Les signes extérieurs d'humilité sont -ils nécessaires
Comme les larmes et les formules, les signes extérieurs d'humilité peuvent être utiles, mais ils ne sont pas nécessaires. Le publicain de l'Évangile se frappe la poitrine et s'en va justifié; le centurion et les autres qui se convertissent à la mort de Jésus-Christ, s'en retournent frappant leur poitrine. Mais il n'est pas dit que les Juifs qui eurent le cœur pénétré de componction à la première prédication de saint Pierre aient donné ces signes extérieurs de conversion.
20. Quelle est donc la douleur que nous devons avoir de nos péchés?
La douleur que Dieu veut que nous ayons de nos péchés est
* Matth., XV, 19. — > Joôl , II, 13. — • Dent., iv, 89.
â38 QUALITÉS DE LA. CONTRITION
une douleur du cœur, dit le concile de Trente, cette douleur de David, de saint Pierre et de tous les vrais pénitents, dont le cœur était affligé, contrit et humilié *.
U homme ne voit que ce qui paraît au dehors, mais le Seigneur regarde le cœur '.
Contrition surnaturelle.
2t. Qu'entend -on en disant que la contrition doit être surnaturelle f
On entend qu'elle doit être excitée en nous par un mouvement* de l'Esprit -Saint, et par des motifs que fournit la foi. Ainsi la contrition doit être surnaturelle dans son principe et dans ses motifs.
22. Pourquoi faul-il que la contrition soit surnaturelle dans son principe?
Parce que personne ne peut par les seules forces de la nature se disposer à la grâce de la justification ; il faut nécessairement pour cela l'inspiration prévenante et le secours de l'Esprit- Saint, comme l'a déûni le concile de Trente'.
23. Pourquoi faut -il que la contrition soit surnaturelle dans ses motifs? Parce qu'il doit y avoir proportion entre les moyens et la fin.
Oi: il n'y a que des moyens surnaturels qui puissent conduire à la justification, qui est une fin surnaturelle.
2i. Qaels sont les principaux motifs surnaturels ?
Ce sont : 1° l'infinie bonté de Dieu, que le péché pflfense; 2* les souffrances et la mort de Jésus -Christ sur la croix, dont nos fautes ont été la cause; 3° la laideur du péché, qui déplaît souverainement à Dieu ; 4» la récompense éternelle que nous fait perdre le péché; 5» les châtiments éternels dont il nous rend passibles.
25. Les motifs naturels suffisent -ils pour obtenir la justification?
Ces motifs ne peuvent suffire. Ainsi l'on n'est point justifié si l'on regrette le péché seulement en tant qu'il est déraisonnable, ou parce qu'il a été l'occasion de la perte d'un bien temporel, comme la santé, la réputation, la fortune. Telle fut la douleur de Saul et d'Antiochus.
Contrition souyeraine.
26. Qu*entend-on en disant que la oontrition doit être tmtveminef
On entend qu'elle doit être la plus grande de toutes les dou-* leurs, une douleur plus grande que celle de la perte de tout ce que nous avons de plus cher au monde.
* Pfi. L, 17, - 2 I Rote, XVI, 7. - 3 Seaeion VI, can. 8.
CONTRltlON SOUVERAINE 339