DIT. DU POUYOIR EN TEMPORBL ET SPIRITUEL
science sociale, d'économie sociale ne le sont Jamais, sauf quelques points à peine, et divergent sur les plus importants. Aux phénomènes sociaux se rattachent tous les autres; ainsi ne sont d'accord entre eux ni ceux qui les étudient, chacun à sa manière, ni surtout ceux qui s'occupent» non de tous les détails d'une partie déterminée de Tordre univers^, mais des conceptions générales concernant l'ensemble de cet ordre , et qui adoptent d'anciens systèmes ou en créent de nouveaux. Or, ce sont précisément les conceptions de ce genre qui intéressent tout le monde. Tous n'ont le besoin ni le désir de savoir tous les détails de la chimie et de la physique, par exemple; mais une conception quelconque de Tordre universel, ordre qui tout à la fois nous protège et nous domine, est un besoin impérieux de Tintelligence que fatigue le doute , et une nécessité de la conduite qu*il rend incertaine» exposant à faire ce qu'ensuite on regrette d'avoir fait.
Si une même conception générale ralliait tout le monde, il est sûr qu'elle serait alors suffisamment satisfaisante, et, par suite, adoptée de tous naturellement et sans efifort. Mais comme il n'en est pas ainsi (et voilà donc le malheur du temps), il faut ou douter ou choisir. Quelques-uns seulement choisissent, et le pins grand nombre, ne trouvant rien de satisfaisant, doute et se résigne à n'avoir que le moins de croyance et d'opinions possibles. Aussi , sur les questions générales, il y a maintenant beaucoup de chefs intellectuels, au moins de gens prétendant à l'être, et peu de subordonnés; beaucoup de maîtres , enfin , et peu de disciples.
Mais qu'elles soient plus ou moins complètes, si peu même que Ton en ait, c'est toujours de la même manière que se forment les croyances. Elles ont toujours d'abord pour source principale celles de nos prédécesseurs immédiats que ceux mêmes quf innovent le plus ne modifient jamais qu'en quelques points. C'est une vérité bien importante et bien
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certaine, quoIqu*eUe soit encore méconnue : qne ptr de^ grés insensibles seulement , Tesprit humain a pu passer de Terreur à la vérité ou plutôt de Tignoranoe à la connai»sance. Et ainsi, par exemple, oe furent d'éminentes con* ceptions, ne pouvant toaner que d'hommes dé génie et ayant rendu les plus grands services, que celles sur lesquelles reposaient Tastrologie» Talchimie, que les tourbillons de Descartes, et que tant d*autres maintenant méprisées par des gens qui n*en comprennent le sens ni la portée. Quoi qu'il en soit, les croyances, ou venues directement du passé, ou modifiées suivant les conditions de notre temps, n'obtiennent notre acquiescement que par suite de i'influence d'une véritable hiérarchie intellectuelle. La supériorité en tous genres, mais surtout intellectuelle, est bien plus facilement reconnue etiBiûrement appréciée quand la distance n*est pas trop grande; ce n'est donc qu'indirectement et par une suite de degrés intermédiaires que les hommes de génie font à toua, et seulement avec le temps, sentir leur influence.
Que Ton veuille seulement regarder autour de soi et observer les croyances des personnes que Ton connaît le mieux, avec qui Ton vit habituellement; en faisant la juste part d'une première éducation , des habitudes et des intérêts, on verra certainement la toute-puissante influence qu^ont sur ces croyances les croyances de ceux qui, connus et appréciés directement, sont jugés supérieurs à soi et aux autres. Et ainsi a'explique parfaitement les différences d'opinions et d'idées entre les habitants des campagnes, ceux des villes de second ordre, enfin des grands centres de population, par rnfluence des contacts personnels, de la société au milieu de laquelle on vit ou même qu'on rencontre k Toccasion. Enfin , les croyances de chacun sont tellement liées avec les chefs intellectuels qu'on choisit, qu'en toute certitude, eUes les font connaître* L'épreuve en peut être faite bien facilement : qu'on voie si , après quelques moments de conversa-
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tlon abstraite sar un sujet oonTenabtoment choisi» on ne feux toujours deviner ce que l*interiocateur pense des célébrités du moment.
Enfin» pour dernier exemple de la puissance et de la nature du pouvoir Intellectuel, Jen reviendrai encore à la science, faisant accepter de tous les vérités, on peut dire, les plus invndsesDblables. Tout le monde, voyant chaque Jour le con« traire, croit cependant que c'est la terre qui tourne autour du soleil, et non le soleil autour de la terre. G^est démontré, mais pour combien? Pour cent peut-^tre ; mais non certes, sur toute la terre, pour deux cents. Tout le reste du monde le croit donc de confiance On le voit, c'est réellement le pouvoir intellectuel , TinOuence de la compétence, de la supériorité reconnue sur soi et les autres, qui , sans violence, sans contrainte, sans efforts, mais spontanément et irrésistiblement, détermine la convergence intellectuelle; non par persuasion proprement dite, mais réellement par confiance. Kt toutes les fois que la communion intellectuelle a existé, c^est ainsi vraiment qu^elle s'est établie : Taccord entre eux des hommes supérieurs entraînant tous les autres. Ainsi ce qui a rendu si lent, si pénible , si douloureux , la transition du polythéisme au monothéisme romain, ç*a été la difllculté, exclusivement propre à ce cas, de la convergence des hommes éminents. En même temps que TertulUen, Origène s*écartalent de la foi, que le schisme et Thérésie déchiraient les chrétiens, les plus grands esprits, les meilleures natures du monde romain. Tacite, Pline, Trajan les méprisaient et s'efforçaient d'arrêter les progrès d'une secte qu*ils Jugeaient contraires au bien du genre humain. Une étude profonde fait parfaitement comprendre cette fatale méprise. Mais enfin, quand les totéréts prépondérants se furent nettement montrés, le catiiolicisme rallia toutes les natures supérieures et devint ainsi la religion de TOccident. Quand rhistoiré ensuite nous raconte que Glovis et ses guerriers embrassèrent le ca-
tholicisme, Tognil-Beg et les siens Tislaniisme, il est bien éyident que, dans Tun et Tautre cas, la conversion simultanée de tous ces barbares» auparavant polythéistes, ne fut pas déterminée par une bien profonde appréciation individuelle de la supériorité intellectuelle qu'avait le monothéisme qu'ils adoptaient sur leur ancienne religion. Elle le fut surtout par la confiance qu*ils avaient les uns dans les autres, et par Tiniluence exercée sur eux par des populations vaincues, il est vrai,mais dont ils sentaient la civilisation supérieure à la leur. Et comme il y a là une tendance aussi fondamentale dans la nature humaine que légitime et noble, elle suivra son cours dans l'avenir comme elle a fait dans le passé , et produira toujours des résultats analogues. Bien plus, reconnue, appréciée à sa juste valeur et stystématisée* elle deviendra plus puissante encore que tant qu'elle a dû rester spontanée et méconnue.
C'est donc, je pense, une bien grande découverte que celle de ce pouvoir intellectuel , de cette influence, seule source possible et source assurée de toute communion intellectuelle, de toute communauté de croyance. Si Ton veut réfléchir à rimmense importance d'une telle convergence, aux conséquences quelle entraîne, à sa nécessité, à ce qui arrive quand elle n'a pas lieu, pourra-t-on ne pas regarder comme un service inappréciable , d'en avoir déterminé avec tant de sagacité et de profondeur la circonstance déterminante, la condition essentielle et fondamentale?
La seule source possible et la source assurée de l'ordre intellectuel, base nécessaire de tout ordre social, est donc le pouvoir intellectuel. Son rôle et son eflfet sont de faire accepter de tous la plus parfaite connaissance que comporte l'époque de Tordre universel; connaissance & laquelle leurs études et leurs méditations propres conduisent les hommes supérieurs. Cette connaissance devient alors la base des efforts tendants à modifier cet ordre conformément à nos be
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soins et à nos coayenances ; et telle est la destination de Tactlvité de tous.
S 4. — Du pouToir moral.
La puissance de llntelligence étant parfaitement indépendante de la force de caractère et de la bonté de cœur» le pouvoir intellectuel se rencontre souvent, comme 11 n'est per* sonne qui n*ait eu occasion de Tobserver, sans que s'y joigne Tautorité morale. La distinction du bon et du mauvais, du bien et du mal , est le domaine de celle-ci, comme celle du vrai et du faux, de la réalité ou de Tinanité des conceptions est le domaine de Fautne. On voit donc toute la supériorité, en importance et en dignité, du pouvoir moral ;. aussi n'est-il pas étonnant qu'il soit bien plus difficile encore & acquérir et à exercer que le pouvoir inteilectueL
En général, à part les inspirations spontanées résultant des lumières et de la nature morale plus ou moins parfaite, c*est surtout Fopinion publique qui, plus encore que toute influence personnelle et directe, fait pour chacun le bien ou le mal , et détermine ce qu'on peut ou non faire. Sa toute puissante influente sur la conduite a été clairement mise en lumière par le cas du duel, que n'ont pu empècfaer« tant qu'il a été approuvé par l'opinion, la législation la plus sévère, les dernières peines temporelles, enfin la crainte de supplices éternels auxquels alors on croyait fermement
Mais cette opinion si puissante sur le grand nombre trouve à son tour quelques hommes qui sont tout puissants sur elle. Elle pense et Juge comme eux, accepte leurs arrêts, sinon tout de suite , au moins avec le temps, et les impose aux autres. Ce qui donne, à quelques hommes exceptionnels, ce magnifique privilège, c'est la supériorité reconnue de lumière et de vertu , d'où la confiance en eux. Sans lumières supérieures, la vertu se fait toujours estimer, respecter et chérir- Mais, à vrai dire, l'ascendant véritable ne peut alors être ob-
^2 PREMIÈRE PÂRTiC.
tenu. No» sans ¥ertu absolament, mais sans grand caractère, ni cœur bien haut placé, une intelligence supérieure peut encore obtenir considération et reconnaissance pour des services rendus. Mais quand la supériorité intellectuelle et la supériorité morale se trouvent réunies dans la môme personne, Tascendant dévient irrésistible et complet; et il constitue alors véritablement le pouvoir spirituel.
Sans doute Ton peut, sinon toujours, souvent au moins, être sûr que Ton fail bien ; mais plus rarement que Ton fait vrai* ment ce que Ton a de mieux à faire. Et qui a un peu vécu et n'a senti le besoin des conseils dnn autre? On comprendra tout de suite la nature et les conditions de l'autorité morale, à vrai dire , du pouvoir spirituel, si Ton s'imagine placé dans ces circonstances trop fï^équentes de notre temps, où le devoir est difficile, et ne paraît pas très-clairement indiqué. Qui en croira-t-on quand on entendra dire : voilà votre devoir? Et, pour le savoir, à qui s'adressera-t-on? Au plus capable et au meilleur parmi ceux que Ton connaît. Si le plus capable n*est estimé aussi , Tidée ne viendra même pas de s'adresser à lui. Mais, si le meilleur n'est capable, de quelle ressource pourra-t-il être? comprendra-t-il la position? Quelle <^ance auront les raisons qu'il pourra donner à l'appui de son avis d'être trouvées bonnes ou acceptées de confiance? D'après l'excessive complication des phénomènes moraux qui embrassent tous les autres et forment la plus haute et la plus difficile étude que puisse aborder Fesprlt humain, il est certain que celui qni peut y être supérieur doit l'être aussi dans les sujets plus simples et plus faciles. D'ailleurs l'ordre humain, ou l'homme si Ton veut, ne peut être connu et com« pris en dehors de Tordre universel et sans que le soient ses relations avec cet ordre. Aussi rien de plus légitime et de plus raisonnable que le sentiment qui fait refuser la confiance sur les plus hautes spéculations à celui que l'on sait ignorant et inférieur dans les sciences abstraites plus sim-
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pies, plus atancées et plui «ûres. Mais, oonme Je l'ai dit, raeqakitioii de tous les plus mtnatieax détails d*aiie de ces selenees que saura toujours mieux qu*un autre celui (jui en fait roooupatkm exclusive de sa vie» n*aboutit qu^ donner une oompétenoe spéciale etbomée, en tout semblable à celle de rtftfsan ; et ce n*est pas à une pareille possession que s^attaebe Hdée de la supériorité intellectuelle. Ainsi le prouve, par exemple , ce préjugé , trop répandu pour n'être pas sans qudque fondement, qtt^ln grand mathématicien peut être, en debOTB de sa spécialité, un homme fort nul. Mais, au contraire, l'aptitude pour les conceptions d'ensemble et pour les vues généralea est universell^nnent regardée comme la véritable mesure de la portée intellectuelle. G*est avec Justice; mais il convient alors de lui demander, comme garantie et comme facilitent rappréciatlon, de se concilier avec de suffisantes conimissaaces spéciales et positives.
Ainri donc , sentant instinctivement mais proibndément que ia véritable supériorité intellectuelle doit se retrouver la même en tout et sur tout, Tesprit humain est toujours poussé k TuBité de confiance, et n*en croit sur les sujets les plus dK&eiles que celui qui, sur les plus fisciies, est aussi compétent. Telle est donc la source de la haute diificulté de Tautorite morale qui, outre ses exigences propres, doit toij^ours r^Myser, et en réalité repose toujours eil^tivement» quand elle se rencontre , sur Fautorité intellectuelle , d'ailleuTs Justernit ou non accordée. Sans doute les conditions de cette autorité à la fois intellectuelle et morale qui devient alors le véritable pouvoir ^irituel sont difficilcB à remplir; mais on ne le trouvera étonnant ni regrettable si Ton considère que c'est la plus noble action qu'un homme puisse exercer sur un autre;. en même temps que la plus puissante et la plus salutaire , si le chef choisi est digne de sa mission et de Tinfluence qui lui est accordée,
Quaat à rappréciatiOD du pouvoir spirituel 9Âmà oomi^^t
iU PREMIÈRE PARTIE.
au point de vue social et politique, il n'y a qu^à le supposer un peu général et étendu pour en voir tout de suite Textrênae importance. Ceux qui, outre l'erreur et la vérité, font encore pour d*autres le devoir, le bien ou le mal, sont naturellement tout puissants pour déterminer la conduite et maintenir ou troubler Tordre. Leur action sans doute, tant que leur influence n'est pas régularisée et reste extra-légale, n*est pas toujours immédiate et instantanée comme celle des chefs temporels; mais, avec le temps, Foccasion u*rlve, les circonstances se présentent oà cette action se (ali clairement voir. Assurément, personne, ayant compris ce qu'est le pouvoir spirituel, ne doutera qu'il ne constitue uiie force sociale immense, toujours agissante, bien que plus ou moins confusément comprise et reconnue. 11 est tout puissant sur les idées, et ce sont elles qui mènent et gouvernent le monde. Toute institution qui ne trouve pas, dans Topinion, dans les croyances, une base inébranlable, ne peut être solide et durable, comme doivent maintenant commencer à s*en apercevoir les politiques de notre temps. Et, tant qull n'y aura pas de principes suffisants, réellement démontrés pour les hommes compétents, et, conséquemment, acceptés de tous, rien de stable ne pourra être fondé en politique. L'extrême importance, à ce point de vue, du pouvoir spirituel fait donc maintenant parfaitement comprendre pourquoi ceux qui avaient en main la force matérielle se sont si constamment, quoique si vainement, efforcés d'obtenir les résultats que lui seul peut produire. Et de là donc, comme je le montrerai bientôt, toutes les tyrannies qui ont jusqu'à ce jour tant affligé l'Humanité et retardé ses progrès.
§ 5. — Contraste des pouvoirs spirituel et lemporeU — Spontanéité
du premier.
La plus importante différence entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel est que le premier est essentiellement
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d*institQtioii artificielle peut-on dire, tandis qae le second est i^ntané et naturel. Les fonctions du pouvoir temporel n*ezigent, en général, qu*une capacité qui se trouve à un degré suffisant ckes un très-grand nombre d*hommes, ches la pi upart même certainement. Ec 11 suffit alors, pour Texercer convenablement et à Tavantage de tous, d^une suffisante préparation etdudéf^r de bien faire. Ainsi la naissance s*est trouvée, pendant des siècles, fournir d'innombrables chefs temporels parfaitement à la hauteur de leur position et de leurs fonctions.
Mais pour le pouvoir spirituel il en est tout autrement. Celui-ci ne peut ni se donner ni se transmettre, il faut qu'il se crée lui-même, et il ne comporte que des parvenus. 11 n*y a pas de puissance au monde qui puisse donner à qui n*a su Tacquérir Tautorité intellectuelle et morale. C'est à peine si les positions, les honneurs, in&tltués pour la glorifier quand elle existe, pour la mettre en évidence, pour en faciliter l'appréciation , peuvent, quand elle n'existe pas, en procurer même quelques bribes insignifiantes. Un bonnet de docteur, une place d'académicien, feront passer pour capable et savant celui qui ne Test pas? Mais auprès de qui? Et pour combien de temps?
C'est dans la conscience et le jugement de tous que le pouvoir spirituel doit avoir ses racines. Aussi, même au moyen âge, alors que le pouvoir spirituel était organisé et régulièrement constitué, voyez le véritable chef distinct parfois du chef officiel, et de sou temps saint Bernard S plus puissant qu'aucun pape. Le pouvoir spirituel est une pure affaire
> Solitaire^ dit Doardaloue, qui tyaii lulnnéme ta dehors plus d'ocoupaiions que la plupart des hommes n'en auront Jamais ; eonsuUé de toute la terre, chargé d'une inQnité de négociations importantes, pacificateur des Ëtats, appelé aux conciles^ portant des paroles aux rois, instruisant les iièqnci, réiirimandani les papes, gouTemant un ordre enlitBr, prédicateur et orado do son ten^M (Strmon sur la fuUs du monde ^ première partie).
S6 PREtfllsflE PAflTte.
d'opinion, et toute la saine politique à son égard eonsitte à la laisser sur;;Ir, à faciliter son avènement, sans prétendre le produire ni trop même le h&ter; puis, quand ce pouvoir a surgi , à le reconnaître et à lui faire sa part. Et ainsi le eom* prenait bien au siècle dernier le cardinal ministre qui écrivait h, Fontenelle: Divisum habemus imferium. Il savait bien que lui, prêtre pourtant et cardinal, était le chef temporel; et que le chef spirituel était le laïque, ^écrivain, mais le savuit, le philosophe, Tacadéfflicien : c'était le beau temps alors des académies I
En réalité, la suprême autorité spirituelle aune époque quelconque s^accorde toujours aux hommes en évidence qui paraissent le mieux représenter les tendances et les besoins du moment, et par suite sont r^ardés comme supérieurs à tous les autres alors existants. Ainsi au xviii* siècle, quoique de moins en moins à la hauteur de leur position et dignes décile, les vrais chefs spirituels, les vrais papes, furent sue* cessivement Fontenelle, Voltaire et Rousseau. Gomme de l'un à l'autre la décadence est marquée! Enfin s*ll arrive un moment, comme c*est le cas actuellement, où ron ne trouve ni doctrine ni personnes qui représentent les tendances et satisfassent aux besoins du moment , toutes les forces sont aussitôt employées soit h produire, soit à chercher cette au-^ torité.
On voit donc que c^est au fond du cœur qu'^est écrite la distinction des deux pouvoirs. On veut bien obéir au plus fort, au plus puissant, le respecter même, mais on veut croire celui qui entraîne, convainc, persuade, inspire la confiance. Et quand la force temporelle veut produire ces résultats sociaux, admirables , en effet, mais qui ne sont pas de son ressort , et que produit spontanément la force spirituelle; quand, par exempla, ^le veut propager ou abolir une religion* en m^ân* t^ir une qui se meurt ou arrêter les progrès d'une amtre i|iii surgit, elle répand des fiots de sang et avorte Impuissante.
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