‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 17 sur 73 · XXXII DOCTBINE DE HAHNEMANN · texte numérisé non relu

XXXII DOCTBINE DE HAHNEMANN

idées qui lui étaient chères. De toutes ces prophéties, combien en est-il que Tayenir ait respectées? Du reste, ceux qui voudront lire avec attention l'exposition de la doctrine de Hahnen^ann , méditer sur les principes dont elle se compose, et que Y Organon résume d'une façon si heureuse et si concise, ceux-là comprendront combien est ferme et solide la base sur laquelle il a édifié. I. Une première lecture de Y Organon leur permettra de saisir Vesprit et la tendance de la doctrine homœopathique. Ils verront qu'elle offre le double caractère . d'une séparation complète, radicale, avec le passé de la science, sous lerapportXhéorique, c'en est la partie crititjue; et celui d'un dogmatisme absolu dans l'exposition de ses propres principes. Ils verront , enfin , que Thomœopathie forme un touttellementhomogène, que celui qui accorderait l'une de ses parties serait forcément conduit à accorder les autres. Unké et liaison étroite de tous les principes de la doctrine, peu de respect pour la tradition, tel est donc l'esprit de l'homœopathie. Cependant, il ne faut pas croire que par un esprit réactionnaire peu digne d'un homme doué d'un génie incontestable, Hahnemann ait été injuste envers le passé. Il repousse, il est vrai, l'orgueilleuse prétention qu'eurent ses devanciers de vouloir pénétrer l'essence intime des maladies , ce que l'école a nommé prima causa morbi ; il poursuit de ses railleries et d'un dédain bien mérité les nombreuses hypothèses enfantées par l'imagination de nos devanciers ; le solidisme de Frédéric Hofiînann, les archées de Vanhelmont, le spiritualisme de Stahl, Thumorisme de Sylvius de le Boé , la dichotomie brovv-

DOCTRINE DE HAHNEflfANN. XXXUI

nienne, le spasme de CuUen, Tirritation de Broussais. Toutes ces conceptions aventureuses, ces systèmes artificiels et factices, que la logique repousse et que dément l'expérience : tous sont repoussés par lui comme ayant éloigné de la yérito , et surtout pour le mal qu'ils ont fait à F^spèce humaine. Mais il accepte les faits du pa§sé , il s'en saisit et les utilise au profit de sa doctrine , sopvent avec bonheur , toujours avec intelligence et équité.

Hahnemann avait-il donc si grand tort de séparer sa doctrine de systèmes vieillis pour la plupart et jugés par ses contemporains avec une sévérité qui allait parfois jusqu'à l'injustice? Pouvait-il jamais égaler, dans sa critique, la véhémence que déployèrent les uns contre les autres des adversaires d'autant moins charitables qu'ils avaient plus à redouter pour eux-mêmes? Bien des reproches lui ont été adressés, sous ce rapport, et vraiment ils ne sont pas mérités.^

Qu'on y pense : Hahnemann était convaincu que toutes les doctrines antérieures à la sienne marchaient contre la fin que toute médecine doit poursuivre et atteindre; il regardait la théorie ofiiciellement enseignée et pratiquée, comme un édifice sans base ; il le dit et le prouva. Celui qui apportait une réforme radicale de l'art de guérir pouvait-il tenir un autre langage ?

On l'a beaucoup blâmé de la hardiesse de sa parole; mais , en vérité , fallait-il s'incliner avec tant de respect devant des idoles aussi trompeuses? Qui, de nos jours, se croirait obligé à une grande condescendance envoies la théorie du chcnid et du /rotd, du sec et

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