‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 27 sur 961 · Quelle est la raison de cette impuissance morale · texte numérisé non relu

Quelle est la raison de cette impuissance morale

Elle est dans la blessure que la nature humaine a reçue par le péché d'Adam.

a Adam tout entier, dit le concile de Trente, a subi , par l'offense de sa prévarication, un changement qui Ta détérioré dans son corps et dans son âme *. » Cette détérioration consiste principalement dans V ignorance, du côté de l'intelligence; dans le penchant axi mal, du côté de la volonté; dans la concupiscence, du côté de l'union de l'âme et du corps.

34. Que résulte-t-il de cette blessure que le péché d'Adam a faite à la nature humaine ?

Si la grâce médicinale de Jésus-Christ ne guérit point ces blessures, l'homme ne peut :

4« Connaître toutes les vérités de l'ordre naturel. Il est établi , eh effet, par le témoignage de l'histoire, comme par l'observation de la nature humaine, que la raison est impuissante, sans le secours de la révélation, à découvrir et à connaître intégralement l'ensemble des vérités rehgieuses et morales qui constituent la religion naturelle.

2® Il ne peut accomplir tous les préceptes de la loi naturelle. Il en est, en effet, qui sont très difficiles à observer, comme le pardon des injures, l'amour des ennemis, la chasteté , le sacrifice de l'intérêt ou de la vie au devoir, etc. L'expérience montre assez que l'homme ne peut garder tous ces préceptes sans le secours de la grâce.

Comme j'ai su que Je ne pouvais être continent si Dieu ne me donnait de l'être,... je m'adressai au Seigneur, je lui fis ma prière^. — Je trouve en moi la volonté de faire le bien; mais je ne trouve point le moyen de Vaccomplir. Car je ne fais pas le bien que je veitx; mais je fais le mal que je ne veux pas ^.

3» Il ne peut surmonter les graves tentations. Les feux de la concupiscence, les attaques du démon, les attraits du monde, suscitent parfois à l'homme des tentations très violentes : il y succombera, si la grâce de Dieu ne lui vient en aide.

La chair a des désirs contraires à ceux de V esprit, et Vespril en a de contraires à ceux de la chair; et ils sont opposés l'un à Vautre, de sorte que vous ne faites pas toujours les choses que vous voudriez*. — Je sens dans les membres de mon coi*ps une autre loi qui combat contre la loi

^ Concile de Trente, Ses?. V, can. 1. — - Sag., vm, 21. — ^ Boni., vu, 18, 19. ~ * Qftl., V, 17.

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