DES ÉGLISES EN GÉNÉR/IL
en secret des affaires ecclésiastiques, c'est là qu'était la sacristie ; la bibliothèque, les écoles &t les togrements des prêtres et des clercs.
On entrait d'abord dans une cour carrée, environnée de galeries couvertes et soutenues de colonnes, comme sont les cloîtres des monastères. Dans cette cour, appelée parvis, il y avait un espace consacré , ou cimetière , et au milieu était une ou plusieurs fon* taines, où les fidèles se lavaient les mains et le visage avant la prière. Nos bénitiers leur ont succédé.
Sous les galeries se tenaient les pauvres mendiants , à qui il n'était pas permis de demander l'aumône dans l'église; et avec eux, tous ceux qui avaient défense d'y pénétrer : les excommuniés, ou même certains pénitents, les pl^eurayits.
Au fond de la cour d'entrée se trouvaient les premières portes de l'église, ordinairement au nombre de trois. Elles s'ouvraient dans la première partie du temple appelée pronaos, avant-nef. Là se trouvaient les écoutants, ou seconde classe des pénitents, ainsi que les infidèles, les juifs, les catéchumènes, qui pouvaient entendre les instructions.
Trois autres portes donnaient entrée du p^^onaos dans la nef ou l'église elle-même. Près de ces portes, et à l'intérieur, se tenait la troisième classe des pénitents , les prosternés,
La ne/** avait trois parties : il y avait la nef principale, qui occupait le milieu, et qui était en partie laissée libre pour la circulation du clergé; il y avait ensuite les deux nefs latérales, celle de droite était réservée aux hommes, et celle de gauche aux femmes. A la tête des hommes, étaient les ascètes et les moines; fi la tête des femmes, les vierges consacrées à Dieu. Les pénitents de la quatrième classe, les consistants, étaient séparés des autres fidèles; ils pouvaient assister à tout le sacrifice, mais sans pouvoir prendre part à l'olTrande et à la communion.
Dans la nef du milieu, et vers le haut, était le chœur, place des chantres et des clercs inférieurs. Là aussi se trouvait Vambon ^ ou jubé^, tribune un peu élevée, où Ton montait des deux côtés pour les lectures publiques. Quelquefois il y en avait deux, un de chaque côté, pour ne point cacher l'autel. -
» Nel, du grec naôs, navire, vaisseau. La nef d'éûlise est ainsi appelée, parce qu'elle a souvent la forme d*un navire renversé. L'Église, figurée par Farche de Noé et la barque de Pierre, est comparée?^ un navire qui vogue vers réternité à travers les ilôts de ce monde.
^ Ambon, du grec ambôn, rebord.
« Le Jubé est ainsi nommé parce qu'avant de commencer, le lecteur demandait au célébrant sa bénédiction en ces termes : Jubé, Donrne henedieere.
FORMR ET ORIENTATION DES ÉGLISBS 495
A la suite de la nef venait le sanctuaire, plus élevé que le reste du temple, et séparé de la nef par une balustrade. Au milieu était V autel, table de marbre ou de porphyre, soutenue de quatre colonnes et placée, autant que possible, sur la sépulture de quelque martyr : c'est de là qu'est venue la règle de ne point consacrer d'autel sans y mettre des reliques.
Aux côtés du sanctuaire, étaient : à droite, le vestiarvuin, où les ministres se revêtaient de leurs ornements, et à gauche, Vohlationarium, où Ton mettait momentanément les offrandes qui n'étaient pas consacrées.
Derrière l'autel, dans le fond de l'hémicycle ou abside'^, se dressait le trône de l'évêque, et aux deux côtés, formant un demicercle, étaient des sièges moins élevés pour les prêtres.
16. Quelle est la principale transformation que Ton fit subir à la basilique pour ajouter à son symbolisme ?
On lui donna, au moyen du transept ^, la forme d'une croix, et l'on fit quelquefois dévier l'axe, de droite à gauche, vers le rondpoint de l'abside. La nef représentait ainsi le corps de Jésus-Christ; le transept, ses bras étendus sur la croix, et la déviation de l'abside, sa tête inclinée.
17. Quels sont les genres d'architecture adoptés pour les églises ?
Ces genres ou styles sont principalement : le style roman, caractérisé par le plein cintre, et le style gothique, caractérisé par l'ogive.