‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 149 sur 961 · DE LA PRIÈRE. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

DE LA PRIÈRE. — RÉSUMÉ

vidence. — C'est en vain que les déistes objectent que U prière est inutile, parce que Dieu connaît nos besoins, et qu'ayant décrété de toute éternité ce qu'il Accorderait aux hommes, il ne peut changer sa volonté pour exaucer nos prières; ces objections sont de purs sophismes.

Circonstances de la prière. — Dieu nous fait un devoir de prier sans cesse, car nous dépendons perpétuellement de lui et nous avons continuellement besoin de son secours. Par la prière incessante on entend une prière fréquente, ou des oraisons jaculatoires multipliées , ou la pratique des bonnes œuvres. Quoique toujours obligatoire en lui-même, le précepte de la prière n'oblige pas cependant à chaque instant. Mais il oblige dès qu'on a Tusage de la raison, lorsqu'on est fortement tenté contre quelque vertu , quand on a eu le malheur d'offenser Dieu mortellement, quand on doit recevoir quelque sacrement, lorsqu'on est en danger de mort, et enOn souvent pendant la vie. Les bons chrétiens prient fréquemment, mais surtout le matin et le soir, avant et après les repas et au commencement de leurs principales actions. — Nous adressons nos prières à Dieu seul pour qu'il les exauce lui-même, mais nous pouvons prier la très sainte Vierge et les saints d'intercéder pour nous auprès de lui. On ne doit prier publiquement que les saints canonisés ou béatifiés; mais nous pouvons invoquer par des prières privées ceux qui sont morts avec une réputation de sainteté, les enfants morts après le baptême, les ftmes du purgatoire et même les justes de la terre. — Nous devons prier pour tous ceux qui ne sont pas encore entrés en possession de la vie éternelle, et en particulier pour nos parents,- nos bienfaiteurs, nos amis et même nos ennemis, pour toute l'Église et pour son chef, pour tous ceux qui sont revêtus du pouvoir, pour les âmes du purgatoire. — La prière a pour objet tout ce que nous devons ou pouvons légitimement désirer. Nous devons désirer ardemment tout ce qui est nécessaire au salut. Nous pouvons demander à Dieu certains biens spirituels qui ne sont pas néces.saires au salut, tels que les consolations spirituelles, pourvu que ce soit avec soumission à sa sainte volonté. 11 nous est aussi permis de demander les biens temporels, mais en tant qu'ils sont utiles au salut.

Qualités de la prière. — La prière doit être faite avec attention, avec humilité , avec foi , avec confiance, avec ferveur et avec persévérance. Notre-Seigneur nous recommande en outre de prier en son nom.

Prier avec attention, c'est avoir l'esprit occupé de ce qu'on dit à Dieu ou des choses de Dieu. — L'attention peut avoir pour objet ; 1» les paroles qu'on prononce ; 2<* le sens que les paroles expriment ; ^ la présence de Dieu ou quelque autre pensée pieuse. La première sorte d'attention suffit pour satisfaire au pré< cepte de la prière; la seconde fait produire à Tâme diverses affections qui ont rapport à la prière même que l'on fait; la troisième est la plus parfaite, parce qu'elle va à la fin même de la prière, c'est-à-dire à Dieu ou à ce qu'on désire obtenir de lui. — L'attention est nécessaire; sans elle, la prière serait inutile et même mauvaise. — Les distractions forment un obstacle à l'attention; elles sont volontaires ou involontaires. Les distractions volontaires sont seules coupables. Les distractions involontaires proviennent de notre faiblesse ou de la malice du démon. On doit désavouer les distractions dès qii*on s'en aperçoit, s'en humilier sans découragement , et les prévenir en se préparant à la prière, soit d'une manière éloignée, par une vie de recueillement, soit d'une manière prochaine, en demandant à Dieu la grâce de bien prier. -— L'attention virtuelle est seule requise.

Prier avec humilité, c'est paraître devant Dieu avec un sentiment profond de notre indigence. — L'humilité doit être intérieure et extérieure.

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Prier avec foi, c'est prier avec la certitude que Dieu peut nous accorder tout ce que nous lui demanderona. -^ La foi est le fondement de la prière; elle en est aussi la aource et la condition.

Prier avec confiance, c'est prier avec la ferme espérance que Dieu nous exaUïcera. — Notre confiance se fonde sur la bonté de Dieu, sur sa puissance, stir ses promesses et sur les mérites de Jésus -Christ.

Prier avec ferveur, c'est prier avec un grand désir d'obtenir ce que nous demandons. — La ferveur consiste essentiellement dans la volonté; elle peut se concilier avec la sécheresse et le dégoût.

Prier avec per»èvéranc6 , c'est ne point se lasser de prier. On ne doit jamais abandonner la prière, soit par défiance, soit par déoonragement, soit par impa*tience.

Prier au nom de JéêUi-ChrUt, c'est s'appuyer uniquement sur ses mérites, s'unir i sa prière et à son sacrifice, ne rien demander que par rapport aux biens qu'il nous a mérités, être bien persuadés que c'est lui-même qui, par «on dîvin Esprit, forme en nous notre prière; c'est enfin, comme le feît l'Église, prier avec Jésus-Christ, par Jésus-Christ et en Jésuis-Christ,

EffîciciU d0 la prière. -^ La prière a deux sortes de fruits. Les uns sont commuas à tous les actes de vertu : le mérite, la réfection dt Vâme et la iati^ faction; un autre lui est propre : Vimpétration. La prière, en effet, nous obtient de nouveaux accroissements de richesses spirituelles , elle nourrit Tàme par les saintes affections qu'elle lui fournit, et possède une vertu satisfactoire à cause des peines et des labeurs que son exercice impose à notre nature. Sa vertu impétratoire est pleinement efficace, lorsqu'elle a pour objet notre fin dernière ou les choses nécessaires pour l'obtenir, et qu'elle revêt les conditions requises, en y ajoutant celle de prier pour soi-même; elle est simplement suffisante, lorsqu'on demande tel ou tel moyen d'arriver au bonheur éternel. ^ Quand nous n obtenone pas ce que nous demandons, nous devons croire , ou que notre prière D*est pas bien faite, ou bien qu'il nous est utile que Dieu refuse ou diffère de nous exaucer, et nous devons accepter ces refus de Dieu comme autant de témoignages de sa miséricorde.

Diitérentdl eipècéS de prières. ^ On distingue la prière vocale et la prière mentale.

La prière vocale est celle où l'on joint aux pensées de l'esprit et aux mouvements du cœur des paroles qui les expriment. On distingue : 1° la prière privée, lorsque nous prions comme personnes privées, seuls ou plusieurs en commun; ^ la prière pubîlque, lorsqu'elle se fait par les ministres de l'Église et les fidèles légitimement assemblés, ou même par les ministres en particulier, mais pariant au nom de l'Église et comme délégués de tout le corps : cette prière est la plus excellente et la plus efficace.

\a prière mentale est celle où l'esprit et le cœur s'appliquent aux choses de Dieu sans le secours de paroles. Elle prend, suivant le cas, le nom de méditation ou de contemplation.

La méditation est la considération raisonnée et affectueuse d'un sujet de piété. Elle est très utile à la vie chrétienne, et nécessaire pour le progrès spirituel. — Pour rendre la méditation fructueuse, il faut la prépaa^, soit d'une manière éloignée, soit d'une manière prochaine, soit d'une manière immédiate. Pendant la méditation, on doit produire des réflexions pieuses, de saintes affections, des résolutions efficaces ; enfin, comme conclusion de l'oraison, il faut faire une revue rapide, remercier Dieu, et se mettre sous la protection de la très sainte Vierge.

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