‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 18 sur 73 · XXXIV DOCTRINE DE HIHNEIIANN · texte numérisé non relu

XXXIV DOCTRINE DE HIHNEIIANN

de Y humide? qui oserait soutenir que toutes nos maladies dérivent soit d'une révolte des arehées, soit du plus ou moins de rigidité des solides, soit du plus ou moins d'alcalescence des humeurs ; que toutes doivent être rapportées à la sthénie ou à Fasthénie de l'incitabiiitéy comme le voulait Brown? L'homme Jle moins expérimenté n'a-t-U pas dès longtemps fait justice de.ces Tues incomplètes de la vie physiologique? et n'est-ce pas avec le sourire sur les lèvres, que nous accueillons les tentatives d'application faites à la pathologie des découvertes récentes de la chimie? S'il est encore de, rares partisans du principe de Yirritatiany depuis longtemps, ilsont abandonné les hauteurs où les avait élevés leur maître. Les discussions qu'ils soulèvent ou qu'ils essayent de soutenir ne portent plus sur les principes auxquels ils restent attachés plutôt par habitude que par conviction : ils en sont venus à compter leurs succès et leurs revers, à nombrer les faits. Triste pronostic pour le sort d'une doctrine, que le moment où elle déserte la théorie pour se jeter dans l'empirisme, où elle abandonne la loi pour le fait dont toute la lumière est empruntée aux rayonnements que lui envoie la théorie. Lorsque parut Hahnemann, toutes les hypothèses imaginables avaient fait leur temps. Toutes avaient eu leurs bons et leurs mauvais jours, toutes étaient jugées, condamnées,et, je puis le dire, toutes aujourd'hui sont abandonnées. Hahnemann surgit au milieu de ces ruines ; il vint ranimer les médecins découragés par tant d'efforts inutiles, et leur rappeler sous une autre forme la pensée si profonde d'Hippocrate ; d'Hîppocrate tou-

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jours vanté, rarement imité, et avec lequel Hahnemann a des points de contact si nombreux et si peu appréciés. « Tous ceux, disait le père de la médecine antique, « qui, de vive voix ou par écrit, ont essayé de traiter « de la médecine se créant à eux-mêmes, comme « base de leurs raisonnements , l'hypothèse ou du « chaud, ou du froid, ou de l'humide, ou du sec, ou « de tout autre agent de leur choix, simplifient les cho- « ses et attribuent, chez les hommes, les maladies et « la mort à un seul ou à deux de ces agents, comme à « une cause première et toujours la même; mais ils se « trompent évidemment dans plusieurs des points « qu'ils soutiennent*; d'autant plus blâmables qu'ils « se trompent sur un art qui existe, que le monde em- « ploie dans les choses les plus importantes , et honore « particulièrement dans la personne des artistes et « des pratidens excellents (1). » *

Toute la critique de Hahnemann n'a, en effet, d'autre but que d'affirmer l'existence et l'excellence de Fart, et de ruiner dans l'opinion les hommes à systèmes qui, voulant expliquer les maladies et la mort par un ou deux agents, faussent l'observation, compromettent l'expérience, etporteAt atteinte à la dignité de l'art "et de l'artiste.

Hahnemann fut, en outre, très-absolu dans ses principes; c'est encore là ce qui caractérise sa doctiine Faut-il l'en blâmer? S'il n'a créé que l'erreur, on peut et on doit déplorer qu'il ait eu assez de force et de

(1) V. TraUé de Fancienne médecine (OEuvres complètes èFHtepocrate, traduclioa de Lillré. Paris, 1839, 1. 1, pag. 508 etsuir.;.

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puissance pour enchaloer aussi rigoureusement tous les compartiments de son édifice, et les souder si bien les uns aux autres, qu'il soit impossible d'en enlever un fi*agment sans que le tout s'affaisse aussitôt. S'il a découvert des vérités partielles, quelle que soit, du reste, ]eur importance, il est encore à regretter qu'allant au delà du but, il ait forcé les conséquences de ses découvertes : car, c'était compromettre le sort des vérités isolées qui s'étaient présentées à lui. Mais s'il a trouvé la vérité principe, immortelle comme toute vérité qui n'accepte ni conditions, ni contingences, parce qu'elle les domine toutes et les asservit à son empire, Hahnemann a ^té ce qu'il devait être : dogmatiste dans l'exposition de ses doctrines, absolu dans ses prescriptions, impitoyable pour toute déviation de la ligne qu'il avait tracée, et en cela, il témoignait de sa conviction et de sa loyauté. C'est & effet, la première impression que recevra de l'étude de VOrganon tout lecteur impartial et attentif.

n. Mais s'il veut pénétrer plus avant dans la connaissance de l'homœopathie, le lecteur dont je parle s'enquerra de la doctrine elle-même, et alors il ne tardera pas à s'apercevoir qu'elle repose sur une conception physiologique , qu'elle a une loi thérapeutique , un système pdthologique et une matière médicale. Si, reprenant ensuite, par la pensée, les différents facteurs du problème vaste et difficile dont les médecins poursuivent lasolution, il s' interroge sur chacun d'eux, bientôt il verra que la doctrine deHahnemann est complète comme doctrine ; carie problème dont il s'agit est résolu du momen t

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OÙ le médecin a les moyens de connaître les maladies qu'il est appelé à guérir^ ceux de découvrir les propriétés que possèdent les agents de la guérison ; du moment enfin, où le rapport établi entre le médicament et la maladie lui est également connu. La pathologie, ja matière médicale et la thérapeutique satisfont évidemment^ ou plutôt doivent satisfaire aux trois conditions indiquées. Puis , reportant la pensée sur l'homme sujet de la science qui nous occupe , on s'aperçoit bientôt que Tart du médecin, quelle quesoit la méthode qui lui serve de guide, quels que soient les moyens qu'il emploie, a toujours pour but de modifier la vie humaine momentanément déviée de son type normal. Or, pour modifier un être, il faut connaître cet être, de même qu'en morale, on ne corrige les caractères qu'après les avoir pénétrés. Pour ramener la vie à L'état normal dont elle s'était écartée par l'influence morbide, il faut donc la connaître en elle-même et dans ses conditions d'existence. Il résulte de ce qui précède, que si la thérapeutique , la pathologie et la matière médicale constituent la médecine proprement dite , ces trois soqrces de la sciencQ se tariraient bientôt si elles n'étaient incessamment alimentées et fécondées par une conception physiologique.

Tout lecteur attentif qui voudra se rendre un compte sévère d'une doctrine médicale, l'interrogera donc sur sa pathologie, sa matière médicale et sa thérapeutique Il fera plus : il lui demandera quelle idée elle se fait de la Tie humaine, et comment cette idée se lie aux autres parties du système. Hahnemann le satisfera sur

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tous ces points. Mais qu*il n'aille pas exiger de lui que chacune des propositions avancées soit accompagnée de toutes ses justifications : autant vaudrait demander à l'auteur d'un code de grossir ses lois de tous les commentaires et de tous les exposés de motifs qui l'ont porté à écrire le cod^ dont il s'agit. Sous ce rapport, rOi^anon ne le satisferait pas. L' Organon de Hahnemann est une méthode et non pas un livre élémentaire et descriptif. Il est à la médecine ce qu'étaient à la philosophie l' Organon d' Aristote et le Novum orgor num de Bacon : c'est au lecteur intelligent et instruit à suppléer aux développements qui manquent.

III. — Toute doctrine médicale digne de ce nom, ai-je dit, est nécessairement dominée par une manière de concevoir la vie humaine. Qu'elle soit vague ou précise, exprimée ou tenue dans l'ombre, cette idée vit indubitablement dans l'esprit de touttmédecin qui es* saye de se rendre compte de ses actions ; à plus forte raison, occupe-t-elle une place immense dans les méditations de celui qui s'élève jusqu'aux régions de l'inconnu.

Sous le rapport physiologique, deux solutions sont en présence depuis T origine des temps , et ces deux solutions ont le mérite d'être tellement tranchées dans leur expression et dans leur pensée, qu'entre elles deux il n'est pas de compromis possible.

La vie humaine est un fait , et ce fait peut être com^ pris ou comme cause des phénomènes qui se succèdent d'une façon si merveilleuse dans notre organisation, ou elle peut être conçue comme effet du jeu des oi^a-

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