‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 51 sur 961 · DE LA GRACE ACTUELLE. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

DE LA GRACE ACTUELLE. — RÉSUMÉ

rhomme à la grâce efficace est établie par renseignement de TÉglise , clairement affirmée par FÉcriture sainte et par Funanimité de la Tradition catholique, et confirmée par la raison.

La fidélité à la grâce réjouit le cœur de Dieu , tandis que Tinfidélité le contriste. Celle-là attire de nouvelles grâces; celle-ci les rend plus rares.

Oistribution de la grftce. — Dieu accorde à tous les hommes des grâces suffisantes pour le salut : il les accorde aux justes , pour observer tous les préceptes; aux fidèles pécheurs, pour se préserver du péché ou pour se repentir; à tous les inQdèles, pour opérer leur salut, et, autant qu'il est en lui, Dieu a préparé aux enfants qui meurent sans baptême les moyens suffisants pour acquérir la vie éternelle.

La grâce actuelle étant un secours transitoire, Dieu ne la donne pas à tout instant, mais en temps opportun. Il n'accorde pas toujours la grâce suffisante prochaine, quelquefois il ne donne que la grâce suffisante éloignée. — Dieu ne dispense pas également sa grâce : le monde de la grâce devait, comme le monde de la nature, avoir cette variété admirable, qui est une condition de la beauté de Tensemble.

Erreurs sur la grAce actuelle. — Il y a eu deux sortes d'erreurs sur la grâce actuelle : les uns ont exalté la n.ature au préjudice de la grâce, comme les pélagiens et les semi - pélagiens ; les autres ont exalté la grâce au détriment de la nature , comme les novateurs du seizième sièclo , Baîus et les jansénistes. Ces erreurs ont cependant des caractères communs : elles partent toutes d'une erreur essentielle sur l'état originel du premier homme et aboutissent toutes à la négation de la Rédemption.

Les pélagiens, qui ne croyaient pas à l'existence du péché originel, niaient la nécessité de la grâce intérieure. Réfutés par saint Augustin, ils ont été condamnés par vingt- trois conciles, notamment par le concile général d*Ëphése. — ÏJB naturalisme contemporain enseigne de fait la même erreur.

Les semi' pélagiens enseignaient que la grâce de Dieu n'est pas nécessaire pour arriver au commencement de la foi et pour persévérer dans la foi , et que la persévérance finale n'est pas un don spécial de Dieu. — Le scmi-pélagiaiiisme a été condamné par le second concile d'Orange.

Les novateurs du seizième siècle, opposés aux pélagiens et aux semi -pélagiens, enseignaient au contraire que l'homme par ses propres forces ne peut accomplir aucune bonne œuvre ; que toutes ses actions , faites sans la foi justifiante , sont autant de péchés ; qu'il est forcé d'agir par la grâce, de telle sorte qu'il ne peut y résister. — Ils furent condamnés par le concile de Trente.

Les baianistes et les jansénistes ont renouvelé , sous une autre forme , les erreurs de Luther et de Calvin , en soutenant que l'homme déchu ne peut par lui-même accomplir aucune bonne œuvre morale ni surmonter aucune tentation même légère, que la première grâce que Dieu confère à l'homme est celle de la foi, que toutes les œuvres des infidèles sont des péchés, que les hommes non justifiés pèchent dans toutes leurs actions, et que Thomme déchu agissant nécessairement sous Tinfluence de la grâce ou* de la concupiscence, fait nécessairement le bien ou le mal. Le baïanisme a été condamné par les papas saint Pie Y, Grégoire XUl et Urbain YIII, et le juns^iisme par les papes Innocent X, Alexandre VU et Clément X4-

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