‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 32 sur 66 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

DE l’appareil secondaire DU CENTRE NERVEUX DES ANIMAUX MAMMIFÈRES

ET DE l’homme.

Mammifère.- Appareil 277. Lcs apparcüs sccondaircs du centre nerveux des animaux

mammifères sont placés de manière à couper transversalement la direction des stratifications de l’appareil fondamental. Cette disposition, observée précédemment dans les portions isolées du même appareil, existantes dans les trois classes d’animaux étudiées en premier lieu , se remarque ici sur une grande échelle.

Le nombre des portions qui constituent l’appareil secondaire dans les mammifères, est plus considérable que dans les poissons, les reptiles et les oiseaux ; mais chacune de ces portions se comporte de même que chez ces derniers animaux. Les extrémités des stratifications de matière blanche dont chacune d’elles est formée vont se mettre , à droite et à gauche, en rapport avec les organes situés dans l’intérieur de la cavité crânienne , sur les extrémités ou le trajet des parties blanches de l’appareil fondamental. Elles unissent donc, comme partout ailleurs, les organes placés d’un côté de l’encéphale à ceux du côté opposé.

Les portions de l’appareil sont d’autant plus développées que les mammifères sont plus élevés dans l’échelle animale, c’est-à-dire que l’espace qu’elles occupent s’accroît en même temps que les complications, la forme et le volume des parties intracrâniennes de l’appareil fondamental; aussi nulle part ne sont-elles aussi considérables que dans l’espèce humaine.

Dans les animaux qui ont été jusqu’à présent l’objet de nos études,

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on a pu remarquer que toutes les masses organiques cérébrales com- Mammifères.— Appareil

* ^ O 1 secondaire.

posées de matière grise n’étaient pas constamment réunies par des commissures traversales.

Dans les animaux mammifères au contraire, le nombre des parties qui constituent l’appareil secondaire est proportionnel à celui des masses organiques de matière grise. Dans le cerveau de ces animaux et de l’homme, ces masses organiques forment les unes derrière les autres, à des niveaux divers, une triple série ; les fragments de l’appareil secondaire sont également en nombre triple.

Les organes de la première série sont réunis par le premier fragment ; les organes de la seconde série sont joints par le deuxième fragment; le dernier est placé entre les masses de matière grise formant la troisième et dernière série des organes cérébraux.

L’ensemble de cet appareil ainsi composé de plusieurs portions , constituées seulement par la substance blanche , isolées les unes des autres, est étendu, sous l’apparence de stratifications transversales, entre chacun des hémisphères cérébraux. Il se termine du côté droit et du côté gauche dans l’intérieur des masses organiques de matière grise ; on le remarque dans l’intérieur du crâne sur la ligne médiane entre les stratifications antérieures de l’appareil fondamental.

278. Dans les trois classes d’animaux inférieurs aux mammifères , tous les fragments de cet appareil ne peuvent être observés en nombre complet.

J’ai fait remarquer que dans les poissons et les reptiles, un seul fragment pouvait être observé non pas dans toutes les espèces , mais dans quelques-unes seulement , entre les deux premiers organes cérébraux de matière grise. J’ai fait voir que dans les oiseaux il en était autrement : chez eux ce n’est plus entre la première série d’organes qu’un de ces fragments est appréciable, c’est au contraire seulement entre les organes cérébraux de la seconde série que s’étend une commissure blanche, tandis que les premiers et les troisièmes sont absolument isolés à droite et à gauche.

Ces caractères anatomiques établissent, on le voit, une différence no-

Mainniifères. — Appareil table entre les régions supérieures des centres nerveux de ces animaux.

D’autres caractères établissent également une distinction très-évidente entre le cerveau des mammifères et celui des oiseaux.

Dans toutes les espèces de la classe dont il est maintenant question , les fragments de l’appareil secondaire, toujours isolés, et sans communication les uns avec les autres, sont en nombre complet. Tous les animaux mammifères, ainsi que l’homme, offrent autant de divisions de l’appareil secondaire qu’il y a de séries d’organes de matière grise à l’extrémité des stratifications antérieures de l’appareil fondamental.

Dans l’appareil secondaire des animaux mammifères et de l’homme, la forme, l’étendue en largeur antéro-postérieure, les dimensions en longueur transversale de chacune des portions indiquées, varient sans cesse : mais le nombre de ces fragments ne change jamais.

Il est facile, en écartant les deux hémisphères, de constater, entre tous les organes de matière grise parallèlement situés dans le cerveau , l’existence de chacun de ces fragments , ou autrement de chacune de ces commissures. Je vais les examiner successivement , en commençant par celle qui réunit la dernière série des masses organiques cérébrales composées de matière grise.

Commissures des troi- 279. Le fragment de l’appareil secondaire qui réunit sur la ligne

sièmes organes céré- O 1 1 1

hraus médiane les organes cérébraux de la troisième série ou ceux qui sont

placés en dernière ligne (couches optiques), est facile à découvrir dans les mammifères, seuls animaux sur lesquels il soit possible de reconnaître cette commissure. Ce fragment de l’appareil secondaire est situé en avant et au-dessous de l’extrémité antérieure de la lamelle intermédiaire ; sa présence se remarque un peu plus bas que le corps pinéal, avec les filets duquel il a fort souvent d’étroites connexions dans beaucoup de mammifères (pl. 10, fig. 141 pl. 12,

fig. 174 ; pl. 15, fig. 204, 205, 206 pl. M^fig. 210 a'" -b;

pl. \^,fig. 222, 224 Cette commissure occupe la région pos-

térieure et supérieure du ventricule cérébral médian.

Elle doit certainement offrir des variétés dans son volume, mais cette

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partie n’a point un diamètre assez étendu pour qu’il soit facile d’appré- Mammifères. — Appareil cier des différences avec une grande exactitude. Il m’a semblé que le diamètre du cylindre de matière blanche que représente cette commissure, était plus considérable dans les animaux dont le cerveau possède des dimensions plus étendues. Ce fait est surtout appréciable lorsque l’on compare les deux points extrêmes de la série des mammifères, le rongeur et l’homme.

Les extrémités de cette commissure plongent de chaque côté dans les organes cérébraux de matière grise de la troisième série (couches optiques). Ce fait est de toute évidence; mais il devient assez difficile de suivre les traces de cette commissure dans l’épaisseur de la matière grise, à laquelle elle aboutit, et d’étudier la terminaison de ce cordon de substance blanche au delà de la surface, dans le centre même de chacune des couches optiques.

Pour connaître autant que possible la manière dont se fait cette terminaison, il convient de pratiquer une section verticale du troisième organe cérébral , en faisant passer le plan de la section immédiatement au devant de la commissure qui nous occupe. Alors, il sera possible de constater d’abord l’immersion de chacune des extrémités de la commissure dans la matière grise des couches optiques. On reconnaîtra que de ces extrémités s’écartent, en divergeant, des prolongements obliques ou transversaux. On pourra suivre le trajet de ces prolongements jusqu’aux stratifications antérieures de l’appareil fondamental qui traversent le troisième organe et le supportent.

La substance blanche de cette commissure se confond par ses extrémités au centre de la couche optique avec la substance blanche de ces stratifications antérieures de l’appareil fondamental.

J’ai constaté la présence de cette disposition, que j’indique ici d’une manière générale, dans toutes les espèces de mammifères dont je me suis servi pour mes études, depuis les rongeurs j usqu’à l’espèce humaine.

280. On a confondu , sous la dénomination de commissure , une sorte de pont formé par la matière grise , qui , dans chaque mammifère, occupe à peu près constamment la région moyenne de la cavité

Mammifères. — Appareil du ventricule cérébral médian , en unissant les deux couches optiques

secondaire.

par continuité de matière.

Cette communication transversale , malgré sa situation , ne saurait être rangée parmi les commissures , puisqu’aucune partie de substance blanche n’entre dans l’espèce de pont de matière grise à l’aide duquel elle s’opère; ou bien ce serait la seule commissure offrant une semblable organisation.

Cette fusion, sur la ligne médiane, de deux organes de matière grise de la troisième série , a été expliquée de la manière suivante : on a dit que les couches optiques étaient, comme toutes les parties grises du cerveau , la suite de la colonne de matière cendrée de la moelle épinière; on a dit qu’elles présentaient, en vertu de cette continuité supposée, dans les points les plus rapprochés du lieu d’origine, des vestiges propres à rappeler le caractère anatomique de la colonne dont elles seraient l’extrémité supérieure.

Cette manière d’expliquer un fait, qu’il vaut mieux, comme tant d’autres, déclarer inexplicable, me semble très-peu fondée sur l’observation.

Il ne m’a paru prouvé jusqu’à présent par personne, que les parties grises contenues dans les hémisphères du cerveau fussent la continuation de la colonne cendrée de la moelle épinière. L’étude des masses organiques, examinées sur l’extrémité antérieure de l’appareil fondamental des poissons, des reptiles, des oiseaux et des mammifères, montre au contraire, par la situation variée de ces organes cérébraux , l’indépendance complète qui les sépare de la matière grise du prolongement rachidien.

La pl upart des anatomistes assurentqu’ilest très-rare quecette union des deux couches optiques , par une portion de matière grise transversale, n’existe pas chez l’homme. Je partage entièrement cette opinion, et même, j’ose me prononcer plus qu’eux sur ce sujet. Je ne crains pas d’affirmer ne l’avoir jamais vue manquer chez les espèces animales que j’ai pu examiner. Dans l’espèce humaine, je l’ai de même constamment observée, et depuis plus de dix années sur un

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très-grand nombre de cadavres soumis à mon observation dans les hô- Mammifères. — Appareil pitaux de Paris, je n’ai pas pu vérifier l’absence de cette portion de l’encéphale sur des cerveaux non ramollis. Lorsque la matière nerveuse est désorganisée par la putréfaction ou parla maladie, on peut remarquer le contraire ; mais dans ce cas les observations sont trop peu concluantes pour être de quelque valeur.

281. Le fragment de l’appareil secondaire qui réunit les secondes Commissure des seconds

<1 • \ • t 1 •/» / • organes cérébraux.

masses de matière grise du cerveau des mammitères (corps striés) est désigné communément sous le nom de commissure antérieure. C’est un cordon cylindrique de substance blanche, dont on peut apercevoir la partie moyenne en avant des deux stratifications nommées piliers antérieurs de la voûte (pl. 10, fig. 141-142 «"-f-; pl. 11, 147 ,

150, 151, 162, 165, 169 + ; pl. 12,^^. 173, 174, 176, 177 « ' + ;

pl. 13, pg. 187 a,” -\-y pl. 14, pg. 192 pl. 15, pg. 204, 205,

206 o"-j- ; pl. \Q,pg. 207 pl. 17, pg. 210 pl. 18, pg. 224 Je décrirai plus loin sous un autre nom ces prétendus piliers, à l’occasion de l’appareil tertiaire.

Dans toutes les espèces de mammifères que j’ai pu disséquer, j’ai cru constamment rencontrer dans la disposition de ce fragment la plus grande uniformité; partout il se comporte de la manière suivante.

Cette partie est située dans l’intervalle qui sépare les deux hémisphères cérébraux , au-dessous du corps calleux , en avant des piliers antérieurs de la voûte; sur les cotés , ses extrémités s’enfoncent de plus en plus dans les hémisphères, et plongent dans la région antérieure des seconds organes cérébraux composés de substance grise (corps striés).

Ces extrémités se confondent dans l’épaisseur de ces organes, avec une portion de substance blanche, de laquelle partent en avant et en arrière des stratifications inégales et multipliées. Ces prolongements, mêlés à la matière grise , donnent l’apparence si remarquable de stries, qui a fait accepter la dénomination de cette portion organique du centre nerveux des animaux mammifères.

Lorsque l’on examine attentivement la manière dont cette commissure se termine dans chaque corps strié, on voit qu’elle se mêlerapi-

Mammifères. — Appareil dement aux stratifications antérieures de l’appareil fondamental. II

secondaire. •■••i l 19* 1

devient évident , que, tout en servant de moyen d union aux seconds organes cérébraux de matière grise, ce cordon pourrait encore être considéré, de même que celui qui a été précédemment décrit, comme ayant d’autres connexions : Reil, Gall et d’autres l’ont admis.

Les deux fragments de l’appareil secondaire des mammifères qui viennent d’être l’objet de notre examen, ne diffèrent entre eux que par leur situation : elle est relative à la position plus ou moins reculée des organes cérébraux auxquels se rendent ces commissures. Ces fragments sont semblables par leur forme, qui leur donne l’apparence d’un cordon de volume variable; ils se ressemblent aussi par leur direction transversale et leur terminaison à droite et à gauche de l’encéphale.

Dans le troisième fragment de l’appareil secondaire dont je vais actuellement exposer l’organisation, tout est différent dans les rapports, la forme et la situation.

commissuredespremiers 282. Co troisièmo fragment de l’appareil secondaire des mammifèresest désigné généralement sous le nom de corps calleux (mésolobe, grande commissure des hémisphères). Il n’est en aucune manière difficile de reconnaître dans les animaux, l’étendue, l’épaisseur de la portion moyenne de cette commissure , placée au fond de la longue fente qui sépare les hémisphères cérébraux (pl. 10,^^. 141, 142, 144a'-[-; pl. \\,fig. 147, 150, 164a'+;pl. \2,fig, 173, 174, 177a'+; pl. 13, 187 ; pl. 15, fig. 204, 205, 206 a'+j pb 16, fig. 207

pl. 17, fig. 210 a' + ; pl. 18 , fig. 224 a' -}-). Il suffit d’une rapide observation pour savoir que cette étendue, moins considérable que partout ailleurs dans les rongeurs, s’accroît dans les animaux carnassiers , augmente encore dans les ruminants et les solipèdes , et ne paraît nulle part aussi grande que dans l’espèce humaine.

Ces observations ont été indiquées avec précision par Tiedemann Lemême anatomiste répète également les remarquesde Willis au sujet des stratifications transversales de substance blanche qui composent

^ Anat. du cerveau, trad. par Jourdan, p. 2G8.

' Anatomia cerebri, Manget, Bibliot. anulomica.

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cette portion du cerveau, et qui, de chaque côté, se perdent dans la Mammifères. — Appareil

* ^ * secondaire.

masse des hémisphères.

Si l’on est généralement d’accord sur la manière dont se comporte la partie moyenne de la grande commissure, on parait au contraire l’étre beaucoup moins sur le mode de terminaison de la substance blanche du corps calleux , dans l’épaisseur de chaque hémisphère du cerveau. L’observation générale de Willis a fait naître plusieurs opinions secondaires qu’il est difficile de faire accorder les unes avec les autres.

Reil ' considère la substance du corps calleux comme étant entièrement indépendante des stratifications pédonculaires ; cette opinion peut être rapprochée de celle de Gall, qui annonçait que le corps calleux était constitué par des fibres rentrantes, entièrement séparées des dernières expansions des pédoncules cérébraux.

Tiedemann ^ , à l’opposé de ces deux anatomistes , regarde la grande commissure commele prolongement des fibresdespédoncules cérébraux,

M. Foville , de son côté * , affirme que le corps calleux provient en partie des prolongements du faisceau postérieur de la moelle épinière.

Malgré ces autorités, et tout en m’inclinant devant le mérite des hommes dont je viens de prononcer le nom , je ne pense pas qu’il soit possible de choisir, sans de grandes chances d’erreur, l’une ou l’autre de ces manières de voir. La première déclare l’indépendance du corps calleux , la seconde affirme la continuation de cette partie avec les pédoncules cérébraux , une autre veut qu’elle dérive des parties postérieures de la moelle. Toutes me paraissent également problématiques, et ne semblent pas pouvoir soutenir l’examen en présence de la nature.

Il n’est pas plus possible de démontrer, comme l’annonce Reil, «que )) le système du corps calleux vient d’en haut, s’insinue entre les fibres )) qui viennent des pédoncules et forme en quelque sorte le couvercle )) du godet » qu’il n’est permis de faire apprécier clairement la

* Arch. fur die Physiologie , t. IX.

* Anat. du cerveau, trad. par Jourdan, p. 266, 1. 3.

® Traité de l'anatomie et de la physiologie du système nerveux cérébro-spinal. Paris, 1844, première partie, page 434, lig. 12.

* Tiedemann, Anat. du cerveau, trad. par Jourdan, p. 267.

Miimmifères. — Appareil continuation des fibres pédonculaires avec celles du corps calleux. On

secondaire.

saura bien montrer des préparations anatomiques dans lesquelles la matière nerveuse, refoulée par le scalpel ou la pression des doigts, aura pu se prêter à quelques hypothèses; mais de semblables travaux , malgré la patience qu’ils nécessitent, me semblent toujours peu concluants.

(( Si l’on prend , assure Tiedemann * , le cerveau d’un lapin , d’un )) lièvre ou d’un castor , après l’avoir fait macérer quelque temps )) dans l’alcool, et qu’avec le manche d’un scalpel on enlève la couche » extrêmement mince des hémisphères qui recouvre les fibres trans- )) versales du corps calleux , on aperçoit aussitôt ces fibres dirigées de )) dedans en dehors, et qui se continuent avec celles des pédoncules )) cérébraux. >)

Que l’alcool produise une semblable apparence, cela est possible, quoique cette expérience n’ait point réussi entre mes mains; mais j’ose certifier que rien de pareil ne pourrait être vu sur un cerveau dont l’organisation n’aurait pas été détruite.

On peut toutefois supposer que cette continuation existe lorsqu’on voit avec quelle intime confusion les stratifications de la grande commissure se mêlent, dans l’épaisseur de chaque hémisphère, avec la substance qui se prolonge depuis les pédoncules en augmentant continuellement de volume. Il n’est pas nécessaire, ce me semble, d’accepter d’incertaines préparations , pour être conduit à penser qu’aussitôt que la substance blanche du corps calleux a pénétré dans l’hémisphère, elle est intimement mêlée à celle qui provient des pédoncules, et supporte avec elle, sans qu’il soit possible de séparer l’une de l’autre, le contact, plus ou moins étendu suivant les espèces , de la matière corticale du cerveau.

283. Il me paraît que l’on peut apercevoir un rapport assez exact entre l’étendue de la matière grise de la superficie du cerveau et le développement en largeur et en épaisseur du corps calleux; ce rapport

* Anat. du cervmu , trad. par Jourdan , p. 268.

^ Anatomia cerebri. Manget, Bibliolheca anatomica.

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sert de témoiffnase à l’étroite union qui existe entre l’organe de matière Appareil

® 7 ^ ^ secondaire.

grise et la commissure qui le rattache à l’organe congénère.

Dans les rongeurs (lièvre, cabiai, surmulot, écureuil), animaux dont les premiers organes cérébraux de matière grise sont dépourvus de circonvolutions, la commissure qui réunit ces organes est assez peu développée d’avant en arrière, et l’épaisseur en est également trèsminime. Les parties droites et gauches de cette commissure se mêlent d’une façon si intime avec la substance blanche de l’hémisphère , qu’il ne me paraît pas possible d’admettre les résultats produits artificiellement par l’action des mains ou par le contact d’un liquide alcoolique.

Tout ce que l’on peut dire, à mon avis , après l’examen de la portion de l’encéphale qui nous occupe, dans les animaux rongeurs , c’est que le développement en est aussi faible que celui de l’organe de matière grise qui revêt les hémisphères. Sous une couche corticale très-mince, et sans aucun repli qui puisse augmenter l’étendue de la surface, est placée une faible masse de substance blanche , à la formation de laquelle concourent par leur mélange intime les expansions pyramidales et les expansions latérales du corps calleux. Mais dans l’épaisseur de cette masse de substance blanche , il est absolument impossible de séparer ce qui provient de chacune de ces deux origines. On reconnaît cependant chez ces animaux que l’exiguité de la commissure est proportionnelle à l’exiguité des expansions pédonculaires.

Les chiens, les chats, les taupes, les chauve-souris, que je choisis pour exemple dans les animaux carnassiers, fournissent plusieurs observations qui confirment les rapports que je viens d’indiquer.

Dans les chauve-souris, les premiers organes de matière grise sont lisses et sans aucune espèce de circonvolution à leur superficie ; les lobes postérieurs des deux hémisphères cérébraux, en s’écartant largement en arrière, de manière à découvrir les tubercules quadrijumeaux, amoindrissent encore le volume médiocre de ces organes. La commissure qui réunit des parties aussi faibles, est également peu épaisse.

Le diamètre antéro-postérieur qu’elle offre, n’a que des dimensions très-peu considérables, et les parties latérales prolongées dans les hé-

Mammifères -Appareil misphères DC formeiit , par leur mélange intime avec la substance blanche provenant des pédoncules, qu’une couche très-peu épaisse, séparant la cavité ventriculaire latérale d’avec la matière corticale du cerveau.

Dans la taupe, on ne voit également aucune circonvolution à la surface des hémisphères cérébraux; le premier organe cérébral de matière grise ne forme chez cet animal qu’une couche mince et régulière dans toutes les régions. Le corps calleux est également remarquable par une très-faible épaisseur; et, quoique la substance de cette commissure soit comme ailleurs confondue dans l’épaisseur des hémisphères, avec la substance qui continue les pédoncules cérébraux, cette masse blanche hémisphérique d’origine double est d’une épaisseur peu considérable.

Chez les chats et les chiens, les circonvolutions cérébrales sont plus nombreuses; chez eux , par conséquent, le premier organe de matière grise offre une superficie plus étendue que dans les animaux dont j’ai parlé tout à l’heure. La grande commissure cérébrale est également alors plus épaisse, l’intervalle qui sépare les circonvolutions d’avec les cavités ventriculaires latérales est aussi rempli par une quantité plus grande de matière blanche, mélange intime des stratifications antérieures de l’appareil fondamental et des stratifications du corps calleux servant de support au premier organe cérébral.

Les élévations et les anfractuosités de la surface cérébrale sont plus remarquables encore sur les mammifères ruminants et sur les solipèdes ; dans ces espèces, ces changements coïncident avec l’augmentation de la masse de matière blanche qui compose le centre . des hémisphères , et avec l’accroissement de la partie de la grande commissure cérébrale, visible au fond de la grande scissure médiane. Chez ces animaux , comme dans les précédents , la fusion des prolongements latéraux du corps calleux avec les stratifications pédonculaires augmente l’épaisseur de la masse de substance blanche dont la surface est recouverte par le premier organe cérébral de matière grise.

C’est surtout dans l’espèce humaine que la commissure cérébrale

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acquiert l’étendue la plus grande; c’est aussi dans l’homme que l’on Mantmjfères. — Appareil

remarque le mieux, à cause de la dimension des objets, les connexions

du premier fragment de l’appareil secondaire soit avec les hémisphères,

soit encore dans la région antérieure avec deux lames de substance

grise suspendues, pour ainsi dire, entre la face inférieure du corps

calleux et la partie antérieure de la voûte; ces deux lames de matière

grise seront ultérieurement décrites.

De ces divers fragments résulte, dans les animaux mammifères, ce que j’ai nommé appareil secondaire; mais l’encéphale de ces animaux et de l’homme n’est point seulement constitué par les parties dont je viens d’exposer l’arrangement et les détails les plus généraux ; d’autres particularités , non moins importantes peut-être, restent encore à apprécier, et le chapitre suivant doit être consacré à leur étude.

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