CHAPITRE VI L'Enseignement public
L'anuignament arabe.— Dirision des coure à la Grands-Hosqnée. — L'sneeignement trançaU. — Statiiiiques icolairee. — Ltn grands établissements d'instruction. — Oévsloppsment de l'enseignement primaire et profesaionnel. — Une nooTelle législation. — Bibliothàqnes et associations dirersea.
L'enseignement public dans la Régence comprend deux grandes divisions : l'enseignement arabe et l'enseignement français. t"
L'enseignement arabe est donné dans les mosquées, les mederça, les zaouîa et les koultab ou écoles coraniques. Il fait partie intégrante des exercices du culte et constitue une préparation à la vie future, car il a pour base la lecture et l'explication du Coran. On compte dans la Régence 1 .245 écoles coraniques avec 1 .248 maîtres et 20.254 élèves. Dans les mederça, où professeurs et élèves vivent côte à côte, on se borne en effet à apprendre à lire le livre saint et à le prononcer correctement. Il en est de même dans les zaouîa qui renfermentune école. C'est dans les mosquées, transformées en
«I L'exposition scolaire occupe une salle desservie par le couloir allant du salon de lecture à la salle à coupole et Tait face aux expositions des Finances, du Secrétariat général et de l'Office postal.
Vis-à-vis la porte d'entrée, une place est réservée à la Direction générale de l'Enseignement et aux grands établissements scolaires de Tunis : Ecole Jules- Ferry, Lycée Camot, Collège Sadiki, Collège Alaoui, Ecole proressionnelleEmile- Loubet.
Dans la partie droite de la salle, se trouvent exposés les travaux manuels de filles : objets divers de couture usuelle, broderies, trousseaux (avec poupées habillées) renfermant les divers objets de lingerie et de vêlement d'une femme française, d'une Temme Israélite, d'une femme musulmane. Une mention spéciale doit être réservée à l'exposition de ■ l'Ecoliëre Prévoyante >, société de mutualité créée par M°" Stephen Pichon entre les Hllettes fréquentant les écoles françaises, et qui a pour but de leur constituer, grâce k une cotisation minime et à leiirtravail,uD trousseau composé des principaux otijets de lingerie nécessaires à une femme au moment de son établissement.
Le reste de la salle est occupé par les travaux des élèves et les travaux de maîtres des écoles primaires. I^es premiers comprennent des cahiers de roulement, des cabiers de devoirs journaliers, des cartes, des dessins, des recueils de devoirs, etc. Tontes les écoles de la Régence sont représentées. L'enseignement de la langue arabe figure à l'Exposition par des cahiers de thèmes et de versions ;
DigitizsdbyGOO'^le
vérilables universités, qu'on enseigne la langue arabe, la lecture du Coran, la conduite du Prophète, la métaphysique, la théologie islamique, le droit, la logique, etc. Les proresseurs sont souvent en même temps tmam ou »)u/'/t,et ainsi apparaît encore l'intime union entre l'enseignement et le culte. Les différentes études auxquelles on se livre dans tes mosquées sont aujourd'hui concentrées en quelque sorte à la Grande-Mosquée de Tunis ou Djamd-Ezzilouna (mosquée de l'Olivier), où se donnent rendez-vous les étudiants de loules les parties de la Régence et qui possède une bibliothèque de G.850 volumes.
Dans le but d'améliorer le recrutement des maîtres, la Direction de l'Enseignement a créé, sous le nom de Mederça Eltadibia, une sorte d'école normale qui conserve les jeunes gens indigènes pendant cinq années. On leur apprend la langue françiiise, les éléments des sciences, l'histoire et la géographie de la Tunisie, la grammaire arabe et les éléments du droit. C'est le début d'une réforme plus complète destinée à rénover les méthodes en usage à la Orande- Mosquée, où les professeurs, imbus des principes de la scholastique, se contentent encore trop souvent d'un enseignement dépourvu de tout esprit critique et s'adressent à la mémoire pluliit qu'à l'intelligence des étudiants.
Pendant l'année scolaire 1905-1900, à la Grande-Mosquée, le
celui du travail manuel, par des objets exécutés par les élèves, des carnets de croquis; celui de l'agriculture, de la sériciculture, par des caliiers de résumés, des carnets agricoles, des plans de jardins; des cahiers.devoirsel notes diverses représentent l'enseignement de la pèche et de la navigation. Les écoles maternelles exposent quelques spécimens des travaux de pliage, tissage, etc. Parmi les travaux de maîtres, citons les monograpliies ou carnet historique de chaque école, (les notices snrles méthodes, l'organisation pédagogique, l'emploi du temps, des spécimens de musées scolaires, un rapport de chaque dii-ecteur ayant organisé dans son école l'enseignement agricole, des plans ou cartes en relief, de nombi'euses notices locales (description géographique, commerce, industrie, agriculture, élevage, pèche et navigation, forêts, mines et carrières, salines, eaux tliermales et minérales, coutumes et légendes), des comptes rendus relatifs à l'enseignement antialcoolique, à l'organisation et au fonctionnement des bibliothèques populaires, les mémoires d'un instituteur tunisien : Les Instituteurscolons ;ua recaail de notes sur «ce que deviennent nos élèves»; un matériel spi'cial pou L. l'enseignement de la pêche et delà navigation.
DigitizsdbyGOO'^le
D,„i,„db,Goo<^le
nonilHc des coure (le sciences religieuses s'esl élevé à 134, dont 65 sur les différentes manières de psalmodier le Coran et 30 sur l'unité de Dieu. 11 y a eu 187 cours de sciences juridiques, 173 cours de grammaire, 73 sur la rliélorique, l'éloquence et la logique, 13 sur des matières diverses. Un seul cours sur l'histoire et la biographie complète des hommes célèbres de l'Islam. Pas de géographie, pas de sciences mathématiques, physiques et naturelles ; rien qui puisse donner une idée aux étudiants de l'évolution accomplie depuis le moyen âge. On en est toujours au Trivium et au Quadrivium, aux misonnements syllogisUques et aux stériles discussions de mots. Sans doute, il convient d'être prudent en matière aussi délicate, mais il faut cependant persévérer dans la voie des réformes et ne pas laisser les maîtres musulmans ftgés dans la contemplation du passé.
L'enseignement français est donné à 21.759 enfants de toutes nationalités,réparlis entre 175 établissements secondaires ou primaires.'"
Divisés par nationalités les élèves forment des groupes d'importance inégales dont voici lu composition :
Français 2.504 194 2.000 414 5.121
Italiens 3.019 114 2.421 367 5.921
Mallais 772 26 625 149 1 .572
Musulmans. .. 3.289 « 56 10 3.355
Israélites lAOïi 1 .820 1 .463 1 . 148 5.533
Divers 113 5 108 31 259
Totaiï ... 10.799 2.159 6.682 2.119
ToTAVï GÉNÉRAUX 12 9li8 8.801 21.759
[<) Les cliilTres qae nous donnons sont empruntés aux slatistiques publiées dans la Maitographie sur l'Etueigneinenl public depuis l'élablissemenl du Prolertoral Françaî» (iS83-î900). par L. Machuel, directeur général de l'Enseignement en Tunisie, inspecteur général de TUniversilé. On Ironveradans cet ouvrage un tableau 1res complet de tous les progrès réalisés depuis la création du Service de l'Instruction publique dans ta Régence.
DigitizsdbyGOOt^le
La population scolaire ne dépassait guère 4.600 élèves il y a vingt ans. On se rendra compte, par les chillres suivants, des auj^mentalions successives, par période quinquennale:
( garçons .
( filles. . . .
iy9 ISS