‹ Exposition arrégée [i.e. abrégée] et populaire de la philosophie et de la religion positivesChapitre 7 sur 49 · DIV. DU POUVOIB IN TEMPOREL IT SPIRITUEL · texte numérisé non relu

DIV. DU POUVOIB IN TEMPOREL IT SPIRITUEL

bonnes» au moins les meilleures parmi celtes qui se présentent

Ainsi posé, le problème apparaît dans toute son effrayante difficulté. L^histoire nous montre que c*est k quelques-uns seulement quMl a été donné, et, par conséquent , quMl Test encore, de découvrir les raisons qui prouvent sûrement ce qui est vrai ou non vrai. £t bien plus, chacun de nous ne Ta que trop éprouvé, les raisons qui font sentir le vrai et permettent de le distinguer de Terreur et du faux , non-seulement sont difficiles à trouver, mais elles le sont encore à reconnaître et à apprécier. Les mieux doués seulement y peuvent parvenir, et à force de temps, d'eiforts et de fatigues. Et est-il rare d*en voir qui, voulant, sans assez consulter leurs forces, connaître et posséder les sciences, se faire un nom dans Tune d*elles , meurent à la peine sans pouvoir arriver?

D*autre part, comme, sans connaissances, sans beaucoup plus de connaissances que chacun n'en peut acquérir par soi-même, on ne saurait comment se conduire, et que la vie même serait impossible, il faut bien qu*il y ait quelque moyen de sortir d'embarras et de se tirer d'affaire. Cq moyen existe en eflet : c'est l'appui, le secours des autres, la confiance en eux. Le principe parfaitement juste que la confiance suppose, c*est que les raisons qui les amènent à croire telles et telles vérités, à préférer une opinion k une autre, si elles sont réellement bonnes, doivent l'être pour nous comme elles le sont pour eux. Quand l'assentiment est suffisamment étendu, et qu'un grand nombre a adhéré, parmi ceux au moins qui nous environnent et qui nous touchent, l'entraînement est irrésistible et la confiance presque absolue. Et même, certaines conditions, il est vrai plus délicates à apprécier, déterminent une foi complète et qui empêche d'admettre aucune possibilité d'erreur : il en est ainsi, pour toutes les personnes éclairées de notre temps, de l'imposant ensemble.

ili PREMIÈRE PARTIE.

(les vérités fondamentales de la science modenie. Auenn autre exemple ne peut faire plus profondément sentir combien la confiance, appréciée comme source de toute croyance, est nécessaire, puissante et rationnelle. Sans elle , en effet, on ne saurait rien , peut-on dire , et il serait impossible de rien apprendre. Sans efforts, et même, si on pouvait désirer ne pas y igouter foi, malgré, soi, tout le monde croit à la géométrie, à la mécanique , à Tastronomie, à la physique. Et , comme le savent si bien ceux qui ont essayé d'apprendre ces sciences, il serait, sans une telle disposition, impossible d*arriver jamais à les savoir. Mais le plus grand nombre, d^ailleurs , sans les connaître, en accepte de confiance les résul* tatset les conséquences.

Cette confiance accordée à la science nous amène maintenant & reconnaître ce qu*est le pouvoir intellectuel; c^est proprement celui du savant C'est cette influence qu'exerce sur nous celui que nous pensons savoir plus et mieux que nous ; influence qui comporte d^ailleurs une infinité de nuances et de degrés , suivant que nous estimons plus ou moins grande la supériorité d^intelligence, d'efforts, de science et de connaissances acquises. Parmi toutes les diversités qui affectent cette supériorité reconnue , la plus importante est que. généralement, elle n'est que spéciale, partielle, restreinte à un point déterminé.

La confiance résulte alors de la compétence admise sur une partie du domaine intellectuel ou sur les connaissances relartives à un art technique, qui a été l'objet propre des études ou des occupations de celui que Ton estime s'y mieux connattre qu'on ne s'y connaît. Rien de plus Juste et de plus rationnel que cetteconfiance ainsi accordée. Et, en général, il est clair que, si quelqu'un fait une fois connaître à un autre des raisons l'amenant à croire ce qu'autrement il n'aurait pas cru; en un mot l'instruit et le convainc soit directement, soit par suite de résultats annoncés et obtenus ; il est clair, dfs-Je , que

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