‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 7 sur 66 · SPINAL CHEZ LES POISSONS · texte numérisé non relu

SPINAL CHEZ LES POISSONS

56. Le centre cérébro-spinal des poissons est principalement composé de portions organiques qui appartiennent à l’appareil fondamental ; l’appareil secondaire n’olFre à considérer que des traces très-légères de son existence; l’appareil tertiaire n’appartient point à cette classe d’animaux.

Le système nerveux existe donc ici dans sa plus complète simplicité; il est représenté de chaque côté par deux longues couches de substance blanche réunies dans l’intérieur du canal rachidien, où elles font partie de la moelle épinière (pl. 2, fg. 1, 2, 3, a, b), séparées dans la cavité du crâne, et marchant alors dans deux directions, l’une antérieure, l’autre postérieure.

Entre toutes ces stratifications blanches de l’appareil fondamental, qui parcourent le canal rachidien , est d’abord placée une longue colonne de matière grise , sur laquelle sont implantées les origines des nerfs (pl. 1, 2, 3, c). Puis ensuite des masses organiques de

matière grise reposent plus haut dans l’intérieur du crâne sur les régions supérieures des stratifications blanches écartées en avant et en arrière, situées soit à leur extrémité, soit sur leur trajet (pl. % fig. 1, 2, 3, 8, 9, 10, a' , a" , a”') ^

’ Natalis Guillot, Essai sur le cerveau. Paris, 1828, in-8“.

* Toutes les parties antérieures de l’appareil fondamental des poissons, sont désignées dans les planches par les mêmes lettres a, a', a", a'".

Toutes les parties postérieures par les mêmes lettres b, b'. La lamelle intermédiaire est con-

DE L’ÜKGAMSATION Dü CENTRE NERVEUX.

Une portion de l’encéphale que j’appelle lamelle intermédiaire, App remarquable en ce qu’elle reçoit toujours la double insertion de la seconde et de la quatrième paire de nerfs, et qu’elle supporte constamment un appendice globuleux connu sous le nom de corps pinéal, vient de la masse grise placée à l’extrémité des stratifications blanches postérieures (cervelet), se dirige en avant pour se terminer dans la masse grise qui repose à l’extrémité des stratifications intérieures étendues au-dessous des précédentes (pl. %fig. 1, 2, 3; pl. 3, fig. 18, 22, 21 J 31, 35, c/, a'; pl. 4, fig. 39, 43, 47, 55, d, a'), et complète par sa présence l’ensemble du centre nerveux des poissons.

57. Les stratifications de matière blanche de l’appareil fondamental considérées dans les poissons forment, depuis l’extrémité postérieure du corps de l’animal jusqu’à son extrémité antérieure, un ensemble dont la continuité n’est interrompue dans aucun endroit.

Dans la plupart des poissons, elles s’étendent en arrière jusqu’à l’extrémité inférieure du canal vertébral ; quelques exceptions rares contredisent à peine ce fait général. A mesure qu’elles se prolongent dans le rachis, en se rapprochant de la queue de l’animal , elles s’effilent et s’amincissent insensiblement; plus au contraire elles s’approchent du crâne , plus le volume en augmente : cependant, lorsqu’elles sont parvenues dans l’intérieur de la tête, le volume décroît, et il est considérablement diminué au moment où elles se terminent au milieu de plusieurs masses de substance grise.

Ces stratifications semblent former de chaque côté du corps de l’animal, depuis leur extrémité inférieure jusqu’à leur extrémité supérieure, un double cordon , dont les deux portions sont réunies dans toute la longueur du canal vertébral , et séparées dans l’intérieur du crâne; à la hauteur de cette cavité le cordon postérieur s’élève en s’é- « artaiit de l’autre, puis se recourbe en arrière et en haut, tandis que le cordon antérieur continue de se prolonger en avant vers les régions antérieures de la tête.

cil fondamental poissons. — Slraations blanches.

«(animent indiquée par la lettre d; son insertion antérieure, par une des indications suivantes d, a, d, a".

Son insertion postérieure par l'indication d. b’. Le corps pinéal est désigné par le signe X-

Poissons* — Appareil fondamcnUK

StratiâcatioDS intrarachidiennes.

devais successivement les étudier d’abord dans l’intérieur du rachis, puis ensuite dans l’intérieur du crâne.

58. Lorsqu’on examine la superficie des stratifications dé l’appareil fondamental des poissons, dans l’intérieur de la cavité rachidienne, on remarque que le volume le plus considérable qu’elles présentent , s’observe au niveau de l’origine des nerfs de la huitième et de la cinquième paire. Au-dessus et au-dessous des insertions de ces nerfs, leur volume diminue, et principalement au-dessus.

Cette dégradation est lente au-dessous ou autrement en arrière de l’insertion de ces nerfs; elle est rapide au contraire et fort apparente dans les portions blanches qui marchent en avant dans l’intérieur du crâne.

Malgré la diminution de volume que subissent en général les stratifications blanches, en arrière de l’insertion de la cinquième et de la huitième paire, on observe un renflement qui en augmente les dimensions d’une manière manifeste aux endroits sur lesquels commencent à paraître les origines des nerfs qui se distribuent aux nageoires pectorales.

Le renflement des stratifications blanches de l’appareil fondamental des poissons est donc double, puisqu’on observe un premier élargissement de la moelle épinière au niveau de la cinquième et huitième paires crâniennes, et que l’on en peut apercevoir un autre au niveau de l’origine des nerfs destinés aux membres de" l’animal représentés par les premières nageoires.

Des sillons peuvent être nettement suivis à la superficie des portions rachidiennes des stratifications blanches de l’appareil fondamental des poissons. Ils sont rares en général jusqu’au niveau du bord postérieur du cervelet, et ne consistent presque jamais jusqu’à cet endroit que dans deux enfoncements longitudinaux rectilignes, dont l’un est antérieur et le second postérieur. Alors ils peuvent presque toujours être reconnus; quant à d’autres sillons latéraux affectant la même direction que les précédents , ils sont le plus souvent d’une évidence douteuse.

DE L’OUGAMSATlüN DU CENTRE NERVEUX.

Si ces deux ordres de sillons ne sont pas toujours très-nettement Poissons. — Appareil

* ^ fondamenui.

apparents à la surface de la matière blanche en arrière de la limite postérieure du crâne, antérieurement, au contraire, au bord du trou occipital , ils se manifestent avec une assez grande netteté; et, sur les stratifications qui se prolongent à la base de l’encéphale, en avant de l’origine de la cinquième paire, on peut sur beaucoup d’espèces, en compter deux de chaque côté, marchant parallèlement au sillon médian, de sorte qu’à cet endroit la base de l’encéphale offre sur quelques espèces jusques à cinq sillons parallèles, qui se prolongent tous suivant la même direction, c’est-à-dire d’arrière en avant, et dont le plus profond et le plus apparent existe sur la ligne médiane.

59. Rarement et très-dilhcilement on peut distinguer vers l’extrémité la plus antérieure de ces sillons de la base du cerveau des poissons, les apparences de séparation, qui ailleurs entre les extrémités cérébrales des stratifications antérieures de l’appareil fondamental, seront souvent très-appréciables dans les animaux appartenant à la classe des oiseaux ou à celle des mammifères. Cependant, chez plusieurs poissons, entre autres le Gadus morrhua, le Gadus inerlmigus , on peut voir en arrière de la troisième des masses grises qui seront tout à l’heure examinées, un sillon longitudinal apparent sur la ligne médiane et terminant le sillon médian antérieur de la moelle épinière.

GO. Si l’on examine les stratifications de substance blanche qui Axes des stratifications, sont étendues dans toute la longueur de la cavité rachidienne des poissons, à l’aide de sections successivement pratiquées au travers de la moelle épinière à différentes hauteurs, on peut constater, à la superficie des fragments retranchés, des particularités dignes d’intérét, surtout lorsqu’on les compare aux particularités analogues que l’observation fait apprécier dans les animaux des autres classes.

Les stratifications antérieures et les stratifications postérieures de l’appareil fondamental sont réunies transversalement au fond des sillons antérieurs et postérieurs de la moelle épinière par une partie plus ou moins appréciable, plus ou moins épaisse, suivant les espèces, mais constaiiiment apparente et toujours constituée par la subs-

Poissons. — Ap[)aieil tance blanche. Chacune de ces parties est Pune de celles que ie dé-

fondamental. . . | 1 ^ ^ .

signerai dans le courant de cet ouvrage sous le nom de portions médianes, ou d’axes des stratifications antérieures et postérieures, et dont je chercherai à faire comprendre les transformations diverses à l’occasion de l’étude de chacune des classes d’animaux qui seront passées en revue.

Elles se portent l’une et l’autre de droite à gauche, et chacune d’elles existe dans une fort grande étendue de la longueur des stratifications antérieures et postérieures ; il suffit même , sans aucune section transversale , d’écarter les unes des autres les parois des sillons antérieurs et postérieurs, pour être conduit à en reconnaître l’existence.

61 . Quel que soit au surplus le procédé que l’on veuille employer pour les distinguer, on voit en les étudiant que ces portions médianes ne se prolongent pas dans toute la continuité des centres nerveux ; elles s’arrêtent l’une et l’autre à une certaine hauteur, et alors les parties latérales dont j’ai tout à l’heure indiqué la marche, se séparent l’une de l’autre, et s’écartent plus ou moins, pour se porter aux différentes masses grises cérébrales et cérébelleuses déjà mentionnées.

La hauteur à laquelle se termine la portion médiane ou l’axe des stratifications postérieures de l’appareil, n’est pas aussi élevée que celle au niveau de laquelle on cesse de reconnaître la portion médiane ou l’axe des stratifications antérieures. En général, en arrière, la portion médiane postérieure s’arrête au niveau de la fin du ventricule cérébelleux ; en avant , au contraire , la portion médiane des stratifications antérieures s’élève plus haut, et il m’a paru qu’il était possible d’en reconnaître l’existence jusqu’en avant de l’origine des nerfs de la cinquième paire.

Dans tout leur trajet, ces parties situées sur la ligne médiane ne paraissent subir aucun changement , soit dans leur forme , soit dans leur volume; sous ce rapport, les poissons diffèrent totalement des animaux mammifères, à l’occasion desquels je ferai remarquer les singulières modifications de celui de ces deux axes médians qui réunit les stratifications antérieures.

DE L’ÜUGAMSATION DU CENTRE NERVEUX

Quoi qu’il en puisse être de ces diRerences qui séparent les vertébrés Poissons, — Appareil

* * • fondamental.

de la classe des mammifères d avec les poissons , il résulte toujours de la présence de chacune de ces stratifications transversalement situées sur la limite médiane, que ni le sillon médian antérieur, ni le sillon médian postérieur ne s’étendent jusqu’à la colonne de matière grise placée au centre de la moelle épinière , dans la plus grande partie de l’étendue de ce prolongement, excepté toutefois dans les régions rapprochées d u cervelet, où la longue accumulation de matière grise enfermée au centre du cordon rachidien est mise à découvert, dans le ventricule cérébelleux, par la disparition de l’axe médian des stratifications postérieures, et par l’écartement des parties droites et gauches de ces stratifications (pl. 4, pg. 48, 49, 50, 51, 56, 57, 58, s a, 5 p; pl. 5 , pg. 70, .V p, sa).

62. Il sera démontré pour tous ceux qui compareront dans les Stratifications inlra-cra-

^ ^ ^ niennes.

poissons les extrémités intra-crâniennes des stratifications de l’appareil fondamental aux extrémités intra-rachidiennes des mêmes stratifications que les dimensions de ces dernières sont beaucoup plus considérables que celles des autres.

Ce fait est l’opposé de ce que l’on observe dans les mammifères , à l’occasion desquels on a fait depuis longtemps remarquer que l’accroissement des parties blanches de la moelle épinière dans l’intérieur de la tête, devait être considéré comme un fait général sans exception.

Cependant l’observation du centre nerveux des poissons est loin de confirmer cette manière de voir trop absolue.

Les stratifications intracrâniennes antérieures de l’appareil fondamental des poissons , restent unies aux postérieures jusqu’au niveau à peu près de la partie moyenne du cervelet de ces animaux; à cet endroit, les dernières se dirigent en haut en se portant dans l’intérieur même de la masse de matière grise cérébelleuse.

6.‘L Pour faire comprendre avec netteté la terminaison de l’extrémité intracrânienne des stratifications postérieures, commençons à les suivre depuis l’endroit où s’éteint la portion médiane qui les a réunies au fond du sillon postérieur de la moelle épinière.

Depuis la terminaison inférieure du ventricule cérébelleux, ces stratifications se séparent à droite et à gauche, et laissent à découvert entre elles le plancher du ventricule cérébelleux, à la surface duquel apparaissent, dans plusieurs espèces , des masses grises de volume variable placées à la suite les unes des autres en arrière et au-dessous du cervelet. Chacune des stratifications s’avance alors dans la direction de l’extrémité antérieure du cervelet, puis, lorsqu’elles sont parvenues à peu près vers le tiers antérieur de cette masse organique , l’une et l’autre se recourbent en dedans et en haut en se rapprochant, et se confondent intimement sur la ligne médiane, en constituant alors audessus du ventricule une sorte de voûte recouverte en dessus et tapissée en dessous par la matière grise du cervelet.

Il est remarquable que ces stratifications postérieures, en s’unissant ainsi pour former la masse de substance blanche du cervelet, n’acquièrent point un volume plus considérable que celui qu’elles possédaient auparavant , elles diminuent au contraire beaucoup , et dans plusieurs poissons ce volume devient assez faible pour qu’il soit difficile de reconnaître la matière blanche au centre du cervelet, en coupant verticalement d’avant en arrière l’encéphale sur la ligne médiane.

64. Les stratifications antérieures dépassent de beaucoup les précédentes dans l’intérieur du crâne; elles continuent de s’avancer jusqu a ce qu’elles soient parvenues au delà du cervelet et se répandent alors dans les organes antérieurs de l’encéphale.

Ces stratifications antérieures ou cérébrales , n’offrent d’abord point dans leur trajet intra-crânien de traces bien évidentes de la séparation en parties droites et en parties gauches, excepté celles que paraît indiquer le sillon médian antérieur.

Jusqu’à la fin de ce sillon , en arrière de l’entre-croisement des nerfs optiques , ces stratifications sont rapprochées sur la ligne médiane ; ce n’est qu’au delà de cet entre-croisement qu’elles se séparent nettement pour aller se terminer à droite et à gauche dans les masses organiques de la région antérieure du cerveau.

Si l’on examine de chaque côté de l’encéphale les stratifications an-

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

térieures ou cérébrales en détail, ou peut remarquer quechacune d’elles Poissons. — Appareil

^ ^ 1 T fondamcotal.

constitue une sorte de prolongement de plus en plus faible à mesure qu’il approche de sa terminaison. Elles sont la continuation des parties blanches antérieures de la moelle épinière, étendue à la base de l’encéphale jusqu’à l’extrémité antérieure du cerveau , et, dans ce trajet, s’amincissant et diminuant toujours d’autant plus qu’elles s’éloignent davantage de leur origine.

Ces stratifications antérieures ou cérébrales de l’appareil fondamental ne tardent pas, dès qu’elles se sont avancées dans l’intérieur de la cavité du crâne, à se mettre en rapport avec plusieurs masses de matière grise, qui vont être actuellement l’objet de nos investigations.

La réunion ‘de ces parties de coloration opposée constitue le cerveau des poissons, de même que les stratifications postérieures, par leur fusion avec la matière grise dont elles sont recouvertes supérieurement, forment le cervelet de ces animaux.

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