DOCTRINE DE HAHNEUANN. XLI
et à Fœil armé des instruments les plus délicats, n'estce pas une force réelle, tout à fait distincte des forces matérieUes, puisqu'elle jouit d'un mode d'action qui lui est particulier? Or, on définit la force une cause de mouvement. Toute cause est nécessairement antérieure à son effet, supérieure à lui et le dominant; on ne peut donc la confondre avec le phénomène, puisqu'elle l'engendre, moins encore la faire engendrer par lui ; car il laudrait chercher ailleurs la cause du phénomène luimême. Reculer la difficulté n'est pas la résoudre. La vie n'est donc point un effet , et ce qui le prouve sans réplique, c'est la manière dont elle se développe et parcourt ses phases. Les métamorphoses continues et régulières que subissent les corps organisés ont toutes un buldéterminé, indépendant des circonstances extérieures. Ce»corps portent avec eux un type de changement, comme le dit Burdach (1), qui peut être modifié par eUes , sans qu'elles aient puissance de le donner, puisque jusqu'à un certain point, ils résistent à leur influence. Encore une fois , le type est antérieur , dans l'ordre de développement , à la chose qu'il vept exprimer, comme la pensée précède la parole, comme la volonté précède l'action.
Si cette cause, cette force qu'on nomme la vie n'est pas un vain mot, c'est elle qui constitue l'être vivant, roif;aniBme n'en étant que l'expression >'isible. Et dans la succession des phénomènes physiologiques, c'est elle encore qui les incite à l'action, comme c'est elle qui re-
(i) Traité de Physiologie considérée comme science d^observalion , trad. par A. J. L. Jourdan. Paris, 1858.
XUI BOCTRINB DE flAHNEMANN.
çoit avant tout les impressions produites par les choses du dehors. Et l'organe obéit aux impressions que la vie lui communique : il obéit passivement, comme Tes* clave le fait à Tégard du mattre , conune le &it tout patient à T égard de Y^enL
L'observation justifie-t-eHe ces données? Il est de fait que les métamorphoses physiologiques , qu'on nomme les âges, s'accomplissent en des temps réguliers , qu'elles portent avant tout sur l'ensemble de la constitution , quoique prédominamment sur certaines de ses parties : que dans l'enfance , ces prédominances se dessinent sur les organes de la dentition ; dans la puberté, vers les organes génitaux; que 'dansl' âge adulte le développement général de l'être s'accomplit et se perfectionne, pour ainsi parler, dans toutes ses parties; que dans l'âge mûr et dans la vieillesse, la décadence vitale commence et s'accomplit d'abord dans l'ensemble, puis en s'attaquant de préférence aux fonctions et aux organes qui s'étaient développés les derniers. Graduellement, le vieillard revient à la condition de l'enfant. Et cela se, passe chez tous de la même manière et avec de faibles différences, quelles que soient les conditions de race, de climat, de tempérament, d'idiosyncrasie. Et chacune de ces métsunorphoses change nos idées , nos goûts, nos penchants, jusqu'à nos habitudes. Comment expliquer, par une agrégation d'atomes, de molécules, de globules, cette marche incessante et fatale qui brave les circonstances extérieures et les défie, s'il était vrai que, même sous le rapport physiologique , l'homme ne fût qu un amas de matière jeté dans un