dans plusieurs ouvrages élémentaires, sont plutôt spéculatives que réelles. Il est néanmoins possible de les admettre ; mais je préfère, pour la commodité de la description, désigner sous le nom de parties antérieures du prolongement rachidien celles qui sont limitées en arrière par les filets d’origine des racines postérieures, et sous le nom de parties postérieures celles qui sont bornées en avant par ces mêmes insertions des racines postérieures; de sorte que je confonds avec les

parties antérieures dans la même description ce que les anatomistes Mammifères. — Appareil

* * fondamental.

nomment faisceaux ou cordons latéraux du prolongement rachidien.

Je ne crois point à la démonstration possible de ces faisceaux latéraux ; leur existence repose sur des aperçus qui ne sauraient être appuyés sur aucune preuve anatomique. Je pense seulement que , lorsque Ton coupe transversalement la moelle épinière , il est permis de reconnaître que ce que je nomme stratifications antérieures du prolongement rachidien, se compose de deux parties situées l’une à droite et l’autre à gauche , réunies sur la ligne médiane par une portion transversale de substance blanche placée au fond du sillon médian antérieur; elles sont limitées en arrière par le sillon latéral postérieur, sur lequel s’implantent les racines postérieures des nerfs vertébraux.

Ce que j’appelle stratifications postérieures , résulte de l’ensemble de deux parties blanches placées en arrière , séparées sur la ligne médiane par le sillon postérieur médian, réunies au fond de ce sillon par une partie médiane transversale de substance blanche qui s’étend de l’une à l’autre et bornées en avant, de chaque côté, par le sillon sur lequel se remarquent les filets d’origine postérieure des nerfs vertébraux. Je vais actuellement commencer l’étude séparée de ces stratifications antérieures et postérieures, et, à l’occasion de chacune d’elles, j’examinerai leurs parties latérales et les portions médianes transversales, ou les axes qui réunissent en avant et en arrière ces parties latérales au fond des deux sillons médians.

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