‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 46 sur 73 · De même que chaque espèce de plantes diffère · texte numérisé non relu

De même que chaque espèce de plantes diffère

(1) C'est ainsi que la princesse Marie Porphyrogénète, en présence de sa tante Eudoxie , faisait revenir à lui , en Faspergeant d'eau de rose (to twv pd^wv oràXotyfMi) , son frère , Tempeur Alexis, qui élail sujet à tomber en syncope. {Hist, byz. AlexUUy lib. 15, p. 503, éd. Posser.) Horslius {0pp. III, p. 59) a trouvé le vinaigre rosat très-effîcacc dans la^'ncope.

(2) Cette vérité avait été reconnue aussi parHalIer , qui dit (préface de son Hist. sHrp. Helv.) : Latet immensa viriumdiversUcis in Us ip^ sis platUiSy guarum fades exterruts dudum novimus, animosqtuisi et quodcumque ccelestius habent, nondumperspeximus.

de toutes les autres dans sa coufiguratioD, son mode propre de végéter et de croître^ sa saveur et son odeur^ de même que chaque minéral diffère des autres par rapport à ses qualités extérieures et à ses propriétés chimiques, circonstance qui aurait déjà dû suffire seule pour éviter toute confusion, de même aussi tous ces corps diffèrent entre eux à F égard de leurs effets morbifiques, et par conséquent de leurs effets curatifs (1). Chaque substance exerce sur la santé de l'homme une influence particulière et déterminée, qui ne permet pas qu'on la confonde avec aucune autre (2).

(1) Celui qui sait que Paclion de cbaque substance sur rhomme diffère de celle de toutes les autres, et qui apprécie rimporlance de ce fait, n'a pas de peine non plus èi comprendre que, médicalement parlant, il ne peut pas y avoir de succédanés , c^est-à-dire de médicaments équivalents et capables de se remplacer mutuellement. Il n^ a que celui à qui les effets purs et positifs des substances médicinales sont inconnus , qui puisse être assez insensé pour chercher k nous faire croire qu'un remède peut en remplacer un autre, et produire le même eflel salutaire dans un cas donné de maladie. C'est ainsi que des enfants, dans leur simplicité , confondent les choses les plus essentiellement diflerentes, parce quMIs les connaissent h peine d'après leur extérieur, et quMls n'ont aucune idée de leurs propriétés intimes, de leur véritable valeur intrinsèque.

(2) Si c'est là Texacte vérité , comme ce Test effectivement , un mé decin jaloux de passer pour un homme raisonnable et de mettre sa conscience en repos, ne peut désormais prescrire d'autres médicaments que ceux dont il connaît parfaitement la véritable valeur , c'est-à-dire dont il a étudié l'action sur des hommes bien portants, avec assez de soin pour être persuadé que tel ou tel d'entre eux est celui de tous qui peut provoquer l'état morbide le plus analogue à la maladie naturelle qu'il s'agit de guérir; car, ainsi qu'on l'a vu plus haut, ni l'homme ni la nature ne procurent jamais de guérison complète, prompte et durable, autrement qu'avec le secours d'un moyeu homœopathique. Nul médecin ne peut donc éviter à l'avenir de se livrera des recherches de ce genre, sans lesquelles il ne saurait acquérir , à l'égard des médicaments, les connaissances qui sont indispensables à l'exercice de son

120. Il faut donc bien distinguer les médicaments les uns des autres^ puisque c*est d*eux que dépendent la vie et la mort, la maladie et la santé des hommes. Pour cela, il est nécessaire de faire avec soin des exipériences pures, ayant pour objet de dévoiler les facultés qui leur appartiennent et les véritables effets qu'ils produisent chez les personnes bien portantes. En procédant ainsi, on apprend à les bien connaître, et à éviter toute méprise dans leur application au traitement des maladies, car il n'y a qu'un remède bien choisi qui puisse rendre au malade, d'une manière prompte et durable, le plus grand des biens de la terre, la santé du corps et de l'âme.

121. Quand on étudie les effets des médicaments sur l'homme bien portant, on ne doit pas perdre de vue qu'il suffit déjà d'administrer les substances dites héroïques à des doses peu élevées, pour qu'elles produisent des changements dans la santé même des personnes robustes. Les médicaments d'une nature plus douce doivent être donnés à des doses plus élevées, quand on veut aussi éprouver leur action. Enfin, lors-

urt , et qui ont élé négligées jusqu'à présent. La postérité aura de la peine à croire que jusqu'ici les praticiens se soient tous et toujourscontentés de donner aveuglément , dans les maladies , des remèdes dont ils ignoraient la véritable valeur, dont ils n'avaient jamais étudié les effets purs et dynamiques sur Fhomme en santé , qu'ils aient eu l'habitude d'associer ensemble plusieurs de ces substances inconnues, dont l'action est si diversifiée, et qu'ils aient ensuite abandonné au hasard le soin de régler tout ce qui pouvait résulter de là pour le malade. C'est ainsi qu'un insensé entre dans Tatelier d'un artiste, saisit à pleines mains tous les outils qui se trouvent k sa portée , et s'imagine qu'avec îeursecoilrs il pourra achever un ouvrage qu'il voit ébauché. Qui peut douter qu'il le gâtera par sa ridicule manière de travailler, que peut- Htc même il le mutilera irréparablement?

qu'il s'agit de connaître celle des substances les plus faibles, on ne peut choisir, pour sujets d'expérience, que des personnes exemptes de maladie, il est vrai; mais douées cependant d'une constitution délicate, inîtable et sensible.

12â* Dans les expériences de ce genre, d'où dépendent la certitude de l'art de guérir et le salut de toutes les générations à venir, on n'emploiera que des médicaments qu'on connaisse bien, et à l'égard desquels on ait la conviction qu'ils sont purs, qu'ils n'ont point été falsifiés, qu'ils possèdent toute leur énergie.

123. Chacun de ces médicaments doit être pris sous une forme simple et exempte de toute artifice. Pour ce qui est des plantes indigènes, on en exprime le suc, que l'on mêle avec un peu d'alcool, afin d'empêcher qu'il ne se corrompe (!)• A l'égard des végétaux étrangère, on les pulvérise, ou bien on en prépare une teinture alcoolique, qu'on mêle avec une certaine quantité d'eau avant de la faire prendre. Les sels et les gommes, enfin, ne doivent être dissous dans l'eau qu'au moment même où l'on va en faire usage. Si l'on ne peut se procurer la plante qu'à l'état sec, et que de sa nature elle ait des vertus peu énergiques, on l'essaye sous la forme d'infusion, c'est-à-dire qu'après l'avoir hachée menu, on verse dessus de l'eau bouillante, dans laquelle on la laisse plongée pendant quelque temps ; l'infiision doit être bue immédiatement après sa préparation et tandis qu'elle est encore chaude ; car tous les sucs de plantes et toutes les infiisions végétales aux-

(i) Jahr, Nouvelle pharmacopée et posologie homoBopathique^ Paris, \U\, in-12.

quels on n'ajoute point d'alcool, passent rapidement à la fermentation, à la corruption, et perdent ainsi leur vertu médicinale.

124. Chaque substance médicinale qu'on soumet à des essais de ce genre dojt être employée seule et parfaitement pure. On se garde bien d'y associer aucune substance étrangère, ni de prendre aucun autre médicament, soit le jour même, soit moins encore les jours suivants, tant qu'on veut observer les efiFets qu'elle est capable de produire.

125. 11 faut que le régime soit très-modéré pendant toute la durée de l'expérience. On s'abstient autant que possible des épices, et l'on se contente d'aliments simples, qui ne soient que nourrissants, en évitant avec soin les légumes verts (1), les racines, les salades et les soupes aux herbages, nourritures qui, malgré les préparations culinaires qu'elles ont subies, retiennent toujours quelque peu d'énergie médicinale, qui troublerait l'efiFet du médicament. La boisson restera la même que celle dont on fait journellement usage ; elle sera seulement aussi peu stimulante que possible (2).

126. Celui qui tente Texpérience doit éviter, pendant tout le temps qu'elle dure, de se livrer à des travaux fatigants de corps et d'esprit, à des débauches,

(1)0n peut permettre les petits pois, les haricots verts,et même les carottes, comme étant les légiùDes verts qui ont le moins de vertus mé- (licinules.

(2) La personne qui se soumet aux expériences doit ne point être accoutumée U l'usage du vin pur, de Teaii-de-vie, du café ou du thé , ou du moins s^ètre déshabituée déjà depuis longtemps de ces boissons nuisibles, dont les unes sont excitantes et les autres médicamenteuses.

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à des passions désordonnées. Il faut que nulle affaire pressante ne l'empêche de s'observer avec soin, que de lui-même il porte une attention scrupuleuse à tout ce qui survient dans son intérieur, sans que rien l'en détourne, afin qu'il unisse à la santé du coips le degré d'intelligence nécessaire pour pouvoir désigner et dé* crire clairement les sensations qu'il éprouve.

127. Les médicaments doivent être expérimentés tant sur des hommes que sur des femmes, afin de mettre en évidence des changements relatifs au sexe qu'ils ont l'aptitude à produire.

128. Les observations les plus récentes ont appris que les substances médicinales ne manifestent pas à beaucoup près la totalité des forces cachées en elles, lorsqu'on les prend à l'état grossier, ou telles que la nature nous les offre. Elles ne déploient complètement leurs vertus qu'après avoir été amenées à un haut degré de dilution par le broiement et la succussion, mode très-simple de manipulation qui développe à un point incroyable et met en pleine action leurs forces jusqu'alors latentes et en quelque sorte plongées dans le sommeil. Il est reconnu aujourd'hui que la meilleure manière d'essayer môme une substance réputée faible, consiste à prendre pendant plusieurs jours de suite quatre à six petits globules imbibés de sa trentième dilution, qu'on humecte avec un peu d'eau, et qu'on avale à jeun.

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