CHAPITRE XXII
EXAMEN DES STRATIFICATIONS BLANCHES POSTÉRIEURES DE d’aPPAREIL FONDAMENTAL DES ANIMAUX MAMMIFÈRES ET DE l’bSPÈCE HUMAINE.
173. Les stratifications postérieures de l’appareil fondamental des Mammifères, — Appareil
animaux mammifères peuvent être observées dans toute la longueur *
Maniiuifères. — Appareil du centre nerveux , depuis les extrémités inférieures de la moelle
fondamenlaj.
épinière jusqu’au sommet du cervelet; elles se prolongent sans aucune interruption entre ces deux limites.
Malgré cette continuité absolue , de grandes différences séparent ces stratifications dans leurs régions les plus élevées et dans celles qui sont le plus inférieures. D’abord leurs dimensions ne sont pas les mêmes en bas et en haut : très-amoindries vers la terminaison du prolongement rachidien, elles augmentent de volume en s’élevant, et cet accroissement de matière devient surtout remarquable dès qu’elles commencent à pénétrer dans l’intérieur du crâne , pour aller constituer en grande partie la substance blanche des hémisphères du cervelet. Outre ces différences de volume très-variables suivant les espèces de mammifères , il en est une autre qui ne doit point être omise : elle tient à ce que la stratification existante à droite est unie à celle qui est placée à gauche , dans une grande étendue de sa longueur, par une portion transversale de substance blanche placée sur la ligne médiane, c’est à cette portion que je donne le nom d’axe des stratifications postérieures (pl. 11, 152, 153; pl. 13, 179, 180,
181;pl. 196; pl. 16, ^^.210).
Supérieurement cet axe ou cette portion médiane disparait, et les stratifications postérieures sont pour ainsi dire rejetées à droite et à gauche; ce fait se remarque au moment où les prolongements restiformes commencent à s’écarter l’un de l’autre.
Les stratifications postérieures , quoique toujours continues dans le trajet qu’elles parcourent, peuvent donc être séparément considérées, d’abord dans toute la longueur pendant laquelle on remarque l’axe qui les unit sur la ligne médiane , et ensuite dans l’étendue sur laquelle cette portion médiane transversale a disparu.
Ces stratifications blanches postérieures de l’appareil fondamental , sont constamment réunies par un axe médian transversal dans ■tous les animaux mammifères , jusqu’à peu près à la hauteur de l’extrémité inférieure du calamus scri'ptorius : à cet endroit la por- * tion médiane n’existe plus.
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
Jusqu’à cette limite, voici ce qu’on observe à l’aide de sections trans- Mammifères. — Appareil
^ fondamental.
versales successives du prolongement rachidien , en examinant la superficie des fragments coupés.
On peut distinguer par ce moyen, aux stratifications postérieures, depuis l’extrémité inférieure de la moelle épinière jusqu’à la hauteur du premier nerf cervical, deux portions latérales et une portion médiane. Chacune des deux portions latérales est limitée en avant par le sillon latéral postérieur , et en dedans et en arrière par le sillon médian postérieur. Au fond de ce sillon existe l’axe médian ou transversal de ces stratifications, dans lequel elles se confondent depuis le bas jusqu’en haut de la moelle épinière (pl. 11 , p^g. 152, sp ; pl. 13, pg. 179, 180, 181 , sp ; pl. 14, pg. 197, sp ; pl. 16, pg. 209, 211 , '
212, sp).
Tous les animaux mammifères que j’ai pu étudier m’ont offert cette disposition des stratifications postérieures, semblable à celle que l’on a pu remarquer dans les poissons, les reptiles et les oiseaux. Jamais le volume que leur ensemble forme n’est supérieur à celui des stratifications antérieures; il est au contraire généralement inférieur à celui que présentent ces dernières.
174. Lorsque les stratifications blanches postérieures de l’appareil fondamental sont parvenues au niveau de la fin du quatrième ventricule, à l’endroit où les prolongements restiformes se séparent en s’éloignant à droite et à gauche pour monter vers le cervelet, la portion médiane transversale qui les a réunies jusqu’à ce moment dans le fond du sillon postérieur s’efface et disparaît, et les deux parties latérales de ces stratifications restent isolées.
Elles augmentent alors de volume , s’élèvent régulièrement vers le haut du corps, en s’écartant de 'chaque côté et laissant à découvert entre elles l’espace du quatrième ventricule. Elles arrivent bientôt à la masse cérébelleuse , et concourent à former une grande partie de l’amas de substance blanche qui compose le cervelet.
Dès que les stratifications postérieures, privées de l’axe médian qui les réunissait dans la plus grande partie de la longueur du
1 prolongement rachidien, sont arrivées au lieu où elles se confondent dans la substance blanche du cervelet, elles forment alors une masse plus ou moins volumineuse , étendue en manière de voûte au-dessus du ventricule cérébelleux , voûte dans laquelle ce qui provient du côté droit de la moelle épinière est intimement mêlé à ce qui provient du côté gauche de cet organe. Il est absolument impossible d’établir un point de démarcation qui puisse indiquer la délimitation particulière de chacune des parties qui composent ce mélange parfait.
Tout autour de la circonférence de cette masse de matière blanche (pl. \\yp,g. 147, 150, ô'; pl. 12, 173, 174, ô'; pl. 13,^^.
187, 188, b’; pl. 15,^5/. 204, 205, 206, b’; pl. 17, fig. 210, b' ; *pl. 18, fig. 224, b') on remarque des prolongements de cette même substance, tantôt assez volumineux, tantôt fort minces, selon les endroits sur lesquels on les examine et suivant les espèces de mammifères que l’on étudie ; sur le bord le plus excentrique de ces prolongements est étendue une quantité variable de matière grise qui constitue l’organe cérébelleux.
La plupart de ces prolongements lamelleux de substance blanche ne peuvent être appréciés qu’assez imparfaitement, parce qu’ils sont recouverts par cette matière grise corticale ; mais avec uii peu de soin on les découvre toujours plus ou moins apparents au centre de chacune des lamelles qui se succèdent à la superficie du cervelet.
On constate alors de nombreuses variétés dans l’étendue et dans l’épaisseur de chacune des lamelles de substance blanche destinées à être les supports de l’organe de matière grise placé sur elles , variétés déjà connues par Reil , par Tiedemann, etc., et que ces savants résument assez bien en disant que le nombre des divisions et sousdivisions qu’elles offrent à considéreV, s’accroît en raison des progrès de l’organisation animale vers la perfection.
La disposition générale de toutes les stratifications postérieures , soit dans leur trajet, soit à leur extrémité supérieure ou intraerânienne, est trop connue pour que je veuille insister sur les détails présents à l’esprit de tous les anatomistes. J’ai seulement le désir
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
d’indiquer les faits qui n’ont que peu ou point du tout attiré l’attention Mammifères. — Appareil
... . , fondamental.
des observateurs et qui, surtout si on les compare aux remarques que nous allons faire sur les stratifications antérieures de l’appareil fondamental , ne méritent point absolument d’être laissés dans l’oubli.