‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 37 sur 73 · COUP D OBIL · texte numérisé non relu

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cloiV^ent-elles paraître mauvaises à l'homme sensé, puisqu'il n'en peut rien résulter de bon dans les principales maladies de l'homme, les chroniques, et qu'au contraire elles nuisent toujours énormément T

Les matières dégénérées et les impuretés qui deviennent visibles dans les maladies, ne sont autre chose, personne n'en disconviendra, que des produits de la maladie, dont l'organisme sait se débarrasser, d'une manière parfois trop violente, sans le secours de la médecine évacuante, et qui renaissent aussi longtemps que dure la maladie. Ces matières s'offrent souvent au vrai médecin comme des symptômes morbides, et l'aident à tracer le tableau de la maladie, dont il se sert ensuite

ments, où, plungés romme daos un monde k eux propre, ils restent tranquilles et renconlrenl ce qui est nécessaire k leur nulrilion. Tant que dure cet état de choses, ils ne touchent pas nux parois des intestins, et ne causent aucun dommage à celui dont le corps Us recèle. Hais dès qu'une maladie aigiiii quelconque s'empare du sujet, le coaienu des intestins devient insupportable à l'animal, qui se tortille, irrite les parois sensibles du lube alimentaire, et excite une espèce de colique spasmodlque, qui ne contribue pas peu à accroître les soulTrances du malade. De même, l'enfaot ne s'agite et ne se remue dans la matrice que quand la mÈreesl malade, et il reste tranquille dans l'eau au milieu de laquelle il nage, tant que celle-ci se porte bien.

Il est digne de remarque que les sjmplômes observés h celte époque diez les personnes qui portent un ver solitaire, sont de nature telle que la teinture de fougère màle, k la dose la plus exiguë, en procure rapidement l'eidinction d'une manière homœopathique, parce qu'elle fait causait l'agitation du parasite. L'antaise.contiDÙek vivre tranquillement ins incommoder le malade d'une.male le traitement anlipsorique soit assez lire plus, duis le contenu du canal iului servir de nourriture, et qu'il dislurs, sans que le moindre purgatif soit

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pour chercher un agent médicinal homœopathique propre à guérir celle-ci.

Mais les partisans actuels de l'ancienne école ne veulent plus être regardés - comme ayant pour but, dans leurs traitements, d'expulser des principes morbifiques matériels. Ils donnent aux évacuations nombreuses et variées qu'ils emploient le nom' de méthode dérivalîve, et prétendent ne faire en cela qu'imiter la nature de l'organisme malade, qui, dans ses efforts pour rétablir la santé, juge la fièvre par la sueur et l'urine ; la pleurésie par le saignement de nez, des sueurs et des crachats' muqueux ; d'autres maladies par le vomissement, la diarrhée et le flux de sang ; les douleurs articulaires par des ulcérations aux jambes ; l'angine par la salivation, ou par des métastases et des abcès qu'elle fait naître dans des parties éloignées du siège du mal.

D'après cela, \^ croient n'avoir rien de mieux à fairequ'à imiter la nature, et prennent des voies détournées dans le traitement de la plupart des maladies. Aussi, marchant sur les traces de la force vitale malade abandonnée à elle-même, procèdent-ils d'une manière indirecte (1) en appliquant des irritations hétérogènes plus fortes sur des parties éloignées du siège de la maladie, et provoquant, ordinairement même entretenant, des évacuations par les organes qui diffèrent le plus des tissus affectés, afin de détourner en quelque sorte le mal vers cette nqfivelle localité.

Cette dérivation a été et est encore une des princi-

(i) Au lieu d'éteiodre le mal promptemenl, sans délai et sans épuiser les forces, comme fait riiomœopathie, à Paide de puissances médicinales dynamiques dirigées contre les points malades de l'organisme.

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pales méthodes curatives de Técole régnante jusqu'à ce jour.

En imitant ainsi la nature médicatrice, suivant l'expression employée par d'autres, ils cherchent à exciter violemment, dans les parties qui sont les moins malades et qui peuvent le mieux supporter la maladie médicamenteuse, des symptômes nouveaux qui, sous l'apparence de crises et la forme d'évacuations, doivent, suivant eux, dériver larqaladie primitive (1), afin qu'il soit permis aux forces médicatrices de la nature d'opérer peu à peu la résolution (2).

Les moyens dont ils se servent pour parvenir à ce but sont l'emploi de substances qui poussent à la sueur et aux urines, les émissions sanguines, les sétons et cautères, mais de préférence les irritants du canal alimentaire propres à déterminer des évacuations, soit par le haut, soit surtout par le bas, irritants dont les derniers ont aussi reçu les noms d'apéritifs et de dissolvants (3).

(i) Comme si l'on pouvait dériver quelque chose d'immatériel ! Ainsi, c'est pour ainsi dire une matière morbiûque, quelque subtile d'ailleurs qu'on la suppose.

(2) Les maladies médiocrement aiguës sont les seules qui aient coutume de se terminer d'une manière paisible quand elles ont atteint le terme de leur cours naturel, soit qu*on emploie des remèdes allopathiques qui n'aient pas trop d'énergie, soit qu'on s'abstienne de tout mo^^en semblable : la force vitale, en se ranimant, substitue alors peu à peu Tétat normal k l'état anormal, qui s'est ailaibli graduellement. Mais, dans les maladies fort aiguës et dans les chroniques, qui forment l'immense mojorité de celles auxquelles l'homme est sujet, cette ressource manque tant k la grossière nature qu'à l'ancienne école : là, les efibrls spontanés de la force vitale et les procédés imitatifs de l'allopathie sont impuissants pour amener une résolution ; tout au plus peut-il en résulter une trêve de courte durée, pendant laquelle l'ennemi réunit ses forces, pour reparaître tôt ou tard plus terrible que jamais.

(3) Cette expression annonce aussi qu'on supposait cependant la présence d'une matière morbiiîque à dissoudre et à expulser.

Au secours de cette méthode dérivative on en appelle une autre qui a beaucoup d'affinité avec elle, et qui consiste à mettre en usage des irritants antagonistes : les tissus de laine sur la peau, les bains de pieds, les nauséabonds, les tourments de la faim imposés à l'estomac et au canal intestinal, les moyens qui excitent de la douleur, de Tinflammation et de la suppuration dans des parties voisines ou éloignées, comme les sinapismes, les vésicatoires, le garou, les sétons, les cautères, la pommade d'Autenrieth, le moxa, le fer rouge, Tacupuncture, etc« En cela on suit encore les traces de la grossière nature, qui, livrée à elle-même, cherche à se débarrasser de la maladie dynamique par des douleurs qu'elle fait naître dans des régions éloignées du corps, par des métastases et des abcès, par des éruptions cutanées ou des ulcères suppurants, et dont tous les efforts à cet égard sont inutiles quand il s'agit d'une affection chronique.

Ce n'est donc point un calcul raisonné, mais seulement une indolente imitation qui a mis l'ancienne école sur la voie de ces méthodes indirectes, tant dérivative qu'antagoniste, qui l'a conduite à des procédés si peu efficaces, si affaiblissants et si nuisibles, pour avoir l'air d'apaiser ou d* écarter les maladies pendant quelque temps, mais en substituant un mal plus fôcheux à l'ancien. Un pareil résultat peut-il donc être appelé guérison?

On s'est borné à suivre la marche de l'instinctive nature dang les efforts qu'elle tente et qui ne sont couronnés d'un pâle succès (1) que dans les maladies ai-

(i) La méèecine ordinaire reg^dait les moyens que la nature de Torganisme emploie pour se soulager, chez les malades qui ne font

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guës peu intenses. On n'a fait qu'imiter la puissance vitale conservatrice abandonnée à elle-même, qui, reposant uniquement sur les lois organiques da corps,

usage d'aucun médicament, comme des modèles parfaits k imiter. Haïs elle se trompait beaucoup. Les efforts misérables et extrêmement incomplets que la force vitale fait pour se porter secours à soi-même dans les maladies aiguës, sont un spectacle qui doit exciter l'homme à ne pas se contenter d'une stérile compassion et k déployer toutes les ressources de son intelligence, afin de mettre un terme, par une guérison réelle, k ces -tourments que s'impose elle-même la nature. Si la force vitale ne peut point guérir homœopathiquemènt une maladie déjk existante dans l'organisme par la provocation d^une autre maladie nouvelle et semblable k celle-ci (§§ 43-46), ce qui en effet est bien rarement k sa disposition (§ 50), et si l'organisme, privé de tous les secours, du dehors, reste seul chargé de triompher d'une maladie qui vient d'éclater (sa résitanceest tout kfait impuissante dans les affections chroniques) , nous ne voyons qu'efforts douloureux et souvent dangereui: pour sauver k quelque prix que ce soit, efforts dont il n'^sl pas rare que la mort^oil le résultat.

N'apercevant point ce qui se passe dans l'économie, chez Fhomme bien portant, nous né pouvons pas. voir davantage ce qui s'y opère quand la vie est troublée, hes opérations qui ont lieu dans les maladies ne s'annoncent que par les changements perceptibles, par les symptômes, au moyen desquels seuls notre organisme peut exprimer les troubles survenus dans son intérieur, de sorte que, dans chaque cas donné, nous n'apprenons même pas quels sont, parmi les symptômes, ceux qui sont dus k 4'action primitive delà maladie et ceux qui ont pour origine les réactions au moyen desquelles la force vitale cherche a se tirer du danger. Les uns et les autres se confondent ensemble sous nos yeux, et ne nous offrent qu'une image réfléchie au dehors de tout l'ensemble du niai intérieur, puisque les efforts infructueux par lesquels la vie abandonnée k elle-même cherche k faire cesser la maladie, sont aussi des souffrances de l'organisme tout entier. Voilk pourquoi les évacuations que la nature'excite ordinairement k la fin des maladies dont l'invasion a été brusque, et que l'on appelle crises, font souvent plus de mal que de bien.

Geque la force vitale fait dans ces prétendues crises et la manière dont elle Taccomplit, sont des mystères pour nous, aussi bien que tous les actes intérieurs qui ont lieu dans l'économie organique de la vie. Ce qui est certain cependant, c'est que, dans le cours de ces efforts, il

n'agit non plus qu'en vertu de ces lois^ sans raisonner et réfléchir ses actes. On a copié la grossière nature, qui ne peutpas, comme un chirurgien intelligent, rapprocher les lèvres héantes d'une plaie et les réunir par première intention ; qui, dans une fracture, est impuissante, quelque quantité de matière osseuse qu'elle &$se épancher, pour redresser et affronter les deux bouts de Fos ; qui, ne sachant pas lier une artère blessée, laisse un homme plein de vie et de force succomber à la perte de tout son sang ; qui ignore Fart deramener à sa situation normale la tète d'un os déplacée par l'effet • d'une luxation, et rend même en très-peu de temps la

y a plus ou moins des parties souffrantes qui se trouve sacrifié pour sauver le reste. Ces opérations de la force yitale procédant k combattre une maladie aiguë uniquement diaprés les lois de la constitution organique du corps, et non d'après les inspirations* d'une pensée réfléchie, ne sont, la plupart du temps, qu'une sorte d'allopathie. Afin de débarrasser, par une crise, les organes primitivement affectés, elle augmente l'activité des organes sécrétoires, vers lesquels dérive ainsi l'afleûtion des premiers; il survient des vomissements, des diarrhées, des flux d'urine, des sueurs, des abcès, elc ., et la force nerveuse, attaquée dynamiquement, cherche en quelque sorte à se décharger par des produits matériels.

La nature de l'bbmme, abandonnée k elle-même, ne peut se sauver des maTadies aiguës que parla destruction et le sacrifice d'une partie de l'organisme même, et si la mort ne s'ensuit pas, l'harmonie de la vie et de la santé ne peut se rétablir que d^ne manière lente et incomplète.

La grande faiblesse dont les organes qui ont été exposés aux atteinte&du mal et même le corps entier restent atteints après cette guérison spontanée, la maigreur, etc. , prouvent assez l'exactitude de ce qui vient d'être avancé. '

En un mot,, toute la marche des opérations par lesquelles Torga- BKmeTcherche h se débarrasser seul des maladies dont il est atteint, ne fait voir à l'obse^ateur, qu'un tissu de souffrances et ne lui montre rien qu'il puisse ou qu'il doive imiter, s'il veut exercer réellement l'art dépérir.

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réduction impossible à la chirurgie par le gonflement qu'elle excite dans les alentours ; qui, pour se débarrasser d'un corps étranger violemment introduit dans la cornée transparente, détruit l'œil entier par la suppuration ; qui, dans une hernie étranglée, ne sait briser Fobstacle que par la gangrène et la mort ; qui, enfin, dans les maladies dynamiques, rend souvent, par les changements de forme qu'elle leur imprime, la position du malade beaucoup plus fâcheuse qu'elle ne rétait auparavant. Il y a plus encore : cette force vitale non intelligente admet sans hésitation dans le corps les plus grands fléaux de notre existence terrestre, les sources d'innombrables maladies qui affligent l'espèce humaine depuis des siècles, c'est-à-dire les miasmes chroniques, la psore, la syphilis et la sycose. Bien loin de pouvoir débarrasser l'organisme d'un seul de ces miasmes, elle n'a pas même la puissance de l'adoucir ; elle le laisse au contraire exercer tranquillement ses ravages jusqu'à ce que la mort vienne fermer les yeux du malade, souvent après de longues et tristes années de souffrances.

Gomment l'ancienne école, qui se dit rationnelle, a-t-eUe pu, dans une chose si importante que la guérison, dans une œuvre qui exige tant de méditation et de jugement, prendre cette aveugle force vitale pour son institutrice, pour son guide unique, imiter sans réflexion les actes indirects et révolutionnaires qu'elle accomplit dans les maladies, la suivre enfin comme le meilleur et le plus parfait des modèles, tandis que la raison, ce don magnifique de la Divinité, nous a été accordée pour pouvoir la surpasser infiniment dans les secours à porter à nos semblables ?

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Lorsque la médecine dominaDte, appliquant ainsi, comme elle a coutume de le faire, ses méthodes antagoniste et dérivativC; qui reposent uniquement sur une imitation irréfléchie de l'énergie grossière, automatique et sans intelligence qu'elle voit déployer à la vie, attaque des organes innocents, et leur inflige des douleurs plus aiguës que celles de la maladie contre laquelle elles sont dirigées, ou, ce qui arrive la plupart du temps, les oblige à des évacuations qui dissipent en pure perte les forces et les humeurs, son but est de détourner, vers la partie qu'elle irrite, l'activité morbide que la vie déployait dans les organes primitivement affectés, et ainsi de déraciner violemment la maladie naturelle, en provoquant une maladie plus forte, d'une autre espèce, sur un point qui avait été ménagé jusqu'alors, c'est-à-dire en se servant de moyens indirects et détournés qui épuisent les forces et entraînent la plupart du temps de la douleur (1).

(1) L'expérience journalièrç montre combien cette manœuvre réussit peu dans les maladies chroniques. C'est dans le plus petit nombre des cas qu'*a lieu la guérison. Mais oserait-on se vanter d'avoir remporté une victoire si , au lieu d'attaquer son ennemi en face et à armes égales , et de terminer le différend par sa mort , on se bornait h incendier le pays derrière lui , k lui couper toute retraite, k tout détruire au- . tour de lui? On réussit bien, par de tels moyens, k briser le courage de son adversaire ; mais on n'atteint point au but pour cela ; l'ennemi n'est pas anéanti , il est encore Ik, et quand il a pu ravitailler ses magasins, il redressera de nouveau la tôte, plus farouche qu'il n'était auparavant. Cependant le pauvre pays, tout innocent qu'il est de la querelle, est tellement ruiné, qu'il ne pourra s'en relever de longtemps. Voilk ce qui arrive k l'allopathie , dans les maladies chroniques, lorsque^ sans guérir la maladie, elle ruine et détruit l'organisme par des attaques indirectes contre d'innocents organes éloignés du siège de celte dernière. Voilk les résultats, dont elle n'a pas sujet de tirer vanité.

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n est vrai que^ par ces fausses attaques, la maladie, quand elle était aiguë, et que par conséquent son cours ne pouvait point être de langue durée, se transporte sur des parties éloignées et non semblables à celles qu'elle occupait d* abord ; mais elle n'est point guérie. II n'y a rien dans ce traitement révolutionnaire qui se rapporte d'une manière directe et immédiate aux organes primitivement malades, et qui mérite le titre de guérison. Si l'on s'était abstenu de ces atteintes fâcheuses portées à la vie du restant de l'organisme, on aurait souvent vu la maladie aiguë se dissiper seule, d'une manière même plus rapide, en laissant moins de souffrances après elle, en causant une moins grande consommation de forces. On ne peut d'ailleurs mettre ni le procédé suivi par la grossière nature, ni sa copie allopathique, en parallèle avec le traitement homœopathique, direct et dynamique, qui, ménageant les forces, éteint la maladie d'une manière immédiate et rapide.

Mais, dans l'immense majorité des maladies, dans les affections chroniques, ces traitements perturbateurs, débilitante et indirects de l'ancienne école ne produisent presque jamais aucun bien. Leur effet se borne à suspendre pour un petit nombre de jours tel ou tel symptôme incommode, qui revient aussitôt que la nature s'est accoutumée à l'irritation éloignée ; la maladie renaît plus fôcheuse, parce que les douleurs antagonistes (1) et d'imprudentes évacuations ont afffaibli l'énei^e de la force vitale.

(i) Quel résultat favorable ont jamais eu ces cautères si souTent employés, qui répandent au loin leur odeur fétide? Si, dans les premiers quinze jours, tant qu^ils ne causent point encore beaucoup de don-

Tandis que la plupart des allopathistes, iuiitant d'une manière générale les efforts salutaires de la grossière nature livrée à ses propres ressources, introduisaient ainsi dans la pratique ces dérivations soi-disant utiles, «j

que chacun variait au gré des indications suggérées i

par ses propres idées^ d'autres, visant à un but plus élevé encore, favorisaient de tout leur pouvoir la tendance que la force vitale montre, dans les maladies, à se débarrasser par des évacuations et des métastases antagonistes, cherchaient en quelque sorte à la soutenir en activant ces dérivations et ces évacuations, et • s'imaginaient pouvoir d'après cette conduite s'arroger le titre de ministres de la nature.

Comme il arrive assez souvent, dans les maladies chroniques, que les évacuations provoquées par la nature procurent quelque peu de soulagement dans des cas de douleurs aiguës, de paralysies, de spasmes, etc., l'ancienne école s'imagina que le vrai moyen de guérir les maladies, était de favoriser, d'entretenir ou même d'augmenter ces évacuations. Mais elle ne s'aperçut pas que toutes les prétendues crises produites par la nature abandonnée à elle-même ne procurent qu'un soulagement palliatif et ^e courte durée, et que, loin de contribuer à la véritable guérison, elles aggravent au contraire le mal intérieur primitif, par la consommation qu'elles font des forces et des humeurs. Jamais

leurs, ils semblent, par antagonisme, diminuer légèrement une maladie chronique, plus tard, quand le corps s*est habitué k la douleur, ils n'(Mit plus d^autre effet que d'afiaiblir le malade et d'ouvrir ainsi un diampplusyaste à raiTection chronique. Se IrouYerait-il donc encore, au dix-neuvième siècle , des médecins qui regarderaient ces exutoires comme de^égouts par lesquels «Réchappe la matière peccante? On serait presque tenté 4b le croire.

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on n'a vu de pareils eftbrts d'une nature grossière procurer le rétablissement dui*able d'un malade ; jamais ces évacuations excitées par l'organisme (1) n'ont guéri de maladie chronique. Au contraire, dans tous les cas de ce genre, on voit, après une courte amélioration, dont la durée va toujours en diminuant, l'affection primitive s'aggraver manifestement, et les accès revenir plus fréquents et plus forts, quoique les évacuations ne discontinuent point. De même, quand la nature, abandonnée à ses propres moyens dans les affections chroniques internes qui compromettent la vie, ne sait se porter secours qu'en provoquant Tapparition de symptômes locaux externes, afin de détourner le danger des organes indispensables à l'existence, en le reportant par métastase sur ceux qui ne le sont pas, ces effets d'une force vitale énergique, mais sans intelligence, sans réflexion, sans prévoyance, n'aboutissent à rien moins qu'à un amendement réel, à la guérison; ce ne sont que des palliations, de courtes suspensions impo* sées à la maladie interne, anx dépens d'une grande partie des humeurs et des forces, sans que l'affection primitive ait rien perdu de sa gravité. Ils peuvent tout au plus, sans le concours d'un véritable traitement homœopathique, retarder la mort, qui est inévitable.

L'allopathie de l'ancienne école, non contente d'exagérer beaucoup les efforts de la grossière nature, en donnait une très-fausse interprétation. S'imagifiantà tort qu'ils sont vraiment salutaires, elle cherchait à les favoriser, à leur donner un plus grand développement, dans l'espoir de parvenir ainsi à détruire le mal tout

(1) Les évacualioDS provoquées par l'art ne Tont jamais fait non plus.

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entier et à procurer une guérisibn radicale. Lorsque^ dans une maladie chronique, la force vitale paraissait amender tel ou tel symptôme f&cheux de F état intérieur, par exemple au moyen d'un exanthème humide, alors le soi-disant ministre de la nature appliquait un épispastique ou tout autre exutoire sur la surface suppurante qui s'était établie, pour tirer de la peau une quantité d'humeur plus grande encore, et aider ainsi la nature à guérir en éloignant du corps le principe morbifîque. Mais tantôt, quand Faction du moyen élait trop yiolente, la dartre déjà ancienne, et le sujet trop irritable , F affection externe augmentait beaucoup, sans profit pour le mal primitif, et les douleurs, devenues plus vives, ravissaient le sommeil au malade, diminuaient ses forces, souvent même déterminaient Fapparition d'un érysipèle fiévreux de mauvais caractère ; tantôt, Iwsque le remède agissait avec plus de douceur sur Faffection locale, encore récente peut-être, il exerçait une sorte d'homœopathisme externe sur le symptôme loc&l que la nature avait fait naître à la peau pour soulager Faffection interne, renouvelait ainsi cette dernière, à laquelle se rattachait un plus grand danger, et exposait la force vitale, par cette suppression du symptôme local, à en provoquer de plus fâcheux sur quelque partie noble. Il survenait en remplacement une ophthalmie redoutable, la surdité, des spasmes d'estomac, des convulsions épileptiques, des accès de suffocation, des attaques d'apoplexie, des maladies mentales, etc. (1).

(1) Ce sonllk les suites naturelles de la suppression des symptômes locaux dont il s^agit , suites que le médecin allopathisle regarde souvent •tomme deis maladies tout à fait différente» et nouveiles.

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