‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 4 sur 66 · EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

EN GÉNÉRAL

22. L’appareil fondamental est la base constante, générale, nécessaire , du centre nerveux dans tous les animaux vertébrés (pl. 2, fig. 1 , 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 1 1, 12, 13, 14). L’existence en peut être facilement démontrée dans toutes les espèces; il n’est pas une seule d’entre elles, dans l’organisation de laquelle on ne puisse le reconnaître, quels que soient le volume, la forme, ou le rapport des parties.

C’est constamment, et sans aucune exception , sur cet appareil que viennent se terminer, ou bien que naissent les origines des cordons qui constituent le système nerveux périphérique, suivant l’opinion adoptée par de nombreux observateurs.

Cet appareil fondamental résulte del’aggrégation mutuelle de stratifications de matière blanche * et de masses de matière grise, variables par leur forme, leur volume, leur position et leurs rapports.

Slratincalions de l'appa- 23. La direction des stratifications de matière blanche de cet appa-

leil f’ondanicnlaî. ,

reil est constante. Elles se prolongent toujours, dans tous les animaux, de la cavité du rachis jusque dans l’intérieur du crâne, et se continuent dans tout le trajet qu’elles parcourent sans aucune espèce d’interruption.

On les a divisées plusieurs fois pour les décrire avec plus de facilité, mais ces distinctions artificielles ne peuvent être utiles qu’à faire com-

* Sous ce nom de stratification je désignerai désormais, pour éviter des périphrases fatigantes , toutes les parties blanches qui entrent dans la composition du centre cérébro-spinal.

I)i: L’OUGAMSATION DU CENTRE NERVEUX.

prendre que ces stratifications ont une portion de leur longueur prolongée dans le canal vertébral , et une autre placée dans l’intérieur du crâne. La nécessité de ces distinctions ne s’étend point au delà.

Les portions rachidiennes de ces stratifications sont, dans plusieurs classes d’animaux, plus grêles que les portions encéphaliques; il en est ainsi chez les mammifères et les oiseaux. Dans les autres classes, auxquelles appartiennent les nombreuses espèces de reptiles et de poissons, les stratifications de l’appareil sont, au contraire, plus volumineuses dans le canal vertébral que dans l’intérieur des cavités de la tète.

Les portions encéphaliques se développent de plus en plus sur les oiseaux et sur les mammifères, chez lesquels elles atteignent le volume le plus considérable.

Dans les reptiles et les poissons, il en est autrement : ces portions supérieures s’éteignent et s’effacent continuellement , le volume qu’elles présentent est alors inférieur à celui des stratifications rachidiennes de l’appareil pendant leur long trajet au travers des vertèbres.

24. On a jusqu’ici considéré le centre nerveux comme étant principalement composé de parties similaires situées à droite et à gauche. Suivant cette idée si généralement admise, il serait très-simple de dire que les stratifications de l’appareil fondamental des animaux vertébrés sont doubleset s’étendent uniformément des deux côtés du corps, affectant toujours une marche semblable et parallèle à la direction de l’axe de l’animal.

Bien que cette duplicité des stratifications de l’appareil soit parfaitement établie par l’observation, il n’en faut pas moins reconnaître, je le démontrerai ultérieurement, qu’elles se confondent sur la ligne médiane en arrière et en avant, sur des parties véritablement centrales, non-seulement visibles , mais encore faciles à découvrir au fond des sillons antérieurs et postérieurs du prolongement rachidien.

Ces portions centrales doivent être distinguées pour plus d’une raison, depuis les régions inférieures du système nerveux jusqu’à l’encéphale,

d’avec les portions latérales des stratifications , qui se confondent avec elles sur la ligne médiane.

Premièrement, parce que l’existence n’en est point appréciable à toutes les hauteurs du centre nerveux, tandis que les portions latérales sont reconnaissables dans toute la longueur de l’appareil dont elles font partie.

Secondement, parce qu’elles offrent des développements très-extraordinaires dans certains animaux , et réciproquement des dégradations très-apparentes dans d’autres espèces.

Troisièmement , à cause de l’inégalité d’accroissement de ces portions centrales dans les régions antérieures et dans les régions postérieures de l’appareil fondamental.

25. Dans l’intérieur de la cavité du rachis, les portions latérales des stratifications antérieures se rapprochent et se mêlent intimement aux portions centrales.

Dans l’intérieur du crâne on remarque des faits d’une nature opposée. Les portions centrales disparaissent successivement, d’abord en arrière, puis en avant du côté du cerveau, et c’est alors que les portions latérales des stratifications de l’appareil fondamental s’écartent l’une de l’autre pour aller servira constituer, d’une part, les hémisphères cérébelleux, de l’autre, les hémisphères cérébraux.

26. S’il est intéressant de suivre les portions latérales dans les régions supérieures, jusqu’à leur épanouissement complet dans le crâne, et de reconnaître toutes les transformations qu’elles subissent dans les nombreuses espèces d’animaux vertébrés; il est également nécessaire d’apprécier rigoureusement les caractères anatomiques que présente la terminaison supérieure de chacune des deux portions placées en avant et en arrière, sur la ligne médiane, car ces caractères apparaissent comme des faits dont la connaissance ne saurait être négligée ; par leur présence ils impriment à chaque organisation une physionomie qui lui est propre.

27. Ces parties médianes, que je désignerai constamment dans le cours de cet ouvrage sous les noms d’axes médians antérieurs et pos-

DE L’OUGAxNISATlON DU CENTRE NERVEUX.

térieurs des stratifications de l’appareil fondamental, se terminent dans les poissons, les reptiles et les oiseaux , en s’éteignant dans le voisinage du cervelet et du cerveau, sans offrir rien de remarquable , excepté leur existence et cette terminaison.

Les mammifères et l’espèce humaine offrent une disposition et un développement tout différent de ces portions médianes, vers les régions supérieures du centre nerveux.

La portion médiane ou l’axe des stratifications postérieures ou cérébelleuses décroit et disparaît au-dessous du cervelet, mais la portion médiane ou l’axe des stratifications antérieures ou cérébrales se complique et s’étend à mesure qu’elle se rapproche des régions supérieures du prolongement rachidien.

Dans le voisinage de l’encéphale, elle s’accroît encore, par des prolongements latéraux, dans le détail desquels je ne saurais entrer maintenant, elle vient tantôt servir à la constitution du corps olivaire, tantôt produire les apparences connues de l’entre-croisement des pyramides, plus haut encore, former l’amas d’un volume variable que l’on connaît sous le nom de protubérance annulaire; par cet accroissement extraordinaire elle contribue à la constitution de la masse du cervelet, et fournit ainsi un caractère uniquement observable dans la classe des animaux mammifères et dans l’espèce humaine.

Après avoir subi ce développement , la portion médiane des stratifications antérieures s’efface et disparaît comme dans les autres classes , mais cette décroissance s’opère à un niveau plus élevé dans le centre nerveux des mammifères que partout ailleurs, et les stratifications latérales continuent après la disparition totale de cette portion médiane leur trajet vers le cerveau , séparées alors l’une de l’autre dans chacun des hémisphères.

28. Tant que les stratifications latérales de l’appareil fondamental sont réunies par les portions médianes, elles semblent se confondre intimement, et les séparations que l’on peut établir entre elles n’ont point toujours toute la netteté désirable ; mais dès que les portions médianes se sont éteintes dans les régions supérieures du centre ner-

Lamelle

considé

veux, soit antérieurement, soit postérieurement, il est facile de distinguer que les autres suivent en s’écartant plusieurs directions dans l’intérieur du crâne de tous les animaux, et forment quatre divisions assez nettement arrêtées.

Envisagées à un point de vue, ces divisions sont semblables de chaque coté, elles sont alors parallèles et similaires, et servent à constituer chaque partie droite et chaque partie gauche du cervelet et du cerveau. Mais considérées d’une autre manière, ces divisions sont dissemblables, puisque celles qui, antérieures ou inférieures, se dirigent vers le cerveau, n’olFrent aucun des caractères que laissent apercevoir les stratifications supérieures ou postérieures de l’appareil fondamental qui se rendent vers le cervelet.

Cependant malgré cette division cérébrale et cérébelleuse, ces stratifications ne sont point aussi isolées les unes des autres qu’on pourrait le penser en ne considérant que les faits généraux dont je viens d’exposer l’ensemble.

intermédiaire 29. Une sorte de lien, important à connaître à cause de la généra-

rée en général. ' ^ ^

lité de sa présence et des variations multiples que les conditions de son existence offrent à l’observateur, rattache dans tous les animaux vertébrés les stratifications qui marchent antérieurement vers le cerveau à celles qui se dirigent en arrière vers le cervelet , et complète la série des parties blanches de l’appareil fondamental.

Une portion de l’encéphale composée en grande partie de substance blanche , d’une étendue trop peu considérable pour avoir attiré l’attention soutenue des anatomistes, et pour avoir laissé découvrir toutes les particularités curieuses que présente son organisation , est située dans toute les espèces animales vertébrées, depuis le poisson jusqu’à l’homme , au-dessus de l’intervalle qui sépare les irradiations de matière blanche répandues dans le cerveau, d’avec celles qui s’étendent dans chacun des hémisphères du cervelet. Terminée par ses deux extrémités , d’une part sur les régions postérieures de l’encéphale, de l’autre sur des régions plus antérieures , elle offre des variations si curieuses dans l’un des points où elle se fixe, que cette partie, que je désignerai

DE L’OUGAMSATION DU CENTRE NERVEUX

(Jésonnais sous le nom de lamelle intermédiaire, devient, par le seul fait des changements de l’insertion de son extrémité antérieure ou céréhrale, l’une des plus intéressantes à étudier dans le centre nerveux des animaux.

Nous verrons plus tard, en pénétrant dans les nombreux détails anatomiques que révèle l’étude de l’encéphale de chacune des classes d’animaux vertébrés, qu’autant l’insertion postérieure de cette lamelle intermédiaire est partout constante et régulière, autant l’insertion antérieure en est mobile et changeante.

Les points du cerveau où celle-ci se termine ne sont pas les mêmes dans les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères, et ces insertions si diverses donnent au centre nerveux de chacun de ces animaux un caractère spécial qu’il ne saurait être convenable d’omettre , et sur lequel je chercherai à fixer l’attention.

30. On ne saurait comprendre les dispositions de l’ensemble de ««ses de maiiére gnse

* ^ de l'appareil fonda-

l’appareil fondamental, en omettant de joindre à la connaissance des >nentai<;o, .sidérées e,. faits généraux que je viens d’indiquer à l’occasion de la substance blanche, l’appréciation des amas divers de substance grise répandus sur les stratifications parallèles à l’axe du corps.

Ces agglomérations de substance grise, variables par leurs formes, qui partout sont on ne peut plus changeantes , et se présentent presque toujours avec un caractère nouveau dans chaque classe des vertébrés , variables aussi par leur volume sujet à des accroissements et à des dégradations incessantes, offrent également des changements multipliés qui portent sur leurs rapports mutuels ou sur les connexions par lesquelles elles sont attachées à la matière blanche, et viennent compléter, par leur situation sur les prolongements de cette dernière matière, l’ensemble qui constitue l’appareil fondamental de chaque animal.

Lorsqu’on examine d’une manière générale ces masses de matière grise , on voit qu’elles n’offrent point entre elles la continuité si remarquable dans toute l’étendue des stratifications de matière blanche; elles sont au contraire isolées les unes des autres , et circonscrites par

des délimitations distinctes , que l’observation peut assez bien saisir dans la plupart des organisations.

On rencontre ces amas de matière grise dans les régions rachidiennes de l’appareil fondamental , occupant alors toute la longueur de la moelle épinière; on les voit également dans les régions intracrâ- . niennes, où se développent les hémisphères du cerveau et du cervelet.

Dans ces deux situations générales opposées , les accumulations de matière grise semblent constituer deux groupes distincts dont on remarque la persistance dans le centre nerveux de toutes les espèces.

Premier groupe des mas- 31 . L’un de ces groupes est constitué par un long amas de matière lappareii iondamen- Cendrée constamment appréciable dans l’intérieur de la moelle épinière,et s’étendant comme une colonne jusqu’à un niveau variable plus ou moins élevé, plus ou moins rapproché des régions encéphaliques.

Si ce groupe est remarquable à cause de la situation de cette colonne dirigée constamment de bas en haut, quelles que puissent être les variations des contours qui la circonscrivent dans chaque espèce, il est un autre caractère qui sert encore à le faire distinguer et qu’il me parait difficile de ne pas apprécier toutes les fois que l’on cherche à le reconnaître.

Ce caractère résulte de la direction permanente des origines des cordons nerveux vers cette colonne de matière grise.

Des rapports multiples me paraissent unir les extrémités centrales du système nerveux périphérique à l’amas de matière grise dont il est maintenant question. Quoiqu’ils soient sujets à trop de variétés dans les différentes espèces animales pour qu’il soit facile de les faire envisager simultanément par un coup d’œil général , cependant il est possible de faire remarquer , dès à présent, ceux de ces rapports qui semblent être les plus communs. Plus tard viendront les développements détaillés de ces aperçus.

Cette longue colonne de matière grise s’étend presque constamment depuis l’extrémité inférieure de la moelle épinière, jusqu’au niveau de l’insertion des origines nerveuses qui naissent dans les régions supérieures du centre cérébro-spinal ; dans ce trajet, plus ou moins long.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

de tels contacts unissent avec elle les origines des cordons nerveux, qu’il devient souvent aisé de démontrer l’implantation de la plupart de ces racines des nerfs sur la matière grise vers laquelle elles se dirigent toutes.

La forme de cette partie de l’appareil fondamental est généralement sujette à de curieuses modifications , que l’on peut apercevoir à diverses hauteurs. Elle varie, à mesure que la colonne de matière grise s’élève , de bas en haut , vers les insertions nerveuses les plus importantes. Ces variations de forme intéressantes à examiner dans un seul animal, le deviennent encore bien davantage lorsqu’on les fait ressortir par l’examen comparatif de plusieurs espèces.

Le volume de cette colonne de matière grise offre également de nombreuses études à entreprendre à cause des accroissements successifs qu’il subit à mesure qu’elle se rapproche des nerfs les plus nécessaires à la vie de l’animal.

Mais je ne m’arrête point ici davantage à ces faits généraux, qui doivent être plus loin l’objet de démonstrations plus précises.

32. Le second de ces deux groupes d’accumulations de matière grise renferme des masses grises qui n’ont plus aucune espèce de rapport avec les origines nerveuses.

Celles-ci ont leur siège, non point dans l’intérieur du canal rachidien, mais dans la cavité du crâne des animaux vertébrés chez toutes les espèces desquels il est constamment d’autant plus facile d’en vérifier l’existence, que la plupart d’entre elles sont connues de tous les anatomistes.

Les amas de matière grise qui composent ce deuxième groupe dans l’appareil fondamental, se distinguent d’abord entre eux suivant qu’on les rencontre dans les régions cérébrales ou dans les régions cérébelleuses, de sorte qu’ils sont également observables dans les régions antérieures et dans les régions postérieures ‘ du crâne.

* Afin que l’on puisse rcconnattre, dans les diverses figures des planches, les organes de matière grise dont il est question , ils ont été partout désignés par les mômes lettres.

Organes de matière grise placés à l’origine des nerfs = o. Organes de matière grise situés à l’extn'mité des stratifications postérieures =6. Les organes de matière grise établis à l’extrémité

Dans chacune des situations générales que j’indique, ces amas organiques ont cela de remarquable , qu’ils reposent , soit à l’extrémité des stratifications postérieures^ soit à l’extrémité des stratifications antérieures de l’appareil fondamental.

Ces amas de matière grise, placés dans la cavité du crâne au milieu de laquelle se développent en avant et en arrière les stratifications blanches , sont constamment isolés les uns des autres , de manière à former des masses distinctes nettement délimitées, séparées déjà par ces caractères de la longue et continue colonne de matière grise que j’ai tout à l’heure considérée comme formant un groupe distinct.

33. L’accumulation organique de substance grise appréciable à l’extrémité cérébelleuse des stratifications postérieures , est unique dans l’immense majorité des animaux j sur l’espèce humaine seule cette accumulation devient double; mais cette remarque ne saurait être faite chez d’autres vertébrés que l’homme.

Les variations de la forme qu’elle présente sont continuellement changeantes depuis le poisson, où elle est globuleuse, jusqu’à l’homme, où elle s’étend en formant un nombre considérable de lamelles séparées pardes sillons multipliés. Aussi lorsque l’anatomiste se dispense de tenir compte de la position de cette masse de matière grise à l’extrémité des stratificationspostérieures de l’appareil, il a certainement la plus grande peine à en suivre les transformations d’animal en animal , et à comparer tout ce qu’elles offrent d’intéressant à l’étude (pl. 2, fig. 1 — 14 b’).

34. En examinant les accumulations de matière grise placées dans le cerveau des animaux vertébrés sur les stratifications antérieures de l’appareil fondamental , on constatera d’abord qu’elles se répètent de chaque côté , et qu’elles forment par conséquent des séries parallèles et similaires (pl. 2, fig. 1 — 14a', a", a"’).

Le nombre en est constant : de chaque côté dans toutes les classes, trois masses de matière grise reposent sur ces irradiations antérieures

intracrânienne des stratifications antérieures de l’appareil fondamental, sont indiqués constamment de la manière suivante :

Le premier par la lettre a' ; le second par la lettre a"; le troisième par la lettre a"'.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

ou cérébrales de l’appareil (pl.2,/î^. 1 — 14 a', a", a"'). Aussi peuton partout comparer la première à la première, la seconde à la seconde et la troisième à la troisième (pl. 2, fig. 1 — 14 a' a" a'").

La première de ces accumulations de matière cendrée constitue, dans l’espèce humaine, la substance grise corticale dont plus tard nous suivrons les changements multipliés de forme jusqu’aux poissons, chez lesquels elle n’est plus représentée que par un globule grisâtre placé à l’extrémité des stratifications antérieures de l’appareil (pl. 2, fig. 1 — 14a').

La seconde est nommée corps strié dans les mammifères : nous en apprécierons également les transformations jusque dans les espèces les plus inférieures, en n’oubliant jamais que cet organe est immédiatement placé derrière le précédent (pl. 2, fig. 1 — 14 a").

La dernière est la couche optique des mammifères; de grandes difficultés s’opposent souvent à son examen ; mais le siège de cette troisième masse de matière grise fixée derrière les deux autres, pourra toujours guider assez bien l’observateur pour la lui faire retrouver, même dans les animaux chez lesquels l’existence en a été regardée comme douteuse (pl. 2, fig. 1 — 14 a'").

35. Il peut être prouvé, je le pense du moins, que le nombre de ces organes placés dans le cerveau sur les stratifications antérieures de l’appareil fondamental , ne varie jamais. Il résulte de ce fait intéressant, que, malgré les déformations nombreuses qu’ils éprouvent, malgré le déplacement de plusieurs d’entre eux , il sera constamment possible de les retrouver, et , même dans des classes très-éloignées les unes des autres, de les mettre en regard pour établir entre eux une comparaison.

Si l’on cherche à observer la position particulière de chacun de ces organes sur tel ou tel point inférieur ou supérieur, antérieur ou postérieur de ces stratifications cérébrales de l’appareil fondamental, dans plusieurs classes d’animaux, il sera facile de se convaincre que cette situation de chacun d’eux subit plusieurs changements trèsdignes d’être appréciés.

Ces changements de place peuvent être principalement observés dans le second et dans le troisième organe de matière grise cérébrale , car le premier entre tous les trois , quoique continuellement modifié dans ses formes, ne varie jamais dans sa position particulière (pl. 2, fig. 1 — 14 a', a", a'". Examiner toutes les planches à la lettre a'.)

Aussi , dans tous les vertébrés on trouve, à l’extrémité la plus antérieure des stratifications de substance blanche de l’appareil fondamental, une accumulation permanente de matière grise, quelle qu’en puisse être la forme dégradée successivement, depuis l’homme jusqu’aux reptiles et aux poissons (pl. 1 — 14 a').

C’est surtout par l’analyse anatomique des deux masses grises situées plus en arrière dans le cerveau que se révèlent des différences variées dans la situation de ces parties placées sur le trajet des stratifications cérébrales.

Elles tendent continuellement et de plus en plus, à mesure que l’on examine les animaux éloignés de l’homme , à se porter en arrière vers les régions postérieures du crâne, et la dernière d’entre elles surtout, est tellement déplacée dans les poissons et les reptiles, qu’elle vient se mettre alors, non-seulement dans une région plus reculée que dans les autres animaux , mais encore au-dessous des stratifications antérieures de l’appareil , tandis que chez les oiseaux et les mammifères elle repose au-dessus de ces mêmes stratifications cérébrales dans une situation tout opposée (pl. 2, pg. 1 — 14 a", a'". Examiner sur toutes les planches les organes indiqués par les lettres a", a'").

Rapport général des or- 36. Ces changements intéressants dans la position des masses orga-

ganes de matière grise ^ 1 O

wilétnTermwfaVe! cérébralcs de matière grise, offrent un intérêt plus grand encore à l’observateur, lorsque son attention est en même temps attirée par la partie de l’appareil fondamental, étendue dans l’intérieur du crâne entre les stratifications cérébrales et cérébelleuses, que je nomme la lamelle intermédiaire.

Du point de départ et du point d’arrivée de cette singulière portion, seulement examinée jusqu’ici vaguement dans l’homme, et désignée alors sous le nom de valvule de Vieussens, résultent dans tous les ani-

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

niuux deux insertions auxquelles nous attacherons la plus sérieuse attention; l’une antérieure ou cérébrale 1 1 — 7 da' ,da" , da'")^

l’autre postérieure ou cérébelleuse (pl. 2, fig. 1 — 7 d b' ) , toutes deux remarquables en ce qu’elles donnent un caractère particulier an centre nerveux des animaux vertébrés des difierentes classes.

L’insertion cérébelleuse de cette partie de l’appareil fondamental que je désigne sous le nom de lamelle intermédiaire, est constante, et sa régularité est un fait général dans toutes les espèces animales ; sous ce rapport , l’homme, le mammifère, l’oiseau , le reptile , le poisson , ne diffèrent point les uns des autres.

L’extrémité postérieure de la lamelle intermédiaire se termine au même endroit chez tous, depuis celui qui est le plus haut placé, jusqu’à l’animal qui occupe le degré le plus inférieur de l’échelle, sur l’extrémité supérieure des stratifications postérieures de l’appareil fondamental au-dessous et en avant de la masse grise cérébelleuse. (pL 2, fig. 1— 7t/À')'.

L’insertion antérieure de cette lamelle intermédiaire est au contraire remarquable par ses irrégularités continuelles dans chacune des quatre classes d’animaux vertébrés; quoique toujours fixée sur les extrémités supérieures des stratifications antérieures de l’appareil , et par conséquent sur les portions cérébrales de l’encéphale , elle ne s’opère pas dans chaque animal sur le même point auquel elle aboutit dans un autre , et des changements très-extraordinaires sous ce rapport séparent les différentes classes d’animaux vertébrés '.

Tantôt, dans une classe, cette insertion antérieure se fait sur la première masse grise cérébrale (pl. 2, fig. 1 — 2 d, a') comme dans la plupart des poissons; ailleurs on remarque qu’elle se fixe sur la seconde masse de matière grise, fait évident chez quelques poissons et beaucoup de reptiles (pl. 2, fig. 3 — 4 d a"); ailleurs encore, on voit

' Examiner cette insertion sur toutes les planches qui la représentent; elle est constaranicnt indiquée |>ar les lettres d b’.

• Examiner sur toutes les planches ces insertions variables indi«juées partout selon qu’elles s’opèrent sur la première, la seconde ou la troisième des masses cérébrales de l’appareil fondamental, par les lettres d a', d a", d a’".

au contraire que cette insertion est implantée sur le dernier organe (pl. 2, p,g. 5, 6, 7, 0? a'") cérébral de la même matière; observation que l’on peut vérifier dans le cerveau de plusieurs reptiles, des oiseaux , des mammifères et de l’espèce humaine.

Il faut toutefois reconnaître des variations secondaires intéressantes à observer au sujet de l’insertion de cette lamelle dans la classe des poissons et dans celle des reptiles ; ainsi quelques familles de poissons, peut-être analogues déjà aux reptiles par leur organisation générale, présentent la même insertion antérieure que celle que l’on voit sur cette dernière classe (pl. 2, fig. 3, 4, c? a" ; pl. 4,^^. 55, d a"; pl. 5, fig.^^j d, o";pl. 6, fig. 74,79, 84, c/ a”). Plusieurs familles de reptiles, comme les tortues par exemple, olfrent la même insertion antérieure de la lamelle intermédiaire , qui est observable dans les oiseaux et les mammifères (pl, 2, fig. 4, d a"’ \ pl. 6, fig. 89 , d a'"; pl. 2, fig. 6, Sjda'"; pl. l,fig. 107, c?o'"; pl. 8, fig. 115, 116, da'”,fig. 125, 126, c/a"’;pl.9,^^. 130, 131,132,136, c/ a'”; pl. 2, fig. 7, rfa'";pl. 10,^^. 141, 142, da'"; pl. 12, fig. 173, 174, a"'; pl. 13, /î^.

187 , d a'" ; pl. 15 , fig. 204, 205, d a'" ; pl. 17 fig. 208, d a"’ ; pl. 18, fig. 209 d a"’).

C’est en même temps que cette insertion antérieure varie , que la position particulière des masses cérébrales de matière grise subit le déplacement remarquable tout-à-l’heure signalé,- alors les dernières de ces masses organiques reculent en arrière de l’insertion (pl. 2, fig. 1,2,3, 4,5, a" a'”; pl. 3,/î^. 18,19,20,21,22,25, 26, 27, 29, 30, 31, 34, 35, a” a'” ; pl. A, fig. 37, 38 39, 41, 42, 43, 45, 46, 47, a" a'" ; pl. 5, fig. 59,63,64,65,67,68,69,»'"; pl. 6, fig. 72, 73, 74, 77, 78, 79, 82, 83, 84, »'"); ou bien, au contraire , elles se placent en avant du point immédiat où cette insertion s’opère , comme chez quelques reptiles , dans les oiseaux et les animaux mammifères (pl. 2, fig. 5, 6,7,»" a'" ; pl. Q, fig. S9, a" a’" i ^\. 7, fig. 9Q, a" »"'; pl. 8, fig. 116,»" »'" ; p\.9,fig. 131, »" »'"; pl. 10,^-^. 142,»" »"'; pl. 12,^^. 174,»" »"'; pl. 15, fig 205,»" »'").

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

Tel est l’ensemble général de l’appareil que je désigne sous le nom de fondamental; il forme la plus grande partie du centre cérébro-spinal, et les autres appareils, malgré leur importance, ne paraissent servir qu’à l’augmentation de la puissance nerveuse en ajoutant par leurs perfectionnements aux nombreux accroissements de forme, de volume, que celui-ci subit et présente à mesure qu’on l’observe dans les espèc'es animales les plus rapprochées de l’homme par leur organisation.

Page 1