‹ Exposition arrégée [i.e. abrégée] et populaire de la philosophie et de la religion positivesChapitre 8 sur 49 · DIV. DU POUVOIR EN TBMPOUL ET SPIRITUEL · texte numérisé non relu

DIV. DU POUVOIR EN TBMPOUL ET SPIRITUEL

cet autre le regaa*dera, en quelques points au moins, oonune son supérieur, et que par suite, à Tavenir, il sera tout disposé à le croire sur parole. Les difficultés de toute nature que rencontrent l'acquisition de toute connaissance assurée, la formation de toute opinion précise et arrêtée, sont, à la confiance, un puissant stimulant Et quelque peine que Ton ait & se ravouer à soi-même, il est difficile de ne pas reconnaître, chez d'autres, des organisations intellectuelles plus puissantes que la sienne ; en tout cas, si la supériorité naturelle n*est pas reconnue, la supériorité acquise par les efforts et Tétude, plus Cscile à admettre, suffit parfaitement pour déterminer et justifier la confiance.

Un exemple Journalier de la vraie nature et de la puissance du pouvoir intellectuel, mais spécial et partiel, bien entendu , c^est Tinfluence du médecin sur le malade qui a recours à luL Celui-ci lui demande ce quMl a de mieux à faire pour recouvrer la santé ; le médecin le lui dit, et le malade le croit , sans connaître, sans pouvoir apprécier les raisons qui déterminent les prescriptions indiquées. Nous voyons là l'exemple de conseils aussi bien suivis et exécutés que peuvent rêtre les ordres les plus absolus; et cela simplement parce qu*îls viennent de celui que Ton regarde comme plus compétent que sol i et que tout autre que Ton serait à même de consulter.

Donc cette influence qui constitue le pouvoir spirituel est ess^itiellement spontanée, irrésistible même, et exclut par suite toute idée de contrainte et d'obligation. Elle est surtout caractérisée par Timportance que prend pour un autre un conseil donné par quelqu*un dont il se trouve d'ailleurs parfaitement Indépendant Et la déférence & un conseil que ne peut directement juger celui qui le reçoit , est la véritable mesure du pouvoir Intellectuel de celui qui le donne : tellement que Ton peut dire, que, si le conseil est suivi , le pouvoir intellectuel existe ; sinon , qu'il n'existe

pas ; quant au point, bien entendu, sur lequel porte le coaseiL

Rapproché d*nn autre de môme nature, le pouvoir intel-lectuel des médecins est très-propre h faire sentir la condition fondamentale de Tordre IntellectueL Qu^il y ait, par exemple, une éclipse à prédire, tous les astronomes seront d*accord sur ce qu'il conviendra de faire, et la prédiront à la même heure. Au contraire, qu'il y ait à soigner quelque maladie un peu difficile, dans bien des cas, les médecins, même les meilleurs, indiqueront des traitements différents, et en prédiront diversement Tissue. Quand les chefs spirituels sont d'accord entre eux, ils entraînent tout Je monde : personne ne doute Jamais qu'une éclipse n'arrive à l'heure indiquée. Mais quand, offrant, en apparence au moins, à peu près les mêmes garanties, Us sont cependant divisés, ceux qui sont sans prétention, et, par eux-mêmes, s^ds connaissances et sans avis sont bien forcés de choisir, et le font alors à leurs risques et périls. 11 est clair que ce ne peut être là un état normal et régulier, mais que c'est seulement l'imperfection d'un moment, appelant une amélioration évidemment possible et nécessaire. Et, en effet, l'accord entre eux des astronomes et non des médecins vient uniquement de ce que l'astronomie est une science plus parfaite et plus avan(^ée que celles qui servent de base à la médecine. Mais les progrès de ces dernières tendent toujours à produire de plus en plus l'accord sur les questions qui en dépendent Et comme maintenant les médecins sont bien plus d'accord qu'il y a cent ans, par exemple; dans tent ans encore, il y aura bien plus entre eux uniformité d'avis qu'il n'y en a maintenant. Mais, en passant à des sciences plus élevées, par suite plus compliquées et plus difficiles, nous verrons Tanarchie intellectuelle, si sensible déjà en médecine, être bien plus grande encore. Les médecins ne sont pas toigours d'accord, tant s'en faut; mais y a-t-il grande exagération à dire que ceux , par exemple , qui s'occupent de

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