‹ Exposition d'œuvres de RembrandtChapitre 27 sur 206 · Les trois croix · texte numérisé non relu

Les trois croix

B. 78; G. 80; Cl. 81 ; W. 81 ; Bl. 53 ; M. 235 ; Dut. 85.

Signé : Rembrandt f. 1653.

a. 1er État. La tête du vieillard affligé que quelques personnes emmènent vers la gauche n'est qu’au trait ; la figure qui est près du bord droit de la planche, derrière un buisson, est couverte d’une simple taille. Avant la signature.

b. — 3e État. La figure du vieillard affligé est modelée. La planche est signée et datée.

c. — 4e État. La composition a été entièrement modifiée : la scène se passe dans les ténèbres; à la place du cheval qu’un valet conduisait vers la gauche, il y a un cavalier tourné vers la droite.

« Les figures grossièrement indiquées des personnages dans les trois croix (dit M. Seymour Haden) qui avaient fait présumer que cette production était une œuvre primitive, n’avaient été dessinées ainsi que parce qu’elles devaient être ultérieurement fondues dans des travaux de clair-obscur s’accordant avec le passage des évangiles : « alors depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième heure, l’obscurité se répandit par toute la terre, le voile du temple se déchira de haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent » ; cette planche, en effet, dès l’origine était destinée à devenir un de ces morceaux sombres dans le genre du Christ mis au tombeau. Il était inutile de faire plus que d’indiquer des figures qui, ultérieurement, devaient presque disparaître.

« Cela étant, nous nous demanderons comment il se fait que cette rude ébauche d’une planche en clair-obscur, car en somme ce n’est pas autre chose, ait si peu favorablement impressionné qu’on l’ait prise pour une œuvre de jeunesse, tandis qu’aux yeux du collectionneur elle a de telles qualités qu’il en donne volontiers trois fois autant que des épreuves du 3e État, lorsque l’artiste a estimé être parvenu au complet développement de sa pensée ? »

(Seymour-Haden, Rembrandt, Paris, 1880, p. 29).

M. Seymour Haden a donné lui-même la réponse lorsqu’il a écrit dans le même opuscule, page 20, à propos de la Grande mariée juive : « Cette pièce attire notre attention à cause du brillant extraordinaire de l’exécution, de la manière habile

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