ÉPILOGUE
Enfin ce type parfait du Christ et de sa Mère se reflète, avec des nuances innombrables et des modifications indéfiniment variées , dans les saints, dont la physionomie exprime telle vertu dominante, telle perfection spéciale: la tristesse du repentir ou la pureté virginale, l'effort du combat ou la joie de la victoire, le zèle de la vie active ou l'extase de la vie contemplative, et tout ensemble la paix, la douceur, la patience, Tamour ardent de Dieu et des hommes.
Voilà le ravissant spectacle que saisit le regard attentif de la foi, que goûte le cœur du pieux fidèle; spectacle qui nous élève audessus des préoccupations mesquines de la terre, qui nous inspire l'horreur de tout ce qui peut nous corrompre et nous avilir, qui nous transporte dans ce séjour de la paix et de la béatitude, dont la pensée seule nous enflamme du désir d'être les imitateurs de Jésus- Christ, comme le furent les saints et leur glorieuse Reine.
L'homme envoyé pour maudire Israël, et qui, inspiré de Dieu, le bénit, portait son regard au delà des douze tribus campées dans le désert, et voyait, avec les magnificences de son culte, cette Église dont Israël n'était que la figure, lorsqu'il s'écriait sur le sommet de la montagne : « Que tes tabernacles sont beaux, à Jacob! et que tes tentes sont belles, ô Israël ! Elles sont comme des vallées bien boisées, comme des jardins arrosés d'eaux le long des fleuves, comme des tabernacles qu'a dressés le Seigneur. »
Et en décrivant la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, dont il exalte les richesses et la beauté, l'aigle de Palhmos ne pensait- il pas en même temps à l'Église militante, figure de la céleste Jérusalem , lorsqu'il entendait une voix sortie du trône qui disait : « Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et il demeurera avec eux. Ils seront son peuple, et lui-même, au milieu d'eux, sera leur Dieu. »