‹ Exposition arrégée [i.e. abrégée] et populaire de la philosophie et de la religion positivesChapitre 10 sur 49 · DE LÀ SÉPARATION DBS POUVOIRS T£1IP0R£L BT SPIRITUEL · texte numérisé non relu

DE LÀ SÉPARATION DBS POUVOIRS T£1IP0R£L BT SPIRITUEL

Ç 1. — liicompatibîliié*de la tupériorlid Intolleclnelto el du gottierDeiiirai

temporel.

Tout ce qui précède montre suffisamment. Je pense, la nature propre, rexistence distincte, indépendante, des deux pouvoirs, des deux influences , l*une temporelle, Tautre spirituelle, auxquelles chaque membre de toute société hu* maine se trouve nécessairement soumis. Maintenant J*ai à faire voir que les conditions de Tun et de Tautre de ces pouvoirs sont telles qu^elles les rendent looompatibles, inconciliables ; et que non-seulement il y va des plus grands intérêts de la société i ce que les mômes cheft ne paissent prétendra à Tan. et à raatre» mais qa*il est même impossible que. dans un État un peu avancé de civilisation, les mêmes hommes soient À la fois supérieurs temporels et supérieurs spirituels. Il*est d'abord évident que le pouvoir matériel , soit qu'il résulte de la fonction, de la richesse, ou enfin du nombre, d*une majorité, ne peut jamais produire Tautorité spirituelle, qui suppose toujours une libre adhésion fondée sur la persuasion ou la confiance. Mais j*ai surtout à montrer que, contrairement à tous les préjugés existants , Tautorité spirituelle ne peut ni ne doit Jamais être un titre au gouvernement temporel : Topinlon contraire étant, en réalité, tout à la fois la honte, le malheur et la plaie de notr^ temps.

L*autorlté spirituelle a donc pour base et point de départ, comme nous Tavons vu, la supériorité intellectuelle conduisant aux études et aux travaux qui constituent Tactivité spéculative. Or le génie spéculatif, seul capable de prétendre et d^arriter, par ses méditations, à la découverte de la vérité, est, par sa nature, essenti^lement impropre à la direction

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journalière des affaires Communes. Le mot célèbre du grand Frédéric sur rincapacité politique des philosophes, bien loin de devoir être regardé comme une injuste dérision, nMndique réellement qu'une profonde appréciation de la réalité. D'après la nature des considérations spéculatives, toujours abstraites, indirectes et lointaines, les esprits qui y sont propres ne peuvent l'être au gouvernement, où presque toujours il s'agit d'opérations immédiates , concrètes et spéciales. Et à cet égard les dispositions morales concourent pleinement avec les dispositions intellectuelles ; car le caractère penseur est et doit être, de toute nécessité, peu soucieux de la réalité présente et détaillée; ce qui, au contraire, constituerait une disposition très-vicieuse en ceux qui sont chargés de la conduite ordinaire des affaires humaines.

Ainsi donc, ni la capacité intellectuelle, ni l'autorité spirituelle à laquelle elle conduit Justement quand elle est suffît samment reconnue, ne peuvent constituer des titres légitimes au gouvernement temporel, qui exige proprement une aptitude spéciale parfaitement disttncte et indépendante de la supériorité de science et d'esprit C'est d'ailleurs au plus grand avantage de l'ordre qu'il en est ainsi ; car, suivant les réflexions de Pascal à ce sujet , l'appréciation d'une telle supériorité est trop difficile pour n'être Jamais qu'imparfaitement et exceptionnellement possible. Si donc elle devait être prise pour base de la détermination desrangs effectifs, la difficulté de prononcer entre d'inconciliables prétentions, toujours renaissantes et disposées à en appeler d'un jugement à un autre, exposerait l'ordre social à des troubles continuels. Mais si même la domination de la véritable supériorité Intel* lectuelle n'était pas une chimère impraticable, elle serait , à un autre point de vue, bien contraire aux vrais intérêts de la société. En effet, les progrès iatellectuels, qui dominent et entraînent tous les autres» résultent exclusivement des études et des travaux des hommes supérieurs; or, les fonc-r

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