DIV. DU FOCVOIR KM TEMPOREL ET 8PIRITUEU
]*exerefce ne permettrait paa de remplir les conditioiis du pouvoir spiritael à ceux mèmefl qui, dans une autre poaitlon, eussent été suEceptiblea de Tobtenin Ces efforts de médltv tlon et de réflexion, cette recherche continue de la vérité, cette pureté et ce désintéressement de la conduite, qui seuls entraînent la confiance et conduisent à Tautorlté spirituelle, sont-ils alors possibles? Non, non, évidemment.
Ainsi donc , malgré les préjugés et les fausses et dange* reuses idées du Jour, il est. Je peux dire. Incontestable, que la supériorité Intellectuelle ne peut ni ne doit être un titre au gouvernement temporel , et qu'elle n*y a Jamais conduit Alors apparaît dans toute sa difficulté le problème de Torganlsation sociale. Quelle doit y être Tinfluence de cette supériorité , et comment doit participer Tautorité qu'elle donne au maintien de l'ordre et à son amélioration, c^est-à-dire au progrès : car le progrès en tous genres n*est que ^ordre devenant de plus en plus parfait ? Cette force st grande , si puissante et en même temps si noble , si glorieuse, et pour ceux qui Texercent et pour ceux qui se soumettent ainsi volontairement, doit*elle être perdue T Non, non. Et tout le inonde sent bien instinctivement que les progrès de la civilisation doivent tendre constamment à la rendre de plus en plus prépondérante , à accroître son influence dans la direction de la société; et que ce ne peut être un état normal que celui dans lequel la supériorité d'esprit n*a qu'une Influence irrégulière, extralégale. Mais, d'autre part, puisqu'il est certain qu'elle ne peut être un titre au gouvernement proprement dit , quel doit donc être son rôle , ïton influence politique? Quelle doit en être la nature? A quelle organisation enfin doit conduire la part qui est faite k l'esprit dans la direction de la société?
La réponse à ces questions , telle est la sublime découverte que dans ces pages Je m'efforce d'expliquer et de faire comprendre. Il y a déjà plus de trente ans que M. Comte
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a dit : Entre tous les régimes que l'histoire nous montre, le seul normal et régulier est celui du moyen âge divisant le pouvoir en temporel et en spirituel, chacun d'eux ayant une existence propre , assurée et indépendante de l'autre. Cette admirable division a été mal appliquée « parce qu'elle ne pouvait s'accorder avec Timparfaite doctrine, seule alors possible, qui ne permettait pas de faire la juste part de chacun des pouvoir temporel et spirituel. Mais maintenant , le progrès des lumières ayant fait rejeter les croyances accessoires qui en ont entravé l'application , on doit revenir à cette même division du pouvoir. £t cette fois , étant bien comprise, et pouvant, par suite, être bien appliquée, elle restera à jamais le régime définitif de la société, ainsi constituée en progrès continu.
A cette découverte , qui n'est qu'une loi , qu'un théorème social, s'applique parfaitement ce que dit Lagrange en parlant de Galilée à propos de la loi de la pesanteur : « Il fal- » lait un génie extraordinaire pour découvrir les lois de la » nature dans des phénomènes que Ton avait toujours eus » sous les yeux , mais dont l'explication avait néanmoins » toujours échappé aux recherches des philosophes. » Et, en effet, c'est là une découverte, et si grande, et si originale, et tellement en avance sur l'état actuel de tous les esprits que, depuis le temps qu*elle est faite, à peine quelquesuns seulement la comprennent, et en aperçoivent le sens, 1 importance et la portée. Qui sait maintenant ce qu'est le pouvoir spirituel? Qui sait ce qu'est le pouvoir spirituel séparé du pouvoir temporel? il en a été des hommes de notre temps comme de ceux du passé : aveuglés par leurs passions, ils ont eu des yeux et n'ont pas su voir, des oreilles et ils n'ont pas entendu. Ils se sont dits les plus capables et ont prétendu, à ce titre, devoir gouverner? ils ont gouverné I ils ne gouvernent plus , et ne gouverneront plus, malgré leurs espérances.