‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 955 sur 961 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

conformément aux progrès des sciences ecclésiastiques, en laissant toutefois à quelques églises la liberté de conserver leur liturgie ancienne, tantôt dans la discipline particulière, dont elle a adouci la rigueur primitive, suivant les besoins des époques; que souvent l'Église, avant d'instituer solennellement certaines fêtes et de les étendre à tout l'univers catholique ou d'autoriser et d'enrichir de privilèges certaines dévotions, a laissé agir l'initiative privée, condescendant ensuite maternellement, après mûr examen , aux désirs et aux vœux de ses enfants. C'est ainsi qu'en conservant indéfectiblement et en défendant contre les hérétiques tout ce qui est essentiel et divinement révélé dans le culte, la doctrine de la grâce, la matière et la forme des sacrements, la loi fondamentale de la pénitence, etc., l'Église a su sagement, dans sa liturgie, faire ressortir d'une manière éclatante les rapports des deux Testaments, mettre en harmonie la grâce et la nature, concilier le divin et l'humain , la tradition et le progrès , l'autorité et la liberté.

Toutes ces perfections, et d'autres encore que l'étude et la piété y découvrent, font du culte catholique un chef-d'œuvre d'incomparable beauté. Si le beau, en effet, est l'expression sensible de l'idéal, la manifestation du céleste dans le terrestre, ce qui ravit l'âme et l'élève au-dessus des réalités grossières, rien ne répond mieux à cette définition que la liturgie de l'Église.

Dieu fait homme, Notre-Seigneur Jésus-Christ, est l'objet principal de toute la liturgie. Or Jésus-Christ n'est- il pas, par sa sainteté, l'idéal de l'humanité dans sa primitive innocence? N'est- il pas, par sa vie humble, pauvre et souffrante, embrassée volontairement pour le salut de ses frères, Tidéal de l'humanité qui expie et se dévoue? N'est- il pas, par la transfiguration éternelle qui est la récompense de son sacrifice , l'idéal de l'humanité glorifiée, jouissant de la suprême béatitude dans la vision de la beauté infinie?

Auprès de Jésus-Christ, à Bethléem, à Nazareth, au pied de la croix, au ciel où son Fils l'élève triomphante, la liturgie présente l'idéal de la vierge, de l'épouse et de la mère, dans la bienheureuse Vierge Marie, dont tous les traits respirent une grâce céleste, sans aucune trace d'imperfection morale.

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