‹ Exposition arrégée [i.e. abrégée] et populaire de la philosophie et de la religion positivesChapitre 4 sur 49 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

science; cx)mment la science féconde et sùre^ se distingue de la prétendue science et d'une stérile et vaine érudition : savoir y c'est prévoir. Sans doute , non sans efforts ^ mais par un travail cette fois plein d'attrait et d'intérêt^ je compris ce que j'avais en vain si longtemps désiré savoir et cherché ; et ainsi , par exemple , quels sont, de chaque science, le but bien précis y les propriétés et les moyens d'exploration; comment toutes^ entre elles ^ les sciences s'enchaînent; enfin où tend leur ensemble,. et à quoi il peut et doit servir : la prévoyance est en tous genres la source de l'action.

Certainement ce qu'il y a de plus important à connaître de la science^ ce sont ses propriétés philosophiques et sociales; et c'est justement ce qui est actuellement le plus négligé et le plus méconnu. Au milieu de toutes ces contradictions entre la conduite et la doctrine^ de ces incertitudes^ de ces apostasies^ qui donnent à notre époque un si triste cachet, je n'avais pas pu ne pas reconnaître que la science^ la science positive y est la seule source de convictions arrêtées^ inébranlables^ conduisant à une conduite assurée et conséquente. D'autre part^ j'avais trop bonne envie de faire, de pratiquer le bien, d'être utile et utile le plus possible^ pour ne pas sentir aussi que la meilleure volonté du monde, à elle seule^ ne peut suffire , et qu'en tous genres, l'esprit, les efforts de l'intelligence doivent nécessairement indiquer la nature et les conditions du bien qu'il y a à faire y et surtout les moyens de le faire. Enfin, suivant le développement de la pensée de M. Comte, je reconnus, avec une inexprimable

PRiFACE. XI

satisfaction y que la science , non-seulenient éclairait l'es* prit^ donnait les moyens d'arriver au tyit que Ton avait en vue, mais encore que, suffisamment étendue, elle fournissait ië but lui-même, et nous faisant connaîtra et apprécier à leur juste valeur les plus dignes objets de notre vénération et de notre amour, était aussi propre à contenter le cœur qu'à satisfaire l'esprit.

M. Auguste Comte, dont les deux grands traités de Phi* losophie et de Politique positives ont fondé le Positivisme, est sans doute très-connu et plus encore à l'étranger qu'en France, mais non universellement comme il devrait l'être. Né à Montpellier le 19 janvier 1798, il entra à l'École polytechnique en 1814, fut compris dans le licendement de 1816, et resta sans place. S'étant fait alors professeur libre de mathématiques, il fut, en 1833, nommé répétiteur d'analyse et de mécanique à l'École polytechnique. En 1836 il fut chargé du cours, et, malgré l'éclat et le retentissement qu'eut son enseignement, l'influence d'Arago surtout l'empêcha alors ainsi qu'en 1840, où survint une nouvelle vacance, d'être nommé professeur. De 1837 à 1843, il fut Tun des examinateurs pour l'admission à l'école : enfin en 1851 , sa place de répétiteur lui fut retirée. M. Comte n'est d'aucune académie; sans place, sans fortune, il n^a maintenant d'autre moyen d'existence qu'une souscription ouverte parmi ses disciples, et jugée devoir annuellement atteindre le taux de 7,000 francs, ce qui arrive, ou à peu près, depuis quelques années.

La lecture et l'intelligence des profonds et savants ouvrages de M. Comte, n'étant possibles que dans des condi*

Page 1