MONOTHÉISME
$ I. — Appréciation générale du régime calbolico-féodal.
La vie, Fexîstence des hommes libres que nourrissait le travail des esclaves , fut spéculative plus que toute autre chose chez les Grecs ; dans le régime romain, la vie de tous fut essentiellement active; au moyen âge, elle fut surtout affective. Mais nous avons déjà vu la doctrine monothéique se prêter en Judée au régime théocratique; plus tard, en Orient, l'islamisme consacra la vie guerrière : si donc en Occident s'établit avec le monothéisme la prépondérance normale de la culture du sentiment sur celle de l'intelligence et de l'activité, ce résultat fut bien plutôt dû à Finfiuence de la situation qu'à celle de la doctrine elle-même. Mais ce progrès qu'elle n'apporta pas , elle le permit du moins. Et d'après la flexibilité propre aux croyances, qui, purement subjectives, sont sans réalité extérieure, elle se prêta longtemps à sanctionner et à seconder les meilleures inspirations suscitées par les circonstances ainsi que les sages efforts du sacerdoce pour pallier les lacunes et les dangers de ses dogmes fondamentaux.
La discipline humaine instituée par la théocratie, était naturellement résultée de la domination spontanée de la caste sacerdotale : le clergé catholique au contraire, s'efforçant de systématiser la morale, tendit à instituer une discipline rationnelle. Il ne put l'appuyer que sur une doctrine insuffisante ; mais, en conséquence de ses efforts, le plus grand et le plus difficile de tous les problèmes , la systématisation de la morale humaine, resta posé pour toutes les intelligences. En outre les aspirations à Funiversallté spirituelle qui déterminèrent le vrai nom du monothéisme occidental, et la direction que
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