XX PRÉFACE
gresser dans la connaissance de Jésus-Christ, de ses mystères, de sa doctrine, de ses exemples et des exemples des disciples qui l'ont imité plus parfaitement; à étudier les vrais principes de la morale chrétienne, les règles de l'Église touchant la réception des sacrements, et tout ce qui peut contribuer à former une piété solide; ne doit -il pas enfin recueillir tous les rayons de lumière qui peuvent éclairer ses pas dans la nuit de la vie présente, jusqu'à ce que le grand jour de l'éternité commence à luire?
Cette étude approfondie de la doctrine chrétienne est d'autant plus indispensable de nos jours, que la religion est en butte à des attaques incessamment renouvelées par l'ignorance et la mauvaise foi. Pour demeurer ferme au milieu de cette tempête, il faut que le Christ, comme parle saint Paul, habite par la foi dans nos cœurs et que nous soyons enracinés et fondés dans la charité^ Mais la foi a besoin d'être nourrie par l'étude de la vérité chrétienne; faute de cet aliment, elle ne jette plus que de faibles étincelles et finit par s'éteindre. Pourquoi tant de chrétiens faibles, flottants, sans énergie et sans conviction, tant de chrétiens qui ne le sont que de nom? La cause de cette faiblesse, de cette sorte d'apostasie, c'est la négligence qu'ils ont mise à se fortifier dans la doctrine de Jésus -Christ, par l'assistance aux instructions de leurs pasteurs, par la lecture d'ouvrages solides de religion ou de piété, de la sainte Écriture, de la vie des saints; leur négligence, en un mot, à prendre des moyens efficaces pour devenir de véritables enfants de Dieu.
* Éphé«., ni, 17.
pheface XXI
Nécessaire à tout chrétien , la science de la religion Test davantage encore à celui qui, sur Tappel divin, embrasse la vie religieuse pour tendre à une plus haute perfection. Les vœux par lesquels il s'est consacré à Dieu ont leur fondement dans la doctrine de TÉglise, dans son dogme, sa morale et son culte. Il y a donc pour lui un motif tout particulier d'approfondir la science religieuse, afin que, marchant à la lumière d'une foi toujours ardente et luisante^, il pratique plus parfaitement les devoirs que lui impose sa sublime vocation. C'est de lui qu'il est dit particulièrement : Que celui qui est juste devienne plus juste encore, que celui qui est saint se sanctifie encore^: Ce progrès dans la perfection requiert une condition indispensable : c'est, suivant la parole du Roi -Prophète, qu'on médite sur la loi de Dieu et qu'on n'oublie pas ses paroles^.
Mais cette étude s'impose au religieux d'une manière plus rigoureuse, si son Institut a pour mission spéciale d'enseigner le catéchisme aux enfants. Toute proportion gardée, il est vrai de dire de lui, comme du prêtre, que ses lèvres garderont la science, et que de sa bouche on recherchera la connaissance de la loi*. Il faut donc, avant de parler, qu'il s'instruise^. On a besoin d'être instruit, dit saint Augustin, pour se convaincre soi-même; mais pour convaincre les autres et défendre leur foi contre l'impiété, on doit l'être bien davantage. Il ne suffit pas, dans l'enseignement religieux, de parler avec clarté et intérêt : l'orthodoxie la plus rigoureuse est requise. En matière de dogme, rien de plus funeste que de faire dire à l'Église
* Jean, T, 85. — - Apoc, xxn, 11. — ' ra. cxviir, IC. — * Ualacta., ii, 7. — ^ BccU.» xnn, 19.