TROISIÈME PARTIR
personnelle. Saint Paul fut liiwi conduit à se rallier, après ravoir d'abord dédaigné, à celui de ces prophètes qui put soutenir le mieux un tel caractère. Et les facilités mêmes qui en résultèrent pour raccomplissement de sa mission inirent par le pénétrer d'une vénération réelle et profonde pour nu type désormais idéalisé.
Telles furent les influences qui secondèrent ravénement du catliollelsme. Parmi celles qui le retardèrent, une des principales fut certainement la fatale antipathie qu'il inspira si longtemps aux meilleurs romains, aux plus grands d'esprit ou de cœur. Hais 11 est maintenant aisé de comprendre que cette fatale méprise fut Inévitable. Abstraitement examinée, sans aucun égard au milieu correspondant, la doetrine catholique devait en effet inspirer d'invincibles répugnances aux théoriciens et aux praticiens dont l'esprit touchait à la pleine positivlté, tandis que le cœur avait déjà pressenti le règne de reumanité. Directement contraire , comme tous les monothéismes , aux progrès du sentiment, de rintelligioce et de l'activité, le catholicisme développa davantap cette triple Imperfection en faisant prévaloir au plus haut degré k perspective du salut éternel , qui , chez les Bomains et môme les Juifs, avait seulement secondé les impulsions humaines, liostlle à la solidarité , la nouvelle foi choquait plus directement encore la continuité, puisqu'elle disposait ses adeptes à maudire l'ensemble de leurs prédécesseurs véritables, qui étaient les Grecs et les Romains et non les Juifs. Quant à l'intelligence, elle tendait évidemment à comprimer tout essor théorique sous la stérile uniformité que la concentration divine apporte nécessairement aux explications théologiques des divers phénomènes. L'optimisme providentiel s*j trouvait pareillement incompatible avec le développement de l'existence industrieUe. tandis qu'une vague fraternité tendait à réprouver toute activité militaire. Enfin, quand les chrétiens s'en attribuèrent le privilège, le
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pardon des injures avait été pratiqué par Alexandre et César bien mieux que par leur divin modèle, proscrivant à jamais toute la nation juive pour venger une seule victime. Et la puérile fiction où Tabnégation consistant à subir la mort avec la certitude de ressusciter trois jours après, pouvaitelle satisfaire ces Romains qui depuis plusieurs siècles admiraient familièrement le dévouement effectif deCurtius et de Déciusî
Mais l'héroïque persévérance de ceux qui se sentaient chargés des destinées morales de l'Humanité surmonta les obstacles qu'une telle doctrine dut naturellement susciter; et le catholicisme naissant eut plus de peine encore à se dégager du second genre d'entraves qu'il devait rencontrer. Ces entraves vinrent de la foule croissante des sophistes et des rhéteurs, plus dangereux comme auxiliaires que comme ennemis, que suscita l'élaboration grecque. C'est surtout là que naquirent les subtiles hérésies à travers lesquelles durent surgir les inspirations sociales émanées de l'impulsion romaine.
Quant à l'organisation politique du moyen âge, elle dériva spontanément des modifications croissantes de la sociabilité romaine pendant les trois siècles dictatoriaux. Cette liaison historique est évidente relativement au principal caractère, la transformation de l'attaque en défense. De là provinrent les deux autres dispositions générales qui distinpèrent essentiellement le régime féodal de Tordre romain. D'une part, en effet, l'esclavage dut se transformer en servage proprement dit, à mesure que décroissait l'essor militaire, et qu'approchait l'avènement industriel. La restriction de la traite à l'intérieur de l'empire, quand la conquête eut atteint ses limites naturelles, poussa de plus en plus à fixer au sol les familles esclaves dont le renouvellement devenait difllcile. En second lieu, par suite du besoin de multiplier les centres de résistance, la décomposition de l'occident en États
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ffidépendants de plus en plus petits devint une autre conséqienoe de fascendtnt graduel de la défense sur Tattaque.
Ainsi, en s'adaptant à leurs exigences respectives, le po- Iflliéisme progressif comprit deux évolutions successives, f une intellectuelle , l'autre sociale, qui surgirent d'abord en Grèce, puis à Eome. La première, primitivement esthétique , inalement théorique, pi*épara les bases spéculatives de Tétat normal par Fessor décisif du génie scientifique et abstrait, Incompatible avec la théocratie. La seconde tendit directement à instituer l'existence définitive en faisant irrévocablement prévaloir faction sur la contemplation par un suffisant développement de la seule activité collective qui fût alors pMiMe. Four compléter l'éducation occidentale, une trotitème période directement consacrée à la culture du sentilltttt était nécessaire. Mais cette transition affective dut émaner éè la transition active plutôt que de la transition ipéeulative, qui en troubla Favéoement plus qu'elle ne le seoonda. €eUe-cl ne trouva sa vraie destination que quand Té» puisement du monothéisme défensif fit reprendre, à la fin du ittiyti Ige » Félaboration de la science abstraite longtemps siipeniit par 1« licensltés sociales.
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