L HOTEL DES POSTES DK TUNIS
DigitizsdbyGOO'^le
D,„i,„db,Goo<^le
Une promenade dans la ville nouvelle remet le touriste en pleine Europe, De la Porte-de- France aux rives lie la Bahira s'étend une immense plaine marécageuse que sillonnaient récemment encore les k'indaq, sortes d'éyouts à ciel ouvert répandant dans l'atmosphère leurs exhalaisons fétides.
Le quartier neuf deTunis est entièi'emont construit sur ces vases peu à peu solidifiées. Les rues, généralement assez larges et plantées d'essences il feuillage persistant, se coupent toutes à angle droit. La principale artère, longue de plus de 700 mètres, assure les communications de la vieille ville et des ports. La partie haute, connue sous le nom A' avenue de France, est le centre des affaires et du mouvement. Avec ses grands magasins, ses cafés et brasseries, ses hautes maisons à arcades, ce coin de Tunis est aussi vivant qu'une grande ville d'Europe.
L'avenue Jules-Ferry lui fait suite et allonge vers les rives du lac ses quatre rangées de (icus.
Tout au fond, un square très coquet où se dresse le monument élevé à la gloire de Jules Ferry.
Sur les avenues de Paris et de Carlhaije s'alignent de grandes maisons de rapport dépourvues de tout caractèî'e pittoresque, mais la pei-spective du rocher de Sidi-bel-Hassen et des vertes campagnes de L'Ariaiia rachète heureusement cet ensemble si peu esthétique. La place de Rome, la rue d' Italie , \a nie Es-Sadikia, nprès de rapides transformations, sont devenues des coins animés, bordés de grands et beaux magasins.
Peu de monuments dans ce nouveau quartier. De la Résidence Générale, située au cœur de la ville, on ne peut guère mentionner que le jardin. Une cathédrale de style composite dresse sa masse informe, plaquée de statues dues au ciseau de (juelque naïf artisan, en face de l'habitation du Représentant de la France. Plus loin, l'hôtel des Postes, monument de bel aspect qui eût gagné à être édifié sur un emplacement de plus vastes dimensions.
Depuis quelques années, le Gouvernement du Protectorat crée une sorte de quartier administratif dans le voisinage do la Casba, à la limite de la ville indigène. C'est là (iu'ont été construits l'hôpital français, élevé hors des murs, sur un plateau bien aéi é, le collège
DigitizsdbyGOO'^le
Sadiki, petit bijou d'architecture arabe, la Tekia on asile des vieillards indigènes, le PalaisdeJustice,égalemont édifié dans le yeiire mauresque. L'arcliilecte '" de ce dernier bâtiment, où sont cenli-;ilisés les divers services judiciaires, a eu l'heureuse idée de joindre les deux ailes par une colonnade d'aspect gi'andiose découvrant une galerie revêtue dans toute sa longueur de faïences provenant d'un vieux palais indigène. L'escalier d'honneur, en marbres poly-
chromes, conduit à une salle des pas-perdus dont lea dimensions et la sobre ornementation sont du plus heureux efiel.
Deux autres monuments viennent d'être édifiés à proximité ile l'avenue Jules-Ferry: un palais poiu'la Miuiicipalité et un théâlrocasino comprenant une salle de spectacle, une iinincnse j^alerie pour les fêtes, un jardin d'hiver où seiléploie dans toute sa magnilicence la végétation des palmiei's, enilu, un café- restaurant précédé d'une longue leiTassc en bordure sur le boulevard.
On a terminé en même temps l'aménagement d'un parc de cent hectares dessiné sur la lolliiic du ISelvédèie, située à deux kilo-
UlC'estàM.Iti'spland.v.lomiiieiit archilorteiiu jiavilUm tunisien, qufsuni .In,-, riinpital civil di> Tunis et le Palais ilo Juslict^.
DigitizsdbyGOO'^le
mètres de la ville. Des tramways électriques y conduisent les promeneurs à un pavillon où se donnent des concerts pendant tout l'été. Dans un l'oiiillis de verdure se dissimulent les ruines de la midha. Plus loin se dresse, au sommet de la colline, l'élégant pavillon de La Manouba. Partout de grands arbres et des allées om-
B llALFAOUmE
breuses. A quelques pas plus loin se trouve'le Jardin d'essais, où d'immenses pépinières fournissent chaque année aux colons des plantes de toute nature. Sur la lisière du jardin est bàlie l'Ecole Coloniale d'Agriculture, ouverte en octobre ■1898.
Du Belvédère on domine les vastes bassins creusés dans les boues du lac pour les besoins du commerce. Tunis est, en elfet, un port ouvert à la grande navigation depuis le 28 mai 1893, date à laquelle lut solennellement inauguré un bassin d'opérations de 30() mètres de large sur 400 mètres de long, creusé à 6'" 50 de profoncleur. Ce bassin est relié à la bante mer par un canal de iO kilo-
DigitizsdbyGOO'^le
mètres de longueur creusé également dans les vases du lac, à 6"" 50 (le profondeur sur 30 mètres de largeur au plafond et fiO mètres en couronne. Les quais, établis en maçonnerie et pavés en bois, ont une longueur de 600 mètres; ils sont sillonnés de voies ferrées, bordés <le liangars et pourvus de l'outillage nécessaire à la manutention des marchandises. Tous ces travaux ont été exécutés par les soins d'une Compagnie française, qui a obtenu en échange l'exploitation des ports pendant une durée de quarante-sept années, à dater du IQ avril 1894. Une somme de 17 millions. %0 mille francs, dont 13 millions payés par l'Etat, a été consacrée à cette entreprise.
1/ensemble des moyens d'action mis ainsi à la disposition du commerce ayant été bientôt reconnu insuffisant, deux autres bassins furent aménagés, l'un pour les voiliers, l'autre pour les navires qui viennent prendre un chargement de phosphates. De nouveaux terre-pleins munis de voies feiiées et d'appareils perfectionnés pour la manutention des matières lourdes complétèrent celte installation. Enfin, l'on étudie le moyen d'augmenter prochainement les surfaces d'eau utilisables en creusant les vases aux abords du Djebel-Djelloud, près des ateliers de lu Compagnie du Bone-Guelma et de la grande gare de triage des phosphates et des minerais. Des quais seront aménagés à La Goulette, le long du canal, pour recevoir dans le plus bref délai les minerais de fer du djebel Srissa et et du Slala. Des quais remplaceront aussi, à Tunis méme,les appontemenls encore existants.
Ainsi outillé, il est à prévoir que le port de Tunis-La (îoulette verra augmenter rapidement son tonnage.
En 1904, le nombre des passagers a été de 71 .195, et les exportations ou importations se sont élevées à 450.12*2 tonnes, représentant un mouvement de plus de 3.970 navires. A l'entrée, on trouve des céréales de toute nature, farines et semoules, vins et spiiitueux, fers, houille,tissus de coton et toiles; à la sortie.des blés et de l'orge, des huiles d'olive et de geignons, des vins, des phosphates et des minerais. Les importations du port de Tunis ont doublé de valeur de 1893 à 1899. Les exportations ont oscillé sans tendance marquée.
Tunis est la résidence du Représentant du Couvernement de la République dans la Régence et du Général commandant la Division
d'occupation. Le Secrétariat général du Gouvernement Tunisien, les Directions des Finances, de l'Enseignement public, des Postes et des Télégraphes, de l'Agriculture et du Commerce, des Travaux publics, des Antiquités et Arts y sont également réunies. Tunis possède un tribunal civil, un lycée et un groupe d'établissements afiectés à l'enseignement indigène.
Fondée, bien avant Carthage, par des colons phéniciens, Tunis