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La même prétention d'aider la forit^e Yitale dans ses efforts curatife^ portait le ministre de lii nature, quand la maladie faisait affluer le sang dans les veines du rectum ou de Fanus (hémorrhoides boires), à recourir aux applications de sangsues, souvent en grand nombre, afin d'ouvrir une issue au sang de ce côté. L'émission sanguine procurait un court amendement, quelquefois trop léger pour mériter qu'on en parlât ; mais elle affaiblissait le corps, et donnait lieu à une congestion plus forte encore vers l'extrémité du canal intestinal, sans apporter la moindre diminution au mal primitif.
Dans presque tous les cas où la force vitale malade cherchait à évacuer un peu de sang par le vomissement, l'expectoration, etc., afin de diminuer la gravité d'une affection interne dangereuse, on s'empressait de prêter main-forte à ces prétendus efforts salutaires de la nature, et on tirait du sang delà veine en abondance; ce qui n'était jamais sans inconvénient pour la suite, et affaiblissait manifestement le corps.
Lorsqu'un malade était sujet à de fréquentes nausées, sous prétexte d'entrer dans les vues de la nature, on lui prodiguait des vomitifs, qui jamais ne faisaient de bien, mais souvent entraînaient des suites fâcheuses, des accidents graves, la mort même.
Quelquefois la force vitale, pour apaiser un peu le mal interne, provoque des engorgements froids dans les glandes extérieures. Le ministre de la nature croit bien servir sa divinité en amenant ces tumeurs à suppuration par toutes sortes de frictions et d'applications échauffantes, pour ensuite plonger T instrument tran-* chant dans l'abcès parvenu à maturité, et faire écou-
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1er la matière peccante au dehors. Mais l'expérience a mille et mille fois appris quels sont les maux interminables qui, presque sans exception, résultent de cette
pratique.
Comme Fallopathiste a vu souvent de grandes souffrances^ être un peu soulagées, dans les maladies chroniques, par des sueurs nocturnes survenues spontanément ou par certaines déjections naturelles de matières liquides, il se croit appelé à suivre ces indications de la nature ; il pense même devoir seconder le travail qui se fait sous ses yeux, en prescrivant un traitement sudorifique complet, ou F usage continué pendant plusieurs années de ce qu'il appelle des laxatife doux, afin de débarrasser plus sûrement le malade de l'affection qui le tourmente. Mais cette conduite de sa part n'a jamais qu'un résultat contraire, c'est-à-dire qu'elle aggrave toujours la maladie primitive.
Cédant à l'empire de cette opinion qu'il a embrassée sans examen, malgi*é son défaut absolu de fondement, fallopathiste continue à seconder (1) les efforts de la
(I) Iln^est pas rare, cependant, que l'ancienne école se permeUe une marcbe inverse, c'est-à-dire que, quand les efforts de la force vitale tendant;h soulager le maljnlerne par des évacuations ou par la provocation de symptômes locaux à l'extérieur, portent évidemment préjudice au malade, elle déploie contre eux tout l'appareil de ses répercussifs : qu'ainsi elle combatte les douleurs chroniques , l'insomnie et les diarrhées anciennes, par l'opium k fortes doses, le vomissement par des potions eiTervescentes , les sueurs fétides des pieds par des pédiluves froids et des fomentations astringentes, les exanthèmes par des prépa* rations de plomb et de zinc , les hémorrhagies utérines par des injections de vinaigre , les sueurs coliquatives par le pelit-lait aluné , les pollutions nocturnes par une grande quantité de camphre, les accès de chaleur au corps et au visage parle nitre, les acides végétaux et l'acide salfurique,lessaignementsde nez par le tamponnement des narines avec
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force vitale malade , à exagérer même les dérivations et évacuations, etqai ne conduisent jamais au but, mais bien à la mine des malades, sans s'apercevoir que toutes les affections locales, évacuations et apparentes dérivations, qui sont des effets provoqués et entretenus par la force vitale abandonnée à ses propres re$iSOurces afin de soulager un peu la maladie primitive, font ellesmêmes partie de l'ensemble des symptômes de la maladie, contre la totalité desquels il n'y aurait eu de remède véritable et expédilif qu'un médicament choisi d'après l'analogie des phénomènes déterminés par son action sur l'homme bien portant, ou, en d'autres termes, qu'un remède homœopathique.
Comme tout ce que la grossière nature opère pour se soulager dans les nraladies, soit aiguës, soit surtout chroniques, est déjà fort imparfait, et constitue même déjà une maladie, on doit bien penser que les efforts de l'art travaillant dans le sens même de cette imperfection, pour en accroître les résultats, nuisent encore davantage, et que, du moins dans les nialadies aiguës, ils ne peuvent remédier à ce que les tentatives de la nature ont de défectueux, puisque le médecin, hors d'état de suivre lei? voies cachées par lesquelles la force vitale accomplit ses crises, ne saurait opérer qu'à l'extérieur, par des moyens énergiques, dont les effets
des bourdonnels imbibés d'alcool ou de liqueurs astringentes, des ulcères aux membres inférieurs par les oxydes de zinc et de plomb, etc. Mais des milliers défaits attestent combien sont tristes les résultats de cette pratique. L'adepte de Tancienne école se vante, de vive ?oiz et par écrit , d'exercer une médecine rationnelle et de rechercher la cause ' des maladies, pour guérir toujours radicalement. Or, le YOilU ici qui ne combat qu'un symptôme isolé , et toujours au grand détriment du
malade.
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S'ont moins bienfaisants que ceux de la nature livrée à elle-même, mais en revanche plus perturbateurs et plus funestes. Car ce soulagement incomplet que la nature parvient à procurer par des dérivations et des crises, il ne peut point y arriver en suivant la rnêtne route ; il reste encore, quoi qu'il fasse, bien au-dessous de ce misérable secours, qu'au moins la force vitale abandonnée à ses propres ressources a la faculté de porter.
On a cherché, en sacrifiant la membrane pituitaire, à produire des saignements de nez imitant les hémorrhagies nasales naturelles, pour apaiser, par exemple, les accès d'une céphalalgie chronique. Sans doute on pouvait ainsi tirer assez de sang des narines pour affaiblir le malade; mais le soulagement était bien moindre que celui qui avait eu lieu dans un autre temps oîi, de son propre mouvement, la force vitale instinctive avait fait couler seulement quelques gouttes de sang.
Une de ces sueurs ou diarrhées dites critiques, que la force vitale, sans cesse agissante, excite à la suite d'une incommodité soudaine provoquée par le chagrin, la frayeur, un refrmdissemeut, une courbature, a bien plus d'efficacité pour disSiper, momentanément au moins, les souffrances aiguës du malade, que tous les sudorifiques ou putatifs d'une officine, qui ne font que rendre plus malade. L'expérience journalière ne permet pas d'en douter.
Cependant la force vitale même que* d'une manière organiqoe de notre corps, si flexion, sans jugement, n ^MMir que nous la regardions
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suivre dans la guérisoa des maladies, ni moins encore pour que nous imiiions servilement les efforts incomplets et maladifs qu'elle fait pour ramener là sauté, en y ajoutant même des actes phis contraires que lessieus au but qu'où se propose d'atteindre, pour que nous nous épai^nîons les ^is d'intelligence et de réflexion nécessaires à la découverte du véritable art de guérir, enfin pour que nous mettions à la place du plus noble de tous les arts homains une mauvaise copie des se- «ours peu efficaces que la grossière nature est en état de donner, quand on l'abandonne à ses seules ressources.
Quelhommedebonsens voudrait l'imiter dans sesefforts conservateurs t Ces efforts sont précisément la maladie elle-même, et c'est la force vitale morbidement affectée qui crée la maladie qu' on aperçoit ! L' art doit donc de toute nécessité augmenter le mal quand il l'imite daus ses procédés, ou susdler des dangers quand il supprime ses efforts. Or l'allopathie fait Tua et l'autre. Et c'est là ce qu'elle appelle une médecine rationnelle ! Non I celte force innée chez l'homme, qui dirige la vie de la manière la plus parfaite pendant la santé, dont la présence se fait sentir également dans toutes les parties de l'organisme, dans la fibre sensible comme daos la fibre irritable, et qui est le ressort infatigable do toutes les fonctions nonnales du corps, n'a point été créée pour se porter secours à elle-même dans les !r une médecine digne d'imiroédedne, œuvre' de réflexion une création de l'esprit hulutomatique énergie de la force ir la maladie à des actions anor-
maies, sait^^au moyen d'un remède homceopaihique, lui imprimer une modification morbide analogue, mais un peu plus forte, de manière que la maladie naturelle ne puisse plus influer sur elle, et qu'après la dispari tion^ qui ne^se fait pas attendre longtemps, de la nouvelle maladie provoquée par le médicament, elle revienne aux conditions de Fétat normal, à sa destination de présider au maintien de la santé, sans avoir souffert, durant cette conversion, aucune atteinte douloureuse ou capable de l'affaiblir. La médecine homœopathique enseigne les moyens d'arriver à ce résultat.
Un assez grand nombre de malades traités d'après les méthodes de l'ancienne école qui viennent d'être pas-* sées en revue, échappaient à leurs maladies, non pas dans les cas chroniques (non vénériens), mais dans les cas aigus, qui présentent moins de danger. Cependant, ils n'y parvenaient que par des détours si pénibles, et d'une manière souvent si imparfaite, qu'on ne pouvait dire qu'ils fussent* redevables de leur guérison à l'influence d'un art doux dans ses procédés. Dans les circonstances où le danger n'avait rien de bien pressant, tantôt on se contentait de réprimer les maladies aiguës par des émissions sanguines ou par la suppression d'un de ieurs principaux symptômes, au moyen d'un palliatif énantiopathique, tantôt aussi on les suspendait par des irritants et révulsi& appliqués sur des points autres que l'organe malade, jusqu'à ce que le cours de leur révolution naturelle lût achevé, c'est-à*dire qu'on leur opposait des moyens détournés entraînant une déperdition de forces et d'humeurs. En agissant ainsi, la plus grande partie de ce qui était nécessaire pour écarter ent^rement la maladie et réparer les pertes
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éprouvées par le sujet, restait à faire à la force conservatrice de la vie. Celle-ci avait donc à triompher et du mal aigu naturel, et des suites d'un traitement mal dirigé. C'était elle qui , dans certains cas désignés par le hasard seul, avait à déployer sa propre énergie pour ramener les fonctions à leur rhythme normal, ce qu'elle n'opérait souvent qu'avec peine, d'une manière incomplète, et non sans accidents de nature diverse.
Il est douteux que cette marche, suivie par la méde* cine actuelle dans les maladies aiguës, abrège ou facilite réellement un peu le travail auquel la nature doit selivrerpour amener la guérison, puisque niFallopathie ni la nature ne peuvent agir d'une manière directe, puisque les méthodes dérivative et antagoniste de la médecine ne sont propres qu'à porter une atteinte plus profonde à l'organisme et à entraîner une plus grande perte de forces.
L'ancienne école a encore une aiftre méthode curative, celle qu'on appelle excitante et fortifiante (1), et qui procède à l'aide de substances dites excitantes, nervines, toniques, confortantes, fortifiantes. On a lieu d'être surpris qu'elle ose tirer vanité de cette méthode.
Est-elle jamais parvenue à dissiper la faiblesse qu'engendre et entretient ou augmente si souvent une maladie chronique, en prescrivant, ainsi qu'elle l'a fait tant de fois, le vin du Rhin ou celui de Tokayî Comme cette méthode ne pouvait guérir la maladie chronique, source de la faiblesse, les forces du malade baissaient
(1) Elle est, h, proprement parler, énantiopalhique , et je reviendrai encore sar son compte dans le texte derORGisoN (S 59).
d'autant plus qu'on lui faisait prendre davantage de vio^ parce qu'à des excitations artificielles, la force vitale oppose un relâchement pendant la réaction.
A-t-on jamais vu le quinquina, ou les substances disparates qui portent le nom collectif d'amers, redonner des forces dans ces cas, qui sont si fréquents? Ces produits végétaux, qu'on prétendait être toniques et fortifiants en toutes circonstances, n'avaîent-ils pas, de même que les préparations martiales, la prérogative d'ajouter souvent de nouveaux maux aux anciens, par suite de leur action morbifique propre, sans pouvoir faire cesser la faiblesse dépendante d'une ancienne maladie inconnue?
Les onguents nervins, ou les autres topiques spiritueux et balsamiques, ont-ils jamais diminué d'une manière durable, ou même seulement momentanée, la paralysie commençante d'un bras ou d'une jambe, qui procède, comme il arrive si souvent, d'une maladie chronique, sans que celle-ci elle-^même ait été guérie ? Les commotions électriques et galvaniques ont-elles jamab eu d'autre résultat, en pareille circonstance, que de rendre peu à peu plus intense et finalement totale la paralysie de l'irritabilité musculaire et de l'excitabilité nerveuse (2)?
Les excitants et aphrodisiaques tant vantés, l'ambre
(l)tJa pharmacien avait une pile vollaïque dont les décharges mod(>rées amélioraient pour quelques heures la situation des personnes atleinlesde dureté d^ouïe. Bientôt cej» secousses demeuraient sansefTet, et Ton était obligé, pour obtenir le même résultat, de les rendre plu9 fortes , jusqu'à ce qu'k leur tour celles-ci devinssent inefficaces. Après quoi les plus violentes avaient bien encore, dans les commencements, la faculté de rendre l'ouïe pour quelques heures aux malades , mais fmissaienl par les hisser en proie k une surdité absolue.
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gris, la teinture de eantharides, les truffes^ les cardamomes, la cannelle et la vanille, ne finissent-ils pas constamment par convertir en une impuissance totale Taffaiblissement graduel des facultés viriles, dont la cause est, dans tous les cas, un miasme chronique inaperçu?
Comment peut-on se vanter d'une acquisition de force et d'excitation qui dure quelques heures, quand le résultat qui s'ensuit amène à demeure l'état contraire, d'après les lois de la nature de tous les palliatifs?
Le peu de bien que les excitants et fortifiants procurent aux personnes traitées de maladies aiguës d'à près Fancienne manière, est mille et mille fois surpassé par les inconvénients qui résultent de leur usage dans les maladies chroniques.
Quand l'ancienne médecine ne sait comment s'y prendre pour attaquer une maladie chronique, elle use en aveugle des médicaments qu'elle désigne sous le nom d'altérants. Elle a recours aux mercuriaux, au calomélas, au sublimé corrosif, à Tonguent mercuriel, redoutables moyens qu'elle estime par-dessus tout, jusque dans les maladies non vénériennes, et qu'elle dispense avec tant de prodigalité, qu'elle fait agir pendant si longtemps sur le corps malade, que la santé finit par être ruinée de fond en comble. Elle détermine bien de grands (Changements ; mais ces changements ne sont jamais favorables, et constamment la santé se trouve détruite sans ressource par un métal qui est pernicieux au plus haut dejgré toutes les fois qu'on ne fiait pas le placer à propos.
Lorsque, dans toutes les fièvres intermittentes épidémiques, souvent répandues sur de vastes contrées, elle prescrit à hautes doses le quinquina, qui ne gué-
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ril homœopathiquement que la véritable fièvre intermittente des marais, en admettant même que la psore ne s'y oppose point, elle donne une preuve palpable de sa conduite légère et inconsidérée, puisque jces fièvres affectent un caractère différent chaque fois pour ainsi dire qu'elles se représentent, et qu'en conséquence elles réclament presque chaque fois aussi un autre remède homœopathique, dont une très-petite dose, unique ou répétée, suffit alors pour les guérir radicalement en quelques jours. Comme ces maladies reviennent par accès périodiques, comme l'ancienne école ne voit autre chose que le type dans toutes les fièvres intermittentes, comme enfin elle ne connaît et ne veut connaître d'autre fébrifuge que le quinquina, elle s'imagine que, pour guérir ces fièvres, il lui suffit d'en éteindre le type par des doses accumulées de quinquina ou de quinine, ce que l'instinct irréfléchi, mais ici bien in* spire, de la force vitale cherche souvent pendant des mois entiers à empêcher. Mais le malade, dupé par ce traitement fallacieux, ne manque jamais, après qu'on a supprimé le type de sa fièvre, d'éprouver des souffrances plus vives que celles qui lui étaient causées par cette fièvre elle-même. 11 devient blême et asthmatique, ses hypochondres semblent étreints par une ligature, il perd l'appétit, son sommeil n'est jamais calme, îl n'a ni force ni courage, l'enflure s'empare souvent de ses jambes, de son ventre, même de son visage et de ses mains. Il quitte ainsi l'hôpital, guéri, à ce qu'on prétend, et fort souvent des années d'un traitement hoipœopathique pénible sont ensuite nécessaires, non pas même pour le rendre à la santé, mais seulement pour l'arracher à la mort.
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L'ancienne école tire vanité dé ce qu'avec le se* cours de la valériane; qui en pareil cas agit comme moyen antipathique, elle parvient à dissiper pour quelques heures la morne stupeur dont les fièvres nerveuses sont accompagnées. Mais comme le résultat qu'elle obtient n'a pas de durée, comme elle est obligée d'accroître incessamment la dose de valériane pour ranimer le malade pendant quelques instants, elle ne tarde pas à voir les plus fortes doses même ne plus produire le résultat qu'elle espère, tandis que la réaction déterminée par une substance dont l'impression stimulante n'est qu'un simple eflFet primitif, paralyse entièrement la force vitale, et dévoue le malade à une mort prochaine, que ce traitement prétendu rationnel rend inévitable. Cependant l'école ne voit pas qu'elle tue à coup sûr en pareil cas, et elle n'attribue la mort qu'à la malignité de la maladie.
Un palliatif peut-être plus redoutable encore est la digitale pourprée, dont l'école régnante se montre si fière, quand elle veut ralentir le pouls dans les maladies chroniques. La première dose de ce moyen puisrsant, qui agit ici d'une manière énantiopathique, diminue assurément le nombre des pulsations artérielles pendant quelques heures ; pais le pouls ne tarde pas à reprendre sa vitesse. On augmente la dose, pour obtenir qu'il se ralentisse encore un peu, ce qui a lieu en effet, jusqu'à ce que des doses de plus en plus fortes n'opèrent plus rien de semblable, et que, pendant la réaction, qu'on finit par ne pouvoir plus empêcher, la vitesse du pouls soit bien supérieure à ce qu'elle étiiit avant l'administration de la digitale ; le nombre des pulsations s'accroît alors à tel point qu'on ne peut plus
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les compter^ Te malade n'a plus le moindre appétit, il a perdu toutes ses forces, en un mot il est devenu un véritable cadavre. Nul de ceux qu'on traite ainsi n'échappe à la mort, si ce n'est pour tomber dans-une manie incurable (1). '
Voilà comment Fallopatliiste dirigeait ses traitements. Mais les malades étaient obligés de se ployer à ^ette triste nécessité, puisqu'ils n'auraient rien trouvé de mieux chez les autres médecins, qui tous avaient puisé leur instruction à la même source impure.
La cause fondamentale des maladies chroniques non vénériennes et les moyens capables de les gqérir demeuraient inconnus à ces praticiens, qui se pavanaient de leurs cures dirigées, suivant eux, contre les causes*, et du soin qu'ils disaient prendre de remonter, dans leur diagnostic, à la source de ces affections (2). Comment auraient-ils pu guérir le nombre immense des maladies chroniques avec leurs méthodes indirectes, imparfaites et dangereuses imitations des efforts d'une force vitale automatique, qui n'ont point été destinées à devenir des modèles de la conduite à tenir en médecine?
Ils l'^ardaient ce qu'ils croyaient être le caractère
{i)FA cependant l'un des corypliées de l'ancienne école , Hufeland , vante encore la digitale pour remplir celle indication. « Personne ne niera , dit-il , que la trop grande énergie de la circulation ne puisse élre apaisée par la digitale. » L'expérience journalière nie cet effet de la part d'un remède énantiopathique héroïque.
(2) C'est en vain qu'Hufeland veut faire honneur k sa vieille école de
se limiter k cette recherche ; car on sait qu'avant la publication de mon
TraUé des maladies chroniques (Paris, 1852, 2 vol. in-8) , l'allopathie
.avaitignorépendant vingt-cinq siècles la vraie source de ces affections.
JN'avail-elle doijc pas dû leur en assigner une autre, qui élait fausse ?