NÉCESSITÉ DE LA GRACE DANS L'ORDRE SURNATUREL
dans la foi, conformément à ce que dit le prophète David : La miséricorde de mon Dieu me préviendra * ; et encore : Ma miséricorde et wa vérité seront toujours avec lui*; et ailleurs : Votre miséricorde me suivra^. »
16. Comment établit -on la même vérité par la sainte Écriture?
La sainte Écriture nous apprend que nul ne peut confesser avec foi que Jésu^ est le Seigneur, sinon par le Saint-Esprit^; que nous ne sommes pas capables déformer de nous-mêmes aucune bonne pensée, comme de nous-w>êmes; mais que c'est Dieu qui nous en rend capables ^ ; que c'est Dieu qui opère en nous et le vouloir et le faire, selon qu'il lui plaît ^,
17. Que nous enseigne la Tradition relativement à la nécessité absolue de la grAce?
Les Pères de l'Église affirment la nécessité de la grâce pour tous les actes relatifs au salut.
« Nous n'avons tous de notre fonds que le péché et le mensonge, dit saint Augustin. Si l'homme a quelque chose de la vérité et de la justice, il le tient de cette fontaine divine que nous devons désirer dans le désert de ce monde, afin qu'abreuvés par quelques gouttes rafraîchissantes, nous ne tombions pas dans le chemin. »
18. Gomment peut-on confirmer par la raison ces enseignements de la foi ?
Les moyens doivent être proportionnés à la fin et de même ordre qu'elle. Or le salut éternel est surnaturel. Donc les œuvres qui y conduisent doivent également être surnaturelles. Mais puisque une faculté naturelle laissée à elle-même n'est capable que d'actes naturels, il faut que nos œuvres, pour devenir des œuvres de âalut, soient élevées par la grâce à Tordre surnaturel.
19. Le juste lui-même a-t-il besoin de la grâce actuelle pour accomplir une œuvre salutaire?
C'est le sentiment le plus commun parmi les théologiens que le juste a besoin d'une grâce d'intelligence et de volonté, pour opérer méritoirement, parce que la grâce habituelle est comme une puissance qui ne peut agir qu'autant qu'elle est excitée.
Le second concile d'Orange n'excepte point le juste, lorsqu'il déclare que « toutes les fois que nous faisons le bien , Dieu opère en nous et avec nous pour que nous opérions ' ».
Suivant le concile de Trente, Jésus- Christ fait couler continuellement sa vertu dans les justes , comme la tête le fait dans les membres *, comme la vigne dans les rameaux®; et cette vertu du Sauveur doit prévenir, accompagner et suivre toutes leurs bonnes
* Pâ. Lvm, 10. — * Pu. Lxxxvm, SA. — ' Pa. xxn, 6. — * I Cîor., xn, S. — 'II Cor., ni, 5. — • PhlL, n, 18. — ' II» Concile d'Orange, ch. vu. — ^ Oolos., x, 18. — • Jean, xv, 4««.
14 VÉCESSITt DE LA GRACE
œuvres 9 qui sans elle ne pourraient être ni agréables ni méritoires devant Dieu ^
^l Comment établit- on rfiie la i;rkce est nécesBaire pour commencer à croïm d'une foi Milutiiir«i et persévérer dans U foi jusqu'à la fin ?
On rétablit : l"" par renseignement de TÉglise; 3<> par la sainte FxTiture.