‹ Exposition coloniale de Marseille: La Tunisie et l'œuvre du protectoratChapitre 9 sur 38 · POPULATION DUS ETABLIS8BNENTB SCOLAIRES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

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(ions d'écoles qui furent très nombreuses entre 1885 et 1890 et qui se sont poursuivies depuis sans interruption.

A la place de l'ancien Collège Saint-Charles, que le cardinal Lavigerie avait institué en 1880, fut créé un Lycée en 1889. Dès les premiers jours, cet établissement compta 283 élèves; complètement réorganisé par le décret de 1893, il reçut l'année suivante le nom de Carnet, le Président martyr. Les élèves y sont actuellement au nombre de 846 et suivent les mêmes programmes que dans la métropole.

€ Cette conformité dans les études et dans les méthodes est une nécessitérigoureuse,puisquechaqueannéebeaucoupd'élève3 quittent la Tunisie pour suivre leurs familles et continuer leurs études en France, tandis que d'autres arrivent à Tunis de n'importe quel lycée ou collège de France et d'Algérie. Toutefois, sur un certain nombre de points, il a fallu s'accommoder aux circonslances.

a C'est ainsi que l'on a dû porter de deux à quatre le nombre des langues vivantesenseignéesau Lycée ràrullemand et à l'anglais que l'on apprend généralement en France, il a fallu joindre l'enseignement de l'arabe et de l'italien.

fl C'est ainsi que l'on a organisé un enseignement commercial dont les programmes, conçus dans un esprit ulilitaire, peuvent convenir également aux élèves qui se destinent à l'Ecole Coloniale d'Agriculture de Tunis.

« C'est ainsi encore que l'on a multiplié les promenades scientifi((ues: visites aux ateliers, aux usines, aux huileries, aux glacières; que l'on a dû organiser les interrogations de fin d'année, réservées en France aux candidats aux grandes écoles, étendues ici par une innovation fort appréciée à tous les candidats aux divers baccalauréats. 9

L'Ecole Jules-Ferry est à la fois une école noi'male d'institutrices et un établissement où les jeunes filles peuvent faire des éludes secondaires, a Elle a aussi ses classes élémentaires comprenant les enfants qui sont appelées à continuer leui-s études après le certificat d'études primaires et qui constituent réeliemenl la pépinière îles classes secondaires. On maintient à titre d'aïuiexe les classes primaires proprement dites, classes qui pourront aussi fournir leur

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contingent à l'école secondaire et qui serviront d'application pour les futures institutrices.» Installée en 1891 dans des bâtiments spécialement construits pour cet usage, elle n'a cessé de prospérer et compte aujourd'hui environ 800 élèves.

Au Collège Sadiki, fondé en 1876 et entretenu par les Habous, sont admis chaque année au concours 150 jeunes musulmans qui reçoivent de maitres français et indigènes un enseignement approprié à leurs besoins et qui revêt surtout un caractère pratique et professionnel.

a C'est ainsi que les élèves sont exercés à faire dans leur laboratoire de chimie et leur cabinet de physique des expériences de toutes sortes, des manipulations, des analyses de terrains et de produits aljmentaii'es.des distillations d'essences, etc. Quelques-uns s'exercent, et non sans succès, à la photographie. Les élèves font en outre, sous la conduite de leurs professeurs, des promenades géologiques et botaniques au cours desquelles ils ont réuni des collections de roches et les éléments d'un herbier. Ils font aussi des excursions dans lesquelles ils visilenllessites remarquables, les ruines célèbres, les exploitations agi'icoles, les installations industrielles des environs de Tunis ; ils rédigent ensuite la relation écrite de ces promenades ou excursions.

« On exerce également les élèves à l'arpentage et au levé des plans sur le terrain.

« I^ création du jardin de la Sadikia a permis, d'auti'e part, d'exercer un grand nombre d'élèves à toutes les opérations de jardinage: terrassements, nivellements, plantations, grelTages, multiplications, bouturages, etc. La pratique vient compléter l'enseignement théorique qui est donné dans les cours de chimie et de botanique, et les élèves acquièrent ainsi, aussi bien pourragricullure en général que pour la culture des arbres, des Heurs et des plantes potagères, des connaissances sérieuses que beaucoup utiliseront plus tard.

n Cet enseignement pratique, en vigueur depuis huit ans à peine, a déjà donné des résultats encourageaiils. Endehorsdes élèves sortis du Collège pour entrer dans les administrations, certains se sont tournés franchement du côté de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. Deux élèves ont été admis, au concours de 1898, à l'E^

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cole Coloniale d'Agriculture de Tunis; d'aulres sont entrés dans te commerce et ont ouvert des magasins de draps et de soieries ; un autre vient d'installer une distillerie de parfums et d'essences, etc. i

Mais le gros elTort de la Direction de l'Enseignement s'est naturellement porté du côté de l'enseignement élémentaire. C'est là surtout que son œuvre est intéressante à suivre, car une bonne méthode d'instruction est un des plus puissants moyens d'action dont dispose un peuple colonisateur pour déterminer la nature de ses rapports avec ses sujets indigènes ou avec les étrangers auxquels il offre l'hospitalité sur un sol nouvellement conquis.

Dès le début de l'occupation française, on prit soin de donner aux indigènes toutes facilités pour apprendre à parler, à lire et à écrire notre langue. Plusieurs milliers d'enfants musulmanset Israélites vinrent aussitôt se ranger sous la direction de nos instituteurs, et l'enseignement du français ne cessait de se développer, quand un mouvement de réaction locale amena un brusque arrêt dans cette mai-che en avant. Les pouvoirs publics, mis en garde contre les dangers d'une politique visant à instruire nos protégés de 1» même façon que nos propres concitoyens, consentiront à la fermeture de plusieurs écoles franco-arabes.

On est heureusement revenu depuis lors à une plus juste appréciation des faits, et l'on a compris qu'au lieu de supprimer l'enseignement de la langue française aux indigènes, il était préférable d'améliorer les méthodes exislanteset d'aviser aux moyens de permettre aux jeunes musulmans de satisfaire les besoins nouveaux dérivant des idées nouvelles que nous avions fait éclore en leurs intelligences un peu frustes.

Il était indispensable, d'autre part, que les élèves français puissent apprendre la langue des indigènes. Aussi a-t-on organisé à leur intention dans presquetouteslesécoles de Tunisie des coursd'arabe qui ont été confiés à des instituteurs diplômés pour cette langue. «Bien entendu, on ne leur enseigne que l'arabe parlé, le seul dont la connaissance soit indispensable dans leurs lelations journalières avec les musulmans. Il est à remarquer que la plupart des enfants européensmaltais,ilaliens, grecs parlent l'arabe. Nous aurions laissé nos compatriotes dans une situation inféiieure si nous ne leur avions

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pas iourni les moyens d'acquérir aussi la connaissance de cette langue, i

De cette double nécessité naquit aussi le projet de doter la Régence d'un enseignement professionnel, donnant aux Français et aux indigènes la possibilité de résoudre le difficile problème de l'apprentissage des métiers manuels en un paysqui a tant besoin d'ouvriers experts et diligents. Le Collège Alaoui fut d'abord exclusivement chaîné de distribuer cet enseignement spécial; puis, fut créée à Tunis une « Ecole professionnelle » de dimensions restreintes, assez mal outillée et ne possédant qu'un personnel très réduit. Cet établissement a fait place à une institution répondant mieux aux exigences de l'industrie moderne. «L'Ecole Emile- f^^ubetu, dont la première pierre fut posée par le Président de la République en aviil 1903, vient d'ouvrir ses portes à la rentrée d'octobre 19(S ; rien n'y est négligé pour assurer aux élèves un enseignement vraiment pratique et adapté à tous les besoins de la vie économique.

Plus tard, vraisemblablement, une transformation analogue s'opérera à Bizerle, Sousse et Sfax où déjà fonctionnent des écoles primaires supérieures de garçons et de filles pourvues de salles de dessins et d'ateliers de travaux manuels. Les diverses régions tunisiennes verrontainsi peu à peu se modifier la physionomie de quelques-unes de leurs écoles primaires, de telle sorte que tout en répondant aux nécessités d'un enseignement de cantctère général, elles puissent donner aussi satisfaction aux exigences de l'agriculture et de l'industrie locales.

€ Pour cela, lies/ indispensable que la Direction de l'Af/ricuUiire collabore avec la Direction de l'Enseignement pour aider à mener à bonne fin l'œuvre entreprise. Il faudrait notamment qu'un spécialiste, un inspecteur de l'Agriculture, par exemple, ayant des idées pratiques, au courant des cultures du pays, s'intéressant aux indigènes, fût mis à la disposition du Directeur de l'Enseignement pour contrôler, diriger et orienter l'enseignement agricole donné dans nos établissements scolaires, pour créer des champs d'expériences, faire faire des plantations arbustives convenant à chaque région, etc. 11 conviendrait également d'encourager, par des récompenses spéciales, les maîtres qui auraient fait preuve de zèle et au-

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raieiil obtenu de bons l'ésiiltaLs, ainsi que les élèves qui auraient le mieux prolilé des leçons données. Il est hors de doute que celle collaboration du Service compétent aurait les plus heureux elTets et permettrait de donner à l'enseignement scolaire agricole son organisation délînitive.»

Dans son rapport au Président de la République sur la marclie i\i2 1 enseignement à Madagascar de 1899 à 1903,leg(''nônd Galliéni préconise la création d'écoles où sera réalisée « l'union de l'instructien généraleetderinslructionpratique, industrielle ou agricole»."*

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Et pour justifier cette formule il ajoute : a L'instruction purement intellectuelle ne produit, le plus souvent, pour la masse des indigènes, que de funestes résultats. D'autre part, l'instruction purement professionnelle est presque toujours insuffisante, car, privé du secours des connaissances générales, celui qui la reçoit s'arrête bientôt dans ses progrès et ne peut guère devenir qu'un médiocre artisan, enclin ù la routine. Comme les écoles manuelles d'apprentissage de France, nos écoles régionales sont, à chaque année scolaire, de plus en plus des ateliers, mais sans cesser jamais d'être

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des écoles. Le jeune homme qui les fréquente sait qu'il en sortira pourvu d'un métier, et c'est dans ce but qu'il y est entré. »

Dans le rapport au Président de la Républitiiie sur la situation de la Tunisie en 1904, on lit aussi qu'un programme d'enseignement professionnel et de travaux manuels est appliqué partout où les circonstances le permetlent.

A Maxula-Radès, à Aïn-Di-aham on a créé des internats primaires spécialement réservés aux filles et fils des petits colons français. Les enfants y reçoivent un enseignement élémenlairc ; ils sont, en outre, tenus de cultiver et d'entretenir un vaste jardin où ils apprennent à étudier les diverses plantes de la région, les variétés de vignes susceptibles de donner un fort rendement et toutes les autres choses nécessaires à leur future existence de colon.

Au début de l'oi^anisation de l'enseignement public en Tunisie il a fallu t se contenter, dans bien des localités, do bâtiments insuffisants, mal éclairés, mal aérés et peu propres à l'installation d'une école. Mais il était nécessaire de donner satisfaction aux demandes légitimes des populations, et souvent l'école a été ouverte dans des conditions matérielles assez défectueuses. Aujourd'hui, la situation s'est considérablement améliorée et les écoles mal installées sont devenues rares, heureusement. Le Gouvernement s'est imposé de lourds sacrifices pour construire un peu partout des bâtiments scolaires, et les principales villes de la Régence sont maintenant pourvues d'écoles qui n'ont rien à envier à celles de la métropole et qui répondent à toutes tes règles les plus récentes de l'hygiène scolaire. La plupart de ces bâtiments scolaires ont été construits par la Direction des Travaux publics. »

Dans un certain nombrede localités, l'instituleurassure en même temps que le service de l'enseignement celui de la poste et du télégi-apbe. Il est instituteur-receveur.

Il est intéressant de remarquerquelesétrangers, Italiens ou Maltais, domiciliés dans la Régence recherchent de plus en plus notre enseignement. Malgré la concurrence des établissements scolaires entretenus par le Gouvernement de Rome, nos instituteurs voient grandir chaque jour leur clientèle de jeunes Siciliens, Ils sont parfois obligés, faute de place, de refuser un grand nombre d'élèves

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étrangers. Toutes les écoles franco-européennes ont leur contingent maximum, el la Direction de l'Enseignement public ne cesse d'être occupée à préparer de nouvelles constructions, à rechercher de nouveaux maîtres.

Hàtons-tious de reconnaître que la venue en Tunisie de M. le Résident Général S.Pichon a marqué te début d'une ère nouvelle en matière d'enseignement. Un elTort linancier considérable a été fait pour doter les centimes de colonisation des écoles indispensables à leur développement en même temps que pour hâter la laïcisation (les établissements congréganistes dépendant de la Direction «le l'Enseignement. De 1.069.9H francs eu 1902, le budget de l'Instruction publique a passé à 1.510.250 francs en 1906, augmentant ainsi dans la proportion d'un tiers pendant ce court espace de temps. D'autre part, la législation scolaire de la Régence étiiit mise en harmonie avec celle de la France par la publication des décrets du 7 août et du 3 décembre 1903 qui ferment aux congrégations enseignantes l'accès du territoire tunisien et réglementent les conditions d'ouverture des écoles privées. La réorganisation du Conseil de l'Instruction publique complète cet ensemble de dispositions. Le décret du 2 décembre donne, en effet, à ce corps " un mode de recrutement plus libérnl et des attributions plus éten lues. Il y a introduit, à côté de fonctionnaires siégeant en vertu de leurs fonctions, des membres du corps enseignant élus par leurs collègues ; il l'a chargé, non seulementde donner son avis sur les questions dont le saisit l'administration, notamment sur les peines disciplinaires encourues par les membres de l'Enseignement public, mais encore de statuer sans appel sur les peines disciplinaires encourues par les membres de l'Enseignement public et de prononcer sur les affaires contentieuses relatives à l'ouverture des écoles privées. Le règlement de la question des congrégations a donc eu comme conséquence indirecte la promulgation d'un acte qui peut être considéré comme la charte des membres du corps enseignant. )>">

Malgré les sacrifices consentis par le Gouvernement du Protec-

"I Itapport au Pii^sident dfi la Ri';publique sur la situation de la Tuuisio en iy03,p. 10 et II.

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torat, il n'a pas encore été possible de donner satisfaction complète aux besoins sans cesse grandissants des a^lomé rations urbaines, et la Direction de l'Enseignement réclame, en ce moment même, li'ois millions de francs pour assurer la régularité des services et empêcher une partie des enfants étrangers d'échapper à notre action morale.

Un dixième de cette somme doit être consacré, d'après le projet voté par la Conférence Consultative, à rédificatlon d'une Bibliothèque plus digne de la Régence que l'bumble locul décoré de ce nom, et surtout mieux outillée pour les recherches scientiliques, car les maigres collections de ilocuments se rapportant à l'Afrique du Nord mises actuellement à I» ilisposition des chercheurs sont tout à fait insu fiisan tes.

Colons et fonctionnaires ont, en ellet, besoin d'un instrument de travail sérieux qui permette d'étudier, avec touto la précision scientifique désirable, l'histoire, la géographie, l'archéologie, l'agriculture, les questions de colonisation et d'économie politique intéressant l'Afrique du Nord.

Dans le même ordre d'idées, la Direction de l'Enseignement a déjà créé en 1894 une bibliothèque circulante a destinée à mettre à la disposition des instituteurs et des institutrices des ouvrages choisis pouvant leur fournir des lectures récréatives ou leur permettre de compléter leurs études littéraires, scientifiques ou pédagogiques. > Peu à peu les fonctionnaires des diverses administrations ont été admisà bénéficier des emprunts, en sorte que le séjour dans les postes les plus éloignés de l'Extrême Sud n'empêche pas nos compatriotes de se tenir au courant du mouvement des idées et de participer à la vie intellectuelle des pays de langue française.

Pareillement, les Bibliothèques populaires complètent l'œuvre de l'école, en retenant autour de leurs maîtres les anciens élèves et en contribuant à développer l'inûuence bienfaisante exercée sur leur entourage par les membres du coi*ps enseignant. Les quatorze institutions de ce genre qui fonctionnent dans la Régence ont une clientèle nombreuse et d'origine très variée.

ATunisseuIement,lea lecteurs qui fréquentent la Bibliothèque populaire appartiennent à 1.634 familles différentes, comprenant :

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l.(Ml familles françaises (dont 103 militaires);

iQ5 familles italiennes; 21 familles maltaises;

277 familles Israélites;

142 familles musulmanes; 18 familles diverses. La clientèle des autres bibliothèques étant à peu pi-ès composée de même façon, on voit quel excellent instrument de propagande pour les idées françaises constituent ces oiganismes et combien il serait utile de les doter partout de ressources suffisantes.

De la Direction de l'Enseignement dépend aussi le Service Météorologique, qui comprend actuellement cinquante-quatre stations. «Seize d'entre elles sont munies d'appareils contrôlés, à lecture directe, permettant de relever Ja température, l'humidité relative, révaporation,la pluie, la pression barométrique ; elles possèdent également une girouette banderolle pour l'observation du vent. » Tous les documents recueillis sont centralisés et publiés en unp. série de notices qui rendent les plus précieux services aux colons. La connaissance du climat, du régime des pluies et des vents est essentielle dans un pays où tant de régions sollicitent, à des titres divers, l'attention des émigrants et où, faute de renseignements précis sur le degré d'humidité du sol, sur les variations barométriques et thermométriques, les nouveaux venus sont exposés à des échecs lamentables.

Parallèlement aux institutions officielles fonctionnent aussi un certain nombre d'associations privées qui ont pour but principal l'étude des questions d'enseignement ou d'éducation. La plus ancienne en date est VAlliance Française, dont le Comité régional tunisien, fondé en 188i, a largement contribué, par l'organisation de conférences et de cours d'adultes, par la création de cantines scolaires et de bibliothèques populaires, à la propagation de la langue française en Tunisie.

De date plus récente, les sections de la Ligue Française de l'Enseignement se consacrent entièrement à la diffusion des méthodes d'éducation populaire au moyen de l'école laïque. Etroitement unis aux Cercles de la métropole, les Comités de la ItégencefonclionMaiil

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àTiinis,Bôja,Bi7.erte,G;ibùs,Kairouan,Maleur,Sfax,Sousse, Ferryville, Mahdia el Le Kef foirnenl une Fédéralioii qui comple déjà plus de mille adhérents dévoués au principe de l'inslruclion laïque et partisans résolus de l'application en Tunisie des lois récemment promulguées en France en matière de scolarité.

I^ Mix.tion laïque française complète en quelijue sorte la Ligue de l'Enseignement, car woii but est l'organisation du recrutement des instituleurs laïques pour les colonies lointaines et surtout pour l'étranger.

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Enfui, il n'est pas imitile de mentioimer les sociétés de gynmaslique, de musique, les associations littéraires et scientifiques comme ïlmliliitde Carihage.qnl publie tous les deux mois la Revue Tunisienne, intéressant bulletin d'études locales, et comme la Khaldounia.qui groupe dans sa bibliothèque, dans ses salles de cours et de conférences de nombreux étudiants musulmans avides de connaître les transformations du inonde moderne.

Aux institutions scolaires se rallachent étroitement certaines <t>uvres de mutualité, connue la Société d'axsÎAlance en cas de décès, V Orphelinat de l'enneignemenl primaire, eienHn {'Œuvre de l'Ecolière prévoyante, îonàée par Mni« Piclion le 19. janvier 1904, afin de donner à la fillette.dés l'âge de sept à liuit ans, « ces habitudes de

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travail, d'écoiiomie,d'ordre et de prévoyance qui foiil la sécurité des foyers modestes comme elles assurent le bonheur des intérieui-s les plus fortunés, v Enfin, ajoutait la créatrice de l'œuvre dans sa lettre aux dames qu'elle voulait associer à cette fondation, c il ne faut pas oublier que dans nos écoles it n'y a pas que de petites Françaises. Côte à côte, sur les mêmes bancs, voisinent des fillettes appartenant à des races etàdes nationalités diverses. On a dit, avec raison, que l'école française, par l'instruction libéralement donnée à toutes, sans considération de race ou de religion, contribuait puissamment, pour les jeunes filles comme pour leurs frères, à faire oublier ce qui divise pour ne laisser subsister que des sentiments d'union et de fraternité. Mais n'est-il pas vrai que le bon travail eu commun, en dehors delà contrainte de la classe, achèvera l'œuvre commencée par l'instruction commune? N'est-il pas vrai aussi qu'après les aimées d'éeole,il y aura là una occasion d'entretenir chez nos élèves étrangères les sentiments d'affection et de recon- , naissance pour leurs maîtresses, de sympathie pour leurs camarades, et de les ramener, de temps à autre, dans la vivifiante atmosphère de leui-s jeunes unnée;^? Ainsi, c'est un peu grâce à notre œuvre que les fillettes étrangères, ltalîennes,Maltaises,lsi'aélites, seront et resteront les amies de l'école française, c'est-à-dire de la France. ^

Ces lignes résument de façon précise le but vei-s lequel doivent tendre sans cesse en Tunisie, non seulement les Services qui sont sous la dépendance immédiate de la Direction de l'Enseignement, mais encore les Sociétés constituées en vue de la propagation de notre langue et de nos idées.

Un pareil programme est fait,du leste.ponr rallier tous ceux qui révent de voir la France, consciente de su grandeur et de sa force, poursuivre à l'égard des indigènes ou des étrangers vivant sur le sol tunisien une politique d'humanité et dejustice conforme à l'idéal d'un gouvernement républicain.

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