‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 25 sur 66 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

EXAMEN DES STRATIFICATIONS BLANCHES ANTÉRIEURES DE l’ APPAREIL FONDAMENTAL DES ANIMAUX MAMMIFÈRES ET DE l’eSPÈCE HUMAINE.

175. J’étudierai successivement ici, de même que dans le chapitre Mammifèrcs.-Ap,,arcii précédent, les parties latérales de ces stratifications et l’axe ou la portion médiane qui les réunit transversalement au fond du sillon longitudinal antérieur.

La disposition la plus générale des stratifications blanches antérieures de l’appareil fondamental des animaux mammifères est à peu près la même que celle des stratifications postérieures dont il vient d’être question, si l’on ne considère que la direction longitudinale des parties ; mais elle est différente , si l’on examine le volume de la matière blanche, et la persistance plus grande de la portion médiane qui réunit transversalement ces stratifications; elles diffèrent également par les changements particuliers qu’éprouve supérieurement cet axe médian antérieur , à mesure qu’il se rapproche de l’encéphale.

L’ensemble de ces stratifications antérieures est étendu depuis l’extrémité inférieure du prolongement rachidien , sans aucune interruption, jusqu’aux régions les plus supérieures du cerveau. Entre ces deux limites extrêmes et opposées, ces stratifications sont, pendant une grande partie du trajet qu’elles parcourent, confondues sur la ligne médiane par l’axe transversal situé au fond du sillon médian

Mammifères. — Appareil antérieur, semblable en tout à la même partie précédemment étudiée entre les stratifications postérieures, mais en différant par les modifications curieuses qu’il éprouve en se rapprochant des régions supérieures.

Cette portion médiane n’est point non plus appréciable dans toute la longueur de l’ensemble des stratifications antérieures ; mais elle s’élève beaucoup plus haut que l’axe médian transversal des stratifications postérieures ; et, tandis que ce dernier ne dépasse pas la limite du calamus scriptorius, l’autre se continue antérieuxement jusqu’au niveau de la hauteur des troisièmes masses grises cérébrales ou couches optiques.

176. Il est possible d’étudier en commun l’axe médian antérieur et les stratifications antérieures qu’il réunit, jusqu’à ce que ces stratifications soient arrivées à l’endroit où naissent les origines du premier nerf cervical. Au delà de ce point cet examen simultané n’est plus possible, à cause de la multiplicité des détails qu’il est nécessaire de reproduire, à cause des travaux nombreux entrepris sur le bulbe rachidien, qui doivent rendre l’observateur moins indépendant et souvent plus embarrassé dans ses recherches , ensuite parce que, depuis la fin de ce bulbe rachidien jusqu’à son commencement, chaque famille d’animaux présente des variétés particulières, permettant à peine à l’anatomiste une description générale applicable à tous les mammifères.

Examinées au-dessous du niveau des origines du premier nerf cervical en même temps que la portion médiane qui les réunit transversalement, les stratifications antérieures de l’appareil fondamental offrent à considérer les particularités suivantes (pl. 1 1 , fig. 152, 153; pl. n,fig. 179, 180; pl. U, fig. 197, 198, 199,so;pl. 16,^5^.209, 211,212,214,215, sa).

Elles forment au devant de la moelle épinière une sorte de cordon aplati , recourbé sur lui-même en arrière et de chaque côté dans le sens île sa largeur, et embrassant par cette courbure les parties latérales de la colonne grise centrale qu’il recouvre.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

Elles sont bornées en arrière par le sillon dans lequel s’implantent les filets postérieurs des origines nerveuses; elles sont limitées en avant, sur la ligne médiane, par le sillon médian antérieur.

Au fond de ce sillon médian antérieur existe une stratification de matière blanche, transversalement placée , confondue par chacune de ses extrémités droite et gauche avec les stratifications qui constituent les cordons antérieurs et latéraux de la moelle, qui, suivant moi, ne sauraient être envisagés comme deux choses différentes. Cette stratification est celle que je nomme axe ou portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental (pl. 11, fig. 152, 153, sa;pl. 13, 179, 180,5»; pl. 14,^^. 197, 198, 5»; pl. 16,^^. 211,

212 5, sa).

Elle est visible dans toute la longueur du prolongement rachidien , tout aussi bien que les stratifications latérales confondues avec elle. Ce fait parait commun à tous les mammifères , aussi bien qu’à tous les animaux vertébrés des autres classes.

Jusqu’au niveau de l’origine de la première paire des nerfs vertébraux, la disposition des stratifications antérieures de la moelle ne présente que très-peu de changements ; elle est à peu près la même dans les régions supérieures et dans les régions inférieures ; toutefois, comme on le sait , leur volume est plus considérable dans les régions voisines du bulbe rachidien que dans celles qui en sont éloignées. Au-dessus de ces origines , apparaissent et deviennent de plus en plus manifestes, à mesure qu’on s’élève, les modifications plus importantes que subissent les stratifications antérieures de l’appareil fondamental , soit que ces modification portent sur la portion médiane transversale, soit qu’elles se remarquent à la fois et sur cet axe même et sur les parties droite et gauche qu’il réunit au fond du sillon médian antérieur.

177. Considérons d’ahord en général ces stratifications dans les régions qu’elles parcourent, avant d’arriver à l’examen détaillé des particularités qu’elles présentent.

On admet d’ordinaire qu’au-dessus de l’origine du premier nerf

Mammifèreâ. — Ap]>areil cervical , les cordons antérieurs du prolongement rachidien montent

l'ondameDlal.

en augmentant de volume vers l’encéphale, et se perdent après avoir traversé le pont de Varole dans les hémisphères cérébraux. On admet aussi, depuis les observations de M. Tiedemann, que des faisceaux nés des parties latérales du bulbe rachidien montent depuis les éminences olivaires (faisceaux olivaires), parcourent le pont au-dessus des prolongements pyramidaux et vont se terminer aux couches optiques dans les régions postérieures de chaque hémisphère cérébral.

Dans ces manières de voir, on fait abstraction complète de l’axe médian des stratifications antérieures, dont l’existence et encore moins les transformations successives ne sont point soupçonnées.

Cependant tandis que les parties latérales des stratifications antérieures s’élèvent, en prenant le nom de pyramides, vers le cerveau, auquel elles arrivent après avoir traversé la protubérance annulaire, on voit de même la portion médiane transversale s’accroître, monter régulièrement et se développer dans ce trajet ascendant.

Elle vient, après les divers changements qu’elle subit, prendre une part importante non-seulement à la structure des couches optiques et du cerveau par conséquent , mais encore à celle du cervelet.

Il n’est pas douteux pour moi que les stratifications antérieures de l’appareil fondamental n’entrent dans la constitution de ce dernier organe, à l’aide du développement de cette portion médiane antérieure. Elles concourent à constituer la masse de matière blanche du cervelet, par le mélange intime de leurs expansions avec celles qui proviennent en arrière des stratifications postérieures de l’appareil.

L’accroissement que prend cet axe médian des stratifications antérieures, est tout aussi intéressant à connaître que le développement et l’extension supérieure des pyramides sur lesquels l’attention des anatomistes s’est principalement fixée. J’espère que les détails qui vont suivre seront de nature à confirmer cette assertion, étrange au premier aperçu , comme toutes les idées qui se rapportent à des faits dont personne encore n’a soupçonné l’importance.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

178. Entrons actuellement dans l’étude des détails que présententà Mammifères. — Appareil

fondanienlal.

l’observation les stratifications antérieures de l’appareil fondamental des animaux, mammifères ^ depuis le niveau de l’origine des racines du premier nerf vertébral (premier nerf cervical), jusqu’à leur arrivée dans la masse de chacun des hémisphères cérébraux.

Dans ce trajet, nous considérerons successivement et isolément les parties latérales des stratifications antérieures, c’est-à-dire celles qui sont situées à droite et à gauche de la ligne médiane, et la partie transversale placée sur cette ligne médiane qui s’étend entre les deux autres au fond du sillon médian. Cette partie est celle à laquelle j’attacherai le plus d’importance par ce qu’on ne l’a pas encore étudiée.

Cet examen s’appliquera d’abord aux stratifications prolongées depuis le niveau indiqué, jusqu’aux limites postérieures du pont de Varole, puis à ces mêmes stratifications, pendant leur trajet dans l’épaisseur de la protubérance; en dernier lieu, il ne restera plus qu’à connaître la disposition des parties supérieures et antérieures de l’appareil fondamental dans chacun des hémisphères du cerveau.

Si l’on recherche les détails des stratifications latérales antérieures de la moelle épinière, c’est-à-dire , des parties blanches situées à droite et à gauche de l’axe médian placé au fond du sillon antérieur, audessus de l’endroit où naissent les origines des nerfs vertébraux de la première paire, il sera facile d’apprécier que dans les animaux rongeurs, dans les carnassiers , dans les ruminants, dans les solipèdes et dans l’espèce humaine, ces stratifications latérales (cordons antérieurs de la moelle , éminences pyramidales) forment à la superficie antérieure et externe du prolongement rachidien deux longs reliefs de substance blanche, plus ou moins apparents, suivant les animaux, et toujours dirigés de bas en haut.

La surface de ces doubles éminences séparées sur la ligne médiane par le sillon longitudinal antérieur, étendue dans toute la longueur du prolongement rachidien, est bien connue en général et en particulier : je ne veux donc pas entrer dans les détails multipliés qu’elle olfre à considérer, et j’éviterai autant que possible, ici comme dans

MaminÜères. — A jr| rondamental.

,.cii les autres endroits de cet ouvrage, d’ôter de la clarté à ce que je veux faire comprendre en y ajoutant les faits élémentaires dont la connaissance doit être familière à tous ceux qui me font l’honneur de me lire.

Lorsque l’on examine la superficie du plan d’une section transversale de ces stratifications, soit au niveau de l’origine des filets du nerf hypoglosse par exemple , soit encore au niveau de l’origine des nerfs de la sixième paire, soit entre ces deux limites, on voit qu’elles ont alors d’une manière très-générale l’apparence triangulaire (pl. 13, fig. 181, 182; pl. 14, fig. 198, 199; pl. 16, ^5^. 209, 214, 215; pl. 18,^^.216,217).

Chacun de ces triangles est accolé au triangle opposé par son côté interne. Cet accolement est le résultat du sillon antérieur qui sépare les deux éminences pyramidales rapprochées l’une de l’autre sur la ligne médiane.

Un autre côté , celui dont la face est tournée en arrière ou côté postérieur , est appliqué sur la matière grise du centre du prolongement rachidien.

Le côté antérieur de chacun de ces sortes de triangles est libre et forme un relief à la superficie de la mpelle allongée.

Chacun de ces triangles a trois sommets : l’un, postérieur et interne, se confond avec l’axe médian transversalement situé au fond du sillon antérieur; l’autre, antérieur et interne également, forme la marge du sillon médian; le troisième est externe; près de lui aboutit souvent un petit linéament de matière grise quelquefois visible , ailleurs difficile à reconnaître , à l’extrémité duquel se rencontrent les insertions des racines antérieures du premier nerf rachidien , et un peu plus haut celles du nerf hypoglosse (pl. 13,//^. 180 oa; pl. 14, fig. 197, oa; pl. 16, fig. 211 ou, 212 oa, 214 o9; pl. 18, fig. 213, 217, 219 o9).

Ces deux stratifications triangulaires dans leur épaisseur, subissent des modifications qui portent principalement sur leur volume; on peut dire en termes généraux que, dans toutes les espèces examinées par les différents anatomistes , ce volume s’accroît de bas en haut.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

La manière dont les stratifications antérieures se comportent vers Mammifères.-Appareii

^ fondamental.

les niveaux que je viens d’indiquer, est singulièrement modifiée par le développement des corps olivaires dans les animaux chez lesquels ces organes sont nettement appréciables.

Lorsque ces corps n’existent pas ou du moins lorsqu’on n’en peut pas constater la présence, les parties les plus latérales des stratifications antérieures montent directement jusque dans l’épaisseur du pont de Varole.

Dans les espèces où les corps olivaires sont très-visibles, comme dans l’homme, le cheval, etc. , les parties latérales de ces stratifications sont soulevées par le relief des éminences olivaires. Elles constituent alors l’enveloppe extérieure qui sépare la matière grise de ces corps olivaires d’avec la superficie de la moelle épinière. Quoi qu’il en soit, dans ces deux circonstances opposées, la limite postérieure des parties latérales des stratifications antérieures est , à cet endroit comme dans tout le reste de la moelle épinière, déterminée par le sillon latéral postérieur, c’est-à-dire par le sillon au fond duquel s’insèrent les origines des nerfs crâniens de la huitième paire. La présence des corps olivaires change la direction de cette limite, mais elle ne la détruit

pas- ‘

Ordinairement, il est question de l’entrecroisement, sur la ligne médiane, des parties dont je présente actuellement les détails. Il peut paraître singulier que je ne cherche point à m’occuper actuellement de ce fait curieux ; mais il me semble plus convenable d’en entreprendre l’étude à l’occasion de l’axe médian des stratifications antérieures. A l’examen de la manière dont cette portion s’unit aux parties latérales dont il vient d’étre question, se rattachera plus loin le résultat de mes recherches au sujet de l’entrecroisement , sur lequel tant de débats se sont élevés, et qui a pu fournir aux pathologistes une explication si généralement admise.

179. Les parties latérales des stratifications antérieures, désignées ordinairement sous le nom d’éminences pyramidales, pénètrent comme on le sait au travers de la substance blanche du pont de Va-

Maiiiinifcrcs. — Appareil rôle, dont elles croisent la direction, et continuent dans l’épaisseur

fondameDtal. , iz*

de cette protubérance annulaire à marcher vers les régions encéphaliques ; cette ascension des pyramides vers le cerveau est encore un fait trop démontré pour que j’entreprenne de mieux faire que de rappeler sur ce sujet le résultat des travaux de Varole, répétés de nos jours par Gall et par tant d’autres observateurs.

Dans ce trajet au travers du pont, elles augmentent encore de vo- ' lume, et, à leur sortie de cette masse, dans l’intérieur de laquelle elles se sont plongées, elles ont acquis des dimensions quadruples ou quintuples de celles qu’elles présentaient avant d’y entrer. Dès que ces parties latérales des stratifications antérieures de l’appareil fondamental des mammifères sont parvenues à la base de l’encéphale , à ce point où elles commencent à être désignées sous le nom de pédoncules cérébraux, elles s’écartent de plus en plus l’une de l’autre.

C’est à cet endroit , où précisément elles commencent à se séparer, que l’on aperçoit les premiers indices de la disparition de l’axe médian avec lequel ces stratifications se confondaient jusque là. Un peu plus loin cet axe médian s’éteint absolument au niveau du plan incliné qui constitue la circonférence postérieure de Vinfundibulum.

L’axe médian des stratifications antérieures de l’appareil se termine donc lorsqu’il est parvenu à une certaine élévation du côté de l’encéphale, de même que l’axe médian des stratifications postérieures s’arrête en arrière. Mais la hauteur à laquelle l’une et l’autre de ces parties s’effacent n’est pas la même dans ces deux cas opposés , puisque, dans le premier, la portion médiane postérieure dépasse à peine la fin du calamus scriptorius, tandis que dans la seconde circonstance l’axe médian antérieur s’élève dans le cerveau jusque auprès de Vinfundihulum des cavités ventriculaires.

La séparation des parties latérales des stratifications antérieures est subordonnée à l’absence ou à la présence de l’axe^ médian placé entre elles deux. Tant que cette portion médiane persiste , les parties latérales sont rapprochées et voisines l’une de l’autre; dès qu’elle s’éteint, aussitôt ces parties latérales se disjoignent et se séparent en

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s’éloignant l’une de l’autre pour aller à droite et à gauche former la Mammifères. — Appareil

plus grande partie de la masse volumineuse de matière blanche de chaque hémisphère cérébral.

Je ne suivrai pas, pour le moment, ces parties latérales des stratifications antérieures au delà de la terminaison de la portion médiane antérieure, parce qu’il est d’abord nécessaire de parcourir tous les détails qui ont rapport au siège, à l’étendue et aux variations multipliées de cette portion médiane ou de cet axe dans les différentes familles des animaux mammifères.

180. L’axe qui réunit transversalement les stratifications anté- Axe médiuli antérieur, rieures sur la ligne médiane au fond du sillon antérieur, mérite surtout ici notre attention, parce que les anatomistes ne paraissent point s’être attachés à enseigner les curieuses modifications de cette partie; soit qu’ils les aient totalement méconnues , soit qu’ils ne les aient pas jugées dignes d’un examen sérieux. Je crois cependant qu’en considérant les transformations de plus en plus manifestes qu’elle subit à mesure qu’elle se rapproche des régions cérébrales, et principalement le changement qu’elle éprouve en traversant la protubérance annulaire, on ne saurait s’empêcher de regarder cet axe comme un organe auquel il est permis de supposer une importance fonctionnelle très-grande.

Cette portion médiane existe constamment dans tous les mammifères : elle se fait remarquer dans toute la longueur du prolongement rachidien de tous ces animaux au fond du sillon antérieur ; elle se perd à droite et à gauche de ce sillon dans les stratifications latérales entre lesquelles elle est placée transversalement.

Cet axe antérieur, dont les dimensions sont très-minimes inférieurement , parait d’abord , dans la plus grande longueur du prolongement rachidien, être très-peu digne de quelqu’intérêt à cause de son exiguité. C’est cependant cette même partie que l’on voit croître supérieurement : elle sert alors à constituer , par les extensions extraordinaires de ses formes et de son volume , une série d’agencements trèsintéressants à étudier.

L’étude des particularités dans l’examen desquelles je vais entrer

Jlammifères. — Appareil SCrél dénaturé, je l’espère, à jeter quelque clarté sur plusieurs faits dont le plus grand nombre des anatomistes se sont occupés sérieusement, et qui , néanmoins, sont loin encore d’étre appréciés d’une manière tout à fait exacte. Elle fera mieux connaître la manière dont se forment , en procédant de l’axe médian des stratifications antérieures , d’abord les corps olivaires , puis, au-dessus d’eux , les différentes couches transversales de la protubérance annulaire, et, plus haut encore , comment s’établissent une grande partie des rapports de la troisième série des organes cérébraux de matière grise (couches optiques) des mammifères, avec la substance blanche. Cette étude pourra de même fournir des considérations intéressantes, capables d’éclairer l’apparence mystérieuse désignée sous le nom d’entrecroisement des pyramides.

181. L’axe médian des stratifications antérieures ne paraît subir aucune espèce de modifications dans toute l’étendue du prolongement rachidien , depuis l’extrémité inférieure de ce eordon jusqu’au niveau des origines du premier nerf vertébral ; à cet endroit seulement on commence à pouvoir constater les différentes particularités que je vais actuellement essayer de reproduire.

A partir des origines nerveuses qui viennent d’étre indiquées, cette portion médiane acquiert d’autant plus de volume qu’elle se rapproche davantage de la masse encéphalique.

A mesure que le volume de cet axe médian augmente, ses dimensions s’étendent incessamment en arrière, et la substance blanche qui le compose vient bientôt toucher jusqu’à la surface du ventricule cérébelleux.

Cependant cet axe continue toujours à s’élever, traverse toute la longueur du bulbe rachidien et toute la protubérance annulaire. C’est au devant des limites antérieures de cette protubérance qu’il commence à s’éteindre pour disparaître en arrière de l’infundibulum, endroit où l’on en peut apprécier les dernières traces.

A la connaissance générale de cette extension de la portion médiane en arrière , de cette augmentation de volume , de cette terminaison générale au même endroit, au moment où les pédoncules céré-

braux s’écartent l’un de l’autre, il faut encore ajouter l’appréciation de certains prolongements qui émanent , soit à droite et à gauche, soit antérieurement, de cet axe ainsi développé. L’étude de ces prolongements donne un nouvel intérêt à l’examen des corps olivaires, de l’entrecroisement des pyramides, de la protubérance annulaire, par la manière dont ces prolongements concourent soit à former les corps olivaires, soit à constituer la protubérance, soit à produire toutes les apparences de l’entrecroisement des pyramides.

Tels sont les faits les plus généraux qu’il sera toujours permis de retrouver dans tous les animaux de la classe des mammifères , mais non pas constamment , il est vrai, dans leur ensemble le plus étendu. Quelles que puissent être les variétés de ces faits dans chaque espèce, ils sont toujours alors capables d’offrir, par un ensemble particulier plus ou moins restreint, la preuve de l’accroissement de la portion médiane des stratifications antérieures, capables d’en démontrer nettement l’extension antéro-postérieure, capables enfin d’en faire comprendre le développement par des prolongements latéraux , et la terminaison au niveau même de l’infundibulum (pl. \ 154, 155,

156,sa; pl. 13, 181, 182, 183, 184, sa; pl. 14, 197,198,

199,sa;pl. 16,^^. 214,215,209, sa; pl. 18, 212, 213, 217, sa).

On peut arriver à en démontrer l’existence, en pratiquant transversalement une série de sections successives de la moelle épinière, depuis l’origine de la première paire de nerfs rachidiens, jusqu’à l’endroit de la limite antérieure de la protubérance annulaire.

De cette façon il est permis, en examinant la superficie des fragments coupés , de suivre pas à pas la portion médiane antérieure à mesure qu’elle s’élève, de connaître, non-seulement le siège précis qu’elle occupe, non-seulement les variations de l’étendue qu’elle acquiert en arrière , mais encore d’apprécier les prolongements latéraux qui en émanent , la direction de ceux-ci , et d’arriver à préciser le lieu où se termine cette partie du centre nerveux.

Je veux actuellement essayer de tracer l’histoire particulière de cet axe médian dans quelques-uns des animaux mammifères, parmi ceux qu’il m’a été possible de me procurer.

Mammifères. — Appareil 182. Dans plusieurs familles d’animaux mammifères , comme dans

fondamental. ^ • i ••

les rongeurs, les chéiroptères, les carnassiers, le développement progressif de cette portion médiane dans les régions supérieures , est seulement accompagné, au-dessous de la protubérance annulaire, des particularités suivantes (pl. 11, p,g. 153, 154, 155, 156, 157, sa).

A partir du premier nerf vertébral , cette portion médiane s’étend progressivement et de plus en plus en arrière , en s’allongeant du côté du ventricule cérébelleux , vers la surface duquel elle se porte conti- • nuellememt.

A mesure que cet axe se rapproche ainsi des régions postérieures du bulbe rachidien , le centre de la colonne grise de la moelle épinière se rétrécit; et bientôt la portion médiane, coupant complètement d’avant en arrière la colonne de matière grise , vient alors montrer sa limite postérieure sur le plancher du ventricule cérébelleux. L’axe continue néanmoins de s’élever, en présentant toujours la même disposition, jusqu’au niveau du bord postérieur du pont de Varole, limite au delà de laquelle nous le suivrons plus tard (pl. 1 1, fig. 153 ,

154, 155, 156, 157, vc).

Pendant ce trajet, s’étendent, de chaque côté de cette portion médiane antérieure, un nombre très- variable de prolongements semblables à de petites lamelles plus ou moins épaisses, plus ou moins apparentes suivant les espèces , car il en est dans lesquelles ces prolongements ne sont apercevables qu’avec une loupe.

Ces lamelles transversales de substance blanche se dirigent à droite et à gauche , et plongent dans la matière grise de la moelle épinière au milieu de laquelle on les aperçoit (pl. 11, fg. 153, 154,

Ces particularités sont les seules distinctes , au -dessous de la hauteur du pont de Varole,* sur les rongeurs et chez tous les animaux dans l’encéphale desquels il n’est pas possible de reconnaître un corps olivaire. Chez ces mammifères, la marche des stratifications antérieures et de leur axe est beaucoup plus simple que dans les espèces où les corps

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

olivaires commencent à pouvoir être aperçus , et surtout que dans les Mammifères. — Aj)pareil

, fondamental.

animaux dont le bulbe rachidien acquiert un caractère nouveau en vertu de la présence évidente de ces organes.

183, Dans les ruminants, le mouton nous servira d’exemple (pl. 13 , fig. 180, 181, 182, 183, sa) : depuis l’origine du premier nerf rachidien jusqu’à la commissure cérébelleuse, les parties latérales des stratifications antérieures ne présentent de remarquable que l’accroissement de leurs dimensions et que la diminution de la profondeur du sillon médian qui les sépare. La portion médiane ou l’axe transversal qui les réunit au fond de ce sillon , offre au contraire les détails suivants, qui .sont déjà loin d’être semblables à ceux qui viennent d’être présentés.

Cette portion médiane antérieure se développe en s’étendant en arrière , sépare de plus en plus, comme dans les observations précédentes, la matière grise de la moelle épinière en deux portions , dont l’une est à droite, l’autre à gauche ; elle se rapproche continuellement du fond du ventricule cérébelleux, jusqu’à ce qu’enfin elle vienne apparaître sur la ligne médiane du plancher de celte cavité. Des deux côtés de cette portion médiane sortent, comme dans les cas précédents , des prolongements blanchâtres parallèles, transversaux, qui plongent dans la substance grise ; mais de plus , dans la région antérieure, un prolongement latéral plus épais que les autres vient s’étendre au-dessous d’une couche légère de matière grise (pl. 13, fig. 181, 182), qui présente à cet endroit l’apparence que nous verrons plus loin s’offrir avec netteté , lorsque nous examinerons des corps olivaires parfaits.

Sauf cette particularité, on constate donc à cet endroit du centre nerveux dans les ruminants, la même organisation que celle qui est apparente chez les rongeurs, les carnassiers, etc.

184. Dans les solipèdes , les caractères de cette portion médiane antérieure, à l’endroit du centre nerveux où nous l’examinons, ne sont point absolument analogues à ceux que je viens de décrire dans le mouton, et que l’on observe également dans les animaux ruminants.

Us présentent de plus que sur ces animaux plusieurs détails intéressants

Mammifères -Appareil dussl facües à Teconnaître , avec l’aide des dispositions tout à l’heure indiquées, c’est-à-dire par des sections successives pratiquées transversalement sur le prolongement rachidien.

L’axe médian qui nous occupe s’accroît, dans ces familles de mammifères, d’avant en arrière, comme partout ailleurs : il se rapproche de plus en plus du plancher du ventricule cérébelleux, au fond duquel on peut apercevoir la limite postérieure de cette portion médiane, avant même qu’elle ne soit parvenue jusqu’au niveau du bord inférieur du pont de Varole (pl. 16, fig. 203, 212, 213, vc ; pl. 18, fig. 204, 215, vc).

A mesure que l’axe médian monte vers les régions encéphaliques , des prolongements de plus en plus évidents sortent de chacun de ses côtés , pour se perdre dans l’intérieur de la colonne de matière grise du centre du prolongement rachidien.

Plus haut , on peut apprécier avec plus d’évidence encore, la même série de lamelles qui naissent de chacun des côtés de l’axe médian, en formant avec eux un angle droit. Elles deviennent de plus en plus considérables par leur nombre et leur volume , à mesure qu’on les examine plus près du pont de Varole, et que l’axe médian se rapproche davantage du plancher du ventricule cérébelleux.

Ces lamelles sont surtout d’autant plus remarquables qu’on les observe plus postérieurement, car dans la région antérieure on voit seulement les particularités suivantes.

185. Dans celte région antérieure et dans le voisinage du sillon médian antérieur , un autre ordre de faits dont l’existence dépend de la présence et de l’accroissement de la portion médiane , se montre dans ces animaux, et devient d’autant plus évident que le volume de leur corps est plus considérable.

Dans ce lieu , et de chaque côté , un prolongement de substance blanche à peu près parallèle aux lamelles que Je viens de décrire sort de la portion médiane des stratifications antérieures, augmente de volume à mesure qu’il s’éloigne de son origine , et constitue par cet accroissement une sorte de noyau de matière blanche circonscrit par

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX, des inégalités irrégulières , autour desquelles est répandu un léger Mammifères. — Appareil

^ ^ ^ ^ fondameolal.

ruban de matière grise qui suit toutes ces inégalités (pl. 16, fig. 209,

215, y ; pl. Il , fig. 218, y). C’est ce que l’on appelle le noyau du corps olivaire, qui n’est, comme on le voit, qu’une modification spéciale d’un des prolongements latéraux de la portion médiane ou de l’axe des stratifications antérieures.

Cette disposition , qui commence à être confusément apercevable dans les moutons et les ruminants (pl. 13, fig. 181 , 182, y), est tout à fait distincte dans le cheval.

En avant de l’endroit où s’opère à droite et à gauche la séparation de ces deux parties de matière blanche , qui se rendent sur les côtés de la moelle épinière pour concourir à la formation du corps olivaire , les stratifications antérieures séparées jusqu’à la limite antérieure de l’axe médian par le sillon antérieur, se confondent intimement au fond de ce sillon sur cet axe transversal qui les réunit (pl. 13, fig. 182, .sa ; pl. 14,^^. 197,198, 199,5a;pl. U, fig. 209, 214 , 215 , pl. 17, fig. 218, 219, sa), sans qu’il soit possible de reconnaître une apparence semblable à celle qui se laisse apercevoir au même lieu dans l’espèce humaine, et qui fait admettre alors un entrecroisement des pyramides au-dessous des corps olivaires, et même dans toute la longueur de ces organes.

La portion médiane des stratifications antérieures continue , à la hauteur où nous l’examinons, dans les ruminants et les solipèdes, à réunir les stratifications latérales par une fusion intime, qui ne permet qu’artificiellement d’établir une distinction absolument précise, entre les parties séparées par le sillon médian.

On observe quelquefois, comme dans le cheval (pl. 16, fg. 209), une série de lignes transversales très-légères , situées au fond du sillon antérieur. Mais le plus souvent, dans les autres animaux, ces lignes formées par la substance blanche n’existent point, et l’on reconnaît seulement la fusion intime dont je parle.

186. Dans l’espèce humaine, depuis l’origine de la seconde paire des nerfs rachidiens jusqu’à l’extrémité inférieure des corps olivaires,

Mammifères . — Appareil la portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental, présente une épaisseur de plus en plus considérable et commence à laisser apercevoir des prolongements transversaux qui se perdent en divergeant dans la masse des parties latérales de matière grise situées au centre de la moelle.

Déj à ces prolongements latéraux sont appréciables au niveau de l’entrecroisement. A cet endroit, quelques filaments très-déliés, qui marchent d’arrière en avant , en venant des stratifications postérieures de l’appareil, se terminent également dans la colonne de matière grise, forment avec ces prolongements, une sorte d’entrecroisement antéro-postérieur, apparent de chaque côté par une section transversale, se répétant par conséquent à droite et à gauche, et capable peut-être d’attirer l’attention des observateurs curieux de ces délicatesses infiniment petites.

On continue toujours à observer de mieux en mieux les lamelles transversales émanées des parties latérales de la portion médiane antérieure , à mesure qu’on se rapproche de la protubérance annulaire (pl. 16 , fig. 209, 214 , 215, sa; pl. 17 , pg. 218, 219, sa)‘, et si l’on coupe transversalement le prolongement rachidien à laide d’une série de sections successives depuis l’extrémité inférieure du corps olivaire jusqu’à son extrémité supérieure, on remarque les modifications suivantes de cette portion médiane, jusqu’au bord postérieur de la commissure cérébelleuse (pont de Varole).

L’axe des stratifications antérieures s’étend d’une manière remarquable en arrière, de sorte qu’il occupe la presque totalité du diamètre antéro-postérieur du bulbe rachidien. A divers niveaux dans la hauteur de ce bulbe, il se prolonge depuis le fond du sillon dans l’angle duquel on a décrit l’entrecroisement des pyramides, jusque près de la superficie du ventricule cérébelleux. On peut même dire qu’à cet endroit la substance blanche de l’axe antérieur apparaît au fond de ce ventricule.

Par son bord ou sa marge antérieure, cette portion médiane se termine , de même que dans toute l’étendue de la moelle épinière, en se

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confondant avec les parties latérales des stratifications antérieures Mammifères. — Appareil

, - - J roadamental.

(cordons antérieurs de la moelle, pyramides antérieures), dont elle fait, à mon avis, intimement partie; car il ne faut pas oublier que je ne sépare ces portions organiques que pour rendre plus facile l’intelligence des particularités qui les concernent.

En arrière de ce bord antérieur et sur chacun des deux cotés qu’elle présente, se rencontre une quantité variable de légers prolongements de matière blanche, que la section transversale fait très-bien apprécier , et qui semblent être des espèces de lamelles , dont on ne voit que l’épaisseur. Ils se perdent à droite et à gauche dans une masse de substance grise dont ils sont entourés.

Un de ces prolongements lamelleux , situé très en arrière et près de la surface ventriculaire, paraît se replier en avant, en passant en dehors de la matière grise que traversent les lamelles tout à l’heure indiquées. Il reçoit dans ce trajet l’extrémité de ces petits prolongements lamelleux, qui s’insèrent alors à la fois en dedans sur la portion médiane ellemême, et en dehors sur le prolongement recourbé qui en émane. Ce dernier, toujours dirigé vers les parties antérieures du bulbe rachidien, se termine eu formant le noyau ou la substance intérieure du corps olivaire, conjointement avec un prolongement de substance blanche, qui naît de la partie postérieure de chaque pyramide (pl. 16, fig. 209,214, sa, vc).

La partie ou le bord le plus reculé de la portion médiane des stratifications antérieures se termine, sinon à la superficie du ventricule cérébelleux, du moins très-près d’elle; et, si je ne me trompe, c’est de cette terminaison que sortent les stries blanches , appelées cordes du quatrième ventricule, regardées par quelques anatomistes comme les origines des nerfs de la septième paire (pl. 16, fig. 214,

215, vc).

187. Lorsque l’on étudie la portion médiane qui nous occupe, au niveau de l’origine des nerfs de la neuvième paire (pl. 16, fig. 214), on voit qu’à cet endroit elle peut être divisée en deux portions, qui dérivent cependant l’une de l’autre : la première est externe, se re-

Mammifères. — Appareil courbe d’arrière en avant et des deux côtés, pour aller former le centre ou le noyau du corps olivaire. La deuxième est située sur la ligne médiane, se présente sous l’apparence d’une bande très-mince , étendue d’abord jusqu’au ventricule cérébelleux, et revenant ensuite en avant et en dehors de chaque côté sur elle-même , pour se confondre avec la portion précédente. Entre ces deux portions s’étendent, à droite et à gauche, des prolongements très-fins de matière blanche qui vont de l’une à l’autre, et les réunissent toutes les deux en traversant la substance grise du bulbe rachidien (pl. 16, fig. 209, 214, î;c).

Il résulte donc de ce que je viens de dire que l’accroissement de la portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental, est un fait très-intéressant, en vertu duquel l’organisation du bulbe rachidien devient toute différente de celle du reste de la moelle épinière. Cet axe antérieur déjà remarquable par ses prolongements latéraux, devient encore très-important à étudier, puisqu’il concourt à la formation du corps olivaire , lorsque cet appareil organique est appréciable.

188. Depuis Dominique Mistichelli [DelV Apoplessia. Rome, 1709) et Pourfour Dupetit [Lettre dun médecin, etc., Namur, 1710), on a décrit et on a cru parfaitement démontrer à cet endroit de l’encéphale , vers les régions supérieures et antérieures du bulbe rachidien , le passage d’un côté du corps à l’autre de trois ou cinq faisceaux de substance blanche, se croisant mutuellement par une direction opposée, se portant , de haut en bas et de dehors en dedans , de la partie droite à la partie gauche du corps.

Ce fait anatomique est, si l’on en croit les livres élémentaires, de la démonstration la plus facile et la plus évidente. Il semble, lors qu’on parcourt ces ouvrages, qu’il n’y ait rien de mieux à faire pour obtenir une certitude suffisante à l’égard de cet entrecroisement, que d’écarter les éminences pyramidales à leur extrémité inférieure, et que le coup d’œil le plus rapide suffise alors.

Il faut cependant que cette démonstration n’ait pas été capable de satisfaire l’élite des anatomistes, puisqu’il s’est rencontré, parmi des savants d’une grande prudence en fait d’assertions, des hommes qui

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tantôt ont mis en doute l’entrecroisement des pyramides, et qui d’autrès fois l’ont même complètement nié : parmi ces derniers, Morgagni , Haller, Yicq d’Azyr, Sabatier, Ghaussier, Boyer, Rolande, etc., ont une autorité assez imposante pour que la question soit digne d’être examinée.

Je ne crois pas que personne puisse se refuser d’admettre le témoignage des faits anatomiques qui n’oflfrent rien de semblable à l’entrecroisement des pyramides de l’homme , dans aucune espèce de mammifères. Ceci m’a paru complètement prouvé par toutes mes études sur ce sujet, et je ne crains pas d’être affirmatif. C’est donc un fait exceptionnel dans l’espèce humaine que l’apparence de cet entrecroisement, je n’en doute pas. Je pense que cette modification est jointe à plusieurs changements de l’axe médian des stratifications antérieures, qui font qu’à cet endroit du centre nerveux cette portion est entièrement différente, quant à sa structure, dans l’homme, et on peut même dire dans chaque espèce de mammifère.

Dans les gros mammifères , moutons , bœufs, chevaux , etc., on voit seulement que la partie la plus antérieure de l’axe se confond de chaque côté avec les stratifications antérieures du prolongement rachidien, que l’on désigne sous le nom de cordons antérieurs de la moelle (pl. 16, fig. 209, s, a). K l’extrémité inférieure des éminences pyramidales, cette confusion est quelquefois indiquée (cheval, bœuf) par une série de lignes transversales plus ou moins appréciables au fond du sillon antérieur; mais le plus souvent, dans d’autres animaux (carnassiers, rongeurs), ces lignes n’existent point, et l’on remarque seulement l’union intime de l’axe antérieur et des parties latérales qu’il réunit sur la ligne médiane.

189. Chez l’homme, il n’en est point ainsi : sur la ligne médiane, au fond du sillon qui sépare l’une de l’autre les pyramides antérieures, on observe deux particularités qui méritent d’être notées.

La première, qu’on aperçoit au niveau des racines du premier nerf vertébral , au-dessous de la limite inférieure des corps olivaires , est ce que l’on appelle l’entrecroisement.

Mammifères -Appareil C’cst UHC apparcnce produitc par des stratifications de matière

fondamental. * ^ ^ *

blanche an nombre variable de trois ou de cinq , qui suivent une direction oblique de droite à gauche et réciproquement de gauche à droite, qui paraissent se prolonger d’un côté à l’autre, sans qu’il soit possible, à mon avis, de les suivre avec certitude, une fois qu’elles ont dépassé le sillon médian antérieur. On ne peut pas mieux les distinguer au milieu de la pyramide dans laquelle elles arrivent, qu’on ne peut les apercevoir dans l’épaisseur qu’elles abandonnent.

Ces espèces de faisceaux obliques placés au fond du sillon qui sépare les pyramides , reposent tous par leur face postérieure sur le bord antérieur de l’axe médian qui se trouve au fond du sillon longitudinal, par lequel sont séparées les éminences pyramidales. Ils se confondent alors avec ce bord ; de sorte que véritablement cette apparence d’entrecroisement n’est due qu’à des bandes lamelleuses qui sortent obliquement du bord antérieur de la portion médiane. Ces bandes ou faisceaux offrent une grande analogie avec les prolongements lamelleux latéraux qui émanent plus en arrière sur les côtés de l'axe médian, et qui se perdent à droite et à gauche dans la colonne de matière grise.

On attache une grande importance dans les écoles à ce fait d’entrecroisement ; on explique avec son aide les effets croisés des altérations de l’encéphale. Mais cette explication, acceptable pour quelques-uns de ces phénomènes croisés, devient extrêmement hypothétique, et par conséquent ne peut être admise, lorsque l’on considère tous les genres de symptômes se manifestant à l’opposite des lésions encéphaliques, au lieu de se borner à la considération de quelques-uns d’entre eux.

Peu de personnes admettent l’entrecroisement des stratifications postérieures du bulbe rachidien , et cependant l’on connaît d’une manière certaine que les altérations du cervelet peuvent être signalées par des paralysies dans les membres du côté du corps opposé à la lésion.

Tous les médecins savent positivement que, dans toutes les hémorrhagies cérébrales où l’hémiplégie est complète , la paralysie de la face et des membres est à l’opposé du désordre cérébral. Que l’entre-

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croisement explique la paralysie croisée des membres , admettons-le * Mammifères. — Apparc

• • •• 1 P • • . fondamenlal.

mais certainement, il cesse de faire concevoir la paralysie des muscles et des téguments de la face, car la cinquième et la septième paire de nerfs naissent au-dessus ou en dehors de cet entrecroisement supposé, et ne peuvent en aucune manière recevoir quelqu’influence de cette disposition anatomique. Cette décussation n’est donc pas nécessaire, et ne saurait expliquer toutes les paralysies siégeant du côté du corps opposé aux altérations de l’encéphale.

La seconde particularité que l’on distingue au fond du sillon antérieur, vers le bord le plus antérieur de la portion médiane des stratifications antérieures, existe un peu plus haut que l’entrecroisement.

Dans cet endroit, les parties latérales des stratifications antérieures (éminences pyramidales) paraissent encore réunies sur la ligne médiane par des espèces de stries transversales visibles au fond du sillon antérieur, dans toute l’étendue des corps olivaires.

Ces stries proviennent de prolongements de substance blanche placés horizontalement, qui semblent aboutir de chaque côté à chaque éminence pyramidale. Ils ne sont autre chose que le bord antérieur de la portion médiane, séparé successivement en plusieurs petits segments inégaux , par des vaisseaux artériels et veineux , qui traversent la substance blanche pour pénétrer dans l’épaisseur de la matière grise du bulbe rachidien.

Ces bandes transversales résultent donc , non d’un entrecroisement, mais de la fusion complète de l’axe médian des stratifications antérieures avec les portions latérales des mêmes stratifications.

190. Continuons de suivre le trajet de la portion médiane des stratifications antérieures au travers de la protubérance annulaire.

11 n’est pas douteux que cet axe ne traverse la protubérance annulaire, puisqu’on peut le suivre à mesure qu’il s’avance vers les régions antérieures de cette masse de substance nerveuse , dont l’existence ne peut être reconnue que dans les animaux mammifères.

En constatant le passage de la portion médiane au travers du pont de V arole, on remarque en même temps que les prolongements lamel-

Mammifères. — A ppareil leux qui sortent de chacun de ses côtés augmentent considérablement de volume. Ils se dirigent alors transversalement en coupant à droite et à gauche toute la partie supérieure de la colonne de matière grise de la moelle épinière : ils traversent à angle droit la direction des stratifications pyramidales. Parleur extension, ces lamelles constituent en grande partie, à elles seules, la masse variable et quelquefois énorme de la protubérance annulaire.

Voici maintenant les détails de ces faits. On doit constamment les apprécier avec l’aide du procédé que j’ai indiqué précédemment.

De la disposition générale que je viens de décrire dans tous les animaux mammifères, il résulte que les prolongements lamelleux que l’on voit se perdre dans la substance grise de la moelle épinière au niveau des corps olivaires, s’observent encore, mais considérablement accrus, dans l’épaisseur du pont de Varole, depuis le bord postérieur jusqu’à la limite antérieure de cette portion organique.

Dans cet espace , ces prolongements s’accroissent à droite et à gauche avec plus ou moins de netteté , suivant les animaux , et s’étendent surtout dans les niveaux supérieurs de la protubérance annulaire jusqu’aux environs des tubercules quadrijumeaux. Ce fait peut être parfaitement bien aperçu dans l’espèce humaine*.

En général, ces prolongements latéraux, plus volumineux dans toute la longueur de la protubérance annulaire qu’ils ne l’étaient plus bas , se rencontrent et se confondent après avoir traversé à droite et à gauche la colonne de matière grise qui parcourt le pont de Varole. Ils viennent constituer par cette rencontre, en dehors de chaque segment latéral de la colonne de matière grise, les extrémités cérébelleuses de la protubérance annulaire (cuisses du cervelet) (pl. 11, fig. 156, 157, 158, 159, pl. 13,^^. 181, 182, 183, 184, pl. l^,fig. 197, 198, 199,200, 201, 202, sa, îjc;pl. 16, ^5^.215, sa, vc; pl. \1 ,fig. 218, sa, vc; pl. \^,fig. 217, sa, vc).

Le nombre de lamelles qui traversent ainsi la colonne de matière grise, pour aller former les cuisses du cervelet, ne m’a pas paru être régulier dans l’espèce humaine. Soit à cause des différences dans les

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sections pratiquées, soit pour tout autre motif, il ne m’a jamais été Mammifères. — Appareil

, , ^ fondamental.

possible de constater une similitude chez tous les individus.

Eu raison du volume de ces lamelles, par la manière dont elles se réunissent, après un certain trajet à droite et à gauche, en une masse commune, la portion médiane des stratifications antérieures s’éloigne certainement beaucoup , pendant son passage au travers de la protubérance, des caractères qu’elle présente un peu plus bas : cependant d’autres particularités également intéressantes peuvent encore être offertes à l’observation.

191. Le bord antérieur de cet axe médian existant ailleurs au fond du sillon antérieur de la moelle épinière, est placé dans l’endroit, sujet de notre examen , à la partie la plus profonde de la dépression longitudinale apparente au milieu de la protubérance. On a tour-à-tour attribué cette dépression à l’effet d’une scissure primordiale antéro-postérieure, ou bien à Faction réitérée de l’artère basilaire : cela peut être, mais, quoi qu’il en soit, on reconnaît à cet endroit de l’encéphale, à droite et à gauche , l’existence de stratifications étendues à la surface de la protubérance , présentant l’apparence de faisceaux blanchâtres dirigés de dedans en dehors et placés très-près les uns des autres. Ces faisceaux viennent se confondre tous sur la ligne médiane avec le bord le plus antérieur de la portion médiane des stratifications antérieures; ils embrassent en avant les prolongements pyramidaux qu’ils recouvrent et qu’ils cachent : ils forment au devant d’eux une espèce de pont transversal qui semble s’étendre de la partie latérale inférieure gauche du cervelet à la partie droite opposée.

Ce développement extérieur de la portion médiane des stratifications antérieures, contribue principalement à lui seul à former l’éminence propre aux mammifères, qui est généralement désignée sous le nom de protubérance annulaire, de pont de Varole ou de commissure cérébelleuse.

Les stratifications transversales de la protubérance paraissent d’abord n’avoir aucune espèce de communication avec le bord antérieur de l’axe, lorsqu’on les regarde sans avoir divisé le pont de Varole; mais

Mammifères. -Appareil après avoif incîsé de droite à ffauche l’épaisseur de cette protubé-

Ibadamenlal. * ^ ^ ^ ^

rance, on peut reconnaître que toutes les stratifications superficielles qui la caractérisent émanent de la portion médiane des stratifications antérieures, de même que celles qui sont placées plus profondément (pl. 17,^5r. 218, sa; pl. \^,fig. 217, 220, sa). Les unes ne diffèrent des autres que par leur position plus élevée au-dessus des stratifications pyramidales, pendant le passage de celles-ci au travers du pont de Varole.

192. Aussi les stratifications transversales qui constituent la protubérance annulaire, peuvent être divisées en deux groupes confondus par leur extrémité externe ou cérébelleuse. Ces divisions artificielles se distinguent d’autant mieux que l’on se rapproche davantage de la ligne médiane, de chaque côté de laquelle émanent les lamelles constituantes de ces stratifications transversales.

Le premier groupe de ces parties blanches est inférieur aux prolongements pyramidaux, et constitue la superficie du pont de Varole. Ces stratifications se terminent ou commencent , selon la nomenclature que chacun jugera convenable d’adopter, sur le bord antérieur de la portion médiane des stratifications antérieures, et elles se dirigent de ce point, à droite et à gauche, vers le cervelet, dont elles forment les cuisses ou les pédoncules.

Le second groupe naît plus supérieurement; les stratifications pyramidales le séparent des parties précédentes. Il présente les mêmes terminaisons à ses extrémités et sur la ligne médiane ; seulement ces terminaisons sont profondes au lieu d’être superficielles , comme elles le sont dans le premier cas.

Le nom de commissure ne saurait être , à mon avis, appliqué avec exactitude à la protubérance annulaire. L’organisation de cette partie est trop differente de celle que nous aurons l’occasion d’examiner plus tard , dans les divers fragments de l’appareil secondaire , pour que je veuille adopter l’opinion si généralement admise au sujet de cet endroit important de l’encéphale.

Il est vrai qu’au premier aperçu la direction transversale des stra-

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tifications de la protubérance ressemble si fort à la direction des par- Mammifères. — Appareil

1111*. fondamental.

lies blanches du corps calleux, de la commissure des couches optiques et des corps striés , que l’on a été naturellement conduit à considérer ces parties comme si elles présentaient profondément la même structure que celle de ces commissures. On les a crues destinées à remplir des fonctions analogues à celles de ces organes. Mais lorsqu’on les envisage d’un coup d’œil moins superficiel, sans s’attacher aux apparences générales qu’elles offrent à l’observation , et qu’on cherche à les examiner sous le rapport de leur arrangement particulier, on cesse alors de trouver, entre la protubérance et les commissures cérébrales, d’aussi grandes ressemblances que celles qui sont admises par tous les anatomistes modernes. On juge au contraire qu’il ne peut exister entre ces portions du centre nerveux, différemment situées dans les régions du cerveau et dans le voisinage du cervelet , que de très-faibles analogies, et qu’elles doivent être séparées au lieu d’être réunies suivant l’usage habituel.

193. Le premier caractère tranché qui éloigne les stratifications transversales de la protubérance annulaire de toutes les autres portions étendues transversalement entre les trois organes de matière grise, placés dans chacun des hémisphères du cerveau, résulte d’abord de la position. La protubérance annulaire est à peu près située au-dessous des prolongements pyramidaux dont les extrémités supérieures se terminent dans les régions intérieures du crâne, tandis que les fragments de l’appareil secondaire, ou les commissures cérébrales, se rencontrent à des niveaux plus ou moins élevés au-dessus de la limite inférieure des prolongements pyramidaux, et jamais au-dessous d’eux.

Le second caractère , qui n’est pas le moins intéressant à connaître , est démontré par l’examen des rapports des stratifications transversales de la protubérance avec la portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental.

C’est sur cette portion médiane que viennent se terminer les longues lamelles blanches transversales qui, du cervelet, marchent v'ers le centre de la protubérance : ou plutôt ce sont ces lamelles émanant

Mammifères. — Appareil des deux côtés de cet axe médian qui augmentent de volume à mesure

fondamental. ^ ^

qu’elles s’éloignent de leur point d’origine , et se réunissent en dehors de l’insertion de la cinquième paire des nerfs crâniens. Elles constituent alors, par cette réunion intime, la masse cylindroïde qui se dirige de chaque côté vers le cervelet et prend alors le nom bizarre de cuisses de cet organe.

Dans les fragments de l’appareil secondaire qui forment les commissures étendues sur la ligne médiane entre les organes cérébraux , un semblable caractère ne saurait être rencontré, puisque la portion médiane des stratifications antérieures disparaît en arrière de Vinfundibulum. Ces fragments ou commissures cérébrales, placés plus haut que l’extrémité supérieure de cet axe médian, n’ont aucune espèce de rapport avec lui.

De plus aucune racine nerveuse ne s’insère auprès des commissures qui réunissent les trois organes cérébraux de matière grise , tandis que la protubérance annulaire porte constamment, dans toutes les espèces de mammifères, l’insertion de la cinquième paire, dont les racines se poursuivent jusqu’à la colonne de matière grise cachée dans l’épaisseur du pont de Varole.

194. L’examen seul de l’extérieur de la protubérance annulaire, dans les familles d’animaux mammifères, démontre qu’il n’est aucun de ces êtres dont le centre nerveux soit privé de cette portion; toutefois^ une investigation superficielle ne fournit point partout des résultats absolument identiques, puisque les limites antérieures et postérieures du relief que forme le pont à la base de l’encéphale, ne sont pas exacment les mêmes dans toutes les espèces.

Tantôt le bord antérieur de cette partie est très-rapproché de l’endroit de l’insertion des nerfs crâniens de la troisième paire, comme dans l’homme : d’autrefois il est plus ou moins éloigné de cette origine. On peut constater les variétés de cette disposition dans le cheval, le bœuf, le mouton et dans la plupart des mammifères.

La délimitation du bord postérieur paraît également sujette à des variations. L’espace qui sépare ce bord du point où le nerf de la cin-

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quième paire pénètre dans la protubérance, n’est point la meme dans Mammifères. — Appareil

, ^ fondamental.

les dinérentes familles; nulle part il n’est aussi minime que dans les animaux rongeurs et carnassiers. Il faut excepter les taupes et les chauve-souris, où les dimensions du pont sont déjà plus considérables.

Dans les animaux ruminants, dans les pachydermes et dans l’espèce humaine principalement, l’espace qui sépare ce bord postérieur d’avec l’insertion de la cinquième paire, devient de plus en plus grand.

Ce bord est donc de plus en plus reporté en arrière , et la surface inférieure de la protubérance s’accroît à mesure que ce phénomène s’opère. Cette augmentation de la surface extérieure de la protubérance annulaire, est le résultat du plus grand volume des prolongements de matière blanche, qui émanent à droite et à gauche du bord antérieur de la portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental.

1 95. Le détail des particularités que présente à l’anatomiste l’organisation de la protubérance est moins facile à saisir lorsqu’on cherche à examiner cette partie dans les animaux mammifères d’un volume peu considérable. On conçoit très-bien alors que les dimensions des objets rendent les recherches plus difficiles et moins précises peutêtre. Cependant sur les rongeurs, lièvres , lapins, etc., sur les chiens et les chats, il est aisé de répéter des observations dont on apprécie mieux encore l’exactitude, en étudiant les bœufs, les chevaux, et surtout en considérant l’encéphale de l’espèce humaine.

Pour résumer brièvement et faire comprendre sans obscurité, ces délicatesses de l’anatomie de l’appareil fondamental du centre nerveux des mammifères, qu’on se rappelle que la protubérance annulaire de ces animaux offre partout à considérer :

Premièrement, sur la ligne médiane, l’axe médian des stratifications antérieures. Cet axe est très-développé à cette hauteur.

Secondément, à droite et à gauche, des prolongements latéraux qui s’écartent à droite et à gauche de l’axe médian duquel ils émanent.

Ils vont constituer de chaque côté les pédoncules du cervelet , sans pour cela discontinuer de s’étendre en avant, dans la direction des

Ma m m ifères . — A ppareil régions plus antérieures de l’encéphale. Nous examinerons plus loin

foodamcnlal. O 1 1 i

leur terminaison dans la troisième série des masses grises cérébrales ou couches optiques.

Troisièmement, on aperçoit encore dans l’épaisseur du pont de Varole des couches irrégulières de substance grise qui ne paraissent jamais être à cet endroit en quantité plus considérable que dans l’espèce humaine. Ces couches de matière cendrée appartiennent à la région supérieure des segments latéraux de la colonne centrale de matière grise de la moelle épinière.

Quatrièmement , la protubérance renferme en outre les stratifications pyramidales qui la traversent de chaque côté. Elles coupent la direction des prolongements de matière blanche qui, nés de l’axe médian , s’étalent en avant ou en arrière des faisceaux des pyramides, et se dirigent latéralement vers les pédoncules ou cuisses du cervelet.

Ces stratifications pyramidales, dans leur trajet au travers de la protubérance, se confondent parleur côté interne, aussi bien que dans toute la longueur de la moelle épinière , avec la substance de la portion médiane. Elles ne se séparent d’elle qu’après la disparition complète de cette portion, en avant du pont de Varole.

196. Ces dispositions sont loin, comme on le voit, d’être semblables à celles qui ont été indiquées par les anatomistes. Elles conduisent à faire penser que la protubérance annulaire n’est que le résultat du développement très-exagéré des prolongements lamelleux de la portion médiane des stratifications antérieures.

On peut déjà constater les premiers indices de ce développement depuis le niveau inférieur des éminences olivaires, dans le cheval et dans l’homme. Il s’accroît surtout, dans le voisinage des origines des nerfs crâniens de la cinquième paire. Il vient former à la base de l’encéphale des mammifères une éminence qu’il est impossible de rencontrer dans les animaux des autres classes. Chez ces derniers , cette portion médiane n’offre aucune espèce de développement dans l’intérieur des cavités du crâne.

Les pédoncules du cervelet se rattachent donc par leur continua-

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lion avec l’axe médian, aux stratifications antérieures de l’appareil Mammifères. — Appareil

' I fondamental.

fondamental du centre nerveux , de même que par les prolongements restiforrnes , la substance blanche qui compose cet organe, se continue avec les stratifications postérieures de la moelle épinière.

La substance blanche du cervelet provient donc nécessairement, dans les animaux mammifères, de deux origines entièrement opposées.

L’une, postérieure, est la continuation des parties blanches postérieures de l’appareil fondamental;

L’autre , antérieure , dérive des stratifications antérieures de cet appareil. Elle vient de la portion médiane antérieure, qui fait partie de ces stratifications.

Si je ne m’abuse , la démonstration de ce fait est de nature à jeter quelques lumières sur plusieurs remarques physiologiques et pathologiques, impossibles à expliquer dans l’état actuel de la science.

197. Examinons maintenant la continuation de l’axe médian des stratifications antérieures , depuis la limite antérieure de la protubérance annulaire jusqu’à l’endroit où cet axe disparait en entier.

Pour bien comprendre la manière dont s’opère cette terminaison, il faut d’abord considérer isolément la portion médiane elle-même , puis ensuite étudier la terminaison des lamelles qui en émanent à droite et à gauche pour aller constituer les masses des pédoncules du cervelet.

Le mode d’examen nécessaire pour connaître les particularités que je vais indiquer, est toujours celui dont j’ai conseillé l’emploi. On pratique des sections transversales sur les parties à étudier, et l’on peut ainsi les apprécier de prpche en proche sans crainte d’erreur.

La portion médiane des stratifications antérieures continue à s’avancer au delà de la protubérance, sur la ligne médiane, entre les deux pédoncules cérébraux, jusqu’à ce qu’elle parvienne à l’endroit de sa terminaison.

C’est en arrière de Vinfundibulum , sous la paroi inclinée du ventricule cérébral moyen, que s’arrête et s’éteint l’extrémité supérieure de l’axe médian dans les mammifères (pl. 13,^^. 186; pl. \ l,fig. 221, a; pl. , fig. 222*, a). Les dimensions antéro-postérieures de cette por-

M;iii)iiiifèrcs . — Appareil tion médiane, ont diminué de beaucoup dans ce court trajet; par con-

londamentnl. , ^ i •

séqiient^ 1 étendue antéro-posténeiire de 1 axe est bien plus restreinte qu’elle ne l’était au milieu de la protubérance annulaire; mais les dimensions en largeur se remarquent aussi nettement que dans des régions situées à une bauteur moindre.

Dans le court trajet que l’axe antérieur parcourt, depuis le niveau du bord antérieur de la protubérance annulaire jusqu’à sa terminaison, il conserve toujours les caractères généraux qui le distinguent, c’est-à-dire qu’il est placé sur la ligne médiane, au fond de l’écartement superficiel résultant de la séparation des deux pédoncules cérébraux.

Il ne faut pas penser que cette portion médiane,' en s’éteignant au bout d’un trajet assez court , après qu’elle est sortie du pont de Varole , perde son volume par la diminution de toutes ses dimensions. Il n’en est point ainsi (pl. 13, fig. 185, 186); (pl. 14, fig. 201 , 202, 203); (pl. 16,^^. 209, 214, 215); (pl. 17, fig. 218, 219, 221); pl. 18, fig. 213, 216, 217, 220, 222, 223), son diamètre antéro- postérieur est le premier qui s’elface : il commence à disparaître au moment même où l’orifice de l’aqueduc deSylvius s’ouvre dans le ventricule médian. La portion médiane devient alors plus épaisse, plus apparente même que dans le pont de Varole, quoique bien moins étendue en arrière. Cette apparence persiste jusqu’à la limite moyenne du plan incliné postérieur de V infundibulum , que ne dépasse jamais cette portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental,

A droite et à gauche de cette portion ipédiane, on distingue encore, jusqu’à l’endroit de sa terminaison, des prolongements latéraux : leur longueur n’est nullement inférieure à l’étendue que présentent les prolongements latéraux qui , nés sur la ligne médiane dans l’épaisseur de la protubérance annulaire, ont été l’objet de notre examen. Les prolongements latéraux des parties les plus élevées de l’axe antérieur, au lieu de s’étendre dans la direction du cervelet, se prolongent vers les couches optiques , dans la masse grise desquelles ils se perdent, et s’éteignent alors dans chaque hémisphère cérébral.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

Ils semblent servir de support à la matière srrise qui constitue ces Mammifères -Appareil

^ fondamental.

couches optiques par lesquelles sont formées, dans chaque hémisphère cérébral, la troisième série des organes de matière grise.

Les couches optiques ne reçoivent point seulement les prolongements latéraux qui viennent de la portion médiane des stratifications antérieures au niveau de sa terminaison. Ces organes sont encore le but où parviennent les extrémités antérieures d’un grand nombre des lamelles, dont l’existence se remarque dans les régions les plus hautes du prolongement rachidien. Ce sont les mêmes lamelles qui, plus inférieurement, étendent leur bord externe vers le cervelet dont elles forment les pédoncules.

198. On admet généralement depuis Tiedemann {Anatomie du cerveau, traduite par Jourdan , p. 1 48) , que des prolongements de sub- * stance blanche à la surface desquels se trouvent les corps olivaires,

(( pénètrent de bas en haut le pont de Varole, après quoi ils s’appli- )) quent de haut en bas et de dehors en dedans contre les faisceaux py- » ramidaux ; que la plupart de leurs fibres, qui sont longitudinales, se )) dressent dans la masse commune aux tubercules quadrijumeaux,

)) se recourbent de bas en haut et de dehors en dedans , s’unissent à )) celles du côté opposé pour former cette masse commune qui sert de )) voûte à l’aqueduc deSylvius; que les autres se portent en avant )) dans les couches optiques où elles s’unissent avec celles des faiscea ux )) pyramidaux. »

Ces observations précieuses de l’habile anatomiste allemand , me paraissent exiger une analyse capable de les rendre plus claires. Cette analyse résulte naturellement de la description des prolongements latéraux de l’axe médian des stratifications antérieures. Ces prolonments, depuis leur origine à des hauteurs différentes, se rendent successivement, en traversant la protubérance , soit aux parties latérales du cervelet, soit au-dessous des tubercules quadrijumeaux qu’ils supportent pour ainsi dire, soit dans les couches optiques dans la composition desquelles ils entrent. Ils pénètrent dans ces masses de matière grise au niveau delà limite antérieure de la portion médiane dont ils

NLinimifères. — Appareil pi’OVldîUGrit • De sorte que ce ne sont plus pour moi des faisceaux

fondamental. ^ ^ ^

olivaires, que l’on doit considérer depuis la partie inférieure des éminences olixaires jusqu’aux masses des couches optiques et des tubercules quadrijumeaux; ce sont des prolongements lamelleux qui naissent tous d’une même portion médiane, à différentes hauteurs. Ils traversent la matière grise qui les sépare les uns des autres à leur origine et se rendent tous, en parcourant un chemin à peu près parallèle, aux endroits de l’encéphale vers lesquels ils se terminent, comme je l’ai plusieurs fois répété.

199. Dans le cerveau des chiens, dans celui des chats, chez les moutons, les bœufs, les chevaux, ces prolongements lamelleux peuvent être suivis depuis l’endroit où ils commencent à paraître, jus- • qu’au lieu où ils se terminent supérieurement. On les poursuit, en dehors, jusque dans les parties latérales du pont de Yarole, dentelles forment les pédoncules en haut, jusque dans le voisinage de la masse commune des tubercules quadrijumeaux ; en avant du bord antérieur de la protubérance, à une hauteur beaucoup plus élevée, on les retrouve encore dans chacune des masses des couches optiques.

La terminaison de ces prolongements lamelleux, nés de la portion médiane des stratifications antérieures , est aussi évidente dans l’espèce humaine que dans les autres animaux mammifères. On arrive à la reconnaître avec facilité , après avoir suivi ces lamelles depuis le niveau où elles commencent à apparaître sur les côtés de la ligne médiane. Il faut disséquer de proche en proche en remontant toujours vers le cerveau. On constate, avec le secours du procédé que j’ai indiqué , que ces lamelles forment, depuis l’instant où on peut les apercevoir , c’est-à-dire depuis l’extrémité inférieure des éminences olivaires jusqu’aux couches optiques, une série multiple de prolongements placés transversalement d’arrière en avant, les uns par dessus les autres. Les uns sont postérieurs, ce sont les plus voisins de la cavité ventriculaire du cervelet; les autres, inférieurs, sont à l’opposé les plus rapprochés de la base du crâne.

Les premiers de ces prolongements, qui sont aussi les plus délicats et

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

les moins apparents à cause de leur finesse, se terminent, après avoir Mammi traversé la protubérance annulaire, au-dessous de la masse ou dans la masse même des tubercules quadrijumeaux.

Les moyens se prolongent jusque dans les couches optiques, dans l’intérieur desquelles ils se confondent avec la substance blanche qui vient des stratifications pyramidales.

Les plus inférieurs se rendent principalement au cervelet, puisqu’ils se perdent dans la masse des pédoncules de cet organe.

En résumé, si l’on examine d'un coup d’œil général, la terminaison supérieure de ces prolongements latéraux de la portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental, on verra que ceux de ces prolongements qui senties plus voisins des irradiations pyramidales , se prolongent jusqu’aux couches optiques, tandis que ceux qui sont les plus rapprochés de la superficie inférieure du ventricule cérébelleux , aboutissent au-dessous de la masse de matière grise des tubercules quadrijumeaux.

Les observations que je viens défaire pourraient peut-être rappeler les remarques que j’ai tout à l’heure empruntées à M. Tiedemann , au sujet de ce qu’il nomme faisceaux olivaires. Mais cependant, elles en diffèrent beaucoup , parce que , dans la description du savant anatomiste allemand, rien ne rattache ces prétendus faisceaux olivaires à la portion médiane des stratifications antérieures, dont je crois que personne n’a jamais fait mention jusqu’à présent. Par conséquent, tout ce qui a rapport à la manière dont cette portion médiane et ses prolongements se comportent à travers la protubérance et relativement au cervelet, aux tubercules quadrijumeaux et aux couches optiques, est entièrement méconnu. J’espère que les études que j’ai entreprises et dont je viens d’exposer le résultat, pourront aider à faire ici disparaître une lacune parmi toutes celles qui restent encore à combler.

200. J’ai cherché à faire comprendre, par les faits que je viens successivement d’exposer, que les stratifications antérieures et postérieures de l’appareil fondamental des mammifères étaient composées de deux parties latérales, réunies en avant et en arrière sur la

fères. — Appareil ndamental.

Mammifères. — Appareil liffne médiane par une portion transversale placée entre elles. J’ai dé-

fondamental. ^ . . , , ^ ,

siréque l’on pût apprécier la disposition particulière de chacun de ces axes médians, situés longtemps l’un au devant de l’autre, et séparés alors par l’épaisseur de la colonne de matière grise du centre du prolongement rachidien.

L’étendue en longueur de ces deux axes placés sur la ligne médiane n’est point la même.

L’axe médian des stratifications postérieures ne se prolonge point jusque dans l’intérieur des cavités du crâne ; il s’arrête avant de parvenir à la hauteur du cervelet : il ne peut plus être observé audessus de l’extrémité inférieure du ventricule cérébelleux {calamus scriptorius). A cet endroit les stratifications postérieures de l’appareil se disjoignent et se séparent.

L’axe médian des stratifications antérieures, au contraire, s’étend dans des régions plus élevées ; il prend en même temps des dimensions plus considérables, à mesure qu’il se rapproche de l’encéphale.

Il traverse la protubérance annulaire dans toute sa longueur, la dépasse , et vient se terminer précisément en arrière de l’orifice ventriculaire de V infundibulum , à l’extrémité duquel est appendu le corps pituitaire.

Ces deux portions , si différentes par les niveaux auxquels on observe leur terminaison, sont encore, d’après les observations que j’ai précédemment signalées, bien opposées par les autres caractères qu’elles présentent dans leurs extrémités supérieures.

Celle qui fait partie des stratifications postérieures s’élève, sans avoir subi aucune sorte d’augmentation. Celle qui fait partie des stratifications antérieures s’accroît, au contraire, dans les régions supérieures de la moelle épinière; ses prolongements latéraux s’étendent de plus en plus, surtout dans l’espèce humaine, pour servir successivement à constituer les éminences olivaires, à fournir les apparences de l’entrecroisement des pyramides, à former en grande partie le pont de Varole, les pédoncules du cervelet. L’étude anatomique conduit

donc à prouver que le caractère du cervelet des animaux mammifères Mammifères. — Appareil

* • • • • fondamental.

est d’appartenir tout autant aux parties médianes des stratifications antérieures , qu’aux parties latérales des stratifications postérieures de l’appareil fondamental.

Nous venons d’examiner successivement les parties latérales et la portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental, jusqu’à l’endroit oit l’axe médian disparait; il ne nous reste plus à apprécier que les irradiations de ces stratifications antérieures, depuis les limites de l’axe médian antérieur jusqu’aux différentes masses grises cérébrales dont elles constituent les supports.

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