‹ Exposition arrégée [i.e. abrégée] et populaire de la philosophie et de la religion positivesChapitre 32 sur 49 · INDIVIDUEL · texte numérisé non relu

INDIVIDUEL

S 4.— Considérationfl préliminaires. — Objet, préparation nécessaire, conséquences et méthode de la morale positive.

La morale! J'avais bâte d'y venir. C'est là, je le sais, qu'on attend tout système, tout nouveau système. Et l'on a bien raison. La morale, en elfet, n'est pas une science comme les autres. Sans doute, plus on sait, mieux cela vaut, car la science ennoblit et agrandit la vie. Mais que Ton sache un peu plus» un peu moins d'astronomie, d'histoire même, la

àb% QOATRlÈlfE PAETU^

conduite n*en sera guère changée. Savoir ce qu'est la science, savoir que la démonstration , la science positive est la seule source possible de toute foi modei*ne, voilà résidentiel, et ce qui doit être familier à tout le monde. Aprèscela, d'important, il n> a plus vraiment que la morale. Mais^ elle, elle est la science que Jamais Ton ne sait asses» Ift scienoe toujours àFétude, la science à savoir dans tous les détails. C'est elle en effet qui éclaire, dirige, indique et prescrit la oondttite. Chaque jour^ chaque instant elle s'applique. Il y a, sans doute, une morale spontanée que Ton sait sans étude, sans réflexion , sans observation des autres, sans retour sur soi-même. Mais est-elle suffisante? Non, non ; et à tout le monde, hardiment, Je dis que non. La vie, facile aux uns, est à d'autres difficile. Mais qui donc n'a Jamais été embarrassé? qui a un peu vécu et pense avoir toujours agi comme il aurait dû le faire? Qui plus tard n'a eu à regretter ce qu'en d'autres temps il avait fait? Enfin qui oserait dire qu'il est sûr pour le reste de sa vie de ne plus jamais hésiter, et de toi:goars savoir ce qu'il aura de mieux à faire?

La morale 1 mais, de la défendre, il n'est besoin. Qui n'est prêt à l'étudier? qui ne désire, qui ne veut le faire? Depuis quarante siècles la connaissance de Thomme est donnée pour but à la science. Bt maintenant plus que jamais, ne crie-t-on pas de toutes parts à la philosophie •* A quoi arrivez-vous? Sur quoi entre vous, philosophes, êtes* vous enfin d'accord? Quels sont vos résultats infaillibles, cet-tainSi qui puissent, compris de tout le monde* aorvir à tout le monde? Et ces mots t progresses , ou retire»*vous, retentissent* comme un arrêt de moH, de toua cdtés autour d'eus- Voyez les savants, leur dit-on, on ne sait pas leurs démoo' stratlons, mais ils entraînent loât le monde parce qu'ils scQ' d'acoiMtl sur des résultats ckirs et intelligiblesi Et en effet, tout le teonde, vojTant le odntraire, eroit cepradant qitf e'^ là tcite qui tourne autour du soleQ immobUe reHttivem^^^

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à etlei tout to monde Mit maintenant la eomfHSiitioQ de Vnè,u et ce qne c'eit que le feu. Atu»i l# grand intérêt du mcv ment n'est plus de ce côté. Amcsi, maintenant, nous connaissons de planètes; dans toutes ses propriétés, la matière étudiée noua est assex, ponr le moment» et connue et soumise. Mais la démonstration, cette force nouvelle qui depuis deux siècles a tant changé le monde, et sur de »i difficiles et profondes Térités amené la convergence, n'a^t^Ue prise qu*au dehors? Et nous'^émes» nous ignoreronSi^aous toujours? Pour cette seienee suprême n^y a^t-il pat de progrès? Et toujours applicable, cet admirable conte de MIcromégas doit-il être toujours une satire si triste et si vraie ?

Qu*est*ce que r&me? Telle est la question que depuis vingt siècles et plus la philosophie est impuissante à ré* Boudre, et dont la religion a pu senle donner une solution provisoire. Quant à la science, nous avons vu qu*elle avançsdt lentement^ pas à pas, mais sûrement. Aussi, quand une fois à une question elle a fait sa réponse, les siècles s'écoulent en la respectant. Mous avons vu qu'elle n^atteignaitun ordre de phénomènes qu^après avoir soumis à des lois tous ceux qui sont plus simples. Nous avons dit la création successive des mathématiques, de Tastronomie^ de la physique» de la chimie, de la biologie. Toutes ont dû précéder Tétude po* sltive de Tâme, qui n'a pu commencer qu'après celle du corps. Tant que Ton n'a pas su à quelle pwrtie de Torga** nisme se rapportaient les sentiments et les pensées, ni la vraie nature de ces phénomènes ne pouvait être comprise, ni Texacte analyse n'en était possible. Or, au commence* ment de ce siècle encore, nonnseulementBiohat, mais même Cabanis, qui s'en occupa si profondément, rapportait les passions aux viscères végétatifs. Une observation assidue des animaux avidt montré à Georges Leroy les vices d'une telle conception , mais sans qu'il pût la remplacer par au* cune autre. Enitn Gall, préparant directement et ébauchant

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môme la théorie de Tâme qu*à M. Comte il appartenait de construire, démontra irrévocablement la pluralité des fonctions intellectuelles et morales, et leur commune résidence dans l'appareil cérébral.

Ce double principe permit à M. Comte de fonder la sociologie par la découverte des lois fondamentales du mouvement intellectuel et social. La science^ embrassant alors tous les ordres possibles de phénomènes conçus comme assujettis à des lois, devint philosophie. Mais la philosophie féconde et sûre» qui n*est que la science complète, n'a pu garder que modifié le nom de la philosophie incertaine et impuissante, et elle a été dite philosophie positive.

Comme Je Tai dit précédemment, M. Comte pensa d^abord que la morale, se répartissant entre la biologie et la sociologie, rentrait surtout dans les conclusions de cette dernière science. Mais une plus profonde méditation du sujet lui fit reconnaître qu^elle devait être séparée des deux sciences antérieures et constituer une science à part Toutefois, il a seulement promis et non fait encore un traité complet de morale positive. Mais il en a longuement posé les bases, tracé le plan général, et même développé les points principaux. Dans un tel sujet, toutes les parties ne pouvaient être à la fois également éclaircies. Mais les questions qui restent à résoudre peuvent être posées maintenant avec netteté et précision, et l'inconnu, circonscrit entre d'étroites limites. EdBd Tensemble de cette quatrième partie prouvera, je pense, que, quelle que soit Pimportance de ce qui reste encore à faire, elle ne peut être que secondaire comparativement à celle de ce qui est déjèi irrévocablement acquis.

La connaissance de Tàme et par suite la morale positive, telle est donc, après la sociologie, la seconde science que la nouvelle philosophie vient apporter au monde qui l'attend. Elle se trouve naturellement compriendre deux parties distinctes ayant l'une pour but Tétude de l'homme individuel;

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et l'autre les applications à la détermination de la conduite : de là donc, diins la morale positive, la science morale proprement dite, puis Part moral. Jamais, en vérité, il n'y eut pareille découverte, car cette science suprême donne enfin la solution définitive du plus grand, du plus difficile et du plus important de tous les problèmes ; la systématisation de la conduite, la systématisation de Texistence personnelle, domestique et sociale. Et les difficultés de la situation résolues, les angoisses du moment dissipées ne seront que la conséquence naturelle d'une telle découverte.

Gomme déjà f al eu occasion de le dire (c'est d'ailleurs une considération tellement importante qu'il vaudrait mieux certainement trop même la répéter que ne pas la faire suffisamipent ressortir), la science positive ne fait jamais que développer et systématiser les aperçus spontanés de la sagesse vulgaire. C'est ce qui doit être bien plus sensible encore que partout ailleurs en morale, science où tout le monde est jusqu'à un certain point compétent , dont tout le monde s'occupe, qui intéresse tout le monde, et où tous sont bien plus à même de contrôler et de vérifier les résultats scientifiques que dans toute autre partie du domaine intellectuel, il est alors évident que la première condition à laquelle doit satisfaire une véritable connaissance positive de l'homme intellectuel et moral, c'est de permettre de reconnaître, d'apprécier et de juger les difiiérences qui existent entre les hommes, et les distinguent les uns des autres, avec plus de netteté et de précision que l'on ne pourrait le faire sans son secours; puis d'expliquer ces différences et d'en déterminer la véritable source. Le principe fondamental de la seule méthode susceptible de conduire à un tel résultat, sanctionné d'ailleurs immédiatement par le simple bon sens, est que l'étude de l'homme doit se faire bien plutôt par l'observation des autres que par la nôtre même. Les passions aveuglent, et, en général, chacun apprécie très-inexactement les sionnes.

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C*est donc en faisant un retour sar sol , éclairé (Tabord par robserration des autres, qu'il sera seulement possible de se connaître.

Dansrobsenratlon des phénomènes Intdlectuels et moraux, Tesprit, saisissant, selon son aptitude caractéristique, source de toute sa puissance, les différences et les analogies, la diversité et la constance. Tordre et la variété, reconnaît dans notre conduite Plnfluence de mobiles, de penchants différents. Il doit donc déterminer leur nature générale et particulière, ce qu'offre de commun et de spécial leur manière d'agir; puis, quel est proprement chacun d*eux;et ensuite comuxent, entre eux. Ils se combattent, ou s'accordent et se concilient, en un mot se combinent. Enfin, il a encore à apprécier les modifications dont ilâ sont susceptibles et les moyens de les produire. Il est évident qu'une telle détermination, faite d'une manière générale, facilitera extrêmement toute appréciation particulière de sol ou des autres. Et il est sans doute inutile d'insister sur Tintérèt et Timportance d'une telle application. Pour déterminer et fixer sa conduite Joumanalière, n'a-t-on pas besoin de se connaître soi-même et de connaître les autres ? Qui donc là-dessus n'a et n'aura toigours le besoin et le désir d'en apprendre plus encore qu'il n'en sait? Et n'est-il pas évident que celui qui, voulant agir sur lui et les autres, ne cherchera pas dans la connaissance positive de la nature humaine l'indication des modifications possibles et des moyens de les produire , ne trouvera que mécomptes et déceptions?

Bans l'étude des phénomènes intellectuels et moraux , la première détermination qui doit être faite est celle évidemment de leur nature générale. Or, nous avons vu en biologie qu'ils étaient les fonctions d'organes dont l'ensemble constitue le cerveau. Et ce sera auprès de la postérité, la honte de notre temps, et de tous ceux dont elle s'occupera ayant eu part à ce triste fait, qu'une découverte si importante, si sûre,

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si Incontestable et déjfc si ancienne^ soit enoore si peu ré» pandue, si ignorée, même si peu franchement admise, et non encore introduite dans IMnstruction générale.

Entre les sensations qui nous révèlent le monde extérieur et les mouvements par lesquels nous agissons sur lui, se placent donc les phénomènes intellectuels et moraux qui, succédant aux sensations, déterminent nos actions. Gomme toutes fonctions d'organes, ils sont susceptibles â*étre étudiés à deux points de vue différents: celui de l'agent, du siège du phénomène, des conditions organiques dont ils dépendent; puis celui de Tacte, du phénomène lui-même. Un examçn approfondi de ces deux études fait alors reconnaître, ainsi qu^il a été dit, qu'elles doivent nécessairement appartenir à des sciences distinctes, mais qui ne peuvent plus être conçues comme isolées et indépendantes, et au contraire sont tellement liées qu'elles se suivent, s'enchaînent, et ne sont que les différentes parties dhin même tout t la première étant la base de la dernière, celle-ci est la suite, le prolongement naturel, le terme de celle-là. Telle est la relation de la biologie et de la morale, entre lesquelles doit nécessairement sMntercaler la science sociale.

Quoiqu'il soit très-méconnu actuellement, au moins ofliciellement, c'est cependant un principe très-évident que, par suite de leur étroite dépendance, Tâme et le corps ne peuvent être connus isolément et indépendamment Tun do l'autre. Et il est clair que ceux qui étudient Tun ou l'autre ne peuvent avoir aucune raison ( aucune bonne raison , veux-Je dire, car ils ont certainement les leurs pour faire ce qu'ils font et comme ils font ), de ne pas s'occuper de l'un et de l'autre.

L'étude du corps doit donc précéder et préparer celle de l'âme. Et il est plus difficile de voir pourquoi elles doivent se séparer, c'est-à-dire pourquoi la biologie ne peut complètement comprendre Tétude des phénomènes Intellectuels et

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moraux, qae de reconnaître qu'elle en doit fournir la base. Cependant c'est tout aussi certain. Ge n'est pas Tobservation de rhomme individuel , ainsi que nous l'avons vu, qui peut suffire à faire connaître les lois des phénomènes intellectuels. 11 est évident que c'est l'histoire des sciences et de la philo- Sophie qui peut seule dévoiler la marche et les lois de Tintelligence humaine, et que cette histoire ne peut rentrer dans la biologie. Aussi, avons-nous vu la science de l'esprit se fondre dans la science sociale, les phénomènes intellectuels étant essentiellement dominés par l'évolution de l'esprit bumain, et ayant le caractère collectif et non individuel.

Quant aux phénomènes moraux, il est aisé de reconnaître qu'ils dépendent directement des phénomènes intellectuels et que tous les changements , toutes les modifications survenues dans l'état de l'intelligence, doivent avoir sur l'état moral un contre-coup nécessaire. Gomme on ne peut évidemment aimer que qui l'on connaît, en qui l'on croit, les affections sont constamment subordonnées aux croyances. Et les lois des sentiments ne pouvant être mises en évidence Que par les modifications qu^ils éprouvent , il s'ensuit que leur recherche suppose la connaissance des lois des phénomènes intellectuels, des lois de Texistence sociale, et doit s'appuyer sur cette connaissance. En outre , les phénomènes moraux étant plus directement soumis que les phénomènes intellectuels aux influences des viscères végétatifs, c'est encore pour eux une source particulière de complication. Ainsi dans l'étude de la vie morale, doivent se combiner constamment et profondément les points de vue individuel et collectif, c'est-àdire biologique et sociologique ; et voilà pourquoi cette étude doit constituer une science à part qui est le terme et comme le résumé de toutes les autres, empruntant à toutes leurs méthodes et leurs résultats.

Il devient maintenant aisé de comprendre et pourquoi Gall put seulement préparer et non construire la théorie deTâme,

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et Timpuissance actuelle des physiologistes, qui, incapables défaire faire aucun progrès à la doctrine quMl a fondée, la laissent même de côté.

Si en elTetrétude positive de la nature humaine devait être nécessairement instituée avant la création de la sociologie, la véritable théorie de Pâme devait suivre cette science, car elle la suppose ets*appuiesur elle. La sociologie se sert seulement de la décomposition de Texistence humaine en intelligence, activité et sentiment, et elle est essentiellement la science de l'intelligence et de Tactivité. Les sentiments n'y figurent quMndirectement d'après l'influence de leurs impulsions sur la vie sociale et les modifications quMls en reçoivent. Mais si la sociologie peut se passer de la théorie cérébrale, celle*ci ne le peut de la sociologie.

L'homme isolé et individuel n'est qu'une abstraction qui n'existe que dans les livres de philosophie. Il n'y a de réel que l'Humanité. Et sans une connaissance approfondie de l'existence sociale, Thomme ne peut être que très-imparfaitement connu et compris.

Ainsi donc, par suite d'une connaissance de l'existence sociale inévitablement trop superficielle, Gall dut échouer sinon toujours, au moins en bien des points et surtout quant à l'intelligence, dans la décomposition du cerveau et de Tâme en organes et facultés irr^uctibles. Mais en résultat général de ses travaux sont d'abord restés acquis à la science les deux principes fondamentaux de cette décomposition : la pluralité et Tinnéité de nos fonctions intellectuelles et morales et la situation de leurs organes, dans l'appareil cérébral; puis s'est trouvé posé l'important et difficile problème : déterminer les facultés irréductibles, les forcesélémentaires dont l'ensemble constitue l'âme. Avant d'exposer la solution qu'en a donnée M. Comte, il faut dire quelques mots de l'esprit qui a présidé à sa construction et de la méthode employée. Le principe de l'analyse des fonctions intellectuelles et mo-

rttoi doii fttre 1* sabordiimlion iystéinMfaliie (te ranatomld à la pbyfiolofffe, D'aprèi la liaison et rhomcgéoéité das parties du cerveau, Jamais sa décompositUm «a organes n^aonit été eoanoe » ti son étude fût restée purement anatoiqiqne. Cest par une admirable obeervatiou des actes vitaux » Uea plutôt que par la disseetion» que Gall découvrit et démontra les principes fondamentauic de la théorie cérétoile* Et \m macte analyse des phénomènes int^leetuels et moraux, peut seule encore indiquer les fonctions différâtes et par suite, les organes divers dont Tensemble constitue le cerveau. Eu ootre* comme nous Tavons vu » plus encore que tous les satresi par suite de leur complication supért^re » les phénomènes intellectuels et moraux doivent è^e ét|idié9d«is les ets etles circonstances qui, manifestant le mieui leurs caractères distinctifs, leur diversité, leur vraie nature, permettent seuls de saisir les relations exactes auxquelles ils donnent lieu. L'homme n*est que le premier des animaux, mais perfeotiom^, des bords du Nil aux rives de la Seine, par quarante siècles au moins de civilisation. G*est donc la solidarité puis surtout U continuité qui ont tant développé les aptitudes qui distinguent notre espèce des autres. Et c^est par suite évidemment rétade de Texistence et de révolution sociale qui peut seule les faire connaître et dévoiler leurs lois. Mais, une fois con^ nues, robservation individuelle, iqpapable de les faire découvrir, pourra du moins leur procurer d'utiles vérifications. U plus importante, celle d'où résultera la confirmation U pins certaine, consistera dans rapplication qui pourra en être faite aux animaux où les dispositions innées n'étant pas modifiées par les dispositions acquises comme parmi les hommes, sont plus facilement et plus sûrement appréciables. La civilisatioo n'ayant pu que développer et jamais faire naître, ni aucun penchant, ni aucune faculté, tous ceux de notre espèce doi« vent se retrouver en germe dans les animaux supérieurs, l/inspiration sociologique contrôlée par rappréciation «oolo-

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gique, tel a doue été le principe de la construction de M. Comte.

L'observation physiologique qui détermine les fonctions différentes, par suite les organes et leur nombre, doit aussi donner l0ur situation respective. Il faut en effet que, conforme aux relations des fonctions correspondantes, elle puisse àinâi les expliquer. La plus grande ou moindre énergie re« Od&nue des fonctions pourra donner encore quelques indica^» tioâs générales eur la grandeur et le volume respectif des or^ gâtiez Mais là s'arrêtent la puissance et la portée de la méthode physiologique, et Tanatomié s^e peut déterminer la grandeur précise , la forain et la structure des différents organes côrébrâux» A elle dono il appartiendra de vérifier et de sanc* tlônner définitivement la constriiclion donnée par la méthode physiologique. Mais les serviees que doit rendre cette cou'struetion sont trop importants et trop urgents pour pouvoir attendis oette dernière confirmation nécessairement tardive ; et, on pettt même dire seeoûdairê, malgré son importance et 8on intérêt.

Ëttfin lÀ nouvelle théorie o^ébralê a toujours en vue ren<* isemble de Torgatil^me^ qui seul détetmine les résultats offeo*tife que nouè poûvone observer» Moinssyntbétique que GabaniSi qui dans le même temps maintenait lintégrlté des fonctions vitaled^ et entraîné à exagéra ûes fonctions méconnues avant lui , oall isola trop le cerveau de l'ensemble de l'organisme. Les orgafiës moraux et intellectuels sont nécessairem^t en relation immédiate avec les appareils sensitil^ et moteurs; et ùnê crojratice trop prolongée poui" être sans fondement, |)rofbni^fêmetit emprêiute dans le langage même^oonsaore la réactiou affe($ti\rêdeë Viscères végétatifs»

$ 2. — Théorie de Tàme , oa sa décomposition en dix-huit facultés élémentaires, fonctions d'autant d'organes dont l'ensemble constitue le cerreau.

Par la théorie due èi M. Comte, l'âme est reconnue composée de dix-huit éléments ou facultés irréductibles qui se trouvent par suite devoir être les dix-huit fonctions d'autant d'organes cérébraux. Sa décomposition » à laquelle conduit une division toujours dichotomique, est représentée dans le tableau ci-joint, qui la rendra plus facile à suivre ; et qu'éclairciront suffisamment, je pense, de courtes explications.

La première division et la plus importante de toutes, est celle des fonctions cérébrales en s^ectiveseten intellectuelles. Confirmant les inspirations de la sagesse vulgaire, cette division sanctionne la distinction habituelle de Tesprit et du cœur. Et la prépondérance de ce dernier dans la vie affective, aussi incontestable que nécessaire à l'existence sociale, s'explique naturellement par le nombre plus grand des organes affectifs, et par leur volume plus considérable que celui des organes intellectuels. Leur situation respective a été, quant à l'ensemble, réellement démontrée par Gall; et, puisque c'est nécessairement par le cerveau que se lient les sensations et les ipouvements, à ce qu'il a dit on peut ajouter que les organes intellectuels devaient être placés en avant pour être mieux en rapport avec les appareils sensitifs; et en arrière les organes moraux dont dépend directement l'activité des appareils moteurs.

Ce premier point est donc commun à la nouvelle théorie et à l'ancienne, mais ensuite, elles diffèrent essentiellement, et ne présentent plus que quelques coïncidences partielles. Gall distingue, dans les facultés affectives, des penchants et des sentiments. M. Comte rejette cette distinction, et ne reconnaît dans le penchant et le sentiment que les deux modes alternatifs de toutes les fonctions cérébrales. Tant qu'une

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