‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 36 sur 73 · COUP D ŒIL · texte numérisé non relu

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faisaient qu* affaiblir les malades et les rendre enfin incurables.

Je conviens qu'il était plus commode pour la faiblesse humaine de supposer^ dans les maladies qui se présentaient à guérir, un principe morbifique dont l'esprit pouvait concevoir la matérialité, d'autant mieux que les malades eux*-mêmes se prêtaient volontiers à une telle hypothèse. Effectivement, en l'admettant, on b' avait qu'à s'occuper de faire prendre une quantité de médicaments suffisante pour purifier le sang et les humeurs, provoquer la sueur, facUiter l'expectoration, balayer l'estomac et l'intestin. Voilà pourquoi toutes les matières médicales qui ont paru depuis Dioscoride gardent un silence presque absolu sur l'action propre et spéciale de chaque médicament, et se bornent, après avoir énuméré ses vertus prétendues contre telle ou telle maladie nominale de la pathologie, à dire qu'il sollicite les urines, la sueur, l'expectoration ou le flux menstruel, et surtout qu'il a la propriété de chasser par haut ou par bas le contenu du canal alimentaire, parce qu'en tout temps les efforts des praticiens ont eu pour tendance principale l'expulsion d'un principe morbifique matériel et de plusieurs âcretés qu'ils se figuraient être la cause des maladies.

C'étaient là de vains rêves, des suppositions gratuites, des hypothèses dénuées de base, habilement imaginées pour la commodité de la thérapeutique, qui. se flattait d'avoip une tâche plus facile à remplir quand il s'agirait pour elle de combattre des principes morbifiques matériels.

Mais l'essence des maladies et leur guérison ne se plient point à nos rêves et aux désirs de notre paresse.

Les maladies ne peuvent pas, pour complaire à nos folles hypothèses, cesser d'être des aberrations dynamiques que notre vie spirituelle éprouve dans sa manière de sentir et d'agir; c'est-à-dire des changements immatériels dans notre manière d'être.

Les causes de nos maladies ne sauraient être matérielles, puisque la moindre substance matérielle étrangère (1), quelque douce qu'elle nous paraisse, qu'on introduit dans les vaisseaux sanguins, est repoussée tout à coup comme un poison par la force vitale, ou, si elle ne peut l'être, occasionne la mort. Que le plus petit corps étranger vienne à s'insinuer dans nos parties sensibles, le principe de vie qui est répandu partout dans notre intérieur n'a pas de repos jusqu'à ce qu'il ait procuré l'expulsion de ce corps par la douleur, la fièvre, la suppuration ou la gangrène. Et dans une maladie de peau datant d'une vingtaine d'années, ce principe vital, dont Tactivité est infatigable, sou£&irait avec patience pendant vingt ans, dans nos humeurs, un principe exanthématique matériel, un virus dartreux, scrofuleux ou goutteux ! Quel nosologiste a jamais vu aucuQ de ces principes morbifiques, dont il parle avec tant d'assurance, et sur lesquels il prétend construire un plan de conduite médicale? Qui jamais

(i) La vie cessa tout à coup par rinjection d*un peu d'eau pure dans une' veine {voyez MuUen, dans Bircb, History of royal society, vol. IV). L'air atmosphérique introduit dans les veines a causé la mort {voyez J, H. Voigt, Magasin fuer den neuesten Zustand der Alaturkunde, t. III, ^. 25 ; — - Bulletin de V académie royale de médecine, Paris, 1837, 1. 11^ pag. 182). Les liquides, même les plus doax, portés dans les veines, ont mis la vie en danger {voy. Âutenrietb, PhysiologiCy II, § 784; — Cf. Burdach, Traité de physiologie, Paris, 1837, t. VI, pag. 404).

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mettra sous les yeux de personne un principe goutteux, un virus scrofuleux ?

Lors même que l'application d'une substance matérielle à la peau, ou son introduction dans une plaie, a propagé des maladies par infection, qui pourrait prouver que, comme on l'affirme si souvent dans nos pathogénésies, la moindre parcelle matérielle de cette substance pénètre dans nos humeurs ou se trouve absorbée (1)? On a beau se laver les parties génitales avec le plus grand soin et le plus promptement possible, cette précaution ne garantit pas de la maladie chancreuse vénérienne. Il suffit d'un faible souffle qui s'échappe d'un homme atteint de la variole pour produire cette redoutable maladie chez l'enfant bien portant.

Combien en poids doi^il pénétrer ainsi de ce principe matériel dans les humeurs pour produire, dans le premier cas, une maladie (la syphilis), qui, à défaut de traitement, durera jusqu'au terme le plus reculé de la vie, ne s'éteindra qu'à la mort, et, dans le second, une affection (la variole) qui fait souvent périr avec rapidité au milieu d'une suppuration presque générale (2) ? Est- Ci) Une petite fille de huit ans ayant été mordue par un chien enragé à Glasgow, un chirurgien excisa sur-le-champ la partie entière sur laquelle avait porté Faction des dents, ce qui n'empêcha pas Tenfant d'avoir, trente-six jours après la rage, dont elle mourut au bout de deux jours. [Med. comment, of, Edinb,,dec, 11^ vol. II, 1793.)

(2) Pour expliquer la production de la quantité souvent si considérable de matières fécales putrides et d'ichor ulcéreux qui a lieu dans les maladies, et pouvoir représenter ces substances comme étant la cause qui provoque et enti«tient Télat morbide, quoiqu'au moment de Tinfection rien de matériel n'ait été vu pénétrer dans le corps, on a imaginé une autre hypothèse consistant h admettre que certains principes contagieux très-subtils agissent dans le corps comme des ferments.

il possible d'admettre, dans ces deux circonstances et autres analogues, un principe morbifique matériel qui ait passé dans le sang? On a yu souvent des lettres écrites dans la chambre d'un malade communiquer k même maladie miasmatique à celui qui les lisait. Peuton songer alors à quelque chose de matériel qui pénètre dans les humeurs ? Mais à quoi bon toutes ces preuves? Combien de fois n'a-t-on pas vu des propos offensants occasionner une fièvre bilieuse qui mettait la vie en danger, une indiscrète prophétie causer la mort à Fépoque prédite, et une surprise agréable ou désagréable suspendre subitement le cours de la vie ? Où est alors le principe morbifique matériel qui s'est glissé en substance dans le corps, qui a produit la maladie, qui l'entretient, et sans l'expulsion matérielle duquel, par des médicaments, toute cure radicale serait impossible 7 Les partisans d'une hypothèse aussi grossière que celle des principes morbifiques devraient rougir ée méconnaître à ce point la nature spirituelle de. notre

amènent les humeurs au même degré de corruption qu'eux, et les convertissent de cette manière en un ferment semblable à eux-mêmes, qui entretient et alimente la maladie. Mais, par quelles tisanes dépuratives espérait-on donc de pouvoir débarrasser le corps d'un ferment qui renaissait sans cesse, et le chasser si complètement de la masse * des humetlrs, qu'il n'en restât pas même la moindre parcelle, laquelle, dans l'hypothèse admise, aurait dû corrompre encore ces humeurs, et reproduire, comme précédemment, de nouveaux principes -morbifiques? H serait donc impossible de jamais guérir ces maladies ^ la manière de l'école ! On voit à quelles grossières inconséquences mènent les hypothèses même les plus subtiles^quand elles reposent sur l'erreur. .La syphilis la mieux constituée, après qu'on a écarté la psore qui' la com^ plique souvent, guérit sous l'influence d'une ou deux trèa^petites doses delà trentième dilution du mi^rcure métallique, et l'altération syphilitique générale des humeurs se trouvé ainsi anéantie pour toujours, d'une manière dynamique.

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vie et le pouvoir dynamique des causes qui font naître les maladies, et de se rabaisser ainsi au rôle ignoble de gens qui, dans leurs vains efforts pour balayer des matières peccantes dont l'existence est une chimère, tuent les malades, au lieu de les guérir.

Les .crachats, souvent si dégoûtants, qu'on observe dansjes maladies, seraient-ils donc précisément la matière qui les engendre et les entretient (1)? Ne sont-ils pas plutôt toujours des produits de la maladie, c'est-àdire du trouble purement dynamique que la vie a éprouvé î

Avec ces fausses idées matérielles sur l'origine et l'essence des maladies, il n'est pas surprenant que, dans tous les temps, les petits comme les grands praticiens, et même les inventeurs des systèmes les plus sublimes, n'aient eu pour but principal que l'élimination et l'expulsion d'une prétendue matière morbifique, et que l'indication le plus fréquemment établie ait été celle d'inciser cette matière, de la rendre mobile, de procurer sa sortie par la salive, les crachats, là sueur et F urine, de purifier le sang par l'action intelligente des tisanes, de le débarrasser ainsi d'âcretés et d'impuretés qui n'y existèrent jamais, de soutirer le principe imaginaire de la maladie par des sétons, des cautères, des vésicatoires permanents, mais principalement de faire sortir la matière peccante par le canal intestinal, au moyen de laxatifs et de purgatifs, décorés du titre d'apéritifs et de dissolvants, afin de leur donner plus d'importance et des dehors plus imposants.

(1) S'il en était ainsi, il suffirait de se bien moucher pour guérir infailliblement et rapidement tout coryza quelconque, même le plus invétéré.

sua LA. HËDBGINE ALLOPATIUQUE. 25

Maintenant, si nous admettons, ce dont il n'est pas permis de douter, qu'à l'exception des maladies provoquées par l'introduction de substances tout à feit indigestes ou nuisibles dans les oignes digestif ou autres viscères creux, par la pénétration de corps éti'aagersàtraverslapeau, «te, il n'en existe aucune qui ait pour cause un principe matériel, que toutes, au contraire, elles sont uniquement et toujours le résultat spécial d'une altération virtuelle et dynamique de la santé, combien les méthodes de traitement qui ont pour base l'expulsion (1) de ce principe imaginaire,

(i) L'expulsion des vers a quelque apparence de nécessité dans les maladies dites vemiiueuse& On LrouTc des lombrics chez quelques enfants el des ascarides chez un grand nombre. Uais ces parasites dépendent d'une afTeclion générale (psore), liée & un genre de vie imalubre. Qu'on améliore le régime et qu'on guérisse homœopathtquemenl la psore, ce qui est plus facile à cet igequ'^ toute autre époque de la vie, il ne reste plus de vers, et les enfants n'en sont plus incommodés, tandis qu'on les voit promplemenl reparaître en foule aprës l'usage des seuls purgatifs, même associés au semen*contra.

Mais, dira-t-on, il ne faut assurément rien négliger afin de chasser du corps le ver solitaire, ce monstre créé pour le tourment du genre humain.

Oui, on fait quelquefois sortir le tsnia. Hais, au prix de quelles souffrances consécutives el de quels dangers pour la vie '. le ne voudrais point avoir sur la conscience la mort de tous ceux qui ont dû succomber & la violence des purgatifs dirigés contre ce ver, et les années de langueur qu'ont traînées ceux qui échappaient & la mort. Et combien de fois encore n'arrive-l-il pas qu'aprësavoir répété pendant plusieurs vnnées de suite ces purgations destructives de la santé et delavie, l'anisal ne sort poÎE pas la Hioindre m mojens violents e danger? Lesdivci jets psoriques, et < qu'au moment de1 noQ pas immédiat

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