‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 41 sur 73 · GUÉRISONS HOMOEOPATHIQUES · texte numérisé non relu

GUÉRISONS HOMOEOPATHIQUES

phagédénique, avec la clématite (1), .après avoir recomm liiî-même (2) que cette plante a le pouvoir de faire naître une éruption psorique wr tout le corps. "

Si Feuphraise a guéri, d'après Murray.(3), la lippi-

tude» et une espèce d'ophthalmie, comment a-^selle pu

.amener ce résultat, sinon par la faeulté que Lobel (4) a

remarquée en elle .-d^exciter ime sorle d'inflamçiation

des.yeuxî .

P'après'J. H. Lange (5)^ la noix muscade s'est montrée fort efficace dans les évanouissements hystériques. La cause naturelle de ce phénomène est homœopathique,, et tient à ce que la noix muscade, quand on en donne uxie forte dose à tui homme bien portant, donne lieu, suivant J. Schmid (6) et GuUen (7), à Témpussèment des sens «t à une insensibilité générale.

L'ancienne coutume d'employer l'eau de rose à l'extérieur contre les ophthalmies, semble un témoignage tacite de l'existence d'une propriét^.jBurative dés maux d'yeux danslesflejir^du rosier. Elle repose sur la vertu . homœopathique qu'ont ces fleurs d'exciter par ellesmêmes uiie espèce d'ophthalmie, effet que J: Bchtius (8), Lodél(9).etRau(10)léurontréellement vu produire. .

Si le .sumac*. Vénéneui a la.propriété, d'après, de

(1) Lib. de flamm, >©»&. Vienne , 1769, càp. i3. • (2) /6i<l. , cap. 33.

(3) Appar. medicaminum, //, p. 221. .

(4) SHrp. adversar, , p: 219.

(tiyDomeft, BrunstHc. 136. • '

(6) WUç. tuU. cur. y dec. II ^ ann. 2, obs, 120.

(7> TraUé de fnatière médicale , Paris , 1790 , t.- U , p^ 21 6.

(8) M. 'Adâmi , FUm germanorum^ medicorum, Haidelbergae, 1620, . Pag- 72. ...

(9) Mise, nat curios. , dec. II, ann, 2 , obs. 1 40. * (10). Ueber de fVerth des homceop. Heilverf. , p» 73,

DUtS AU HAlSARD.

RqsBi (l)i Van ^ou8 (a), J. Moirti (3), •Sybèl(.4)et autiîes de faire naître sur le corps dès boutons qui peu à peu le - couvrent tout entieT, on .conçoit aisément d'âpre cela que cette plante ait pu guérir homœopathiquement . quelquefs espèces de dartres, comme Dufrësnoy et Van Mons nous apprennent qu'elleVa fait réellement*. Qu'estr ce qui a donné au «umac vénéneux, dans un cas cité . . par Àlderson (5), le' pouvoir de guérir une paralysie des membres inférieurs, accompagnée d'âffaiblisse^ ment des Ëicultés intellectuelles, si ce n'est la faculté dont il jouit évidemment par lui-même de produire un affaissement total des forces muscidaires, en . égarant l'esprit du ^ùjet au point de lui faire croire qu'il va * mourir, comme l'a vu Zadig (Ç) ? ' ; Selon Carrère (7)^1^ dôuce-âmère a guéri les plus ; . violentes maladies causées par le refroidissement. Ce ne peut être que parce que cette herbe est très-sujette à produire, dans les. temps £^ids et humides^ des in- •commodités semblables à celles qui résultent d'un ré-r frôidissement , ainsi que l'ont remarqué Carrèrè luimême (8) et Starcke (9), Frîtze (10) a vu ladouce-amère

. (i) Obsl de nonntUlis plantis qtix pro venenatis habentur. Pise, . J767. \

(2) Dans Dcfresnot, Ueher den umrzelnden Sumach ^ p. 206.-

(3) Acta InsL Bonon. se. et art. ///, p. 165. (i)lïàDsMed. Ânnakn. y jmWeiiSii. - '

(5) Dans Samml. aus. Abh, /. pr. ASrzêe, xyUI , 1 .

(6) Dans Hufeland's Journal derprakt. HeUk. V, p, 3.

' (7) Carrire ©t. Starcke, JbhandL' ueberdie Eigensohqft des / • 'Nachtsçhattens oder Bittérsùes^e» Icna; 1786 , p. 2Q-23.-

' (8) Carrere et StiMXR, Abhandl. ueberdie Ei^enschttfl des NacKtschaiteiu oder BÛtersuessé, lena, 1786 , p. 20-25. (9> Dans. GâRRERE I {6.

.' * {IQ) Annakn des fUlnishhen Instituts \ IJI, p. 45. .

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faire naître des convulsions, et de Haen (i) lui a également vu produire des convulsions accompagnées de délire. Or, des convulsions accompagnées de délire ont cédé, entre les mains de ce dernier médecin, à de pe- ^ tites doses de douce-amère. On chercherait en vain, dans Tempire des hypothèses, la cause qui fait que la • douce-amère s'est montrée si efficace dans une espèce 'de dartre, sous les yeux die Carrère (â) de Fouquet (3). et de Poupart (4); mais la simple nature, qui demande l'homœopathic pour guérir sûrement, Ta placée tout auprès de nous, dans la faculté qu'a la douce-amère d'exciter de son chef Irf manifestation •d'une espèce de dartre.* Carrère a vu l'usage de cette plante provoquer une éruption dartreuse qui couvrit le corps entier pendant quinze jours (5), une autre qui s'établit aux main§ (6); et une troisième qui fixa son siège aux lèvres de la vulve (7).

Ruecker (8) a vu la scrofulaire susciter une anasarque générale. C'est pour cette raison que Gâta-, ker (9) etCirillo (lÔ) sont parvenus avec son secours à guérir (homœopathiquement) une espèce d'hydropisie.

{i) Ratio medendi.i. rv,p. 228. , ' .

(2) Loc. cit, , p. 92. " , *

(3) DansRAZouz ,• Tabliîs nosologiques , p. 275. (4) Traité des dartres. Paris, 1782, p. 184, 192. (5) Loc. cit., p. 96:

{Q) Loc. Ciï.,p. 149.

(7J Z.OC. ciX, p..l64. • . . • •

(8) Commère. lUer. Noric, , 1731, p. 372.

(9) rersuçhe nnd.Bemerk. der Edinb, .Gesellschaft. AUenbojirg, 1762. VII, p. 95,98. •

' (10) ConmlL medichi, t, III , Nâples., 1738., iu-i».

DUBS AU HASAED. 65

Boerbaavc (1), Sydenham (2) et Radcliff (3) n'ont pu guéi'ir une autre espèce d'hydropisie qu'à Taide du sureau, parce que, comme nous l'apprend Haller (4), le sureau détermine une tumé&ction séreuse par sa seule application à l'extérieur du corps.

De Haên (5), Sarcone (6) et Pringle (7) ont rendu hommage à la vérité et à l'expérience en avouant qu'ils avaient guéri des pleurésies avec la scille , racine que sa grande àcreté devait faire proscrire dans une affection de ce genre, où le système reçu n'admet que des remèdes adoucissants, relâchants et rafraîchissants. Le point de côté n'en a pas moins disparu sous l'influence delascille, et par suitedelaloihomceopathique; car J.- C. Wagner (8) avait déjà vu l'action libre de cette plante provoquer une sorte de pleurésie et d'inflammation du poumon.

Un grand nombre de praticiens , D. Cruger, Ray, Kellner, Kaau-Boerhaave et autres (9), ont observé que la pomme épineuse {DeUura Stramonium) excite un délire bizarre et des convulsions. C'est précisément cette &culté de sa part qui a mis les médecin^ en état de guérir, avec son secours, la démoniomanic (10) (délire

(i) HisÉoriaplantamm.P. l, p. 207.

(2) Opéra medica, p. 496.

(3) Dans Haller, Àrzneindttellehre , p. 349.

(4) ViCAT , Plantes vénéneuses de la Suisse , Yverdon, 1776, p. 425.

(5) Ratiomedendi^V. I, p. 13.

(6) Maladies ofiservées à Naples , Lyon , 1804, 1. 1, p. 166.

(7) Obs. sur les maladies des armées, ^aris, 1793, p. 127.

(8) ObservationesclinicsR, Lubeck, 1737.

(9)C. Cruger, dans. Vte.nar.cttr., dec. III, ann. 2, obs. 88. — Kaau- Boerhaave, Impetumfaciens. Leyde, 1745 , p. 282. — Kellner , dans BresL Samml. ^iT^,

(10) yechos%r\flfor Lsekare, VI, p. 40.

66 GU^RISOnS HOMOEOPATHIQUES

fantasque, accompagné de spasmes dans les membres) et autres convulsions, comme l'ont fait Sidren (i), et Wedenberg (2). Si, entre les mains de Sidren (3), elle a guéri deux chorées, qui avaient été déterminées, Tune par la fi^ayeur, l'autre par la vapeur du mercure, c'est qu'elle a par elle-même la propriété d'exciter des mouvements involontaires dans les membres, comme l'ont remarqué Kaau^oerhaave «t Lobstein. Diverses observations, celles entre autres de Schenck, établissent qu'elle peut détruire la mémoire en très-peu de temps ; il n'est donc pas surprenant qu'au dire de Sauv£^$ et de Schinz, elle possède la vertu de guérir l'amnésie. Elnfin (4) Schmak est parvenu à guérir au moyen de cette plante une mélancolie qui alternait avec la manie, parce qu'au dife de Da Costa (5) elle a le pouvoir de provoquer un état de choses analogue chez l'homme sain auquel on l'administre.

Plusieurs mé4ecins, comme Percival, StahletQuarin, ont observé que l'usage du quinquina occasionnait des pesanteurs d'estomac. D'autres ont vu cette substance produire le vomissement et la diarrhée (Morton, Friborg, Bauer et^Quarin), la syncope (D. Gruger et Morton), une grande faiblesse, une sorte de jaunisse (Thomson, Richard, StahletC.-E. Fischer), Tamertume de la bouche (Quarin et Fischer); enfin la tension du bas-ventre. Or c'est précisément lorsque ces incommodités et ces états morbides se trouvent réunis dans les

{\) Diss, de siramonii usu in malis convulsîvis, [fpsal, 1775.

(2) Diss. de siramonii ttsu, Ups,, i773.

(.>) Diss. morborum casus , spec, I. Ups, , \ 785.

(4) Chir. und medizîn, f^orfaelle, Lcipzick , 1781 , p. 178.

(5) Dans ScaETOX, I, obs. 139.

fièvres intermittentes que Torti etCleghom recommandent de n'avoirr ecours qu'au seul quinquina. De même, Vexnploi avantageux qu'on fait de cette écorcedansTétat d'épuisement, les digestions laborieuses et le défaut d'appétit, qui restent à la suite des fièvres aiguës, surtout quand on les a traitées par ki saignée, les évacuants et les débilitants, se fonde sur la propriété qu'elle a de produire une prostration extrême des forces, d'anéantir le corps et l'àme, de rendre la digestion pénible et de suppiîmer l'appétit, ainsi que l'ont obsei-vé Qeghorn, Friborg, Cruger, Romberg, Stahl, Thomson et autres.

Comment aurait-on pu arrêter plus d'une fois des flux de sang avec l'ipécacuanha, ainsi que Baglivi, Barbeyrac, Gianella, Dalberg, Bergius et autres y sont parvenus, si ce ^médicament ne possédait pas de son chef même la faculté d'exciter des hémorrhagies, ce qu'ont en eflTet remarqué Mun*ay, Scott et Geoffroy ? Comment pourrait-il être aussi saluttiire dans l'asthme, et surtout dans l'asthme spasmodique , qu'Àkenside (1), Meyer (2), Bang (3), StoII (4), Fouquet (5) et Ranoë (6) nous le dépeignent, s'il n'avait pas par lui-même la faculté de produire, sans exciter aucune évacuation, l'asthme en général, et l'asthme spasmodique en particulier, que Murray (7), GeoflFroy (8) et Scott (9) ont vu

(i ) Médical Trans. , I , n° 7 , p. 39.

(2) Dis$. de ipecac. réfracta dosi usu , p. 34.

(3) Praxis medica, p. 346.

(4) Prœlecliones j p. 221.

. (5) Journal de médeciac, Paris, i 784, 1. G2^ p. 137. (6) Dans ^ct, reg. soc, med. H(tfn, II, p. 163. lll, p. 561. {!) Medic. pract. BihL^. 237.

(8) Traité de la matière médicale, Paris, 1757, II, p. 137.

(9) Dans Med. comment o/Edinb. IV , p. 74.

68 GUÉRISONS HOMOBOPATHIQUES

naître de son action sur l'économie î Peut-on exiger des preuves plus claires que les médicaments doivent être appliqués à la guérison des maladies en raison des effets morbides qu'ils produisent?

n serait impossible de comprendre comment la fève Saint-Ignace a pu être aussi efficace dans une espèce de oonvulsion, que l'assurent Herrmann (1), Yalentin (2l) et un écrivain anonyme (3), si elle n'avait pas d'ellemême le pouvoir de provoquer des convulsions sem- . blables, ainsi que Bergius (4), Camelli (5) et Durius (6) s'en sont convaincus.

Les personnes qui ont reçu des coups et des contusions éprouventdes points de côté, des envies de vomir, des élancements et des ardeurs dans les hypochondres, le tout accompagné d'anxiété et de tremblements, de soubresauts involontaires, semblables à ceux que provoquent les commotions électriques, pendant la veille et pendant le sommeil, des fourmillements dans les parties sur lesquelles T atteinte a porté, etc. Or l'arnica pouvant produire par elle-même dqs symptômes semblables, comme l'attestent les observations de Meza, Vicat, Crichthon, Collin, Àaskow, StoUetJ. C. Lange, on conçoit sans peine que cette plante guérisse les accidents provenant d'un coup, d'une chute, d'une contusion, ainsi qu'une foule de médecins et despeu|des entiers en ont fait l'expérience depuis des siècles.

(1) Ctfnosuramat. med, II, p. 23i.

(2) Hist. simplic. reform.,^. i94 ,§ 4.

(3) Dans Âct. BeroL , dec. H , vol. 10 , p. i!2.

(4) Materiamedica , p. 150.

(5) Philos, trans., vol. XXI , n« 250.

(6) MiscelL nat. cur,, dec. III, a««. 9, 10.

ntn» AD HASABD. 69

Parmi led désoréreB que la bellaâonne provoque chez r homme bien portant, se trouvent des symptômes dont Vensemble compose une image qui ressemble beaucoup à Vespèce d'hydrophobie causée par la morsure d*un chien enragé, maladie que Mayerne (1), Munch (2), Btaobbolz (3) et Neimike (4) ont réellement et parfaitensBiit guérie avec cette plante (5). Le sujet cherche en vain le sommeil ; il a la respiration gênée ; une soif ardente et accompagnée d'anxiété le dévore ; à peine lui présente^t-on des liquides qu'aussitôt il les repousse , son visage est rouge, ses yeux sont fixes et étincelants (F, C. Grfanm) ; il éprouve de la suffocation en buvant (E. Camerarius et Sauter); en général, il est incapable de rien avaler (May, Lottinger, Sicelius, Buchave, D'Hermont, Manetti, Vicat, Cullen); il éprouve alternativement de la frayeur et des envies de mordre les

(1) Praxeos in morbis intemis syntagma alterum. Vienne, 1697 , p. 136.

(2) Beobachtungen hey angewendeter Belladonne bey den Menscken. Stendal, 1789.

(3) Heilsame H^irhungen der Belladonne in ausgebrochener H^idh, Erfurl, i785.

(4) DansJ. H. VL^fkCvî'^ Beobachtungen ^ Tb. I^p, 74.

(5) S'il est arrivé souvenl à la belladonne d^échouer dans la rage déclarée , on ne doit pas perdre de vue qu'elle ne peul guérir ici que par sa faculté de produire des effets semblables à ceux delà maladie, et que par conséquent on n^aurait dû Tadministrer qu^aux plus petites doses possible, comme tous les remèdes homœopal biques, ce qui sera démontré dans rOrganon. Mais la plupart du temps on Ta donnée à des doses énormes, de façon que les malades se voyaient nécessairement mourir, non de la maladie, nmis du remède. Cependant il peut bien se &ire aussi qu'il existe plus d'un degré ou d'une sorte d'bydropbobie et de irage , et qu'en conséquence , suivant la diversité des symptômes ,le remède homœopathique le plus convenablesoit parfois la jusquiame, et parfois aussi la pomme épineuse.

70 GUÉRISONS HOMOKORA^WQUBS

personnes qui rentaarent(Sauter9 Dmnoiâiû, Buchave, Mardoi*f) ; il crache autour de lui (Sauter) ; il cherche à s'échapper (Dumoulin, E. Gmelin, Buchoz) ; enfin son corps est dans une agitation continuelle (Boucher, E. Gmelin et Sauter). La belladonne a guéri aussi des espèces de manie et de mélancolie, dans des cas rapportés par Evers, Schmucker, Schm^lz, Munchpèreetfite et autres, parce qu'elle possède elle-même la factdté de produire certaines espèces de démence, telles que celles qui ont été signalées par Rau, Grimm, Hasenest, Màrdorf, Hoyer, Dillenius et autres. Henning (1), après avoir inutilement traité pendant ti^ois mois une amaurose avec taches bigarées devant les- yeux, par une multitude de moyens différents, vint à s'imaginer queoette affection pouvait bien être due à la goutte, dont le malade n'avait cependant jamais ressenti aucune atteinte, et fut conduit ainsi par le hasard à prescrire la belladonne (2), qui procura une guérison rapide et exempte de tout inconvénient. Nul doute qu'il eût fait choix de ce remède dès le principe s'il eût su qu'on ne peut guérir qu'à l'aide de moyens produisant des symptômes semblables à ceux de la maladie, et que la belladonne ne devait pas manquer, d'après l'infaillible loi de la nature, de guérir ici homœopathiqucment, puisque, au témoignage de Sauter (3) et de Buchholz (4), elle excite

(i) Dans Hufeland's Journal^ XXV , iv, p. 70-74.

(2}G€n*e8t que par conjecture qu'on afaità la belladonne l'honnetir de la ranger au nombre des remèdes de la goutte. La maladie qui pourrail encore atoir quelque droit k s'arroger le nom de goutte, ne sera jamais et ne peut point être guérie par la belladonne.

(3)DansHuFELA!iD's /oumol^XI.

(4) Ibid., V , I , p. 288.

.JMIB8 AU HASARD. 7i

elleHnêine une sorte d'amaurose avec des tacbes bigarrées devant les yeux.

Lajusquiame a fait disparaître, sous les yeux de Mayerne (l)f Stœrek, Collio et autres, des spasmes qui avaient une grande ressemblance avec Tépilepsie. Elle a produit cet effet par la raison même qu'elle poîjsède la faculté" d'exciter des convulsions très-analogues à l'épilepsie, comme on le trouve indiqué dans les ouvrages d'E. Camerarius, C. Seliger, Hunerwolf, A. Hamilton, Planchon, Da Costa et autres.

Fotbergill (2), Stœrck, Hellwig et Ofterdinger ont employé la jusquiame avec succès dans certains genres d'aliénation mentale. Mais elle aurait réussi en pareil cas à un bien plqs grand nombre de médecins, si Ton n'avait pas entrepris de guérir avec son secours d'autres aliénations mentales que celle qui a de l'analogie avec l'espèce d'égarement stupide que Van Helmont, Wedel, J. 6. Gmelin, Laserre, Hunerwolf, A. Hamilton, Kiernander, J. Stedmann, Tozzetti, F. Faber et Wendt ont vu succéder à l'action de cette plante sur l'économie.

En réunissant les effets que ces derniers observateurs ont vu produire à la jusquiame, on forme l'image d'une hystérie parvenue à un assez haut degré. Or nous trouvons dans J. A. P. Gessner, dans Stœrck et dans les Actes des curieux de la nature (3), qu'une hystérie ayant beaucoup de ressemblance avec celle-là fut guérie par l'emploi de cette plante.

(i)Prax. 972€£;^. , p. 25.

(2) Mem. of the médical soc. ofUmdon, I , p. 31 0, 314.

(3)IV,obs. 8.

72 6UÉR1S0NS HOMœOPATfllQmBS

Schenkbecher (1) n'aurait jamais pu guérir avec la jusquiame un vertige qui durait depuis vingt ans, si ce végétal ne possédait pas à un haut degré la faculté de produire généralement un état analogue, ainsi que l'attestent Hunerwolf, Blom, Navier, Planchon, Sloane, Stedmann, Greding, Wepfer, Vicat et Bemigau.

Mayer Abramson (2) tourmentait depuis longtemps un maniaque jaloux avec des remèdes qui ne produissaient aucun effet sur lui, lorsqu' enfin il lui fit prendre, à titre de soporifique, de la juBquiame, qui procura une guérison rapide. S'il avait su que cette plante excite la jalousie et des manies chez les sujets bien portants, et s'il avait connu la loi homœopathique, seule base naturelle de la thérapeutique, il aurait pu dès le principe administrer la jusquiame en toute assurance, et éviter ainsi de fatiguer le malade par des remèdes qui, n'étant point homœopathiques, ne devaient lui servir à rien.

Les formules compliquées que Hecker (3) mit en usage, avec le succès le plus marqué, dans un cas de constrictîon spasmodique des paupières, auraient été inutiles si un hasard heureux n'y avait fait entrer la jusquiame, qui, selon Wepfer (4), provoque une affection analogue chez les sujets bien portants.

Withering (5) ne parvint non plus à triompher d'un resserrement spasmodique du pharynx, avec impossibilité d'avaler, qu'au moment où il administra de la jusr-

(i) Von derKinkina, Sehierling, BUsenkraut, u. 8. w. Riga, 1769, p. 16â. Anhang.

(2) Dans Hufelahd's /ottmaf, IX, ii, p. 60. (3)/6id:.,I, p. 554.

(4) De cicuta aquatica, Bàlc , 1716 , p. 320.

(5) Edinh. med. comment, dec. II, B. VI, p. 263.

BOIS AU HASASD* 73

quiame, dont Taction spéciale consiste à déterminer un resserrement spasmodique du gosier, avec impossibilité d'exécuter la déglutition, e£Pet que Tozzetti, Hamilton, Bemîgau, Sauvages et Hunerwolf lui ont vu produire, et à un haut degré.

G)mment serait-il possible que le cam phre fût aussi salutaire que le prétend le véridîque Huxham (1), dans les fièvres dites nerveuses lentes, où la chaleur est moins élevée, où la sensibilité est émoussée, et où les forces générales sont considérablement diminuées, si le résultat de son action immédiate sur le corps n'était la manifestation d'un état semblable en tout point à celui-là, ainsi que G. Àlexander, CuUen et F. Hoffmann l'ont observé? '

Les vins généreux pris à petites doses guérissent homœopathiquement la fièvre inflammatoire pure. C. Crivellati (2), H. Augenius (3), A. Mondelh (4) et deux anonymes (5) en ont recueilli toutes les preuves. Déjà Asclepiades (6) avait guéri une inflammation du cerveau avec une petite dose de vin. Un délire fébrile, accompagné d'une respiration stertorense, et ressemblant à l'ivresse profonde que le vin produit, fut guéri en une seule nuit par du vin que Rademacher (7) fit boire au malade. Est-il possible de méconnaître ici le pouvoir d'une irritation médicinale analogue ?

(i)Op€ro,t.I,p. 172;l. H, p. 84.

(2) Trattato dell' uso e modo di dure il vino nellefebhriacuie. Rome , 1600.

(5)JE:/?&M. n,lib.2,ep»8.

(4)i?pt9^.14. BA]e,1538.

(5) Eph. na/.rtfr.,dec.U, ann. 2,obs.55. — Gazelle de santé, 1788. (6j CœL Aurelianus, de Morbis acut, lib. I, c. 16. (7) Dans Hufbund's Journal , XVI , i , p. 92.

74 GUÉRISONS HOMQEOEITHIQUES

Une forte infusion de thé occasionne aux personnes qui n'en ont pas l'habitude , des hattemente de coeur et de l'anxiété : aussi, prise à petites doses , est-elle un excellent remède contre ces accidents provoqués par d'autres causes, ainsi que G. L. Rau l'a constaté (1).

Un état semblable à l'agonie, dans lequel le malade éprouvait des convulsions qui lui ôtaient la connais-* sance, qui alternaient avec des accès de respiration spasmodique et saccadée , parfois aussi suspirieuse et sterloreuse, et qui s'accompagnaient d'un froid glacial à la face et au corps, avec lividité des pieds et des mains, et faiblesse du pouls (état tout à fait analogue à l'ensemble des accidents que Schweikert et autres ont vus résulter de l'action de l'opium), fut d'abord traité sans succès par Stutz (2) avec l'alcali, mais guérit ensuite d'une manière rapide et durable au moyen de l'opium. Qui ne reconnaît ici la méthode homœopathique, mise en jeu à l'insu de celui qui l'emploie? L'opium produit aussi, d'après Vicat, J. C. Grimm et autres, une forte et presque irrésistible tendance au sommeil, accompagnée d'abondantes sueurs et de délire. Ce Ait un motif pour Osthoff (3) de ne point l'administrer dans une fièvre épidémique qui présentait des symptômes fort analogues ; car le système dont il suivait les principes défendait d'y avoir recours en pareille circonstance. Cependant, après avoir épuisé inutilement tous les remèdes connus, et croyant son malade sur le

(i) Ueher den fVerth des homœopaihischen Heilf. Heidelberg, 1824 , p. 75.

(2) Dans Hdfelamd's Journal, X , iv.

(5) Dans Salzh. med^cMrurg. Zeitung, iS05> UI, p. ilO.

DUES AU OASABD. 75

point de mourir, il prit le parti de donner à tout hasard un peu d'opium, dent Feffet fut salutaire, et devait l'être effectivement d'après la loi éternelle de l'homœopathie. J. Lind (1) avoue également que l'opium enlève les pesanteui*s de tête avec chaleur à la peau et manir* festation difficile de la sueur, que la tête se dégage, la chaleur ardente de la fièvre disparait, la peau s'assoupKt, et une sueur abondante en baigne la surface. Mais Lind ne savait pas que cet effet salutaire de l'opium est dû à ce que, en dépit des axiomes de l'école, cette substance produit chez l'homme bien portant des symptômes morbides fort analogues à ceux-là. Il s'est trouvé néanmoins quelques médecins dans l'esprit desquels cette vérité a passé comme un éclair, mais sans y faire naître le soupçon même de la loi homœopathique. Âls- Con (2) dit que l'opium est un moyen échauffant, mais qu'il n'est pas moins certainement propre à modérer la chaleur quand elle existe déjà. De la Guerenne (3) administra de l'opium dans une fièvre accompagnée d'un violent mal de tête, de^tensîon et dureté du pouls, de sécheresse et âpreté à la peau, de chaleur brûlante, enfin* de sueurs débilitantes dont l'exhalation difficile était continuellement interrompue par l'agitation extrême du malade. Ce moyen lui réussit ; mais il ne savait pas que, si l'opium avait amené un résultat avantageux, c'est parce qu'il possède la faculté de produire un état fébrile tout à fait analogue chez les personnes qui jouissent d'une bonne santé, ainsi que l'ont re-

(i) Essai sur kjf maladies des Sf^ropeens dans les pays chauds, Pa • ris, 1785, 2 vol. in 12.

(2) Dans Edinb, rersuchen, V.P. I, arl. 12.

(3) Dans Roemeb, Annalen der Arzneimiifellehre, I, ii, pag. 6.

76 GDÉRISONS HOHOEOPATHIQUES

connu beaucoup d'observateurs. Dans une fièvre soporeuse où le malade, privé de la parole, était étendu, les yeux ouverts, les membres roides, le pouls petit et intermittent, la respiration gênée et stertoreuse, symptômes parfaitement semblables à ceux que l'opium lui* même peut exciter, suivant le rapport de Delacroix, Rademacher, Crumpe, Pyl, Vicat, Sauvages et beaucoup d'autres, cette substance fut la seule à laquelle C. L, Hoffmann (1) vit produire de bons effets, qui furent tout naturellement un résultat homœopathique, Wirthenson (2), Sydenham (3) et Marcus (4) sont parvenus de même à guérir des fièvres léthargiques avec Topium. La léthargie dont de Meza (5) obtint la guérison ne put être vaincue que par cette substance, qui en pareil cas agit homœopathiquement, puisqu'elle occasionne elle-même la léthai'gie. Après avoir longtemps tourmenté par des remèdes inappropriés à sa situation^ c'est-à-dire non homœopathiques, un homme atteint d'une maladie nerveuse opiniâtre, dont les principaux symptômes étaient l'insensibilité et l'engourdissement des bras, des cuisses et du bas-ventre, C. C, Mathaei (6) le guérit enfin par l'opium, qui, d'après Stutz, J. Young et autres, a la propriété d'exciter par lui-même des accidents semblables d'une grande intensité, et qui, en conséquence, comme chacun voit, n'a procuré la guérison dans cette occasion que par la voie de l'homœopa-

(i) Fon Scharbock, Lustseuche, u, s. a>. Munster, 1787, p. 293,

(2) Opîi vires fibrœ cordis delibitare, etc. Munster, 1775.

(3) Opéra, p. 654.

(4) Magazfn fuer Thérapie, Y, i, p. 7.

(5) Act, reg, soc, med. Hafn, HI, p. 202.

(6) Dans Stro ve's Triumpk der Heilk. HI.

DUBS AU HASAftD. 77

thie. D'après quelle loi s'opéra la guérison d'une létkar§ie datant de plusieurs jours, que Hufeland obtint au moyen de l'opium (1), si ce n'est d'après celle de l'homoeopathie, qu'on a méconnue jusqu'à présent ? Une épilepsie ne se déclarait jamais que pendant le sommeil du malade ; de Haen reconnut que ce n'était point là un sommeil naturel, mais un assoupissement léthargique, avec respiration stertoreuse, tout à fiât semblable à celui que l'opium suscite chez les sujets bien portants ; ce ne Ait qu'à l'aide de l'opium qu'il le transforma en un sommeil sain et véritable, dans le même temps qu'il débarrassa le malade de son épilep» sîe (2). Comment serait-il possible que l'opium, qui, au su de chacun, est de toutes les substances végétales celle dont l'administration à petites doses produit b constipation la plus forte et la plus opiniâtre, fût cepeii* dant un des remèdes sur lesquels on dût le plus comp ter dans les constipations qui mettent la vie en danger, si ce n'était eB vertu de la loi homœopathiquc tant méconnue, c'est-à-dire si la nature n'avait point destiné les médicaments à vaincre les maladies naturelles par une action spéciale de leur part qui consiste à produire une a£Pectk)n analogue? Cet opium, dont la pre* mière impression est si puissante pour resserrer le ventre, Tralles (3) a reconnu aussi en lui l'unique moyen de salut dans un cas qu'il avait inutilement traité jus* que-là par des évacuants et autres moyens non appropriés à la circonstance. Lentilius (4) et G. W. We-

(i) Dans Hdveland's Journal, XII^ i.

(2) Ratio medendi, V, p. i26.

(3) OpH usas et abusus, sect. H, p. 260.

(4) Eph. nat. cur. , dec. HI, ann. I. App. p. 13i.

78 GUÉaiSQNS HOMOEOPATHIQUES

del (1), Wirthenson, Bell, Heister et Richter (2) ont également constaté Tefficacité de l'opium, même ad^ ministre seul, dans cette maladie. Bohn s'était convaincu aussi par expérience que les opiacés pouvaient seuls débarrasser les entrailles de leur contemi dans la colique appelée miserere (3) ; et le grand F» Hoffmann, dans les cas les plus dangereux de ce genre, ne s'en rapportait qu'à l'opium combiné avec la liqueur anodine (4). Toutes les théories contenues dans les deux cent mille volumes de médecine qui pèsent sur la terre, pourraient-elles nous- donner une explication rationnelle de ce fait et de tant d'autres semblables, elles qui sont tout à fait étrangères à la loi thérapeutique de Fhomœopathîe ? Sont-ce leurs doctrines qui nous conduisent à la découverte de celte loi naturelle si franchement exprimée dans toutes les^guérisons vraies, rapides et durables, savoir que, quand on applique les médicaments au traitement -des maladies, il faut prendre pour guide la ressemblance des effets qu'ils produisent chez l'homme bien portant avec les symptômes de ces affections ?

Rave (5) et Wedekind (6) ont âiTétédes métrorrhagies inquiétantes avec le secours de la sabine, qui, chacun le sait, détermine des hémorrhagies utérines et par suite l'avortement chez les femmes bien portantes.

(i) Opiologîa , p. no.

(2) Anjangsgriinde der W^undarzneikunde , V , § 328. — Chronische Krankheîien. Berlin, 1816, 11 , p. 220. (5) De officia medwi,

(4) Médian, rat. system, T. IV , P. H , p. 297.

(5) Beobachtungen und Schluesse, II, p. 7.

(6) Dans IIufeland^s Journal , X , i , p. 77.

Wm AU HASARD. 79

Pourrait-oii méeonnaitre ici la loi homœopathique, oeHe qui prescrit de guérir simlia simiUbuê?

Le musc serait-il à peu près spécifique dans les espèces d* asthme spasmodique auxquelles on a donné le nom de Millard, s'il n'avait par luinnème la propriété d'occasionner des suffocations spasmodiques sans toux, ccNDEixne l'a remarqué F. Hofitoann (1) ?

Est-il possible que la vaccine garantisse de la petite vérole autrement que d'une manière homœopathique? oar, .sans parler d'autres grands traits de ressemblance qui existent souvent entre ces deux maladies, elles ont cela de commun, qu'elles ne peuvent se manifesta* qu'une seule fois dans le cours de la vie, qu'elles laissent des cicatrices également profondes, qu'elles déterminent toutes deux la tuméfaction des glandes axillaires, une fièvre analogue,. une rougeur inflammatoire autour de chaque bouton , enfin l'ophthalmie et les convulsions. Lia vaccine détruirait même la variole qui vient d'éclater, c'est-à-dire guérirait cette affection déjà existante, si la petite vérole ne l'emportait pas sur elle en intensité. Il ne lui manque donc, pour produire cet effet, que l'excès d'énergie qui, d'après la loi naturelle, doit coïncider avec la ressemblance homœopathique pour que la guérison puisse s'effectuer (§ 152). La vaccine, considérée comme moyen homœopathique, ne peut donc avoir d'efficacité que quand on l'emploie avant l'apparition, dans le corps, de la petite vérole, qui est plus forte qu'elle. De cette manière elle provoque une maladie fort analogue à la variole, par conséquent homœopathique, après le cours de laquelle le

(1) Med. ration, System, , III , p. 92/

80 GUËRISONS HOUOBWATHIQUBS

corps humain qui, dans la règle, ne peut être atiaqué qu'une seule fois d'une maladie de ce genre, se trotrre désormais à l'abri de toute contagion semblable (1).

On sait que la rétention d'urine est un des accidents les plus ordinaires et les plus pénibles que produisent les cantharides. Ce point a été suffisamment établi par h Camerarius, Baccins, Fabrice de Hilden, Foreest, J. Lanzoni, Van der Wiel et Werlhoff (2). Les cantharides, administrées à l'intérieur avec précaution, doivent par conséquent jètre un remède homoeopathique très-salutaire dans les cas analogues de dysnrie douloureuse. Or, c'est ce qu'elles sont effectivement. Sans compter tous les médecins grecs, qui, au lieu de notre cantharide, employaient le Meloe cichorii de Fabricius, Fabrice d' Aquapendente, Capo di Vacca, Riedlin. Th. Bartholin (3), Young (4), Smith (5), Raymond (6), de Meza (7), Brisbane (8) et autres, ont guéri parfaitement avec des cantharides des ischuries fort douloureuses qui n'étaient point dues à un obstacle mécanique. Sydenham a vu ce moyen produire les meilleurs effets

(i) Celle guérison homœopalhique anticipée (qu'on appelle préservation ou prophylaxie) nous parait possible aussi dans quelques autres cas. Ainsi nous pensons qu^en porlant sur soi du soufre pulvérisé, on peut se préserver de la gale des ouvriers en laine, et qu'en prenant une dose de beRadonne aussi faible que possible, on se garantit de la fièvre scarlatine.

(2) V. mes Fragmenta de vinbus medicameniorum positives, Leip- 7ick,i805,I,p. 83.

(3) Epîst. 4 , p. 345.

(4) Phihs. Trans, , n» 280.

(5) Medic, Commumcations, II, p. 305.

(6) Dans Auserles, Abhandl. fuer pract, Aerzle^ III, p. 46P.

(7) Act. reg. soc, med. Hafn,, II , p. 302.

(8) Auserles. Facile, Altenë. 1776.

dans des cas du même genre ; il le vante beaucoup, et il l'eût volontiers employé, si les traditionsMe l'école qui, se croyant plus sage que la nature, prescrit des adoucissants et des relâchants en pareille circonstance, ne Teussent détourné, contre sa propre coaviction, de mettre en usage le remède qui est spécifique ou homœopathique (1). Dans lagonorrhée inflammatoire récente, où Sachs de Lewenheim, Hannseus, Bartholin, Lister, et, avant eux tous, WerlhofiF, ont administré les cantharides à très-petites doses avec un plein succès , cette substance a manifestement enlevé les symptômes les plus graves, qui commençaient à se déclarer (2). Elle a produit cet effet en vertu de la propriété dont elle jouit, d'après le témoignage de presque tous les observateurs, d'occasionner une ischurie douloureuse, l'ardeur d'urine, l'inflammation de l'urèthre (Wendt), et même, par sa simple application à l'extérieur, une sorte de gonorrhée inflammatoire (3).

L'usage du soufre à l'intérieur cause assez souvent, chez les personnes irritables, un ténesme accompagné quelquefois de douleurs dans le bas-ventre et de vomissements, comme l'atteste Walther (4). C'est en

{\) Opéra medica, éd. Reichcl, t. Il, p. 124.

(2) Je dis < les symptômes les plus graves qui commencent à se déclarer » , parce que le reste du traitement exige d'^autres considérations; car, bien quil y ait des gonorrhées si légères qu'elles disparaissent bientôt d'elles-mêmes, et presque sans secours, il s'en trouva d'autres beaucoup plus graves, celle principalement qui est devenue plus commune depuis les campagnes des Français, et qui se communique par le coït, comme la maladie chancreuse, quoiqu'elle soit d'une nature tout à fait différente.

(3) Wichroann , Ausivahl aus dcn Nurnberger gelehrten Unterhaltungen. I, p. 249.

(4) Prog. de sulphure et marte. Leipzick, 1743, p. 5.

82 GUÉRISONS HOMOEOPATHTQUES

vertu de cette propriété dévolue au soufre qu'on a pu(l), par son moyen, guérir des affections dyssentériques, un ténesme hémorrhoïdal, d'après Werlhoff (2), et, suivant Rave (3), des coliques occasionnées par des hémorrhoïdes. Il est connu que les eaux de Tœplitz, comme toutes les autres eaux sulfureuses tièdes et chaudes, provoquent l'apparition d'un exanthème qui ressemble beaucoup à la gale des ouvriers en laine. Or, c'est justement cette vertu homœopathique qui les rend propres à guérir diverses éruptions psoriques. Qu'y a-t-il de plus suffocant que la vapeur du souft'e? C'est cependant la vapeur du soufre en combustion que Bucquef (4) cite comme le moyen qui réussit le mieux à ranimer les personnes asphyxiées par quelque autre cause.

Nous lisons, dans les écrits de Beddoes et ailleurs, que les médecins anglais ont trouvé l'acide nitrique d'un grand secours dans la salivation et les ulcérations de la bouche occasionnées par l'usage du mercure. Cet acide n'aurait pu être utile en pareil cas, s'il ne possédait par lui-même la faculté de provoquer la salivation et des ulcères à la bouche, effets pour la manifestation desquels il suffit de l'appliquer en bain à la surface du coips, comme le témoignent Scott (5) et Blair(6), et que l'on voit également survenir après son administration à l'intérieur , ainsi que l'at-

(\) Med, Nattdnai-Zeititng, 1798, p. 153.

(2) Observât, de febribus, p. 3, § 6.

(3) Dans Hojpblasd's Joi//7ï«/, VII, ii, p. 168.

(4) Edinb. ined, comment,, IX.

(3) Dans Hufeland's Journal, IV, p. 333. (6) Neueste Erfahrungen. Glogau, 1801 .

testeutAlyon(l),Luke(2),J.FeiTiar(3),etG.Kellie(4).

Fritze (5) a vu un bain chargé de potasse caustique produire une sorte de tétanos, et A. de Humboldt (6) est parvenu, au moyen du sel de tartre fondu, çspèce de potasse à demi caustique, à porter l'irritabilité des muscles jusqu'au point de provoquer la roideur tétanique. La vertu curativeque la potasse caustique exerce dans tous les genres de tétanos, où Stutz et autres' Font trouvée si avantageuse, pourrait-elle être expliquée d'une manière plus simple et plus vraie que par la faculté dont cet alcali jouit, de produire des effets hemoeopathiques î

L'arsenic, dont l'immense influence sur l'économie fait qu'on n'oserait décider s'il ne peut pas être plus redoutable entre les mains d'un imprudent que salutaire entre celles d'un sage, l'arsenic n'aurait point opéré tant de frappantes guérisons de cancer à la face, sous les yeux d'une multitude de médecins, parmi les-^ quels je citerai seulement Fallope (7), Bernhardt (8) et Roennow. (9), si cet oxyde métallique n'avait la faculté homœopathiquede faire naître, chez les sujets en pleine santé, des tubercules très-douloureux et fort difficiles à

(j) Mém» de la Soc, ^émulation, I, p. 195.

(2) henasBeddoes.

(3) Sammlung auserles. AbhandL fuer pract, Aerzie, XIX, II. ^ (4) Ihid, XÏX, I.

(5) Dans Hufelamd's Journal, XII, i, p. 1i6.

(6) Versuch ueber die gereizte Mitskel und Nervenfaser, Posen et Berlin, 1797.

(7) De ulcerîbus et tumoribus, lib. 2, Venise 1563.

(8) Journal de méd. chir., et pliarm., Paris, 1782, LVII, p. 256.— Mérat et Delens. Dîct, universel de matière médicale. Paris, 1828, 1. 1 , p. 4i1 .

(9) KonigL vetensk. IlandL /*. a. 1776.

84 GUÉRISONS HOMOEOPATHIQUES

guérir, d'après Àmatus Lusitanus (1), des ulcérations très-profondes et de mauvais caractère, suivant Heinreich (2) et Knape (3), des ulcères cancéreux, au témoignage de Heinze (4). Les anciens ne seraient pas unanimes dans Féloge qu'ils font de l'emplâtre magnétique ou arsenical d'Ange Sala (5) contre les bubons pestilentiels et le charbon, si l'arsenic n'avait point, au rapport de Degner (6) et de Pfann (7), la propriété de faire naître des tumeurs inflammatoires qui passent promptement à la gangrène, et des charbons ou des pustules malignes, comme l'ont observé Verzascha (8) et Pfann (9), Et d'où viendrait la vertu curative qu'il manifeste dans quelques espèces de fièvres intermittentes, vertu attestée par tant de milliers d'exemples, mais dans l'application pratique de laquelle on n'apporte point encore assez de précaution, et qui, proclamée, il y a déjà plusieurs siècles, par Nicolas Myrepsus, a été depuis mise hors de doute par Slevogt, Molitor, Jacobi, J. C. Bemhardt, Jungken, Fauve, Brera, Darwin, May, Jackson et Fowler, si elle n'était pas fondée sur la faculté de provoquer la fièvre qu'ont signalée presque tous les observateurs des inconvénients de cette substance, en particulier Amatus Lusitanus, De-

(i) Ohs, et cur,, cent. II, cur. 34.

(2) Àct. nat. cur,, II, obs. 10.

(5) Annalen der Staatsarzneyk^ I, i.

(i) Dans HuFELAND^s Jour/ta/,! 813, seplembre, p. 48.

(5) Anatom, vitriolî, tr. II. In 0pp. med, chym,, Francfort, 1647, p. 381 , 463.

(6) Act, nat, cur, , VI.

(7) Annalen der Staatsarzneykunde, loc. cit. ' (8) Obs, med, ceM. Bàle, 1677, ob«. 66.

(9) Sammlungmerhwuerd, Faelle, Nuremberg, 17S0, p. 119, 130.

DUES ATJ HASARD. 85

gnep, Buchholz, Heun et Knape? Nous pouvons en croire E. Alexander (1), quand il dit que l'arsenic est un remède souverain contre l'angine de poitrine, puisque Tachenius, Guilbert, Preussius, Thilenius et Pyl l'ont vu déterminer une vive oppression de poitrine, Griselius (2), une dyspnée allant presque jusqu'à la suffocation, enfin Majault surtout (3), des accès d'asthme provoqués subitement par la marche et accompagnés d'une grande prostration des forces.

Les convulsions que déterminent le cuivre et, d'après Tondî, Ramsay, Fabas, Pyl et Cosmier, lusage des aliments chargés de particules cuivreuses ; les attaques réitérées d'épilepsie qu'ont fait naître, sous les yeux de J. Lazerme (4), l'introduction d'une monnaie de cuivre dans l'estomac, et sous ceux de Pfundel (5), l'ingestion du sel ammoniac cuivreux dans les voies digestivesj expliquent sans peine aux médecins qui prennent la peine de réfléchir comment le cuivre a pu guérir la chorée, au rapport de R. Willan (6), de Walcker (7), de Thuessink (8) et de Delarive (9); comment les préparations cuivreuses ont si souvent procuré la guérison de l'épilepsie, ainsi que l'attestent les faits rapportés par Batty, Baumes, Bierling, Boerhaavc,

(i) Med. comm. ofEdinh,, dec. li, l. I, p. 85.

(2) Mhc, nat, cur., dec. I, ann. 2, p. i49.

(3) Dans Sammlung auserles, Abhandl, , VIF, i.

(4) De morbis int. capitîs. Amsterdam, 1748, p. 253.

(5) Dans Hufeland's Journal, H , p. 264 ; el au lémoignage de C. F. Burdach, dans son Systcmder Arzneien. I, Leipzick, 1807, p. 284.

(fj) SammL auserles. AhhandL, XII, p. 62.

(7) Ibid., XI, 3, p. 672.

(8) Waarnemingen, n<> i8.

(9) Dans ISaim^sphys. med. Journal, iSOO, janvier, p. 58.

86 GUÉ&ISONS HOMOBOPATHIQUES

Causland, Cullen, Duncan, Feuerstein, Hevelius, Lieb, Magennis^ C. F. Michaëlis, Reil, Russel, Stisser, Thilenius,Weissmann, Weîzenbrèyer, Whithers et autres (1).

Si Poterius, Wepfer, F* Hoffmann, R. A. Vogel, Thieriy et Albrecht ont guéri avec de l'étain une espèce de phthisie, une fièvre hectique, des catarrhes chroniques et un asthme muqueux, c'est que ce métal a de son propre chef la propriété de déterminer une sorte de phthi-' sie, ainsi que Stahi (2) avait déjà pu s'en convaincre. Et comment lui aurait-il été possible d'opérer cette guérison de maux d'estomac que Geischlaeger lui attribue, s'il ne pouvait par lui-môme produire quelque chose de semblable? Or, cette faculté dont il jouit, Geischlaeger lui-même (3) et Stahl (4) avant lui l'ont constatée.

Le fâcheux effet qu'a le plomb d'occasionner une constipation opiniâtre et même la passion iliaque, comme l'ont remarqué Thunberg, Wilson, Luzuriaga et autres, ne nous donne-t-il pas à entendre que ce métal possède aussi la vertu de guérir ces deux affections ? Car il doit, comme tous les autres médicaments au monde, pouvoir vaincre et guérir d'une manière durable, par sa faculté d'exciter des symptômes morbides, les maux naturels ayant de la ressemblance avec ceux qu'il engendre. Or, Ange Sala (5) a guéri une sorte d'iléus, et J. Agricola (6) une autre constipation qui mettait la vie du malade en danger, par l'emploi^du

j[l) A. Portai, Observ, sur tépllepsie, Paris, i827, p. 417*

(2) Mat. med,, cap. 6, p. 83.

(3) Dans Hufeland^s Journal, X, m, p. 165.

(4) Mat. med,, loc. cit, (V) Opéra, p. 243.

(6) Comment, in J. Poppiï chyw. med., Leipzick, 1638, p. 223.

plomb à r intérieur. Les pilules saturnines , avec lesquelles beaucoup de médecins, Chirac, Van Helmont, Naudeau , Pererius, Rivinus, Sydenham, Zacutus Lusitanus, Bloch et autres, ont guéri la passion iliaque et la constipation invétérée, n'opéraient pas seulement d'une manière mécanique et par leur poids, car si telle eût été la source de leur efficacité. For, dont la pesanteur l'emporte sur celle du plomb, se serait montré préférable en pareil cas ; mais elles agissaient surtout comme remède salurnin interne, et guérissaient homœopathiquement. Si Otton Tachenius et Saxtorph ont autrefois guéri des hypochondries opiniâtres avec le secours du plomb, il faut se rappeler que ce métal tend par lui-même à provoquer des affections hypochondriaques, comme on peut le voir dans la description que Luzuriaga(l) donne de ses effets nuisibles.

On ne doit pas s'étonner de ce que Marcus (2) a guéri rapidement un gonflement inflammatoire de la langue et du pharynx avec un remède (le mercure) qui, d'après l'expérience journalière et mille fois répétée des médecins , possède une tendance spécifique à déterminer rinflammation et la tuméfaction des parties internes de la bouche , phénomènes auxquels il donne ménie lîeu par sa seule application à la surface du corps, sous la forme d'onguent ou d'emplâtre, comme Font éprouvé Degner (3), Friese (4), Alberti (5), Eort

(i) Recueil périod. de lilléraliire, I, p. 20.

(2) Magadriy II, ii.

(3) Act. nat, cur.y VI, app.

(4) Geschickie und Versuche einer chirurg, Gesellschaft» Copenhague, 1774.

(5) Jurisprudentia medica, V, p. 600.

88 GUÉRISONS UOMOEOPATHIQUES

gel (1) et une foule d* autres. L'affaiblissement des &cultes intellectuelles (Swediauer) (2), l'imbécillité (Degner (3), et l'aliénation mentale (Larrey) (4), qu'on a vus résulter de l'usage du mercure, joints à la faculté presque spécifique qu'on connaît à ce métal de provoquer la salivation, expliquent comment G. Perfect (5) a pu guérir d'une manière durable, avec du mercure, une mélancolie qui alternait avec un flux de salive. Pourquoi les mercuriaux ont-ils tantréussi à Seelig(6), dans l'angine accompagnée du pourpre, àHamilton (7), Hoffmann (8), Marcus (9), Rush (10), Golden (11), Bailey et Michaëlis (12), dans d'autres esquinancies de mauvais caractère ? G' est évidemment parce que ce métal suscite lui-même une espèce d'angine, qui est des plus fâcheuses (13). N'est-ce pas homœopathique-

(1) Spectmina medica, Berlin, 1781, p. 99.

(2) Traité des maladies vénér. , H, p. 568.

(3) Loc.cit.

(4) Dans la Descript. de l'Égyple, 1. 1.

(5) Annalen einer Anstalt fuer JVahnsinnige, Hanovre, 1804.

(6) Dans Hufeland's Journal, XVI, i, p. 24.

(7) Edinb. med. comment., IX, i, p. 8.

(8) Medic. IVochenblatt, i787, o«i.

(9) Magazin fuer spedelle Thérapie, II, p. 334. (iO) Medic. inqw'r. andobserv., n® 6.

(11) Med. obs. and. inquir., n« 19, p. 211.

(12) Dans Richter's chirurg. Biblioth., V, p. 737-739.

(13) On a cherché aussi k guérir le croup par le moyen du mercure; mais presque toujours on a échoué, parce que ce métal ne peut point produire par lui-même, dans la membrane muqueuse de la trachéeartère, un changement analogue k la modification particulière que cette maladie y fait naître. Le foie de soufre calcaire, qui excite la toux en gênant la respiration, "et mieux encore, comme je Tai constaté, l'éponge brûlée, agissent d'une manière bien plus homoeopalhique dans leurs effete spéciaux, et sont par conséquent d*un secours bien plus efficace, surtout aux plus faibles doses possible.

ment que Sauter (1) a guéri une inflammation ulcéreuse de la bouche, accompagnée d'aphthes et d'une fétidité d'haleine semblable à celle qui a lieu dans le ptyalisme, en prescrivant des gargarismes avec la dissolution de sublimé, et que Bloch (2) a fait disparaître des aphthes dans la^ bouche par l'emploi des préparations mercurielles, puisque, entre autres ulcérations buccales, cette substance produit spécialement une espèce d'aphthes, comme Schlegel (3) et Th. Acrey (4) nous l'attestent? Hecker (5) a employé avec succès plusieurs mélanges de médicaments dans une carie survenue à la suite de la petite vérole. Par bonheur, il entrait dans tous ces mélanges du mercure, auquel on conçoit que la maladie pouvait céder, puisqu'il est du petit nombre des agents médicinaux qui ont la faculté de provoquer par euxmêmes la carie, comme le prouvent tant de.trailements mercuriels exagérés, soit contre la syphilis, soit même contre d'autres maladies, ceux entre autres de G. P. Michaëlis (6). Ce métal, si redoutable quand on en prolonge l'emploi, à cause de la carie dont il devient alors la cause excitatrice, exerce néanmoins une influence homœopathique extrêmement salutaire dans la carie qui succède aux lésions mécaniques des os, ce dont J. Schlegel (7), Joerdens (8) et J. M. MuUer (9) nous ont trans-

(i) Dans Hdfeland's Journa/, XII,11.

(2) Medi'c. Bemerk., p.'i6J.

(3) Dans Hufeland's Journal^ VII, i4.

(4) Lond.med, journ.^ 4788.

(5) Dans Hufeland's Journal, I, p. 562. (ayUid., 4809, juin, VI, p. 57.

(7) Wd., V, p. e05, 6i0.

(8) Ibîd,, X, II.

(9) Oh, med. Mr., Il, cas. iO.

90 GUÉRISONS HOHOBOPATHIQUES .

mis des exemples fort remarquables. Des guérisons de caries non vénériennes d'un autre genre, qui ont été également obtenues au moyen du mercure par J. F. G. Neu (1) et J. D. Metzger (2), fournissent une nouvelle preuve de la vertu curative homœopathique dont cette substance est douée.

En lisant les écrits qui ont été publiés sur l'électricité médicale, on est surpris de l'analogie existant entre les incommodités ou accidents morbides qu'a parfois déterminés cet agent, et les maladies naturelles, composées de symptômes tout à fait semblables, dont il a procuré la guérison durable par homœopathie. Le nombre est immense des auteurs qui ont observé Taccélération du pouls parmi les premiers effets de l'électricité positive ; maisSauvages (3), Delas(4) et Barillon (5) ont vu des pai'oxysmes complets de fièvre qui avaient été excités par l'électricité. Cette faculté qu'elle a de produire la fièvre est la cause à laquelle on doit attribuer que seule elle ait pu suffire à Gardini (6), Wilkinson (7), Syme (8) et Wesley (9), pour guérir une fièvre tierce, et même à Zetzel(10)et Willermoz (1 1), pour faire disparaître des fièvres quartes. On sait que Télectri-

(i) Diss. med. pract,, Gœllingue, i776.

• (2) Adversaria, P. II, sect. 4.

(3) Bertholon, l)e rélectridté du corps humain, dans Vétai de santé et de maladie, Paris, i786, 1. 1, p. 299.

(4) IL, p. 290.

(5) IL, p. 291 .

(6) IL, p. 290.

(8) IL^ p. 313.

. (9) IL, p. 312.

cité détermine eu outre, dâus les muscles, des contractions qui ressemblent à des mouvements convulsifs. De Sans (1) pouvait même, par son iufluence, provoquer, aussi souvent qu'il lui plaisait de le faire, des convulsions durables dans le bras d'une jeune fille. C'est en raison de cette faculté dévolue à l'électricité que de Sans (2) et Franklin (3) l'ont appliquée avec succès au traitement des convulsions, et que Theden (4) est parvenu par son secours à guérir une petite fille de dix ans, à laquelle la foudre avait fait perdre la parole et l'usage du bras gauche, tout en donnant lieu à un mouvement involontaire continuel des bras et des jambes, accompagné d'une contraction spasmodique des doigts de la main gauche. L'électricité détermine également une espèce de sciatique, que Jallabert (5) et un autre (6) ont observée ; aussi a-t-elle pu guérir homœopathiquement cette affection, comme Font constaté Hiortberg,Lovet, Arrigoni, Daboueix, Mauduyt(7), Syme et Wesley . Beaucoup de médecins ont guéri une espèce d'ophthalmie par l'électricité, c'est-à-dire au moyen du pouvoir que cette dernière a de provoquer elle-même des inflammations aux yeux, ce qui résulte des obsei-vations de P. Dickson (8) et Bertholon (9).

(i) Berlholon, t. I,p. 351..

(3) Recueil sur l'élect. médic. H , p. 386.

(4) Neue Bemerkungen und Erfahrungen, lil.

(5) Expériences et observaltons sur réttsctricité.

(6) Philos. Trans., vol. 62k -

(7) Mémoire sur les différentes manières tfadministrer Pélectricité^ Paris, 1784, in-8.

(8) Bertholon, loc. dt.,^, 512.

(9) Loc. cit., U.p.ZSi.

92 GUÉEISONS HOMQBOPATHIQUES

Enfin elle a guéri des varices entre les mains de Fushel, et elle doit cette vertu curative à la faculté que Jalla* bert (1) a constatée en elle de faire naitre des tumeurs variqueuses.

Âlbers rapporte qu'un bain chaud à cent degrés du thermomètre de Fahrenheit apaisa beaucoup- la vive chaleur d'une fièvre aiguë, dans laquelle le pouls battait cent trente fois par minute, et qu'il ramena le nombre des pulsations à cent dix. Lœffler a trouvé les fomentations chaudes fort utiles dans l'encéphalite occasionnée par l'insolation ou l'action de la chaleur des poêles (2), et Callisen (3) regarde les affusions d'eau chaude sur la tète comme le plus efficace de tous les moyens dans l'inflammation du cerveau.

Si l'on fait abstraction des cas où les médecins ordinaires ont appris à connaître, non par leurs propres recherches, mais par l'empirisme du vulgaire, le remède spécifique d'une maladie demeurant toujours semblable à elle-même, celui par conséquent à l'aide duquel ils pouvaient la guérir d'une manière directe, comme le mercure dans la maladie vénérienne chancreuse, l'arnica dans la maladie produite par les contusions, le quinquina dans la fièvre intermittente des marais, le soufre en poudre dans la gale développée depuis peu, etc. ; si, dis-je, on met ces cas de côté, nous trouvons que partout, sans presque aucune exception, les traitements de maladies chroniques entrepris d'un air si capable par les partisans de l'ancienne école, n'ont eu pour résultat que de tourmenter les malades, aggraver

(i) BerlholoD, loc. cit.

(2) Dans Hdfeland^s Journal, Ilf, p. 690.

(3J Act. 90Cn nud. Hafn. IV, p. 4i9.

leur situation, les conduire même au tombeau, et imposer des dépenses ruineuses aux familles.

Quelquefois aussi un pur kasard les conduisait au traitement homœopathique(l); mais ils ne connaissaient

(i) Ainsi , par exemple , ils croient chasser de la peau la matière de la transpiration , suivant eux arrêtée dans cette membrane après les refroidissements, lorsqu'au milieu du froid de la fièvre, ils donnent k boire une infusion de fleurs de sureau , plante qui a la faculté homœopathique de faire cesser une fièvre semblable et de rétablir le malade , dont laguérison est d'autant plus prompte et plus assurée, sans sueur, quMl boit peu de cette infusion, et qu'il ne prend pas autre chose. Ils couvrent de cataplasmes chauds et renouvelés souvent les tumeurs aiguës et dures dont Finfiammation excessive » accompagnée d'insupportables douleurs , ne permet pas à la suppuration de s'établir : sous l'influence de ce topique, l'inflammatioB ne tarde pas à tomber, les douleurs diminuent , et Tabcès se dessine , comme on le reconnaît à l'aspect luisant de la saillie, à sa teinte jaunâtre et à sa mollesse. Ils croient alors avoir ramolli la tumeur par l'humidité , tandis qu'ils n'ont fait que détruire homœopathiquement l'excès d'inflammation par la chaleur plus forte du cataplaspie , et rendre possible ainsi la prompte manifestation de la suppuration. Pourquoi emploient-ils avec avantage, dans quelques ophthalmies, l'oxyde rouge de mercure, qui fait la base de la pommade Saint- Yves , et qui , si l'on accorde à quelque substance le pouvoir d'enflammer l'œil , doit nécessairement le posséder? Est-il difficile d'apercevoir que là ils. agissent d'une manière homoeopathique? G)mment un peu de suc de persil procurerait-il un soulagement instantané dans la dysuriesi fréquente chez les enfants, et dans lago* norrhée ordinaire, principalement reconnaissable aux douloureuses et vaines envies d'uriner qui l'accompagnent , si ce suc ne jouissait pas déjà par lui-même de la propriété d'exciter , chez les personnes bien portantes , des envies d'uriner douloureuses et qu'il est presque impossible de satisfaire ; si , eu conséquence, il ne guérissait pas homœopathiquement? La racine de boucage, qui provoque une abondante sécrétion de mucosités dansles broncheset la gorge, sert pour combattre avec succès l'angine dite muqueuse , et on arrête quelques métrorrhagies par une petite dose de feuilles de sabine, qui possèdent d'elles-mêmes la propriété de déterminer des hémorrhagies utérines: dans Tune et l'autre circonstance , on agit sans connaître la loi de l'homœopathie. L'opium à petites doses , qui resserre le ventre , a été trouvé l'un des prin-

94 GUËRISONS UOMOEOPATHIQUES

point la loi naturelle en vertu de laquelle s'opèrent et doivent s'opérer les guérisons de ce genre.

Il est donc de la plus haute importance pour le bien du genre humain de rechercher comment se sont faites, à proprement parler, ces cures aussi remarquables par leur rareté cpie par leurs eifets surprenants. Le problème est d'un grand intérêt. Effectivement nous trouvons, et les exemples qui viennent d'être cités le démontrent assez, que ces cures n'ont jamais eu lieu qu'à l'aide de moyens homœopathiques, c'est-à-dire possédant la faculté de provoquer un état morbide semblable à la maladie qu'il s'agissait de guérir. Elles ont été opérées d'une manière prompte et durable par des médicaments sur lesquels ceux qui les prescrivaient, en contradiction même avec tous les systèmes et toutes les thérapeutiques du temps, étaient tombés comme par hasard, souvent sans trop savoir ce qu'ils faisaient et pourquoi ils agissaient de cette manière, confirmant ainsi par le fait et contre leur volonté la nécessité de la seule loi naturelle en thérapeutique, celle de l'homœo-

cipaux et des plus sûrs moyens contre la constipalioa qui accompagne les hernies incarcérées et Tiléus» sans que cette découverte ait conduit à celle de la loi homoeopalhique , dont Tinfluence était cependant si sensible en pareil cas. On a guéri des ulcères non vénériens dans ia gorge par de petites doses de mercure, qui agissait alors homœopalh iquement. On a plusieurs fois arrêté ladiarrliéc par l'emploi de la rhubarbe, qui détermine des évacuations alvines. On a guéri la rage par la belladonne, qui occasionne une sorte d'hydrophobie. On a fait cesser , comme par enchantement , le coma, si dangereujE dans les fièvres aiguës, par une petite dose d'opium, substance douée de vertus échaufiTanteâ et'Stupéikmtes. Et après tant d'exemples, qui parlent si haut, on voit encore des médecins poursuivre Thomœopathie avec un acharnement qui ne peulannoncer que le réveil d'une conscience bourrelée dans un cœur incapable de s'amender!

DUES AU HASABD. 95

pathie, loi à la recherche de laquelle les préjugés médicaux n'avaient pas permis jusqu'à présent qu'on se livrât, malgré le nombre infini de faits et d'indices qui devaient mettre sur la voie de sa découverte,

La médecine domestique elle-même, exercée par des

personnes étrangères à notre profession, mais douées

d'un jugement sain et d'un esprit observateur, avait

trouvé que la méthode homœopathique était la plus

sûre, la plus rationnelle et la moins sujette à faillir.

On applique de la choucroute glacée sur les membres qui viennent d'être congelés, ou bien on les frotte avec de la neige (1).

(i) M. Lux a établi sur ces exemples, tirés de la pratique domestique, sa méthode cuT&iive per idem [xqualia xqualiàtts), qu'il désigne sous le nom à'Isopathie, et que quelques têtes excentriques regardent déjà comme le nec plus ultra de Tari de guérir, sans savoir comment ils pourront la réaliser.

Mais si Ton juge sainement ces exemples, la chose apparaît sous un tout autre aspect. >&•

Les forces purement physiques sont d'une autre nature que les forces dynamiques des médicaments» dans leur action surTorgantsme vivant.

La chaleur et le froid de Tair ambiant, de Teau , ou des aliments et boissons, n'exercent pas par eux-mêmes une influence nuisible absolue sur un corps bien portant. G^est une des conditions du maintien de la santé que le froid et le chaud alternent Tun avec Tautre, et par euxmêmes ils ne sont point médicaments. Lors donc qu'ils agissent comme moyens curât ifs dans les maladies du corps, ce n'est pas en metixx de leur essence, ou à titre de substances nuisibles par elles-mêmes , comme le sont les médicaments, même aux doses les plus exiguës; mais uniquement k raison de leur quantité plus ou moins considérable, c'est-àdire du degré de la température, de même que, pour emprunter un autre exemple aux forces purement phiysiques, une masse de plomb écmse douloureusement ma main , non pas parce qu'elle est de plomb, puisqu'une lame mince ne produirait pas cet eflet, mais parce qu'elle renferme beaucoup de métal et qu'elle est très-pesante.

Si donc le froid et le chaud sont utiles dans certaines affections du

96 GUÉRISÛNS HOMQEOPAXHIQUES

Le cuisinier, qui vient des'échauder la main, la pré* sente au feu, à une certaine distance, sans faire attention

corps, telles que les coDgélalions et les brûlures, ils ne le sont qu^en raison de leur degré, de môme aussi que c'est seulement lorsqu'ils arrivent à un degré extrême qu'ils portent atteinte à la santé du corps.

Ceci bien établi, nous trouvons que, dans les exemples lires de la pratique domestique , ce n*est pas Tapplication prolongée du degré de froid auquel le membre a été gelé qui le rétablit isopathiquement , puisque, loin delà, il y éteindrait la vie sans ressource , mais celle d'un froid rapproché seulement de celui-là {homo^opathiquement) ^^i ramené peu à peu jusqu'à une température supportable. Ainsi , la choucroute glacée qu'on applique, dans un appartement, sur un membre congelé , ne tarde pas à se dégeler, à prendre par degrés la température de la chambre, et à guérir ainsi le membre d'une manière physiquement homœopathique. De même, une brûlure faite à la main par de Peau bouillante ne guérit pas par la réapplication de cette eau bouillante, mais seulement par Taclion d'une chaleur un peu moins vive , par rîmmersion du membre dans un liquide écliauffé à soixante degrés, dont la température baisse à chaque minute jusqu'à ce qu'elle soit retombée à celle de la chambre. De même aussi , pour donner un autre exemple d'action physique , la douleur et la tuméfaction causées par un coup reçu au front diminuent homoeopalhiquement lorsqu'on appuie le pouce sur la partie , d'abord avec vigueur et ensuite avec une force toujours décroissante , tandis qu'un coup semblable à celui qui les a déterminés, loin de les apaiser, ne ferait qu'accroître isopathiquemcnt le mal.

Quant aux faits que M. Lux rapporte comme guérisons isopalhiques, des contractures chez les hommes et une paralysie des reins chez un chien, causées les unes et les autres par un refroidissement, et qui cédèrenten peu de temps au bain froid, c'est à tort qu'il lesexplique par risopathie. Les accidents qu'on désigne sous le nom de refroidissements , sont improprement attribués au froid , puisque tr^s-souvent on les voit survenir, chez des sujets qui y ont de la prédisposition, après l'actioa d'un courant rapide d'air qui n'était pas même frais. Les effets diversifiés d'un bain froid sur l'organisme vivant, dans l'état de santé et de maladie , ne peuvent pas non plus être tellement envisagés sous un point de vue unique qu'on soit autorisé à fonder là-dessus un système aussi hardi. Que le plus sûr moyen de guérirlamorsure des serpents venimeux soit d'appliquer sur la plaie des portions de ces animaux , comme le dit M. Lux, c'est une assertion à reléguer parmi les fables que nos

à Taugmentation de douleur qui résulte de là dans le principe, parce qu'il a appris de l'expérience qu'en agissant ainsi îl peut en très-peu de temps, souvent iQême en quelques minutes, guérir parfaitement la brûlure et faire disparaître jusqu'à la moindre trace de ^puleur (1).

D'autres personnes intelligentes, également étrangères à là médecine, par exemple les vemisseurs, appliquent sur les brûlures une substance qui, par ellemême, excite un pareil sentiment d'ardeur, savoir, de l'espritrde-vin (2) chaud ou de l'essence de térében-

pères nous ont transmises , jusqu'à ce qu'elle iil été confirmée par des expériences qui n'admettent plus le doute. Enfin , qu'un homme déjà hydrophobe ait été , dit*on, guéri , en Russie, par la salive d'un chien enragé qu'on lui fît prindr^ , ce dit-on n'est pas suffisant pour engager un médecin consciencieux à répéter une semblable épreuve , ni pourjustifierTadoption^'un système aussi peu vraisemblable que celui de l'isopathie.

(i) Fernel (Therap.,lib. f'I, cap. 2i)^onsidéraitdéjà l'exposition de la partie brûlée au feu comme le moyen le plus propre à faire cesser la douleur. J. Hunter ( Traité du sang) rappelle les graves inconvénients qui résultent du traitement des brûlures par Peau froide, et préfère de beaucoupJa méthode d'approcher les parties du feu. Il s'écarte en cela des doctrines médicales traditionnelles , qui prescrivent les raCralchissants contre l'inflammation {contraria cçrUrariis) : mais l'expérience lui avait appris qu'un échauffement homœopathique {si" milia sùnilibtis) était ce qu'il y avait de plus salutaire.

(â) %denham (Opéra, p. 271) dit que les applications réitérées d'alcool sont préférables k tout autre moyen contre les brûlures. B. Bell (Cours complet de chirurgie) rend également hommage à l'expérience, qui- indique les remèdes homœopalhiques comme étant les seuls efficaces. Voici de quelle mauière il s'exprime : « L'alpool est un des meiic leurs moyens contre les brûlures de tout genre. Quand on l'applique, < il semble d'abord accroître la douleur; mais celle*ci ne tarde pas c k s^âpaiser, pour faire place à un sentiment agréable de calme. « Cette méthode n'est jamais plus puissanVe que quand on plonge la « parlie dans l'alcool; mais si l'immersion ne peut être pratiquée, il

98 GUÉRISONS HOMOeOPATHIQUES

thine (1), et se guérissent ainsi en peu d'heures, sachant bien que les onguents dits rafraîchissants ne p^'oduiraient

« faut tenir la brûlure continuellement couverte d'une, compresse « imbibée de ce liquide. » J'ajoute que l'alcool chaud , et môme trèschaud , soulage d'une manière encore plus prompte et plus certaine, parce qu'il est bien plus homoeopalhique que l'alcool froid« C'est ^e que rexpérience confirme.

(1) E. Kentish ,qui avait k traiter des ouvriers brûlés souvent d'une manière horrible , dans les mines de houille , par l'explosion des gaz inflammables, leur faisait^appliquer de Tessence de térébenthine cliaude ou de l'alcool, comme étant le meilleur remède- qu'on pût employer dans les brûlures graves (^^«ay on bu/^ns, Londres, J798). Nul traitement ne peut être plus homœopathique que celui-là; mais il n'y en a pas non plus qui ait davantage d'efficacité.

Heister, chirurgien habile et rempli de bonne foi, recommande aussi celte pratique d'après sa propre expérience (Imtit, chirurg. , t. !, p. 333) ; il vante l'application de l'essence de térébenthine , de l'alcool et des cataplasmes aussi chauds que le malade peut les supporter.

fttais rien ne démontre mieux rétonnanle prééminence de la m^'- Ihode homœopathique, c'esl-à-dire de l'appiicalion aux parties brûlées de substances excitant par elles-mêmes une sensation de chaleur et de brûlure, sur la méthode pitlliative , consistant a faire usage de moyens rafraîchissants et frigorifiques , que les expériences pures dans lesquelles , pour comparer les résultats de ces deux procédés contraires, on les a simultanément employés suf le même sujet et dans des brûlures au même degré.

Ainsi J. Bell, ayant à traiter une dame qui s'était brûlé les deux bras avec du bouillon, couvrit l'un d'essence de térébenthine, et fiA plonger l'autre dans de l'eau froide. Le premier ne causait déjà plus de douleurs au bout d'une demi-heure , tandis que le second continua encore pendant six heures a être douloureux : dès que la maiade le retirait de l'eau , elle y ressentait des douleurs bien plus aiguës, et la guérison de ce bras exigea beaucoup plus de temps que celle de l'autre.

J. Anderson (dans Kentish , ioc, cit., p. 43) à traité de nJéme une femme qui s'était brûlé le visage elles brasavec de la graisse bouillante. « Le visage , qui était très-rouge et fort douloureux , fut couvert d'huile c de térébenthine quelques minutes après l'accident; quant au bras, e la malade l'avait déjà plongé d*elle-raéme dans l'eau froide, et elle «f témoigna le désir d'attendre pendant quelques heures Teffet de ce a traitement. Au boul de sept heures, le visage était mieux et la mth

pas le-mème résultât dans tm égal nombre de mois, et qoe l'eau froide neferait qu'empirer le mal (1).

Un vieux moissonneur, quelque peu habitué qu'il soit aux liqueurs fortes, ne boit cependant jamais d'eau froide quand Turdeni* du soleil et la fatigue du travailTont mis dans un état de fièvre chaude : le danger (d'agir ainsi lui est Men dohnti;'iïprend un peu d'une liqueur échauffaute; il avale une petite gorgée d'eau-de-vîe. L'expérience, source de toute vérité, l'a convaincu des avantages et de l'efficacité de ce procédé homœopathique. La chaleur et la lassitude qu'il éprouvait ne tardent poiht à diminuer (2). ,

Il y a même eu de temps en temps des médecins qui

« lade soulagée de ce côlé. A l'égard du bras, autour duquel on avait « souvent renouvelé le liquide, de vives douleurs s'y faisaient sentir « dès qu'on le retirait de l'eau , et rîMammation y avait manifate-

< ment augmenté, te lendemain j'appris que la malade avait ressenti « de grandes douleurs ; rjnjflammalion §'était étendue au delà du « coude; plusieurs grosses ampoules avaient crevé , et des escarres « épaisses s'étaient lorméés sur le bras et la main, que Ton couvrit « alors;d'un calâplaçnie chaud. Le visage ne causait plus la moindre « sensation doulçure^qs^; mais il fallut , employer lesémoUicnlspendant

< quinze jours encore pour procurer la guérison du bras. »

Qui n!aperçoil ici l'immense avantage du traitement homœopatliique , c'est-à-dire d'un agent produisant des effets semblables à ceux du mal même, sur la méthoëe. antipathique que prescrit l'ancienne école?

(i) J. Hunier n'est pas le seul qui signale les graves inconvénients du traitement des brûlures par l'eau froide. Fabrice de Ililden (De cornfmstionibus libelltùs , Bàle, 4607, cap. V, p. 41) assure également quo les fomentations froides sont tros-nuisibles dans ces sortes id'acci dents, qu'elles produisent les effets les plus fâcheux, que l'inflammation, la suppuraticii, et parfois la gangrène, en sont le résultat.

(2) Zimmermann {de l'Expérience, t. Il) nous apprend que les habitants des pays chauds en usent de même avec le plus gmnd succès , et quMls ont pour usage ife boire une petite quantité de liqueur spiritueuse quand ils se sont fortement échauffés.

100 GUÉRISONS HOMCEOPATHIQUES "^

ont soupçonné les médicaments de guérir les maladies par la vertu dont ils sont doués de faire naître des symptômes morbides analogues (1).

Ainsi, Fauteur du livre mpi rànvi^ tuv xcet* âvOpwirov (2), qui fait partie de la collection des œuvres comprises sous le nom d'Hippocrate, dit ces paroles remarquables:

Ilol Ta ôpotft voOaoc yhtrcu , xcd ^tà rà opoea fr/doo-^ cpôpcva Ix voffoOv* T6)v vyiaivovTOU... ^eà Tolfaecv IircToç iravrrou.

Des médecins moins anciens ont également senti et proclamé la vérité de la méthode Jiomœopathique. Ainsi Bouldue (3) s'est aperçu que la propriété purgative de la rhubarbe était la cause de la faculté qu'a cette racine d'arrêter la diarrhée.

Detharding a deviné (4) que F infusion de séné apaise la colique chez les adultes en vertu de la propriété qu elle a de provoquer des coliques chez les personnes qui jouissent d'une bonne santé.

Bertholon (5) dit que dans les maladies Félectricité diminue et finit par faire disparaître une douleur fort analogue à celle qu'elle-même provoque.

Thoury (6) atteste que Félectricité positive accélère d'elle-même le pouls, mais aussi qu'elle le ralentit

(i)Mon inlenlioQ, en citant les passages suitaats d^écnvaiiis qui ont soupçonné rhomœopalhie , n'est pas non plus de prouver rexceilence de celte méthode , qui s^établit toute seule et d'elle-même , mais d^échapper au reproche d'avoir passé ces espèces de pressentiments sous silence, pour m'arroger la priorité de Tidée.

(2)Bàle,1538,p.72.

(3) Mém.de VAc, roy. des Sciences, 47iO.

{i)Eph. nat. cvr., cent. X, obs. 76.

(3) De VélectricUéducorps humain dans l'étcU de santé et de maladie, t. U,p.21.

(6) Mém. lu à FÂcad. de Caen.

quand il offre déjà trop d'aGcêlération par le tait de la iQaladie.

Stcerck (1) a eu Vidée que, la pomme épineuse dé-rangeant l'esprit et produisant la manie chez les personnes bien portantes, on pourrait foi*t bien Tadmi- ' nistrer aux maniaques pour essayer de leur rendre la raison en déterminant un changement dans la marche de leurs pensées.

Mais, de tous les médecins, celui dont la conviction à cet égard se trouve exprimée de la manière la plus formelle, est le Danois 8tahl (2), qui parle en ces termes : <x La règle admise en médecine, de traiter les « naaladies par des remèdes contraires ou opposés aux « effets qu'elles produisent {contraria contrariis)y est « complètement fausse et absurde. Je suis persuadé, (c au contraire, que les maladies cèdent aux agents c( qui déterminent une affection semblable {similia si^ a milibus) , les brûlures, par Tardeur d'un foyer dont c< on approche la partie; les congélations, par Fappli- « cation de la neige et de l'eau froide; les inflamma- « tiens et les contusions, par celle des spiritueux. C'est c( ainsi que j'ai réussi à faire disparaître la disposîm tien aux aigreurs par de très-petites doses d'acide « sulfurique, dans des cas où l'on avait inutile- *« ment administré une multitude de poudres absor- <x bantes. »

Âîhsi plus d'une fois on s'est approché de la grande vérité. Mais jamais on n'est allé au delà de quelque

(i) tÂbelL de stramon., p. 8.

(2) Dans J. HuMMBL , Comment de arlhritide tam tartarea, guam scorinUica^ seu podagra et scorhuto. Budingx, 1758, in-8, p. 40-^.

102 GUËRISONS HOMOBOPATHIQUES DUES AU HASARD.

idée passagère, et de cette manière l'indispensable réforme que la vieille thérapeutique devait subir pour faire place au véritable art de guérir, à une médecine pure et certaine, n'a pu être instituée que de nos jours seulement.

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