CHAPITRE XXV
DES ACCUMULATIONS DE MATIÈRE GRISE QUI FONT PARTIE DE l’ APPAREIL FONDAMENTAL DES ANIMAUX MAMMIFÈRES ET DE l’hOMME.
206. Dans toutes les classes d’animaux qui ont été l’objet de notre premier groupe des or-
, . ganes de matière grise.
examen, on a remarqué, d une part, que les origines nerveuses s’implantent constamment sur l’appareil fondamental, de l’autre, qu’auprès de chacune de ces origines se rencontrent toujours la longue colonne de matière grise de la moelle épinière. On a de plus apprécié un nombre plus ou moins grand d’amas isolés de la même substance.
Des faits analogues vont se reproduire dans l’étude des mammifères.
Dans ces animaux, on peut considérer, malgré les différences particulières, ces accumulations de matière grise de l’origine des nerfs comme formant un ensemble généralement étendu depuis l’extrémité inférieure de la moelle épinière jusqu’à la terminaison supérieure de l’axe médian des stratifications antérieures.
La continuité de cet ensemble peut être artificiellement divisée pour la facilité de la description. On peut considérer une région rachidienne et une région intracrânienne, qui seront envisagées isolément.
Ces accumulations de matière grise se distinguent, en général, d’abord par leur siège, mais plus encore par leur volume et par les variétés de leurs rapports avec les stratifications de substance blanche.
JVIaniniirères. — Appareil Afin de faire saisir aussi nettement que possible ces diiférences,
fondamental. , «in*»
je vais analyser successivement la matière grise de 1 origine des nerfs, depuis l’extrémité inférieure du cordon rachidien , jusqu’au niveau de la seconde paire des nerfs spinaux , puis ensuite nous étendrons plus haut nos recherches.
La forme de la longue accumulation de matière grise que l’on apprécie dans toute l’étendue du prolongement rachidien des mammifères et de l’homme^ jusqu’à la terminaison du calamus^sct'iptorius , est loin d’étre parfaitement régulière. Elle offre en général l’apparence d’une colonne de forme très-difficile à caractériser^ creusée en avant et en arrière par deux cannelures profondes, et sillonnée de chaque côté par deux cannelures plus légères.
De l’enfoncement antérieur et de celui qui est postérieur , résulte une sorte d’aplatissement de cette colonne , lequel , vu à l’aide d’une section transversale, apparaît comme un centre. Cet aplatissement réunit sur la ligne médiane (pl. \\, fig. 162, 163; pl. 13,/?^. 179, 180; pl. 14, p,g. 196) deux rubans latéraux de matière grise renfermés à droite et à gauche dans l’intérieur du prolongement rachidien , et recouverts de tous côtés par les stratifications blanches.
Je vais séparer la description de ce centre et des rubans latéraux que j’indique , bien que ces parties soient intimement confondues par une étroite union.
207. La portion centrale, très-bien appréciable dans toutes les familles de mammifères, subsiste dans son intégrité jusqu’à l’extrémité la plus inférieure du prolongement rachidien. Elle m’a constamment paru se terminer supérieurement, à la fin du ventricule cérébelleux , au lieu où se trouve le calamus scriptorius. C’est justement au même endroit que par son accroissement en arrière l’axe médian des stratifications antérieures apparaît au fond du ventricule cérébelleux , ou se rapproche considérablement de la superficie de cette cavité.
Le centre de la colonne de matière grise de la moelle épinière diminue donc à mesure que l’axe médian des stratifications anté-
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
rieures acquiert du développement (pl. II, fig. 152, 153, 154, 155, 156, 157; pl. 13, fig. 159, IBO, 181;pl. 14,^^. 196, 198, 199).
Le centre de la colonne de substance grise est séparé du fond des sillons antérieurs et postérieurs de la moelle épinière, en avant et en arrière, par les deux axes médians indiqués plus haut. C’est au fond de ces sillons que ces axes réunissent longitudinalement les parties latérales des stratifications antérieures et postérieures de l’appareil fondamental (pl. Il, fig. 162, sa, sp ; pl. 13, fig. 179, 180, 5a, ; pl. fvg. Id6,sa,sp).
On se rappelle ce que j’ai dit plus haut du développement en arrière de l’axe médian des stratifications antérieures au-dessus du niveau de l’origine de la première paire des nerfs cervicaux. Les changements que subit alors cet axe ont certainement les plus grands rapports avec la disposition du centre de la colonne de matière grise qui nous occupe. Il semble en effet , en examinant la moelle épinière au même point, sur divers mammifères , que, tant que l’axe médian des stratifications antérieures ne se prolonge pas jusqu’à la surface de la cavité ventriculaire, le centre de la colonne grise subsiste encore entre les deux rubans latéraux. Mais dès que l’axe médian antérieur est arrivé à un tel degré de développement qu’on l’aperçoit en arrière sur le plancher du ventricule, le centre de la colonne grise s’efface. Tout aussitôt, les deux rubans latéraux isolés l’un de l’autre, se trouvent plus ou moins éloignés à droite et à gauche, suivant le degré d’épaisseur que présente l’axe médian des stratifications antérieures, dans les différentes espèces d’animaux mammifères.
Cette disposition me paraît nettement dessinée chez l’homme, les solipèdes, les ruminants, les rongeurs, etc. Elle présente de légères variétés dans chacun de ces êtres (pl. 11, fig. 154, 155, 156, 157, vc; pl. 13, fig. 180, 181, 183, vc ; pl. 14, fig. 197, 198, 199, vc; pl. \^,fig. 209 , 212, 214 , 215, vc ; pl. 17,^^. 213, 216, 217, 220; pl. 18, fig. 218, vc).
Dans le cheval, par exemple, au niveau des corps olivaires, l’axe
Mammifères. — Appareil fondamental.
Mammifères. — Appareil des stratifications antérieures n’est pas aussi prolongé en arrière que
fondamental. ^ •>!« •i\ii \
dans l’espèce humaine. On voit, dans cet animal, a la place ou la partie centrale de la colonne grise n’existe plus sur l’homme et chez d’autres mammifères, une mince portion transversale , dernier vestige supérieur qui réunit encore à cet endroit les parties latérales de la colonne de matière grise (pl. 16, fig. 209 , vc).
Dans les rongeurs, la partie centrale de la colonne grise subsiste jusqu’à un niveau plus élevé, puisqu’on peut la retrouver encore au niveau de l’origine des nerfs de la cinquième paire (pl. Il, ^^.*154, 155, 156, 157, vc).
J’insiste sur l’étude de cette partie centrale de la substance grise de la moelle épinière. On doit faire une grande attention à la persistance de cette partie dans toute la continuité du cordon rachidien , à sa dégradation progressive, à sa disparition complète à mesure que l’axe des stratifications antérieures s’étend et se développe en arrière. Ces faits inaperçus jusqu’ici sont fort intéressants. Ils conduisent à plusieurs considérations nouvelles, et peut-être nous feront-ils de nouveau soumettre à la critique la manière de voir du célèbre anatomiste que j’ai déjà plus d’une fois combattu dans cet ouvrage.
208. Un canal m’a paru généralement régner dans toute l’épaisseur et jusqu’à l’extrémité du centre de la colonne grise de la moelle épinière. Je pense qu’il est assez facile d’en constater l’existence en coupant transversalement le cordon rachidien, en inspectant la surface de la section avec une lentille d’un faible grossissement, et même souvent en la regardant à l’œil nu.
On voit manifestement ce canal dans l’espèce humaine , dans le chien , dans le mouton , le cheval , le bœuf, les rongeurs , etc. Je ne me rappelle pas avoir rencontré un mammifère chez lequel il ne m’ait été possible d’en constater l’existence.
Ce canal se distingue parfaitement dans toute la longueur du prolongement rachidien , sans aucune autre préparation que celle que j’indique. Le petit orifice qui témoigne de son existence, et que les sections multipliées font constamment apercevoir dans tous les indi-
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
vidus adultes ou ieunes, donne assez bien l’idée d’une longue cavité Mammifères. — Appareil
O ' ^ O fondamental.
très-étroite , qui communique supérieurement avec le ventricule cérébelleux par le calamus sc?’ipto?'ius .
Peut-être une certaine quantité du liquide cérébro- rachidien pénètre-t-elle dans l’intérieur, malgré le faible diamètre de ce conduit. Je n’ai toutefois pu me convaincre qu’il en soit ainsi; les dimensions de ce canal sont trop exiguës pour que l’examen , même le plus attentif, ait été capable de me permettre une observation précise à ce ‘Sujet.
Il est possible qu’avant la mort la disposition de cette cavité soit différente de ce qu’elle est sur la nature morte ; ce qui conduirait à le supposer, c’est que l’injection des artères du centre nerveuxfait apparaître au centre de ce canal la section d’une artériole qui vient des régions supérieures. Cette artère s’enfonce à la terminaison du calamus scriptorius , et se prolonge jusqu’à l’extrémité de la moelle épinière, en répandant autour d’elle de très-petites ramifications.
Celles-ci, nées d’une tige commune, centrale, vont se répandre aussitôt dans les deux parties latérales de la substance grise.
INI. Tiedemann ’ prétend que l’existence d’un canal dans le centre de la moelle épinière des animaux, est un fait constant pendant toute la vie extra-utérine , ou plutôt extra-ovale des poissons , des reptiles et des oiseaux. Rien de plus vrai ; mais le savant observateur assure en même temps, que ce canal ne se rencontre dans les mammifères et dans l’homme , que pendant la durée de la vie embryonnaire , lorsque le centre nerveux représente l’organisation des trois autres classes de vertébrés, ce ne serait que par exception que l’on verrait cette cavité dans l’encéphale de l’homme adulte, elle serait alors le résultat d’un retard du développement. Voici l’expression de sa pensée sur ce sujet : « Quoiqu’on ne trouve pas de canal dans la moelle » épinière de l’homme adulte, quand elle a pu se développer d’une » manière normale, il n’est pas moins hors de doute qu’on en
* Amt. du cerveau, trad.par Jourdan, p. 131 et suiv.
Mammifères. — Appareil )) rencontre quelquefois un, qu’on doit alors considérer comme le ré-
fondamental. Al 1
)) sultat d’un retardement de développement ’ . »
C’est à mon avis rayer d’un trait de plume les observations générales de plusieurs anatomistes, tels que Ch. Étienne, Colombo, Piccolhomini , Malpighi, Morgagni, Haller, Portai et tant d’autres, dont M. Tiedemann regarde les assertions comme des hypothèses Quant à moi, loin de penser ainsi, je crois que l’existence du canal de la partie centrale de la moelle épinière est un fait général , commun à tous les animaux, appréciable dans toutes les classes et dans toutes les espèces. Ce canal , également développé dans l’homme et dans le poisson, ne représente nullement dans l’embryon du mammifère un état transitoire, destiné à disparaître aussitôt que l’animal a vu la lumière. Considérée à ce point de vue comme à tant d’autres, la théorie de l’anatomiste allemand présente plus d’aperçus spirituellement exposés que d’observations exactes.
209. Lorsqu’on a coupé transversalement une moelle épinière, on peut reconnaître que de chaque côté du centre qui vient d’être décrit s’étendent, en rayonnant en quelque sorte à droite et à gauche , deux parties latérales. Cette disposition , générale non-seulement chez tous les mammifères, mais encore dans les autres animaux, donne au champ de matière grise coupée horizontalement l’apparence fort connue d’un X.
Le point de jonction ou l’axe de cet X, est le centre qui tout à l’heure a été l’objet de notre examen ; nous allons nous occuper actuellement de chacune des branches antérieure et postérieure de cet X.
A la région moyenne de la hauteur du prolongement rachidien, si l’on compare dans les mammifères (rongeurs, carnassiers, ruminants, solipèdes, homme), la branche antérieure à la branche postérieure de chacune des portions latérales de cet X , on peut constater que la disposition générale de chacune d’elles n’est pas la même , et qu’elles sont loin de se ressembler.
' Anat. du cerveau , trad. par Jourdan, p. i5i , lig. 8 et suiv.
^ L. c., p. J33, lig. 4.
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La branche antérieure, qui se termine par un contour plus arrondi, Mammifères. — Appareil
, 1 *1 1 • * • fondamenUl.
est plus volumineuse que la branche postérieure. Celle-ci est plus mince et plus effilée, on la suit jusqu’à l’origine des racines postérieures des nerfs rachidiens (pl. 1 1 , fig. 152).
Je n’insiste pas sur ces particularités fort connues, mais je vais m’occuper davantage de celles que présentent ces parties latérales de la colonne de matière grise de la moelle épinière, dans des régions plus rapprochées de la tête. A mesure que la colonne de matière grise se rapproche de l’origine du premier nerf cervical , elle augmente de volume dans ses parties latérales (pl. 11, fiq. 158, 154: pl. 13, üa.
180; p\.l6,fig. 211,212).
210. Dès que les filets d’origine du nerf accessoire viennent apparaître entre les racines antérieures et les racines postérieures des nerfs vertébraux , cet accroissement de volume devient fort appréciable (pl. 14, fig. 197; pl. 16, [ig. 211 , 212).
II semble véritablement qu’une triple implantation nerveuse sur le même point nécessite une plus grande quantité de matière grise ; ce fait se remarque dans tous les mammifères, quel que soit leur volume.
On peut le constater chez les rongeurs, le cabiai , le lapin, le rat, etc., dans les animaux carnassiers , comme le chien , le chat , dans les ruminants, sur le cheval, sur le prolongement rachidien de l’espèce humaine.
Les parties latérales de la colonne de matière grise de la moelle épinière s’accroissent encore davantage à mesure qu’elles s’élèvent vers les racines supérieures des nerfs de la huitième paire; mais alors elles présentent des dispositions qui ne sont plus celles qui ont été observées jusqu’à ce niveau.
Jusqu’à la fin du ventricule cérébelleux , plus ou moins bas suivant les diverses espèces d’animaux que l’on observe, la colonne de matière grise présente , comme nous l’avons vu , un centre qui disparaît à mesure que l’axe médian des stratifications antérieures de l’appareil fondamental s’étend en se développant vers la cavité ventriculaire. Dès que cette portion médiane des stratifications antérieures est
— Appareil apparente à la superficie du ventricule cérébelleux, les segments latéraux de la colonne grise cessent d’étre réunis sur la ligne médiane; ils sont au contraire séparés par cet axe médian, qui s’est étendu entre eux, depuis le fond du sillon antérieur de la moelle, jusqu’à la surface du cinquième ventricule (pl. 11, fig. 154, 155, 156, 157, 158, vc; pl. 13, fig. 181 , 182, 183, vc ; pl. \^,fig. 197, 198, 199, 200, vc ; pl. 16, fig. 209, 211, 212, 214, vc ; pl. \^,fig. 213, 216, vc).
Après cette séparation , les deux parties latérales de la colonne de matière grise continuent toujours à s’élever au travers du bulbe rachidien , au travers du pont de Varole, et au delà , jusqu’à des régions supérieures.
Je vais énumérer les particularités que leur examen présente pendant ce trajet.
Comme dans les diverses familles de mammifères la partie médiane de la colonne grise dont il est question, ne s’éteint pas absolument au même niveau, il est assez difficile d’exprimer les détails suivants dans une description générale; il me semble qu’ils ne peuvent être compris que par un examen séparé de chaque organisation.
Dans les rongeurs, les branches postérieures de chaque partie latérale se montrent à découvert au fond du calamus scriptoriuSf entre les deux corps restiformes, au niveau de l’endroit où se remarque l’orifice du canal central de la moelle épinière (pl. 10, pg. 141, 142, 145).
Ces branches postérieures apparaissent encore quelque temps à la surface du quatrième ventricule, et de chaque coté; après quoi , elles se terminent et disparaissent, après avoir formé deux légères éminences parfaitement apercevables au-dessous du cervelet. Sur les côtés, ces éminences se confondent avec deux petits renflements de substance grise, placés près des origines des nerfs de la huitième paire (pl. 10, fig. 145, o8).
La branche antérieure continue de paraître dans l’épaisseur du bulbe rachidien , après l’extinction successive du centre de la colonne de matière grise et de la branche postérieure de chaque segment latéral de cette même colonne.
Elle occupe l’épaisseur de la moelle allongée, et marche au travers
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du pont de Varole, appuyée du côté de la ligne médiane sur chaq U0 Mammifères. — Ajipareil
^ 1 •r** • • fondamental.
coté de Taxe médian des stratincations antérieures, qui sépare alors ce qui est à droite et ce qui appartient à la partie gauche. Cette portion antérieure de la colonne de matière grise offre toujours au milieu d’elle, à mesure qu’elle approche du cerveau, la série successive des lamelles de substance blanche qui naissent de l’axe médian antérieur, depuis l’instant où il augmente de volume, jusqu’au moment où il se termine en arrière à^Vinfundibulum (pl. 11,^^. 154, 155,
156, 157, 158, 159, vc).
211. Dans les rongeurs, chaque partie latérale de la colonne centrale de la moelle épinière se prolonge donc ainsi jusqu’auprès de la limite postérieure de la couche optique, après la disparition de la branche postérieure, qui ne parait pas s’élever au-dessus du niveau de la huitième paire. On peut vérifier ces faits curieux dans les écureuils, les rats, les lapins, les cabiais, etc., etc.
212. Dans les animaux mammifères carnassiers , dans les chiens et les chats, par ex.emple, dès que le centre de la colonne a disparu, la branche postérieure de la partie latérale continue à s’élever encore quelque temps au fond du ventricule , où elle est mise à découvert par l’écartement des stratifications blanches postérieures, qui montent au cervelet (pl. 12, fig. 174, 175, o). C’est alors que bientôt, à leur tour, ces branches postérieures s’éteignent aussi après avoir été manifestes sous la forme d’une éminence située de chaque côté de la surface ventriculaire, en dedans des corps restiformes.
Les branches antérieures se remarquent toujours, après ces deux dégradations successives, dans l’épaisseur du bulbe rachidien et du pont de Varole, jusqu’en arrière des couches optiques. Dans ce trajet, elles offrent de remarquable leur rapport avec l’axe médian des stratifications antérieures qui les isole à droite et à gauche. Les prolongements lamelleux de substance blanche qui naissent de l’axe et se répandent de chaque côté, divisent verticalement, en portions irrégulières, l’extrémité supérieure de la colonne grise (pl. 13,/ig. 181,
182, 183, 184, 185, vc).
Mammifères. — Appareil Dans le chien , une partie de la matière erise ainsi séparée par
fondamental. ' * ^ * *
les irradiations lamelleuses de l’axe médian des stratifications antérieures , semble , dans le bulbe rachidien , s’étendre autour d’un vague noyau de substance blanche, formé antérieurement par un prolongement plus considérable que les autres. Mais cette particularité anatomique, appréciable peut-être seulement à cause de l’endroit où on l’observe, peut-elle être considérée comme analogue aux corps olivaires dont il sera question tout à l’heure ?
213. Dans les ruminants', et je choisis le mouton pour offrir un exemple des faits que j’avance, de même que dans les rongeurs et dans les carnassiers , la substance grise de la,moelle épinière augmente de volume à mesure qu’elle se rapproche de l’encéphale. Dans ces animaux ruminants , le centre de la colonne de matière grise de la moelle épinière disparait également à peu près à la hauteur du niveau inférieur du pont de Varole, en raison du développement de l’axe médian des stratifications antérieures de l’appareil fondamental (pl. 14, fig. 197, 198, 199, 200, 201, vc).
Chaque branche postérieure des parties latérales, alors isolées, se trouve divisée par des lamelles émanées de l’axe médian des stratifications antérieures. Chacune d’elles parait alors séparée en deux segments , l’un externe, mince , renflé en arrière , l’autre interne et tout à fait postérieur , situé en arrière et en dedans du précédent et plus rapproché de la ligne médiane. Le premier de ces deux segments ne se remarque pas au-dessus des origines supérieures de la huitième paire, le deuxième disparait après avoir fait une saillie à la surface inférieure de la cavité du ventricule cérébelleux.
La continuation supérieure de la branche antérieure de la colonne de matière grise, s’élève toujours vers les 'cavités du crâne, en augmentant de volume. Elle ne s’arrête plus qu’aux limites postérieures de la couche optique, avec laquelle elle se confond, sans qu’une démarcation bien nette soit établie entre elles deux.
Dans tout ce trajet, qu’elle accomplit de cette manière au travers du bulbe et du pont de Varole, les lamelles de substance blanche qui
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procèdent de l’axe médian des stratifications antérieures, séparent de Mammifères. — Appare
^ .. fondamental.
meme en nombreuses divisions cette masse grisâtre, pendant son trajet continuellement ascendant. De plus, vers la partie antérieure de la moelle épinière , au-dessous du niveau du bord inférieur de la protubérance annulaire, on peut considérer, à l’aide d’une section horizontale , une sorte d’expansion grisâtre détachée antérieurement de chaque partie latérale de la colonne de matière grise. Cette expansion , semblable à un petit ruban très-délicat, replié plusieurs fois sur lui-méme, se recourbe de dehors en dedans, pour enceindre un petit noyau de substance blanche né de l’axe médian des stratifications antérieures. Les extrémités de ce petit ruban peuvent être suivies jusque dans la masse de substance grise de laquelle elles sortent.
Ce détail minime, sur lequel je m’arrête en passant, est la première trace réelle d’un corps olivaire chez les mammifères, et les dispositions que nous venons de remarquer au sujet de cet organe, se retrouveront reproduites à l’occasion de l’examen de l’encéphale de l’homme (pl. 14, 198, 199).
214. Dans le cheval, le centre de la colonne de matière grise de la moelle épinière s’efface, de même que dans les animaux précédents.
Il s’éteint à la superficie du ventricule cérébelleux au-dessus de l’endroit où commence le canal central du prolongement rachidien.
Les parties latérales continuent à s’élever vers les parties supérieures ; la branche postérieure de chacune de ces parties disparaît aussi bientôt, après avoir formé un relief appréciable en dedans et en arrière des prolongements restiformes.
Il ne reste donc plus au-dessus de l’extrémité du calamus scriptorius, qu’à considérer les changements et la progression de la substance grise, par laquelle se continue, en s’élevant vers le cerveau, chaque branche antérieure des parties latérales de la colonne de matière grise du prolongement rachidien.
L’augmentation du volume est le premier fait qui attire l’attention dans l’examen de cette substance grise, depuis le commencement du bulbe rachidien jusque dans le voisinage des couches optiques.
Mammifères. - Ibndame
Appareil La séparatîoii de cette substance par les lamelles qui sortent de chaque côté de I axe médian des stratifications antérieures de l’appareil fondamental , est aussi manifeste sur le cheval que dans les autres espèces de mammifères.
Dans les régions tout à fait antérieures de chacune de ces deux parties latérales , on remarque , au-dessous du pont de Varole sur un espace de quatre ou six centimètres , un ruban de matière grise qui se recourbe en dehors, et s’infléchit plusieurs fois sur lui-méme. Il forme sept ou huit courbures successives, irrégulières, puis se porte en dedans et se termine d’une façon peu précise. Ce ruban environne dans ses replis un noyau de substance blanche, qui, sorti de l’axe médian très-développé des stratifications antérieures de l’appareil fondamental , s’étend en dehors en s’accroissant pour former le centre du corps olivaire (pl. 16. fig. 209).
215. Dans l’espèce humaine, la disposition générale de l’extrémité supérieure de la colonne de matière grise de la moelle épinière est la même. L’extrémité supérieure de son centre se remarque encore à l’angle du calamus scriptorius , vers l’endroit où se trouve l’orifice du canal de la moelle épinière; il disparaît bientôt après, à cause du développement en arrière de l’axe médian des stratifications antérieures. Les parties latérales de la colonne de matière grise sont alors isolées de chaque côté par la prolongation antéro-postérieure de cet axe (pl. 16, fig. 212, 214,215; pl. \l,fig. 218; pl. 18, fig. 213,216,217,220,222).
La branche postérieure de chacune de ces parties latérales , trèsdéformée , est encore quelque temps évidente au fond de la cavité ventriculaire, en dedans des éminences resti formes. Elle ne tarde pas à son tour à s’effacer après avoir formé une éminence plus ou moins appréciable. On n’a plus alors à constater, jusque dans les régions supérieures rapprochées du cerveau, que les changements successifs de la branche antérieure.
216. Je vais exposer les particularités appréciables au niveau des corps olivaires; je ferai connaître ensuite celles que l’on rencontre dans l’épaisseur du pont de Varole et au delà.
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
Au niveau et dans toute l’étendue des corps olivaires , on observe Mammifères.— Appareil
* foudamenlal.
d’abord le commencement des séparations successives de chaque partie latérale de la colonne grise. Elles sont produites par des prolongements lamelleux qui naissent, de droite à gauche, de la portion médiane des stratifications antérieures (pl. \Q,fig. 214).
Vers le tiers postérieur de l’épaisseur du bulbe rachidien, on voit sortir de la masse de substance grise un ruban de même matière, qui naît de la face antérieure et interne de chacune des colonnes. Il se dirige en avant et en dehors, se replie huit à neuf fois et quelquefois moins sur lui-même. De cette manière ce ruban entoure , par une série de courbes d’un très-petit rayon , alternativement rentrantes et sortantes, le noyau blanc du corps olivaire, dont il forme l’écorce grise (pl. 16,^5r. 214; pl. 213).
La terminaison de ce ruban m’a paru se faire quelquefois en avant et en dedans sur la région antérieure de la masse de substance grise, de laquelle il émane, de sorte qu’il rentrerait alors dans la partie de laquelle il est sorti. Mais le plus fréquemment, j’ai reconnu que ce ruban de substance grise s’éteignait confusément dans le sillon qui sépare les éminences olivaires des éminences pyramidales.
Ce ruban de substance grise du corps olivaire est recouvert en dehors par une écorce mince de matière blanche, qui appartient aux parties latérales des stratifications antérieures de l’appareil fondamental.
217. Au-dessus des corps olivaires, et dans l’épaisseur du pont de Varole, la masse de substance grise qui est la continuation des branches antérieures des parties latérales de la colonne grise de la moelle , ne cesse point de se prolonger en haut , en augmentant de volume. Elle traverse d’abord le pont de Varole et se comporte dans son intérieur de la manière suivante (pl. 17, fg. 218, 219; pl. 18, fig. 216, 217, 220, 223). Elle forme de chaque côté deux amas de matière grise séparés l’un de l’autre sur la ligne médiane par l’axe des stratifications antérieures. On sait que cet axe traverse également le pont de Varole, en s’élevant vers les régions supérieures.
Mammifères. — Appareil Chacun de ces amas de matière grise placés à droite et gauche, est
aussi divisé transversalement par la série successive des prolongements lamelleux, qui continuent à naître des deux côtés de la portion médiane des stratifications antérieures, de sorte que, au point de vue le plus général, cette région du centre nerveux humain est organisée comme dans les animaux mammifères.
218. Au delà et en avant du pont de Yarole, la continuation de ces memes masses de substance grise se remarque toujours, également séparée par les lamelles transversales de la portion médiane des stratifications antérieures. En haut elle se confond en partie avec la substance grise des tubercules quadrijumeaux, ce que l’on peut trèsbien apercevoir à l’aide de plusieurs sections verticales (pl. 17, fig. 219, 221 ; pl. 18, fig. 220, 222, 223).
Il est facile de voir, d’après les détails que je viens d’indiquer, que la colonne grise de la moelle épinière se prolonge très-haut dans l’intérieur du crâne, puisqu’elle arrive jusqu’à se continuer avec la substance de même couleur qui caractérise la couche optique. Ce fait avait été déjà, si je ne me trompe, l’objet de quelques remarques. Mais ce qui est passé inaperçu dans la science , c’est la disparition successive du centre de cette colonne, puis ensuite de la branche postérieure de la partie latérale. Il en résulte que la couche de matière grise qui se prolonge jusque vers le cerveau, pourrait être considérée comme étant la continuation de la branche antérieure de chaque fragment latéral de la colonne médullaire de matière grise.
Tous les animaux mammifères laissent apercevoir manifestement, dans l’extrémité supérieure ou cérébrale de chacune des parties latérales de la colonne de matière grise rachidienne, leur augmentation de volume d’abord, fait général et que je crois incontestable, puis ensuite, leur division de chaque côté par les lamelles qui naissent à droite et à gauche de la portion médiane des stratifications antérieures de l’appareil fondamental.
Ces deux caractères m’ont constamment présenté la plus grande évidence dans tous les animaux qui ont été soumis à mon examen.
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
mais ie ne saurais en dire autant de celui que présente le petit ruban Mammifères. — Appare
^ ^ ^ 'Il 1 1^* ^ foudamental.
de matière grise sorti de chaque branche latérale , pour aller se développer autour du noyau du corps olivaire. Ce caractère manque ou ne saurait être aperçu, s’il existe, dans beaucoup d’animaux; peut-être y a-t-il lieu de le reconnaître déjà dans les carnassiers du genre des chats et des chiens; mais je n’oserais l’affirmer sans quelque réserve ,
. tant sont vagues les linéaments que l’on peut reconnaître.
Ce n’est que dans les animaux ruminants, dans les solipèdes et dans l’espèce humaine, que ce détail de l’organisation des parties supérieures de la masse grise centrale de la moelle épinière apparaît avec netteté, et présente les différentes particularités que j’ai désiré faire connaître.
Il est certain que d’autres apparences, résultant de la forme particulière, du volume des parties, de leur séparation en fragments plus ou moins multipliés par les lamelles transversales, peuvent être remarquées dans chaque famille des mammifères; mais l’étude de ces différences ne saurait être terminée sans de nombreux travaux , et demande certainement plus que les efforts d’un seul homme. Aussi je renonce à pénétrer dans ces détails.
219. Il ne me reste plus qu’à exposer maintenant les faits sur les- Origine des nerfs sur I
-• !/• 1 •• substance blanche.
quels je me tonde, pour designer les parties grises que je viens de décrire sous le nom de masses grises situées à l’origine des racines des nerfs. Cette dénomination est trop opposée à la manière de voir et au langage généralement adoptés par les anatomistes, pour que je puisse m’abstenir de rendre un compte exact de mes observations sur cette matière.
Dans toutes les classes d’animaux , poissons , reptiles , oiseaux , mammifères, partout où se rencontrent des origines nerveuses, on voit également des amas plus ou moins considérables de matière grise, près desquels ou sur lesquels ces origines s’implantent.
Ce fait est général à mon avis. Il n’est pas , quoi qu’on en ait dit, de prolongement rachidien sans matière grise dans son épaisseur , de nerfs de la huitième paire , de la cinquième paire, sans matière grise à
Mammifères. — Appareil leur extrémité cérébrale, soit à l’intérieur du bulbe rachidien, soit à
fondameolal.
l’extérieur de ce bulbe (poissons). On n’a vu nulle part une origine du nerf optique sans un tubercule de matière grise, plus ou moins volumineux, apparent à l’endroit de cette origine.
Tous ces faits, énoncés déjà plus d’une fois dans le cours de cet ouvrage , se répètent dans le centre nerveux des mammifères et de l’espèce humaine, et c’est là que je vais actuellement en chercher la . démonstration particulière.
La communication du centre nerveux cérébro-spinal avec les nerfs qui se répandent dans toutes les régions du corps, résulte de l’origine ou de la terminaison , suivant les nomenclatures diverses , sur la matière du centre nerveux avec laquelle ils se confondent.
Cette terminaison des filaments ultimes du système nerveux périphérique , s’opère-t-elle sur les stratifications blanches ou dans la matière grise, ou peut-elle se faire également sur la substance blanche et sur la matière grise? Ce sont des questions qu’il convient d’abord d’examiner. Plusieurs anatomistes n’hésitent pas à les résoudre , en faisant naître les origines postérieures des nerfs rachidiens sur les colonnes postérieures , et les origines antérieures des memes nerfs sur les colonnes antérieures de la moelle. Ils cherchent, en vertu de la meme opinion, à ramener les nerfs crâniens, quel que soit leur éloignement , jusqu’à l’un ou l’autre de ces deux ordres de colonnes, avec le secours, très-incertain à mon avis, d’artifices que je ne crains pas de blâmer. La manière de voir de ces anatomistes n’est pas celle que j’adopte, quoique cependant mes observations n’infirment en rien les opinions reçues et démontrées sur les nerfs moteurs et les nerfs sensitifs ; elles ne portent que sur les origines précises de ces nerfs, et nullement sur leurs fonctions.
On a déjà paru vaguement soupçonner un rapport possible entre la matière grise de la moelle épinière et les origines des nerfs ', et une
’ J. F. Meckel, Anat. du corps humain, tom. II, p. 599, lig. 23 et suiv., trad. par Jourdan. Cruveilher, Anat. du corps humain, tom. IV, p. 577, lig. 31 et suiv. Paris, 1836.
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
indication, quoique très-peu précise à cet égard, de l’origine des nerfs vertébraux , ressort assez de la lecture de la plupart des traités d’anatomie.
On apprend dans tous ces ouvrages, que ces origines commencent à la superficie des deux sillons antérieurs et postérieurs de la moelle; mais je ne connais pas de travaux destinés à faire savoir précisément quels sont les nerfs vertébraux et les nerfs crâniens dont le point de contact a lieu sur la substance des stratifications blanches, ou sur la matière grise.
220. Il m’a paru toujours, dans toutes les espèces de mammifères qu’il m’a été possible d’étudier et dont les individus vivent en France, que la terminaison de la plupart des nerfs sur la substance grise de l’appareil fondamental pouvait être démontrée, sans que des préparations, bien difficiles à entreprendre, fussent nécessaires. Mais cette démonstration , que l’on peut faire à l’occasion du plus grand nombre des racines nerveuses, ne saurait être entreprise pour toutes, car il en est parmi ces racines dont la terminaison sur la surface grise peut encore laisser beaucoup de doutes.
La recherche du mode d’implantation des racines nerveuses qui naissent le long de la surface de la moelle épinière , se fait à l’aide de sections transversales, pratiquées à l’endroit que l’on veut observer au niveau même de l’implantation. On peut alors, dans les cas que je vais essayer de déterminer, remarquer une portion variable en grosseur, en largeur, etc., etc., de la colonne de matière grise, sur laquelle, dans chaque animal , se termine la racine nerveuse. Cette racine s’enfonce dans l’épaisseur de la matière , avec d’autant plus d’évidence, que les parties étudiées sont plus supérieures.
Lorsqu’on est parvenu à exécuter ces sections avec assez d’adresse et sur des organes qui n’ont subi aucune décomposition cadavérique, on arrive, après avoir constaté le fait que j’indique dans tous les niveaux du prolongement rachidien, à reconnaître, qu’il est possible de classer séparément les origines nerveuses. Les unes se terminent positivement sur les parties latérales de la colonne de matière grise, étendue depuis l’extrémité inférieure de la moelle épinière, jus-
Mammifères -Appareil qu’en amère des eouches optiques, les autres s’implantent sur les stratifications de substance blanche ; on ne saurait avec certitude faire naître ces dernières de la matière grise.
Dans la première série se rangent toutes les racines postérieures des nerfs rachidiens, les racines du nerf spinal ou accessoire de Willis, les racines de la portion moyenne et de la portion supérieure de la huitième paire , celles du nerf hypoglosse de la septième paire ( nerf facial, nerf auditif), l’origine de la sixième paire, de la cinquième paire, de la quatrième, de la troisième, celle de la seconde et de la première paire des nerfs crâniens.
Dans l’autre série se classent au contraire toutes les racines antérieures des nerfs rachidiens.
Il est curieux de voir que les nerfs rachidiens se placent assez nettement dans chacune de ces divisions. D’une part, les racines auxquelles les expériences physiologiques ont fait reconnaître la propriété de conduire les phénomènes sensitifs, s’implantent sur la branche postérieure de chaque partie latérale de la colonne de matière grise rachidienne. De l’autre, les origines qui ont la faculté de transmettre la volonté des mouvements, se fixent sur les stratifications antérieures de l’appareil fondamental.
Cette séparation des origines nerveuses n’est plus aussi distincte lorsqu’on observe les nerfs crâniens. Les uns et les autres aboutissent à la matière grise, .mais il est toujours singulier de reconnaître que les uns de ces nerfs et surtout les nerfs moteurs ne s’implantent que sur une surface très-peu étendue de cette matière, tandis que les autres, les nerfs sensitifs, naissent de larges surfaces de matière grise ou sur des amas plus ou moins volumineux de cette substance.
Ce sont les particularités de ces origines nerveuses qui vont être actuellement étudiées. Je m’occuperai de celles qui ont des rapports moins apparents, ou qui ne paraissent en avoir aucun, avec la longue colonne de matière grise dont l’étude a tout à l’heure été poursuivie.
J’appellerai de même l’attention du lecteur sur les origines ner-
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
veuses, qui naissent évidemment à mon avis de la colonne de substance Mammifères. — Appareil
, ^ ^ fondamental.
grise, dont le trajet se prolonge au travers du bulbe rachidien et du pont de Varole, jusqu’à la partie postérieure des couches optiques (troisièmes organes cérébraux de matière grise, mihi).
221. Lorsque l’on dit communément que les racines antérieures des nerfs rachidiens naissent des faisceaux antérieurs de la moelle épinière , on a parfaitement raison de s’exprimer ainsi ; car il est trèsrare et très-difficile de voir un très-petit linéament grisâtre, émané de la partie antérieure de la colonne de matière grise centrale, se prolonger jusqu’à ces racines. Cependant je l’ai vu quelquefois, mais cette particularité est si peu commune, que je la regarde comme accidentelle.
J’ose regarder comme bien moins fondée l’opinion générale, qui fait naître les racines postérieures des memes nerfs rachidiens sur les colonnes de matière blanche postérieures de la moelle épinière. Ces racines sortent d’un sillon qui sépare les stratifications blanches postérieures des stratifications blanches antérieures, et justement le fond de ce sillon est coupé par un prolongement de la branche postérieure de chaque segment latéral de la colonne de matière grise. C’est sur l’extrémité de ce prolongement que s’implantent les origines des racines postérieures des nerfs vertébraux, sous l’apparence de petits filaments fixés de bas en haut, les uns au-dessus des autres.
Ce fait peut être vérifié de plusieurs manières. D’abord par l’inspection de la superficie de la moelle épinière , lorsqu’on a placé cet organe sous une couche d’eau transparente ; on voit alors que le lieu de l’implantation des racines postérieures est occupé par un linéament léger de matière grise. On peut également le reconnaître par la section de plusieurs fragments de la moelle épinière , au niveau des origines nerveuses, à l’aide d’un couteau d’un tranchant parfait. II devient alors évident, si je ne m’abuse, que le prolongement de la branche postérieure du segment latéral de la colonne grise porte pour ainsi dire le nerf. Souvent on peut apercevoir avec la loupe , soit en comprimant légèrement entre deux lames de verre, soit en ne
Mammifères. — Appareil comprimant pas, de très-petits filaments qui se propagent du filet nerveux jusque dans l’épaisseur de la matière grise.
Il n’y a pas un animal, de quelque classe qu’il puisse être, sur lequel ces observations ne puissent être répétées et vérifiées. Je les ai renouvelées avec le plus grand soin, sur les rongeurs, les lapins, les cabiais, les rats, sur les animaux carnassiers, principalement sur le chien et le chat, sur les moutons parmi les ruminants, sur le cheval, et sur le cordon rachidien de l’homme. Je suis convaincu que c’estvéritablement sur la branche postérieure du segment latéral de la colonne de matière grise de la moelle épinière, que se fait l’insertion des racines postérieures des nerfs rachidiens (pl. 11,^^. 152, 153, 154, 155, 156, 157, 158, op; pl. 13, fig. 179, op; pl. 14, fig. 196, 197, 198, 199, 200, op ; pl. 16, p,g. 214, o8j pl. 18, fig. 213, o8).
Quoiqu’il ne soit pas possible de suivre avec évidence les racines antérieures des nerfs vertébraux jusqu’à la colonne centrale de matière grise , on ne saurait cependant douter que les nerfs qui naissent au-dessus des origines antérieures de la première paire des nerfs vertébraux , sur les stratifications antérieures de l’appareil fondamental , n’aient des communications avec la colonne de matière grise située dans l’épaisseur du bulbe rachidien.
Nerf hypoglosse. 222. Le nerf hypoglosse (neuvième paire, douzième paire de Sœm-
mering), qui naît suivant l’opinion générale, par une série de filets superposés, dans le sillon qui sépare antérieurement les éminences pyramidales des éminences olivaires, est à mon avis celui des nerfs crâniens, jusqu’aux origines duquel il est le plus difficile de suivre un prolongement de la matière grise: Ce prolongement provient de la partie antérieure des segments de la colonne de matière grise, latéralement situés à droite et à gauche de l’axe médian des stratifications antérieures, qui déjà s’étend en arrière à ce niveau. Cette disposition n’est pas très-nette, cependant elle éloigne les racines de ce nerf des racines antérieures des nerfs vertébraux. Sur plusieurs espèces de mammifères, dans le chien, dans le lapin, on parvient quelquefois à constater, lorsque l’on pratique une section heureuse, ce prolonge-
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
ment de matière grise dont je parle , servant d’insertion aux racines Mammifères. — Appareil
„ . , , '11? 1 • fondamental.
du nerl, et qui sépare les pyramides d avec les portions latérales de la moelle.
Chez les ruminants, le mouton par exemple (pl. 14, fig. 197, 203, o9), un petit filet de matière grise, confondu par son extrémité avec la substance grise du très-faible corps olivaire de cet animal, se continue également depuis les masses latérales de substance grise jusqu’au pied même de la racine nerveuse, point précis où cette dernière est implantée.
Cette disposition , qui commence à apparaître dans les animaux ruminants, ne m’a paru nulle part aussi évidente que dans les animaux dont le volume des corps olivaires est très-développé, comme les solipèdes et plus encore l’espèce humaine (pl. 16, fig. 214, o9).
Dans ces cas variables on peut étudier ces particularités, en pratiquant une section horizontale du bulbe rachidien au lieu d’insertion des filets des nerfs de la neuvième paire.
J’insiste sur la difficulté de reconnaître cette origine du nerf hypoglosse sur la colonne de matière grise, parce que cette origine ne ressortira peut-être aux yeux des personnes qui la rechercheront, qii’après plusieurs tentatives infructueuses.
A mesure que l’on s’éloigne de ce nerf en remontant vers le cerveau, l’origine des nerfs antérieurs sur les parties latérales de la colonne de matière grise devient de plus en plus appréciable.
223. Au-dessus de l’hypoglosse, le nerf de la sixième paire naît J Nerf de la sixième paire, suivant les opinions des anatomistes les plus distingués, du bord de la protubérance et des pyramides (Morgagni, Meckel, Cruveilhier), de la protubérance (Vieussens), du sillon qui sépare la pyramide de la protubérance (Haller), du sillon qui sépare la protubérance de l’éminence olivaire (Winslow). On voit que, malgré ces variations, les opinions s’accordent assez quant à l’origine apparente du nerf, c’està-dire, quant à l’endroit auquel il émerge de la substance nerveuse; mais les idées que l’on émet au sujet de son origine réelle, sont bien plus douteuses, et très-opposées les unes aux autres, depuis celle de
Mammifères.— Appareil Gall, qui veut que ce nerf se confonde avec les pyramides , jusqu’à la manière de voir de Herbert-Mayo, qui prétend le suivre jusqu’à la partie postérieure de la moelle allongée.
Dans le chien , on voit ce nerf aboutir manifestement à un prolongement émanant antérieurement de chaeune des parties latérales de la colonne de matière grise. Ce prolongement, que l’on distingue trèsbien par une section transversale du bulbe rachidien au niveau de l’insertion de la sixième paire, se termine au fond de l’angle solide dont les cotés séparent la pyramide, l’extrémité supérieure du corps olivaire et le bord postérieur de la protubérance.
Dans le chat (pl. 13, fig. 182, o6), c’est également à l’extrémité d’un prolongement de la colonne de matière grise, mais plus délicat et plus ténu que dans le chien , que se fait cette implantation du nerf.
Dans le mouton (pl. 14, fg. 200, o6), la disposition de la colonne de matière grise est remarquable au niveau des origines des nerfs de la sixième paire par les caractères suivants qu’elle présente.
A droite et à gauche les insertions de ces racines nerveuses s’opèrent sur un prolongement rectiligne de matière grise , étendu depuis le centre de la colonne centrale de matière grise très-rétréei au devant du plancher du ventricule cérébelleux. Dans chacun de ces prolongements, dirigés d’avant en arrière, plongent, de chaque côté, des lamelles très-fines, séparées par des couches alternatives de matière grise. Toutes ces lamelles proviennent de l’axe médian des stratifications antérieures, dont le développement est fort considérable à cette hauteur.
Nerf de la troisième 224. La troisième paire ( nerf moteur oculaire commun ) paraît naître des pédoncules cérébraux chez l’homme, en avant du bord antérieur de la protubérance. Chez les animaux, elle sort d’un point des pédoncules tantôt plus, tantôt moins éloigné de la limite antérieure de cette protubérance ; chaque espèce offre une différence sous ce rapport, mais le fait général d’origine réelle est le même partout.
L’origine ou l’insertion réelle de l’extrémité centrale de ce nerf.
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
peut être découverte par le procédé que i’ai déià indiqué , c’est-à-dire Mammifères.— Appareil
^ ^ ^ ^ ^ fondamental.
par la section verticale des parties, au niveau même de l’origine nerveuse.
Dans les animaux carnassiers, le chat, le chien , on arrive à reconnaître que les filaments ultimes de ce nerf se terminent à une couche de matière grise située entre les pédoncules cérébraux et les stratifications lamelleuses qui émanent de l’axe médian décrit plus haut.
Cette couche de matière grise n’est elle-même que la partie antérieure et supérieure des segments latéraux de la colonne de matière grise de la moelle épinière, modifiés pendant leur passage au travers du pont de Varole (pl. 13, fig. 179, 186). Une disposition semblable peut être observée plus clairement encore dans l’espèce humaine (pl. ISjfig. 223, o3), et prouve manifestement, à cet endroit de l’appareil fondamental , le rapport qui existe entre les racines nerveuses et la matière grise cachée derrière les stratifications blanches antérieures.
225. Des faits d’une nature analogue se présentent lorsqu’on étu- Nerfspinai die les racines nerveuses encéphaliques, placées dès leur naissance plus ou moins en arrière de la moelle épinière, c’est-à-dire celles qui sont le commencement du nerf accessoire de Willis (spinal), du nerf pneumo-gastrique , du glosso-pharyngien , du nerf auditif, du nerf facial et de la cinquième paire.
Dès que l’on commence à apercevoir, à la surface de la moelle épinière, les filets inférieurs du nerf accessoire, on peut déjà remarquer une augmentation du volume de chaque partie latérale de la colonne de matière grise (pl. 11, fig. 153, om ; pl. 14, fig. 197, 198, om; pl. 16, fig. 211, 212, om), surtout en arrière; mais on distingue avec précision au niveau des origines supérieures de ce nerf, un prolongement de matière grise qui naît de la masse centrale. Quelquefois, lorsque les racines postérieures du premier nerf cervical ne manquent point, on voit un de ces prolongements grisâtres qui se termine en arrière aux insertions de ces racines postérieures du premier nerf rachidien, et un autre prolongement de la même matière placé
Man, mifèrcs.-A,, pareil plus CH avaDt , Qui Dortc à soii cxtrémité excentrique l’insertion des
foodamcDtal. * -'il 1
filaments du nerf accessoire situés au même niveau.
Au-dessus de ce premier nerf cervical , l’origine des filets du nerf accessoire sur les parties latérales de la colonne de matière grise est entièrement semblable à celle que présentent les filaments desquels proviennent la portion inférieure de la huitième paire (pneumo-gastrique) et la portion supérieure du même nerf ( glosso-pliaryngien).
Nerf de la huitième 226. Ces trois ordres de filets nerveux dont la réunion forme.
paire.
dans les animaux mammifères , les trois troncs nerveux séparés et désignés sous les noms de nerf spinal, nerf pneumo-gastrique et nerf glosso-pharyngien , offrent à des hauteurs de plus en plus élevées du prolongement et du bulbe rachidien, le même mode d’origine, surtout au-dessus du premier nerf vertébral, de sorte que l’on pourrait considérer simultanément la description de ces origines. Î1 faudrait toutefois se rappeler auparavant, que la disposition dont je vais donner l’indication, est moins évidente au-dessous du premier nerf vertébral qu’au-dessus de ce nerf.
Les origines supérieures du nerf accessoire ainsi que les origines de la huitième paire étant examinées, après une section transversale de la moelle épinière et du bulbe rachidien , au niveau de chacun de leurs filets, on s’assurera que tous ces filets sont implantés à droite et à gauche, sur le coté externe de la branche postérieure du segment latéral de la colonne grise centrale.
Ce fait général est modifié de plusieurs manières, dans les différentes familles de mammifères, par la déformation de la branche postérieure de chaque segment de la colonne de matière grise, à mesure que celle-ci s’élève vers les régions cérébrales. Il en résulte que cette insertion de ces filaments nerveux , quoique partout semblable , paraît différente dans chaque espèce, lorsqu’on analyse attentivement les détails.
Dans les animaux rongeurs, le lapin, par exemple, les filets d’origine que j’indique, sortent également dans les régions supérieures de chaque branche postérieure des parties latérales de la colonne de
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matière grise, et les détails suivants se présentent à l’observation (pi. \\,fig. 154, 155,08).
De chaque côté externe de la branche postérieure de la colonne de matière grise, s’étend et se prolonge, en se dirigeant en avant et en dehors , une couche de matière grise qui aboutit à peu près à la partie moyenne et latérale du bulbe rachidien.
Sur cette partie ainsi prolongée, sont implantés inférieurement les filets d’origine supérieure du nerf accessoire, et supérieurement les filets qui produisent par leur réunion les cordons de la huitième paire et du nerf glosso-pharyngien.
Ces filets d’origine sont fixés sur cet allongement de substance grise , en avant des éminences restiformes , mais non en arrière des corps olivaires , puisque l’existence de ces organes ne saurait être manifestement démontrée dans les mammifères rongeurs.
Dans les carnassiers, une disposition semblable peut être remarquée. Dans quelques-uns de ces animaux, entre autres le chat, la portion de matière grise qui supporte les filets d’origine de la huitième paire, m’a paru présenter un volume plus considérable que dans les rongeurs (pl. 13, fig. 181 ; pl. 14, p,g. 198, 199, 08).
Les chiens offrent au même endroit un arrangement non moins singulier. Les filets terminaux du nerf de la huitième paire rencontrent au fond du sillon dans l’angle duquel ils s’implantent, l’extrémité d’un prolongement de matière grise qui forme le sommet de l’angle de ce sillon. Il vient de la branche postérieure de chaque segment latéral de la colonne de matière grise, et se recourbe en s’amincissant de plus en plus et d’arrière en avant.
Si l’on étudie attentivement avec un verre grossissant ces origines nerveuses de la huitième paire dans ces animaux , on remarque, qu’au moment où elles s’implantent sur le prolongement de matière grise, une espèce de petit renflement de substance blanche esf manifeste en dehors et en arrière de ce prolongement. Un petit ruban grisâtre se replie plusieurs fois sur lui-même dans l’épaisseur de ce petit renflement , qui touche aux racines supérieures de la
Mammifères. — Appareil fondamental.
Mammifères. — Appareil huitième paire ; cette particularité démontre assez bien par sa pré-
.sence combien doivent être différentes, dans chaque espèce animale, les surfaces par lesquelles le système nerveux périphérique communique avec le centre cérébro-rachidien.
Dans les moutons, animaux que je choisis dans la famille des ruminants, les filets d’origine des nerfs de la huitième paire (pl. 14, fig. 198, 199, o8) s’insèrent, comme on le sait, au fond du sillon qui sépare les éminences restiformes des corps olivaires , déjà très-bien appréciables chez ces animaux.
Ils rencontrent au fond de ce sillon un ruban de matière grise, qui d’une part se continue avec la branche postérieure du segment latéral de la colonne de matière grise , et de l’autre paraît quelquefois se continuer en avant. Il se replie alors sur lui-même, en contournant un noyau de substance blanche, et concourt à former derrière les pyramides une sorte de corps olivaire, appréciable surtout, lorsqu’avec l’aide d’une loupe on augmente l’apparence du volume des objets. Dans cet animal et dans les autres espèces de ruminants, il ne m’a pas été possible de découvrir le petit corps dentelé que j’ai signalé tout à l’heure à l’origine de la huitième paire chez le chien.
Le cheval offre un arrangement à peu près semblable à celui qui vient d’être décrit; et sauf le volume de la colonne grise qui les porte, les origines de la huitième paire ne présentent rien de plus remarquable à décrire que ce qui vient d’être énoncé.
Les filets d’origine de la huitième paire peuvent être de même suivis, dans l’espèce humaine, jusqu’à leur implantation sur le segment latéral de la colonne de matière grise qui se prolonge dans l’intérieur du bulbe rachidien.
Cette implantation , surtout dans la portion supérieure, diffère de ce que l’on observe dans les autres espèces animales. Au lieu de se faire sur un prolongement de matière grise émané de la branche postérieure du segment latéral de la colonne de matière grise, elle s’opère, au contraire, sur la branche postérieure elle-même. Plusieurs petits filaments nerveux percent la substance blanche placée à la superficie
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du prolongement rachidien, et pénètrent dans la substance grise 0D Mammifères. — Appareil
^ ^ ^ ® fondamental.
arrière des corps olivaires (pl. 16, fig. 214, o8; pl. 18, fig. 213, o8).
Ce que je viens de dire des origines successives du nerf accessoire de la portion inférieure de la huitième paire (pneumo-gastrique) , s’applique à la portion supérieure de ce nerf (glosso-pharyngien). Ces assertions ont donc pour résultat , de faire comprendre que les origines nombreuses de ces nerfs s’implantent toutes successivement sur le segment latéral de la colonne grise de la moelle épinière. Ce fait général coïncide avec l’augmentation de volume que subit cette partie, à mesure qu’elle s’élève. 11 est de plus accompagné de changements très-variables dans la forme du segment latéral, changements trop multipliés pour qu’il soit possible de les décrire en particulier.
227. L’insertion des deux portions de la septième paire, connues Nerf de la septième sous les noms de portion dure et de portion molle, est curieuse dans toutes les espèces animales. Dans chacune de celles que je désignerai, on pourra remarquer un double prolongement de substance grise, qui naît du segment latéral de la colonne grise, ou plutôt qui est ce segment latéral lui-méme. Il est divisé de chaque côté en deux parties qui s’étendent dans l’épaisseur du bulbe rachidien, jusqu’à l’endroit où s’implante et se termine chaque extrémité nerveuse. Il y a donc, dans les animaux mammifères , un prolongement de matière grise émané de la colonne cendrée du bulbe rachidien et destiné à la portion dure de la septième paire (nerf facial), et un autre, sur lequel s’opère l’insertion de la portion molle du même nerf (nerf auditif). Chacun des deux est séparé de l’autre par un intervalle plus ou moins grand, formé par la substance blanche (pl. 11, fig. 156, 157, ola, olp; pl. 13, fig. 179-186, ola, olp; pl. 14, fig. 200, o7o, olp; pl. 18, fig. 216, ola, olp).
Lorsqu’après des sections verticales, pratiquées au niveau même des origines des nerfs de la septième paire , en arrière du bord postérieur du pont de Varole, dans les lapins, les chiens, les chats, les moutons, et dans l’espèce humaine, on examine la surface des parties ainsi divisées, voici ce que l’observation me paraît offrir de remarquable.
Mammifères. — Appareil Les rongeurs, et en particulier les lapins (pl. II, fig. 156, 157,
fondaraentai, *1 •• * * ^
ola)^ présentent a 1 insertion du nerf facial (portion interne, portion dure de la septième paire), un amas de matière grise qui supporte immédiatement la racine nerveuse. Cet amas d’une part se prolonge en avant, de l’autre s’étend en arrière et se perd dans le centre de la colonne de matière grise, qui, à ce niveau dans plusieurs espèces, n’a point encore en totalité disparu.
En avant de ce centre de la colonne grise, on observe l’axe médian des stratifications antérieures. Avec le secours de la loupe, on voit les petites lamelles de substance blanche qui en sortent de chaque côté pour se perdre dans les parties antérieures des segments latéraux de la colonne de matière grise.
Le nerf auditif (pl. \ \, fg. 156, 157, olp) (portion molle de la septième paire, portion externe) s’insère également sur un prolongement de matière grise qui vient de la branche postérieure du segment latéral de la même colonne, qui supporte plus bas l’origine des nerfs rachidiens. Ce prolongement, très-distinct, est autrement situé que le précédent.
Il est placé plus en arrière, près de la superficie du bulbe rachidien, et séparé du prolongement qui porte le nerf facial parles stratifications blanches postérieures de l’appareil fondamental, qui montent au cervelet (corps restiformes).
L’un de ces prolongements de matière grise est caché dans l’épaisseur du bulbe rachidien : c’est celui qui porte le nerf facial, tandis que l’autre, qui soutient le nerf auditif, est libre en arrière dans le ventricule cérébelleux, à la surface duquel on le distingue sans difficulté.
Pour s’implanter sur cette portion de la masse de matière grise à laquelle aboutissent les origines des nerfs, le nerf auditif est obligé de contourner les éminences restiformes. C’est en dedans et en arrière de ces éminences qu’il rencontre la portion du centre nerveux sur laquelle il s’insère, immédiatement au-dessus et en arrière du niveau de l’origine du nerf glosso-pharyngien.
Léchât et le chien, dans les animaux carnassiers, m’ont servi à l’étude de ces insertions des deux portions de la septième paire. L’une
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
propre au nerf facial , est placée en avant de l’autre, sur les côtés de Mammifères. — Appa
* * ^ ^ ^ ' fondamental.
la base du bulbe rachidien. L’extrémité d’un prolongement de substance grise supporte cette insertion. Ce prolongement se continue en dedans avec le segment latéral de la colonne de matière grise dont il fait partie (pl. 13,/?^. 179, 186,o7'o7"). L’autre, propre au nerf auditif, se voit plus en arrière , séparée de l’insertion précédente par la substance blanche des éminences restiformes. Le nerf auditif se termine, après avoir contourné ces éminences, sur un prolongement de substance grise appartenant à la partie latérale de la colonne de la moelle épinière. Cette colonne apparaît librement au fond de la cavité ventriculaire, et en forme la paroi inférieure. Letude de l’encéphale des animaux ruminants fournit exactement les mêmes observations (pl. 14, ^^. 200, o7o, o7jo).
Dans le cheval , on retrouve des détails à peu près semblables à ceux que je viens de décrire. Ils rappellent, à cet 'endroit, les formes de l’encéphale du chien, du chat, et les particularités que l’on rencontre dans plusieurs autres animaux carnassiers.
Sur l’espèce humaine, nous retrouvons encore des détails analogues.
Le nerf facial (portion antérieure de la septième paire) (pl. 1 8, 21 6, ola), se termine sur une portion de matière grise, continuation supérieure du segment de la colonne, sur lequel se sont insérées plus bas les deux portions de la huitième paire (glosso-pharyngien, pneumogastrique). Cette portion de substance grise, placée en avant et en dedans du corps restiforme, se continue dans la direction du centre du bulbe rachidien. Elle est la même qui sera séparée plus haut par les lamelles transversales de l’axe médian des stratifications antérieures.
Le nerf auditif (portion molle , portion externe ou postérieure de la septième paire) (pl. 18, fig. 216, olp), après avoir contourné les stratifications restiformes , rencontre en arrière et en dedans de la masse de ces éminences, une couche de matière grise sur laquelle ses filets s’étalent et s’implantent. Ils forment alors des stries de substance blanche , considérées avec raison par la plupart des anatomistes comme les origines des nerfs auditifs.
Mam mifères. — Appareil Cette portion de matière mse , sur laquelle se fait la terminaison
fondamental. ^ ^ ^ ^ ^ *
de l’extrémité centrale des nerfs auditifs, est située dans l’homme, comme partout ailleurs, au fond du ventricule cérébelleux. Elle forme dans ces régions supérieures la branche postérieure de chacun des deux fragments latéraux de la colonne grise de la moelle épinière.
Nerf de la cinquième 228. Lcs mémcs étudcs dont le résultat vient d’étre exposé, vont être répétées au sujet de l’origine du nerf de la cinquième paire.
Deux opinions principales ont été émises sur cette origine : l’une , qui appartient à Gall, fait naître ce nerf du côté externe du corps olivaire; depuis ce point, il serait caché dans l’épaisseur de la protubérance annulaire. C’est en raclant les parties, et par conséquent en les détruisant d’abord , que cet anatomiste a prétendu faire la démonstration de cette origine, pour le moins très-hypothétique. La seconde opinion est celle de Rolande; cet observateur place l’origine du nerf ' qui nous occupe près dû niveau de l’angle inférieur du quatrième ven-
tricule. Je ne regarde pas cette opinion comme plus vraisemblable que la première.
Je pense, malgré l’autorité de plusieurs savants qui partagent l’une ou l’autre de ces manières de voir, qu’aussitôt que les nerfs de la cinquième paire sont parvenus à la superficie du pont de Varole , ils s’implantent par leur petite et leur grosse racine sur les portions de matière grise qui continuent supérieurement la colonne de matière grise de la moelle épinière.
Des irradiations de matière blanche plus ou moins apparentes, suivant les espèces, terminent le nerf à son entrée dans la protubérance. Elles sont, en général, disposées de telle sorte qu’elles embrassent la matière grise. Malgré des opinions contraires , j’affirme qu’au delà de l’insertion des racines de ce nerf, il ne m’a jamais paru possible de suivre la continuation des filaments nerveux.
Il en est de ces nerfs comme de tous les autres; chacun d’eux a pour terme dans l’intérieur du centre nerveux la matière grise accumulée sous le point d’insertion ; aucun d’eux ne dépasse cette limite.
Une coupe verticale pratiquée avec un instrument très-tranchant
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au niveau de Uorigine des nerfs de la cinquième paire, et prolongée Mammifères. — Appareil dans toute l’épaisseur de la protubérance, peut parfaitement bien faire connaître les particularités de cette origine, et les rapports du nerf avec la matière grise sur laquelle il s’insère dans tous les animaux mammifères.
229. Dans les animaux rongeurs (pl. 11 , p,g. 158, 159, o5), l’insertion de la cinquième paire des nerfs crâniens se fait, de chaque côté, en arrière du bord postérieur de la protubérance annulaire, sur une portion de matière grise que l’on distingue avec le secours d’une section transversale.
Cette accumulation de matière grise , sur le côté externe de laquelle s’implantent les filaments nerveux, ne s’aperçoit point à l’extérieur. Elle est cachée dans l’épaisseur du bulbe rachidien , à l’endroit où la substance blanche de cette partie pénètre dans la protubérance annulaire.
Pour bien voir la disposition qu’elle affecte, il vaut mieux entamer quelque peu la protubérance vers le centre du diamètre du nerf, plutôt que de trancher dans les parties situées au dessous du bord inférieur de cette protubérance.
Dans ces animaux , la masse grise dont il est question se confond du côté de la ligne médiane avec les couches très-délicates de matière grise séparées les unes des autres par de très-petits filaments lamelleux, et formées de substance blanche. Ces lamelles proviennent de l’axe médian des stratifications antérieures. La masse grise qui reçoit l’insertion des nerfs de la cinquième paire, se termine en arrière, ou plutôt fait partie du segment latéral de la colonne centrale, considérablement déformée à ce niveau. Les mêmes observations peuvent être répétées sur l’encéphale du lapin, du lièvre, du cabiai, de l’écureuil , etc.
230. Dans les chiens et les chats, pris pour exemples d’animaux carnassiers, l’insertion de la cinquième paire se fait également sur les segments latéraux de la colonne de matière grise engagés dans l’épaisseur du pont de Varole, après avoir parcouru toute la longueur de la moelle épinière.
EXPOSITION AmTOMIQUE
Mammifères. — Appareil D’ une part, en avant, chacun de ces serments de matière grise se prolonge en dedans jusqu à l’axe médiau des stratifications antérieures, qui divise chacun d’eux par les prolongements qui sortent de chacun de ses côtés, excepté toutefois dans les points voisins de l’insertion. De l’autre, en arrière, ils se confondent avec les éminences légères de matière grise placées sur les parties latérales du plancher du quatrième ventricule, à l’origine du nerf auditif (pl. 13, fig. 1 79-186 , o5).
231. Le mouton (pl. 14, fig. 201 , o5) présente tout aussi manifestement les rapports de la cinquième paire avec la matière grise sur laquelle ce nerf se termine.
Cette portion grise, qui dépend, ici comme ailleurs, de l’extrémité supérieure de la colonne centrale du prolongement rachidien, est située sur les côtés de la protubérance annulaire et dans la profondeur de la masse nerveuse. Elle se confond en arrière avec la matière grise que l’on observe, comme dans tous les mammifères, sur le plancher du ventricule cérébelleux. Elle se perd insensiblement du côté de la ligne médiane, entre les nombreuses lamelles qui sortent latéralement de l’axe médian des stratifications antérieures.
232. Un arrangement qui répète les mêmes faits se retrouve dans l’espèce humaine (pl. 18,^^. 217, o5), avec plusieurs différences qui méritent d’être appréciées.
La protubérance annulaire, coupée transversalement au centre du diamètre de la cinquième paire, fait voir que les filets du nerf, après avoir pénétré dans l’épaisseur de cette protubérance, aboutissent tous à de petites divisions de matière grise assez irrégulièrement limitées. Les contours de chacune de ces divisions ne sont point aussi nettement dessinés que ceux que l’on peut observer dans les autres ' animaux , mais on distingue cependant fort bien la matière grise et
la manière dont les filets nerveux se comportent en se terminant sur elle. Chaque filet terminal peut être considéré comme implanté séparément sur la matière grise, et quelques-uns de ces filets paraissent aller chercher assez profondément cette matière.
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Parmi ces portions de matière grise assez irrégulièrement réunies, celles qui sont postérieures s’approchent certainement très-près, et même apparaissent sur les surfaces latérales du \entricule cérébelleux : mais cette dernière disposition n’a pas chez l’homme la même netteté que dans certains animaux.
Sur les côtés et en dedans, il est plus facile de voir cette matière grise se continuer presqu’en totalité entre les lamelles volumineuses qui vont de l’axe médian des stratifications antérieures aux pédoncules du cervelet.
C’est sur cette matière grise , située entre les lamelles émanées de l’axe médian des stratifications antérieures et se portant aux pédoncules du cervelet, que s’implante la cinquième paire dans l’espèce humaine comme partout ailleurs. Cette implantation n’est pas, il est vrai, absolument semblable par ses détails aux particularités que j’ai décrites dans les rongeurs , les carnassiers et les ruminants , mais elle rappelle cependant ce qui a été précédemment indiqué.
Le fait est constamment le même : partout c’est sur la portion supérieure des parties latérales de la colonne de matière grise rachidienne, modifiée dans l’épaisseur du pont de Varole, que s’opère cette insertion nerveuse. Dans les animaux, elle s’accomplit sur une masse grise isolée en quelque sorte, ou que les lamelles blanches de l’axe médian antérieur ne divisent point en totalité. Dans l’homme , au contraire, elle s’opère sur une agglomération grisâtre, composée de portions séparées par les prolongements qui naissent à droite et à gauche de l’axe médian des stratifications antérieures.
233. Il ne me paraît pas généralement difficile de démontrer les origines nerveuses que je viens successivement d’examiner. Elles s’implantent sur les parties latérales de la longue colonne de matière grise étendue dans tout le trajet de la moelle épinière , modifiée de plus en plus à mesure qu’elle se rapproche de l’encéphale , et traversant le pont de Varole, pour arriver jusqu’en arrière des couches optiques. Je ne saurais en dire autant des origines de plusieurs nerfs dont je n’ai point encore parlé.
Mammifères. — Appareil On pourrait peut-être admettre que les origines des nerfs de la qua-
fondamcDtai. ^ ^ ^ ^
trième et de la deuxième paire ont un rapport assez certain avec les portions supérieures de cette colonne de matière grise, surtout dans les mammifères, mais on ne saurait conserver cette opinion à l’égard de la première paire des nerfs encéphaliques. II est, je crois, bien assuré , que personne n’a pu trouver une relation immédiate entre la masse de matière grise placée à l’origine des filets de ce nerf, et la colonne remarquable sur laquelle se fixent la plupart des autres filaments nerveux.
Je vais toutefois procéder maintenant à l’examen séparé des origines de ces trois nerfs, c’est-à-dire du pathétique, de l’optique et de l’olfactif.
Nerf de la quatrième 234. L’insertion des nerfs de la quatrième paire ( pathétiques, mo-
teurs oculaires internes et supérieurs) se fait, comme on le sait, par un nombre de filets variables de deux à quatre, fixés de chaque côté sur la valvule de Vieussens (portion postérieure de la lamelle intermédiaire, mihi).
Au premier examen , il n’est pas facile de démontrer les rapports qui unissent ces filets à la matière grise; ces filaments sont extrêmement délicats et fragiles, leur insertion n’est pas solide, et la surface qui la reçoit cède elle-même aux contacts les plus légers. Mais lorsque sur des cerveaux très-bien conservés, appartenant à des animaux qui viennent de mourir, on examine cette insertion à l’aide de sections verticales, on peut alors reconnaître la manière dont la matière grise se comporte à l’égard des extrémités de ces nerfs.
Le rapport des filaments des nerfs de la quatrième paire avec la substance grise m’a paru multiple. Il s’effectue premièrement, sur une légère couche de matière grise située en dedans et en arrière de la dernière paire des tubercules quadrijumeau]^ ; secondement, sur un prolongement de la même matière qui provient des parties sous-jacentes à la valvulede Yieussens. Chacune de ces dispositions très-générales est diversement modifiée dans chaque famille de mammifères. On les retrouve dans les rongeurs, les carnassiers , les ruminants, lessolipèdes. On les voit également dans l’espèce humaine, où l’implantation
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de ce nerf se fait de la manière suivante (pl. 14, fig. 202, o4; pl. 18, fig. 220, o4).
La matière grise sur laquelle cette implantation s’opère , pourrait être encore regardée comme la continuation de la colonne de matière cendrée de la moelle épinière , étendue alors au-dessous de la valvule de Vieussens, et venant former presque la totalité de la circonférence du canal nommé l’aqueduc de Sylvius, au-dessus duquel est tendue la portion de la valvule de Vieussens (lamelle intermédiaire) (pl. 14, fig. 202 , o4 ; pl. 18 , fig. 220 , o4 ) qui nous occupe.
Au-dessous de l’implantation des filets du nerf pathétique, un petit prolongement latéral de substance grise , confondu par sa base avec la masse grise divisée par les lamelles latérales de la portion médiane des stratifications antérieures, se porte en haut et en dehors jusqu’aux racines nerveuses auprès desquelles il s’éteint (pl. 14, üq. 202, o4; pl. 18,^^. 220, o4).
Outre cette communication avec la masse grise sous-jacente à la lamelle intermédiaire, le nerf de la quatrième paire, à son origine, aboutit encore d’abord à la matière grise répandue dans l’épaisseur de la lamelle intermédiaire , ensuite en avant à un autre petit amas de la même substance, placé tout à fait en arrière de la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux. On peut en poursuivre la continuation jusqu’à la masse de matière cendrée sous-jacente.
On voit ici que je n’adopte point l’opinion qui fait naître les nerfs pathétiques sur les tubercules testes. Je la repousse, parce que je ne parle que de ce qu’il est possible de voir; or, si l’on regarde les petits filaments de ce nerf à leur insertion , on pourra se convaincre que ces filaments sont trop éloignés de la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux pour que cette origine soit probable.
De plus, ces nerfs existent chez les reptiles, les poissons et les oiseaux, qui ne possèdent point ces tubercules postérieurs ; il devient alors évident que l’existence de ces amas de matière grise et leur dévelop pement ne sauraient être rattachés à l’origine de la quatrième paire. Ces nerfs ne sont pas plus volumineux à leur naissance, dans l’espèce
Mammifères.— Appareil fondamental.
Mammifères. — Appareil humaine,' que dans un grand nombre d’animaux des trois classes
fondameotal. ^
inférieures.
Nerf optique. 235. Dans les poissons, les reptiles et les oiseaux, une seule masse
de matière grise est placée de chaque côté de l’origine des nerfs de la seconde paire (nerfs optiques) (pl. 3, pl. 4, pl. *5, c/); une autre masse grise, très-appréciable, se rencontre également dans les poissons, sur le trajet de ces nerfs, en arrière de leur entrecroisement (pl. 3, p.g. 32). Dans les mammifères, les accumulations de matière grise que l’on observe soit à l’origine , soit sur le trajet de ces nerfs dans l’intérieur du crâne, sont en nombre plus considérable.
Les deux premières (pl. 14, p.g. 203, 2'"; pl. 18, fg. 223, 2'") , situées l’une derrière l’autre, forment une double série ; on les appelle tubercules quadrijumeaux. Les secondes sont placées en avant des précédentes ( pl. 14, fig. 203 , 2" ; pl. 18 , fig. 223 , 2” ), et sur un niveau inférieur à celui que les autres occupent ; celles-ci font partie de chaque couche optique , et se confondent avec la substance de ce troisième organe cérébral de matière grise ; on les désigne sous le nom de corps genouillés. Les troisièmes (pl. 14, fig. 203, 2'; pl. 18, fig. 223, 2') se remarquent à un niveau plus bas encore que les précédentes; elles sont placées en arrière de l’entrecroisement des nerfs dont il est question , et forment la partie antérieure et inférieure de Vinfundibulum.
Si les anatomistes ont pu n’étre pas du même avis au sujet de l’origine des nerfs optiques , puisque les uns les font naître des tubercules quadrijumeaux antérieurs [T. nates) , les autres des couches optiques (corps genouillés externes) , les autres à la fois des deux séries de tubercules quadrijumeaux et de la portion de substance grise placée en arrière du chiasma, il n’en est pas moins vrai que, malgré les divergences d’opinion sur ce sujet, la plupart d’entre eux ont implicitement reconnu l’insertion simple ou multiple de chacun de ces nerfs sur des masses de matière grise. La manière de voir de Meckel est celle à laquelle je me rallie, malgré l’dutorité d’assertions opposées. Je pense de même que ce savant anatomiste (J. F. Meckel ,
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Manuel (T anatomie, trad. par Jourdan, torn. III, p. 109, $ 1877) que les nerfs optiques s’insèrent en partie sur le côté postérieur et externe de la face supérieure de la couche optique, en partie sur les deux paires des tubercules quadrijumeaux , en partie sur la substance grise constituant le plancher du ventricule cérébral médian , située en avant de X infundibulum et en arrière de l’entrecroisement.
La démonstration de cette opinion de Meckel est trop facile à faire, et l’examen de ces parties sur l’homme se répète trop communément, pour que j’insiste sur la manière de vérifier ces détails anatomiques.
236. La première de ces insertions est remarquable de chaque côté du corps, dans les animaux mammifères, en ce qu’elle diffère essentiellement de ce que l’on observe dans les autres classes d’animaux.
Les masses de matière grise sur lesquelles elle s’opère sont doubles , l’une est antérieure {nates) , l’autre est postérieure {testes).
On peut s’assurer en étudiant cette insertion par des sections verticales pratiquées perpendiculairement , que la matière grise sur laquelle elle se fait, est confondue avec la continuation supérieure des deux parties latérales de la colonne de matière grise de la moelle épinière , qui , après avoir envoyé des prolongements au nerf de la quatrième paire , se rapproche du niveau postérieur des couches optiques (pl. U.fig. 203, 2', 2", 2'”; pl. 18, fig. 223, 2', 2", 2"').
En se reportant aux descriptions des mêmes tubercules quadrijumeaux et de la même insertion des nerfs optiques dans les reptiles, les poissons et les oiseaux, on remarquera, si je ne m’abuse, qu’à cet endroit du centre nerveux, un fait mérite d’être considéré: il donne un caractère particulier à l’encéphale des animaux mammifères.
Dans les trois classes inférieures , c’est sur la substance grise seule des tubercules optiques que se fait l’insertion du nerf optique. Cette substance grise , en reposant sur la couche plus ou moins épaisse de matière blanche qui sert à former la lamelle intermédiaire , est séparée par un long intervalle de l’extrémité supérieure de la colonne
Mammifères. — Appareil de matière grise de la moelle épinière qui, dans ces animaux, ne dé-
fondamental.
passe point le niveau du cervelet.
Dans les mammifères, au contraire, la masse de substance grise des tubercules quadrijumeaux, au lieu d’être isolée à la surface de la partie antérieure de la lamelle intermédiaire, se confond par dessous avec la portion de matière grise qui est la continuation supérieure des parties latérales de la colonne cendrée du prolongement rachidien. C’est dans l’épaisseur de ces parties latérales qu’on aperçoit les lamelles émanées des deux côtés de l’axe médian des stratifications antérieures (pl. 14, fig. 202, 203, 2'"; pl. 18, fig. 223 2'").
A cet endroit où la substance des tubercules quadrijumeaux se mêle à celle de la colonne grise de la moelle , une immense quantité de vaisseaux artériels se répand, chez l’homme surtout, dans cet amas commun de matière grise où se fixent les extrémités des nerfs optiques.
237. La seconde insertion des nerfs optiques se fait, comme l’ont indiqué Santorini, Morgagni , Gall, Meckel, etc., sur la partie de la couche optique désignée sous le nom de corps genouillés externes et internes (pl. 14,^^. 202, 203, 2”; pl. \^,fig. 223,2").
Cette portion résulte d’une double saillie de la substance grise des couches optiques , sur laquelle vient s’étaler le nerf optique. Ce nerf, en passant sur cette élévation, la recouvre et se dirige ensuite en formant généralement deux bandes de substance blanche. L’une va des corps genouillés externes aux tubercules postérieurs , l’autre, moins appréciable, marche du corps genouillé interne aux tubercules quadrijumeaux antérieurs.
Il faut observer que cette dénomination de corps genouillé interne ou externe , ne s’applique qu’à une seule et même partie appréciable à l’extérieur par une double éminence.
Rien de semblable ne se peut observer dans les trois classes d’animaux inférieurs aux mammifères. Chez les poissons et les reptiles, jamais le nerf optique n’a de connexion plus ou moins étroite avec le troisième organe de matière grise , puisque cet organe est alors situé en arrière de l’insertion de ces nerfs loin des tubercules de la
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lamelle intermédiaire. Dans les oiseaux, le troisième organe cérébral Mammifères. — Appareil
de matière grise est placé au-dessous de la partie antérieure de la lamelle intermédiaire et, par conséquent, du tubercule optique : il est donc séparé de ce tubercule par la cavité ventriculaire. Cet organe présente cependant déjà par son côté externe une communication assez évidente avec l’extrémité des nerfs optiques, pour que l’on puisse trouver ce détail analogue à ce que l’on observe dans les mammifères à l’endroit des corps genouiiiés.
238. La troisième insertion des nerfs optiques des animaux mammifères résulte des détails anatomiques que je vais actuellement exposer. Sur le trajet des nerfs optiques, dans l’intérieur du crâne , se rencontre une certaine quantité de matière grise , située immédiatement derrière l’entrecroisement et au-dessus de ce chiasma. Elle ne me paraît pas devoir être oubliée (pl. 14, p,g. 202, 203, 2'; pl. 18,
^g. 223 , 2') , et je pense avec un savant observateur ( Meckel , l. c.,
3® vol., p. 110), que des filaments de substance blanche sortis en arrière de la masse des nerfs optiques entrecroisés, se répandent dans cette substance grise et s’y terminent. Cette matière grise reçoit l’insertion la plus antérieure et la moins remarquée des nerfs oculaires.
Cet amas de matière grise appartient au plancher du troisième ventricule (ventricule cérébral médian), qui s’infléchit et se baisse en arrière vers l’angle inférieur de Vinfundibulum, et par conséquent vers le corps pituitaire. Il peut être remarqué dans tous les mammifères.
On en constate l’existence dans les rongeurs, les carnassiers, les ruminants, les pachydermes, les solipèdes aussi bien que dans l’espèce humaine , toutefois en ayant égard au volume de l’encéphale des divers animaux de ces familles.
Si l’on ne rencontre pas ce léger amas de substance grise dans le cerveau des reptiles et des oiseaux, il n’en faut pas conclure que les mammifères seuls paraissent offrir cette particularité. Dans beaucoup de poissons, en effet, mais non dans tous, derrière l’entrecroisement des nerfs optiques , on aperçoit de très-petites éminences de matière grise.
Elles ont été désignées sous le nom de tubercules mamillaires, bien
Mammifères - Appareil qu’elles fusseut plucées en avant de Vinfundibulum, à l’opposé de ces tubercules. On ne voit les éminences mamillaires que dans les mammifères. Elles n’ont pas dans ces animaux le moindre rapport avec {Pleuronectes plalessa , pl. 3, fig. 30, 2'; PL solea, PL turbo) l’insertion des nerfs oculaires que je viens d’indiquer.
239. Il résulte de l’appréciation de ces faits, que, si par sa terminaison sur la matière grise le nerf optique des mammifères ressemble au nerf optique des autres vertébrés , il s’en éloigne par la multiplicité de cette insertion. Ceci doit avoir une grande influence sur la nature des fonctions de l’organe de la vision. Il résulte également de toutes ces particularités, que le nerf optique n’est plus ici fixé comme chez les poissons, les reptiles et les oiseaux , sur le seul tubercule gris de la lamelle intermédiaire, mais que dans les mammifères et dans l’homme il est triplement inséré : premièrement, sur les tubercules quadrijumeaux, dont la substance grise se confond avec la partie supérieure de la colonne grise de la moelle épinière; secondement, sur la matière grise des corps genouillés; et en troisième lieu , sur la substance grise qui forme le plancher du ventricule cérébral médian , en arrière de l’entrecroisement. Ces faits donnent à l’encéphale de ces animaux un caractère remarquable. Les deux origines antérieures du nerf optique, seules, ne peuvent plus être rattachées à la colonne de matière grise de la moelle épinière. Je crois cependant que l’on pourrait encore discuter cette opinion, en considérant l’insertion des nerfs sur la substance grise des corps genouillés , mais il ne me paraît plus possible de se refuser à l’admettre à l’occasion de la masse de matière grise située en arrière du chiasma.
On ne saurait rattacher à la colonne de matière grise de la moelle, l’amas de substance cendrée placé à l’endroit de l’insertion des nerfs olfactifs.
Nerfoifactif 240. L’implaotation des filets d’origine des nerf crâniens de la première paire sur la matière grise , se présente avec une plus grande évidence encore que dans toutes les autres parties du centre nerveux qui viennent d’être examinées.
On décrit ordinairement sous le nom de nerfs olfactifs des animaux vertébrés et des mammifères, un double prolongement mélé de substance blanche et de matière grise, dont la forme et le volume sont variables dans les diverses familles d’animaux, mais qui généralement s’étend depuis le voisinage de la scissure interlobaire (scissure de Sylvius) jusque sur toute l’étendue de la lame criblée de l’os ethmoïdal.
Je conserve à cçs parties le nom de prolongements olfactifs; ils font partie intégrante du' cerveau, leur texture est la même. Leurs connexions avec la substance blanche des stratifications antérieures de l’appareil fondamental , qu’elles terminent en avant, sont on ne peut mieux appréciables. Je ne donne le nom de nerfs olfactifs qu’aux filaments très-délicats qui entrent dans l’intérieur du crâne par les trous de la lame criblée de l’os ethmoïdal , et s’insèrent sur la masse de matière grise plus ou moins volumineuse qui s’élève constamment à l’extrémité de ces prolongements olfactifs.
Ces filaments nerveux s’insèrent immédiatement, dans tous les animaux mammifères, sur la face inférieure de la masse de matière grise par laquelle se terminent ces prolongements.
La forme de cette masse de matière grise est variable : tantôt c’est une espèce de renflement grisâtre en forme de massue , comme dans les animaux rongeurs. Dans les chats c’est une éminence plus large en avant qu’en arrière, semée, à sa superficie inférieure, de petits enfoncements au fond de chacun desquels s’implante un filament nerveux.
Dans les chiens, cette masse de matière grise représente deux grosses éminences ovalaires : dans les chauve-souris , dans les taupes , une disposition analogue peut être observée. Les animaux ruminants, les solipèdes, présentent également des amas de matière grise considérables, à l’extrémité des prolongements olfactifs. Ces amas reçoivent, à leur surface inférieure, l’insertion des nombreux filaments des nerfs olfactifs après l’entrée de ceux-ci dans l’intérieur du crâne.
Dans l’espèce humaine, le volume de ces masses de matière grise est moindre que partout ailleurs; mais là, de même que chez les autres ani-
Mammifères.— Appareil fondamental.
Mammifères -Appareil ïiiaux , Ics Hcrfs olfactlfs s’Insèrcnt sur elles. II n’y a de partieulier à
fondamental.
l’homme que la diminution des filaments nerveux et l’exiguité de l’organe à la surface duquel ils se fixent.
241. * Après l’examen des détails que je viens d’exposer à l’occasion des animaux mammifères , et dont un assez grand nombre se répète dans les autres classes des vertébrés, il deviendra, je le pense, évident que l’origine de la plupart des nerfs sur la matière grise est un fait commun à toutes les espèces. Ces origines se font en majeure partie sur les régions postérieure^* de la longue colonne de matière grise de la moelle épinière étendue jusqu’en arrière des couches optiques , sauf les exceptions que j’ai signalées à l’occasion des insertions antérieures des nerfs vertébraux et optiques et des insertions des nerfs olfactifs.
On a plutôt étudié jusqu’ici la terminaison des différents nerfs rachidiens et crâniens au point de vue multiple de la hauteur du niveau de leur insertion , de leur position , soit antérieurement soit postérieurement, sur le prolongement et le bulbe rachidien, ou en ne considérant que le nombre plus ou moins grand des filaments réunis pour constituer lés cordons nerveux.
Certainement plus d’une observation intéressante , et qu’il ne m’est pas possible de reproduire ici, a été le résultat des recherches entreprises dans cette direction. Mais il reste aussi de curieuses études à poursuivre pour connaître exactement dans les animaux et dans l’homme les caractères variables des masses grises situées à l’origine de chaque nerf, et apprendre en quoi et comment la forme et le volume de ces masses sont modifiés au point terminal de telle et telle insertion nerveuse dans les nombreuses familles d’animaux. Une autre série intéressante de recherches doit être encore poursuivie à l’occasion de ces accumulations de matière grise : il est nécessaire de chercher à connaître leurs rapports exacts avec les ramifications de l’appareil cireulatoire, et de développer avec plus de précision que je ne saurais encore le faire, ce que je vais dire du contact de ces masses grises avec les dernières divisions artérielles.
242. La longue colonne de matière grise de la moelle épinière, et les
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masses de la même matière qui se rencontrent aux origines antérieures des nerfs optiques et à l’insertion des filaments des nerfs olfactifs , deviennent remarquables lorsque les vaisseaux du centre nerveux ont été remplis de matière colorante , par l’énorme quantité d’artères qui viennent pénétrer et se terminer dans leur épaisseur. Les ramifications superficielles de ces artères sont assez multipliées, pour qu’à l’aide d’une heureuse expérience on puisse colorer toutes ces parties grises , tandis que les stratifications blanches les plus voisines, qui les touchent ou qui les entourent, restent dans un état de blancheur parfaite. Ce fait est général dans le prolongement rachidien de même que dans l’intérieur du crâne; mais dans ces deux régions opposées, la quantité de vaisseaux artériels qui se dirigent vers les origines nerveuses ne paraît pas être la même.
Cette quantité s’accroît vers les parties supérieures du centre nerveux , elle diminue dans les régions inférieures.
Sous ce rapport, la différence la plus complète sépare l’extrémité supérieure de la colonne grise de l’origine nerveuse, et la rend distincte de l’extrémité inférieure. Il suffit, pour se convaincre de la vérité de cette assertion, de comparer, après une injection de gélatine colorée , la région de la colonne de matière grise située dans l’épaisseur du pont de Yarole ou dans le bulbe rachidien , à celle où l’on rencontre les origines des derniers nerfs vertébraux.
Dans l’une , la substance grise reçoit des rameaux de tous les cotés et en grand nombre. Dans l’autre, au contraire, la colonne grise centrale n’est pénétrée que par de rares ramifications , qui la colorent difficilement.
La manière dont ces artères arrivent à la substance grise, n’est point la même, au-dessous de l’extrémité inférieure du ventricule cérébelleux {calamus scriptorius) , dans le bulbe rachidien, et dans la protubérance annulaire. Cependant , ces vaisseaux se terminent toujours , dans ces différents points, de manière à déterminer le même résultat général , c’est-à-dire l’artérialisation de la matière grise.
243. Au-dessous du calamus scriptorius, la colonne grise située
Mammifères -Appareil au-dcssous dcs origlncs nerveuses reçoit des ramifications artérielles
fondamental. ,
et par sa circonférence et par son centre.
Les artères qui aboutissent à la circonférence, y arrivent après avoir traversé les stratifications blanches; elles viennent alors, en avant, de l’artère spinale antérieure; elles naissent, en arrière, de l’artère spinale postérieure.
Celles qui entrent dans la substance grise par le centre de la colonne médullaire, émanent d’un petit rameau artériel, né de la réunion de deux ou plusieurs rameaux sortis de Tartère cérébelleuse postérieure, ou des deux artères spinales postérieures. Ces artères, après s’étre confondues, pénètrent, on le sait, dans le canal central de la moelle épinière et en parcourent alors toute l’étendue.
Les petites ramifications de cette artériole d’un très-faible volume plongent, aussitôt leur naissance, dans les parties latérales de la colonne de matière grise.
244. Au-dessus du calamus scriptorius , dès que l’axe médian des stratifications antérieures a commencé à isoler l’une de l’autre les parties latérales de la colonne grise, en s’étendant en arrière, tout change. Ces parties latérales ne sont plus réunies sur leur côté interne par une portion médiane pourvue d’un canal. Elles ne reçoivent plus d’artérioles que par leur circonférence. La plupart de ces petites ramifications artérielles n’arrivent plus à pénétrer la matière grise, excepté dans les régions supérieures , qu’après avoir traversé l’enveloppe externe formée par les stratifications de substance blanche.
Ces artérioles proviennent, autour du bulbe rachidien, de magnifiques plexus artériels très-remarquables aux origines de l’hypoglosse, du pneumogastrique et du glosso-pharyngien. Ces plexus sont formés par les ramifications venant directement des artères vertébrales, ou de leurs branches cérébelleuses antérieures et postérieures, et de plusieurs rameaux sortis des artères spinales.
Les unes de ces artérioles s’enfoncent, sur la ligne médiane, entre les deux éminences pyramidales, les autres s’introduisent entre les sillons des corps olivaires; toutes s’éteignent dans la matière grise, et la colo-
DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX
rent lorsqu’elles ont été heureusement remplies par le liquide de Mammifères. — Appareil
^ 111 fondamental.
l’injection.
Les parties latérales de la colonne de matière grise qui traversent le pont de Varole de chaque côté de l’axe médian des stratifications antérieures, sont de même parcourues par des ramifications artérielles très-déliées. Celles-ci pénètrent par la surface de la protubérance annulaire, dont elles traversent la substance blanche.
Ces ramifications artérielles proviennent surtout du tronc basilaire et des artères cérébelleuses antérieures et supérieures. Postérieurement, d’autres artérioles émanent des plexus placés à l’origine des nerfs de la huitième paire.
La partie supérieure de la colonne de matière grise voisine de l’origine des nerfs est surtout curieuse à étudier sous le rapport des vaisseaux artériels qu’elle reçoit dans le voisinage de l’origine de la troisième paire en avant, et près des tubercules quadrijumeaux en arrière.
Près de l’origine de la troisième paire, de petites artères viennent directement du tronc basilaire, elles pénètrent de chaque côté dans la substance blanche, en même temps que les origines de ces nerfs de la troisième paire. Ces vaisseaux suivent les filets nerveux en formant des lignes droites et régulières jusqu’à la matière grise, dans laquelle ils s’éteignent.
En arrière , des plexus vasculaires formés d’un nombre prodigieux d’artères nées des artères cérébelleuses supérieures , des artères cérébrales postérieures , sont disposés à la surface des tubercules quadrijumeaux. Il en sort une quantité très- considérable de petits vaisseaux qui traversent les tubercules quadrijumeaux, et se terminent ensuite dans la partie la plus élevée de la colonne de substance grise.
245. La substance grise des corps genouillés reçoit également des divisions très-multipliées des artères cérébrales postérieures et cérébelleuses antérieures.
Plus antérieurement, les mêmes faits s’observent en arrière de l’entrecroisement , sur l’insertion la plus antérieure du nerf optique. La matière grise, à cet endroit, est pénétrée de vaisseaux issus du cercle
Mammifères. — Appareil de Willis, de l’artère cérébrale antérieure, de l’artère communicante.
fondamental. ^
Aux origines des nerfs optiques, de nombreuses divisions vasculaires entourent la substance grise, s’y répandent et terminent à cet endroit les ramifications très -apparentes des artères cérébrales antérieures.
Je fais remarquer ici, comme un fait curieux, que la quantité de vaisseaux artériels n’est pas proportionnée au volume de la matière grise placée dans le point des différentes insertions nerveuses.
Les tubercules quadrijumeaux sont plus considérables dans les rongeurs, les carnassiers, les ruminants, que dans l’espèce humaine, et cependant le nombre des artères qui se répandent sur ces parties dans les animaux est bien moi'ns abondant que dans l’homme.
L’accumulation de la matière grise aux origines des nerfs, déjà reconnue par plusieurs anatomistes, et entre autres par Gall, qui la nommait matrice des nerfs , devra , si je ne m’abuse , présenter un jour un intérêt très-grand. Peut-être parviendra-t-on à connaître précisément les influences que peuvent avoir sur la fonction des nerfs ces divisions artérielles que je signale à un examen futur. Ces divisions artérielles, examinées après certaines maladies, me paraissent offrir d’intéressantes particularités, que je me propose de faire connaître ultérieurement : elles sont capables d’éclairer à la fois la physiologie de l’homme en santé et la physiologie de l’homme malade.