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Quand le médecin n'a pas éprouvé le remède

DE LA DOCraiME HOMOGOPATUQUE. 199

sur lui-même , et ^'on l'a foit essayer par une autre

personne, il faut que celle-ci écrive les sensations, incommodités, accidents et changements qu'elle éprouve, à l'instant même où elle les ressent. H faut aussi qu'elle indique le temps écoulé depuis qu'elle a pris le médicament jusqu'à la manifestation de chaque symptôme, et qu'elle fasse connaître la durée de celui-ci, s'il se prolonge beaucoup. Le médecin lit ce rapport en présence de celui qui a fait l'expérience , immédiatement après qu'elle est terminée ; ou si elle dure phisieurs jours, il fait la lecture chaque jour, afin que l'expérimentateur, ayant la mémoire fraîche encore , puisse répondre aux questions qu'il sera dans le cas de lui adresser relative-' ment à la nature précise de chaque symptôme , et le mettre en élat soit d'ajouter les nouveaux détails qu'il recueille, soit d'opérer les rectifications et modifications nécessaires (I).

140. Si la personne ne sait point écrire , il faudra que chaque jour le médecin l'intei d'elle ce qu'elle a éprouvé. Hais borner en grande partie à entendi lui fait d'elle-même. H se gardei chercher à rien deviner ou conject le moins possible, ou, s'il le f^t, même prudence et la même réserv dées plus haut (V. 84-99) comme dispensahles quand on prend le

(t) Celui qui communique au public les rienc«, estrrapoDsable du canctiredelmp et des assertions qu'il ^met d'après elle, droit, puisqu'il s'agit du bien-être de rbuimnilé souffraute.

on a besoin pour former le tableau des maladies natm*elles.

141, Mais, de toutes les expériences pures relatives aux changements que les médicaments simples produisent dans la santé de l'homme et aux symptômes morbides dont ils peuvent provoquer la manifestation chez les personnes bien portantes, les meilleures seront toujours celles qu'un médecin doué d'une bonne santé, exempt de préjugés , et capable d'analyser ses sensations, fera sur lui-môme, avec les précautions qui viennent d'être prescrites. On n'est jamais plus certain d'une chose que lorsqu'on Fa éprouvée par soi-même (1).

(1) Les expériences faites sur soi-même ont encore un avantage qu'il est impossible d'obtenir autrement. D'abord , elles procurent la convie^ tion de celte grande vérité , que la vertu curative des remèdes se fonde uniquement sur la faculté dont ils jouissent de provoquer des changements dans l'état physique et moral de l'homme. En second lieu , e\\e% apprennent à comprendre ses propres sensations, ses pensées , son moral, source de toute véritable sagesse(7vcô6iMa'jTov), et font acquérir le talent de observation, dont un médecin ne peut se passer. Les observations faites sur autrui n'ont point le même attrait que celles qu'ion fait sur soi-même. Celui qui observe lesautres doit toujours craindre qu'ils n'éprouvent pas précisément ce[qu'ils disent, ou n'expriment pas d'une manière convenable ce qu'ils ressentent. Il n'est jamais certain de n'avoir point été trompé, du moins en partie. Cet obstacle k la connaissance de la vérité , qu'on ne peut jamais écarter entièrement lorsqu'on s'informe des symptômes morbides provoqués chez un autre par l'action des médicaments, n'existe point dans les essais qu'on fait sur soi-même. Celui qui se met en expérience sait au juste ce qu'il sent, et chaque nouvel essai qu'il tente sur sa propre personne est pour lui un motif d'étendre davantage ses recherches , en les portant sur d'autres médicaments. Certain , comme il l'est, de ne point se tromper, il n^en devient que plus habile dans Fart si important d'observer, et son zèle redouble en même temps, parce qu'il lui apprend à connaître la vérr^ table valeur des ressources de l'art, dont la pénurie est encore si grande Qu'on ne croie pas d'ailleurs que les petites incommodités qu'il con-

142. Quant à savoir comment s'y prendre, dans les maladies surtout chroniques , qui la plupart restent semblables à elles-mêmes , pour découvrir , parmi les symptômes de F affection primitive , quelques-uns de ceux qui appartiennent au médicament simple appliqué à la guérison (1) , c'est là un sujet de recherches qui exige une grande capacité de jugement , et qu'il faut abandonner aux maîtres dans Fart d'observer.

145. Lorsqu' après avoir éprouvé de cette manière un grand nombre de médicaments simples sur Thomme bien poitant, on aura noté soigneusement et fidèlement tous les éléments de maladie, tous les symptômes qu'ils peuvent produire d'eux-mêmes, comme puissances morbifiques artificielles, alors seulement on aura une véritable matière médicale, c'est-à-dire un tableau des effets purs et infaillibles (2) des substances médicinales simples. On possédera ainsi un code de la nature, dans lequel seront inscrits un nombre considérable de. symptômes propres à chacun des agents qui auront été mis

tracte en essayant des médicaments soient préjudiciables à sa santé. L'expérience prouve , au contraire , qu'elles ne font que rendre l'organisme plus apte à repousser toutes les causes morbides, naturelles ou artificielles, et qu'ellesendurcissent contre leur influence. La santé en devient plus solide, et le corps plus robuste.

(1) Les symptômes qui, dans le^cours de la maladie entière, ne se sont fait remarquer que longtemps auparavant, ou même n'ont jamais été observés, qui par conséquent sont nouveaux et appartiennent au remède.

(S) Dans ces derniers temps on a confié le soin d'expérimenter les médicaments à des personnes inconnues et éloignées, qui se faisaient payer pour remplir cette tâche, et dont on publiait ensuite les observa* tions. Mais cette méthode sembledépouiller de garantie morale, de certitude et de toute valeur réelle, cet important travail sur lequel doivent reposer les bases delà seule vraie médecine.

en expérience. Or ces symptômes sont les éléments des maladies artificieHes avec le secours desquelles on gué« rira un jour on l'autre plusieurs maladies naturelles semblables* Ce sont les seuls vrais instruments homéopathiques, c'estràf-dire spécifiques, capables de procurer des guérisons certaines et durables.

1 44. Que tout ce qui est conjecture , assertion gratuite ou fiction, soit sévèrement exclu de cette matière médicale. On n'y doit trouver que le langage pur de la nature interrogée avec soin et bonne foi.

148. Il faudrait assurément un nombre très-considéi*able de médicaments dont on connût bien Taction pure sur les personnes en santé, pour que nous fussions en état de trouver contre chacune des innombrables maladies naturelles qui assiègent Thomme un remède homœopathique, c'est-à-dire une puissance morbifique artificielle qui lui fttt analogue (1). Cependant, grâce à la multitude d'éléments morbides que chacun des médicaments énergiques dont on a fait l'essai jusqu'à pré* sent sur des sujets sains , a déjà permis d'observer, il ne reste plus dès aujourd'hui que peu de maladies contre lesquelles on ne puisse trouver, parmi ces substances, un remède homœopathique passable (â), qui rétablisse

(i) Je fus d'abord seul k faire de Tétude des effets purs des médicaments la principale et la plus importante de mes occupations. Depuis, j^ai été aidé par quelques jeunes médecins, dont j'ai scrupuleusement examiné les observations. Mais que ne paryiendra-tpon pas à opérer, en Dut de guérisons , dans Pimmense domaine des maladies , quand de nombreux observateurs, sur l'exactitude desquels on pourra compter» auront contribué de leurs recherches sur eux-mêmes à enrichir cette matière médicale, la seule qui soil vraie I L'art de guérir se rapprochera alors des sciences mathématiques , sous le rapport de la certitude.

(2) Voyez ci-dessus 109 , la note.

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la s^nté d'une manière douce, sûre et durable, c'e6t-à«* dire avec iofiniment plus de certitude qu'où n'en aurait en recourant aux thérapeutiques générales et spéciale^ de la médecine allopathique, dont les mélanges de mé** dicaments inconnus ne font que dénaturer et aggraver les maladies chi*oniques, et retardent plutôt qu'ils n'accélèrent la guérison des maladies aiguës.

146. LfC troisième point de la tâche d'un véritable médecin est d'employer les puissances morbifiques artificielles (médicaments) dont on a constaté les effets purs sur rhomme sain, de la manière la plus convenable pour opérer la guérison homœopathique des maladies naturelles.

147. Celui d'entre ces médicaments dont les symp* tomes connus ont le plus de ressemblance avec la totalité de ceux qui caractérisent une maladie naturelle donnée, celui-là doit être le remède le mieux approprié, le plus certainement homœopathique, qu'on puisse employer contre cette maladie; il en est le remède spécifique.

148. Un médicament qui possède l'aptitude et la tendance à produire une maladie artificielle aussi semblable que possible à la maladie naturelle contre laquelle on l'emploie, et qu'on administre à juste dose^ affecte précisément , dans son action dynamique sur la force vitale morbidement désaccordée, les parties de l'organisme qui avaient été jusqu'alors en proie àla ma^, la<Ëe natureUe, et excite en eUes la maladie artificielle qu'il peut produire de sa nature. Or celle-ci, en raison de sa similitude et de sa prépondérance, se substitue à

la maladie naturelle. Il suit de là qu'à dater de ce moment la force vitale automatique ne souffre plus de cette dernière, et n'est plus atteinte que de l'autre. Mais , la dose du remède ayant été très-faible, la maladie médicinale disparaît bientôt d'elle-même. Vaincue, comme Test toute affection médicinale modérée , par l'énergie développée de la force vitale, elle laisse le corps libre de toute souffrance, c'est-à-dire dans un état de santé parfaite et durable.

149. Quand l'application du médicament choisi de manière à ce qu'il soit parfaitement homœopalhique (1) a été bien &ite, la maladie naturelle aiguë dont on veut

(1) Malgré les nombreux ouvrages deslinés k diminuer les diffîcullés de cette recherche , parfois très-laborieuse , du remède sous tous les rapports le mieux approprié homœopathiquement à chaque cas spécial de maladie , elle exige encore qu'on étudie les sources elles-mé • mes, qu'on procède avec beaucoup de circonspection, et qu'on ne prenne enfin son parti qu'après avoir sérieusement pesé une multitude de circonstances diverses. La plus belle récompense de celui qui s'y livre est le repos d'une conscience assurée d'avoir rempli fidèlement ses devoirs. Comment un travail si minutieux , si pénible , et cependant seul apte k mettre en état de guérir sûrement les maladies , pourrait-il plaire aux partisans de la nouvelle secte bâtarde qui , n'adoptant que les formes extérieures de Thomœopathie , prescrivent les médicaments pour ainsi dire k la volée (quidquid in buccam venit) , et qui , lorsque le remède choisi k faux ne soulage pas sur-le-champ , s'en prennent non k leur impardonnable incurie , mais k la doctrine ellemême, qu'ils accusent d'imperfection? Ces habiles gens se consolent bientôt de l'insuccès des moyens k peine k demi homœopathiques qu'ils emploient, en recourant de suite aux procédés de l'allopathie, qui leur sont plus familiers, k quelques douzaines de sangsues» k d'innocentes saignées de huit onces, elc. Si le malade survit, ils s'écrient qu'on n'aurait pu le sauver par aucune autre méthode, donnant clairement k entendre que ces moyens empruntés, sans grand travail de tête, k la routine de l'ancienne école , ont eu au fond tout Thonneur de la cure. 841 succombe, ils consolent de leur mieux ses proches, en disant

se débarrasser, quelque maligne et douloureuse qu'elle puisse être, se dissipe en peu d'heures , si elle est récente, et en un petit nombre de jours, si elle est im peu plus ancienne. Toute trace de malaise disparaît; on n'aperçoit aucun ou presque aucun vestige de la maladie artificielle ou médicinale, et la santé se rétablit par une transition rapide, insensible. Pour ce qui est des maux chroniques, et principalement de ceux qui sont compliqués, ils exigent plus de temps pour guérir. Les maladies médicinales chroniques que la médecine allopathîque engendre si souvent à côté de la maladie naturelle qu'elle n'a pu détruire, en demandent surtout un très-long, et sont même fréquemment rendues incurables par les soustractions de force et de sucs vitaux qui sont le résxiltat des moyens de traitement dont les pai^ tisans de cette médecine affectionnent l'emploi.

150. Si quelqu'un se plaint d'un ou deux symptômes peu saillants, dont il ne se soit aperçu que depuis peu, le médecin ne doit pas voir en cela une maladie parfaite, qui réclame sérieusement les secours de l'art. Une petite modification apportée au régime et au genre de vie suffit ordinairement pour dissiper de si légères indispositions.

15 1 . Mais quand les symptômes peu nombreux dont se plaint le malade ont beaucoup de violence, le médecin observateur en découvre ordinairement plusieurs

qu'on n'a rien négligé de'ce qu'il était humainement possible de faire pour le sauver. Qui voudrait faire k ces hommes inconsidérés et dangereux l'honneur de les admettre parmi les adeptes de l'art pénible, mais salutaire, auquefon donne le nom de médecine homœopathique?

autres encore, qui sont moins bien dessinés, et qui lui donnent une image complète de la maladie.

152. Plus la maladie aiguë est intense, plus les symptômes qui la composent sont ordinairement nombreux et saillants, et plus aussi il est facile de trouver un remède qui lui convienne , pourvu que les médicaments connus dans leur action positive, entre lesquels on doit choisir, soient en nombre suffisant. Parmi les séries de symptômes d'un grand nombre de médicaments, il n'est pas difficile d'en trouver un qui contienne des éléments morbides dont on puisse composer un ensemble de symptômes très-analogue à la totalité des symptômes de la maladie naturelle qu'on a sous les yeux. Or c'est justement ce médicament qui est le remède désirable.

153. Quand on cherche un remède homœopathique spécifique, c'est-à-dire quand on compare l'ensemble des signes de la maladie naturelle avec les séries de symptômes des médicaments bien connus, pour trouver parmi ces derniers une puissance morbifique artificielle semblable au mal naturel dont la guérison est en problème, il faut surtout et presque exclusivement s'attacher aux symptômes frappants, singuliers , extraordinaires et caractéristiques (1), car c'est à ceux-là principalement que doivent répondre des symptômes semblables dans la série de ceux qui naissent du médicament qu'on cherche, pour que ce dernier soit le re-

(1) M. de Bœnninghausen a rendu un grand service a riiomœopalliie, par son Exposition des symptômes qui caractérisent les médicaments antipsoriques. {Tableau iie la jjrincipale sphère d'action et des propriétés caractéristiques des remèdes antipsoriques, trad. de l'allemand, Paris, 4834, in-8.)

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mède à Faide duquel il convient le mieux d'entreprendre la guérison. Au contraire, les symptômes généraux et vagues, comme le manque d'appétit, le mal de tête, la langueur, le sommeil agité, le malaise, etc. , méritent peu d'attention, parce que presque toutes les maladies et presque tous les médicaments produisent quelque chose d'analogue.

154. Plus la contre-image formée avec la série des symptômes du médicament qui parait mériter la préférence, en renfermera de semblables à ces symptômes extraordinaires, marquants et caractéristiques de la maladie naturelle , plus la ressemblance, sera grande de part et d'autre, et plus aussi ce médicament sera convenable, homœopathique, spécifique dans la circonstance. Une maladie qui n'existe pas de très-longue date cède ordinairement, sans de graves incommodités, à la première dose de ce remède.

155. Je dis sans de graves incommodités, parce que, quand un remède parfaitement homœopathique agit sur le corps, il n'y a que les symptômes correspondants à ceux de la maladie qui soient efficaces, qui travaillent à anéantir ces derniers en prenant leur place. Les autres symptômes, souvent nombreux, que la substance médicinale fait naître, et qui ne correspondent à rien dans la maladie présente, ne se montrent presque pas, et le malade va mieux d'heure en heure. La raison en est que la dose d'un médicament dont on veut faire une application homœopathique n'ayant besoin que d'être très-exiguë, la substance se trouve beaucoup trop faible pour manifester ceux de ses symptômes qui ne sont point homœopathiques dans les parties du corps

exemptes de la maladie. Elle ne laisse done agir que ses symptômes homœopathiques sur les points de l'organisme qui sont déjà en proie à l'irritation résultant des symptômes analogues delà maladie naturelle, afin d'y provoquer la force vitale malade à faire naître une affection médicinale analogue, mais plus forte, qui éteint la maladie naturelle,

156. Cependant il n'y a presque pas de remède homœopathique, quelque bien choisi qu'il ait été, qui, sui^ tout à dose trop peu atténuée, ne produise au moins, pendant la durée de son action, des incommodités légères, ou quelque petit symptôme nouveau, chez des malades fort irritables et très-sensibles. Il est presque impossible, en effet, que les symptômes du médicament couvrent aussi exactement ceux de la maladie qu'un triangle peut le faire à l'égard d'un autre qui a des angles et des côtés égaux aux siens. Mais cette anomalie, insignifiante dans un cas favorable, est effacée sans peine. par l'énergie propre de l'organisme vivant, et le malade ne s'en aperçoit même pas , à moins qu'il ne soit d'une délicatesse excessive. Le rétablissement de la santé n'en marche pas moins, s'il n'est entravé par des influences médicinales étrangères, des erreurs de régime, ou des passions.

157. Mais, quoiqu'il soit certain qu'un remède homœopathique administré à petite dose anéantit tranquillement la maladie aiguë qui lui est analogue, sans manifester ses autres symptômes non homœopathiques, c'est-à-dire sans exciter de nouvQjles et graves incommodités, cependant il lui arrive presque toujours de produire, peu de temps après avoir été pris par le ma-

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lade, au bout d'une ou plusieurs heures, suivant la dose, une sorte de petite aggravation, qui ressemblé tellement à l'affection primitive que le sujet lui-même la prend pour un redoublement de sa propre maladie. Mais ce n'est en réalité qu'une maladie médicinale fort analogue au mal primitif et le surpassant un peu en intensité,

158. Cette petite aggravation homœopathique du mal durant les premières heures, heureux présage qui la plupart du temps annonce que la maladie aiguë cédera à la première dose , est tout à fait dans la règle : car la maladie médicinale doit naturellement être un peu plus forte que le mal à l'extinction duquel on la destine, si l'on veut qu'elle le surmonte et le guérisse, comme aussi une maladie naturelle ne peut en détruire et faire cesser une autre qui lui ressemble que quand elle a plus de force et d'intensité qu'elle (§§ 43-48),

159. Plus la dose du remède homœopathique est faible, plus aussi l'augmentation apparente de la maladie, dans les premières heures, est légère et de courte durée.

160. Cependant, comme il est presque impossible d'atténuer assez la dose d'un remède homœopathique pour que celui-ci ne soit plus susceptible d'amender, de surmonter et de guérir parfaitement la maladie qui lui est analogue {voyez la note à 249), on conçoit sans peine que toute dose de ce médicament qui n'est pas la plus petite possible, puisse encore occasionner une aggravation homœopathique durant la première heure qui s'écoule après que le malade Ta prise (1).

(i) Celle prépondérance des symplômes'médicamenteux sur les symptômes morbides naturels^ qui ressemble^ une exaspération de la ma*

i 6 1 • Si j e rapporte à lapremière ou aux premières heures raggravationhoaiœopathique ou plutôt l'aetion primitive du remède homœopathique paraissant accroître un peu les symptônxes delà maladie naturelle, ce délai s'applique aux affections aiguës et survenues depuis peu (1). Hais quand des médicaments dont l'action se prolonge beaucoup ont à combattre un mal ancien et très-ancien, que par conséquent une dose doit continuer à agir pendant plusieurs jonts de suite, alors on voit saillir de temps en temps, durant les six, huil ou dix premiers

ladie, a élé remarquée aussi par d'aulres médecins, quand le hasard les mettait sur la voie d^un remède homœopathique. Lorsqu'après avoir pris du soufre , le galeux se plaint de ce que l'éruption augmente , le médecin, qui n'en sait point la cause, le console en lui disant qu'il faut que la- gale sorte tout entière avant de pouvoir guérir ; mais il ignore que c'est un exantlième provoqué par le soufre qui prend l'apparence d'une exaspération de la gale. Leroy ( Médecine maternelle , ou l'art- d'élever les enfants, pag. 376) nous assure que la pensée ( Fiola tricolor) commença par faire empirer une éruption k la face dont elle procura plus tard la guérison ; mais il ne savait pas que ce redoublement apparent du mal provenait uniquement de ce qu'on avait administré à trop forte dose le médicament qui, dans ce cas, se trouvait homœopathique. Lysons (Af6(/. Tran*., vol. II, Londres, 4772) dit que les maladies de peau qui cèdent le plus sûrement k Técorce d*orme, sont celles que cette substance fait augmenter au commencement. S'il n'avait pas, suivant l'usage de la médecine allopathique, administré l'écorce d'orme kdes doses énormes, mais que, comme l'exigeait son caractère homœopathique, il l'eût fait prendre k des doses extrêmement faibles , les exanthèmes contre lesquels il la prescrivait auraient guéri sanséprou« ver cet accroissement d'intensité, ou du moins n'en auraient subi qu'un très-peu prononcé.

(1) Quoique l'effet des médicaments qui sont doués par eux-mêmes de Faction la plus prolongée, se dissipe rapidement dans les maladies aiguës, il dure longtemps dans les afTections chroniques (provenant de la psore), et de Ik vient que les médicaments antipsoriques ne produisent souvent pas cette exaspération homœopathique dans les premières heures, mais les déterminent plus tard et k des heures différentes des huit ou dix premiers jours.

jours, quelques-uns des effets primitifs de ces médicaments , quelques-unes de ces e:&aspérations apparentes des symptômes du mal primordial, qui durent une ou plusieurs heuires, tandis que l'amendement général se prononce d'une manière sensible dans les intervalles. Ge petit nombre de jours une fois écoulés, l'amélioration produite par les effets primitifs du médicament continue encore pendant plusieurs jours, presque sans que rien la trouble.

162. Le nombre des médicaments dont on connaît exactement l'action véritable et pure étant très-limité encore, il arrive quelquefois qu'il n'y a qu'une portion des symptômes de la maladie à guérir qui se rencontre dans la série des symptômes du médicament le plus homœopathique, et que par conséquent on est obligé d'employer cette imparfaite puissance morbifique artificielle, a défaut d'une autre qui le soit moins.

165. Dans ce cas, il ne faut pas espérer du remède dont on se sert une guérison complète et exempte d'inconvénients. On voit survenir pendant son emploi quelques accidents qui ne se remarquaient point auparavant dans la maladie , et qui sont des symptômes accessoires dépendants d'un médicament imparfaitement approprié. Cet inconvénient n'empêche pas, il est vrai, que le remède n'anéantisse une grande partie du mal, c'est^-dire les symptômes morbides semblables aux symptômes médicinaux, et qu'il ne résulte de là un commencement bien prononcé de guérison; mais on n'en observe pas moins la provocation de quelques maux accessoires, qui seulement sont toujours très-modérés quand on a soin d'atténuer assez la dose.

212 BIPOSITION

164. Le petit nombre des symptômes homœopathiques qu'on rencontre parmi ceux du médicament auquel Tabsence d'un autre mieux approprié oblige de recourir, ne nuit jamais à la guérison, quand il se compose en grande partie des symptômes extraordinaires qui distinguent et caractérisent la maladie ; la guérison ne s'ensuit pas moins, sans de graves incommodités.

165. Mais quand, parmi les symptômes du médicament choisi, il ne s'en trouve aucun qui ressemble parfaitement aux symptômes saillants et caractéristiques de la maladie, que le médicament ne correspond à cette dernière qu'à l'égard d'accidents généraux et vagues (mal de cœur, langueur, mal de tête, etc.), et que, parmi les médicaments connus, il n'y en a pas de plus homœopathique dont on puisse faire choix, le médecin ne doit pas s'attendre à un résultat avantageux immédiat de l'administration d'un remède si imparfait.

166. Ce cas est cependant fort rare, parce que le nombre des médicaments dont on connaît les effets purs a beaucoup augmenté dans ces dernière temps, et quand il se rencontre, les inconvénients qui en découlent diminuent dès qu'on peut employer ensuite un remède dont les symptômes ressemblent davantage à ceux de la maladie.

167. En effet, si l'usage du remède imparfaitement homœopathique, dont on se sert d'abord, entraine des maux accessoires de quelque gravité, on ne permet pas, dans les maladies aiguës, que la première dose accomplisse son action tout entière ; avant qu'elle l'ait épuisée, ou examine de nouveau l'état modifié du ma-

lade, et Ton joint ce qui reste des symptômes primitifs aux symptômes récemment apparus, pour former du tout une nouvelle image de maladie.

168. On trouve plus aisément alors, parmi les mé- ' dicaments connus, un remède analogue, dont il suffira de faire usage une seule fois, sinon pour détruire tout

à fait la maladie, du moins pour rendre la guérison bien plus prochaine. Si ce nouveau médicament ne suffît pas pour ramener complètement la santé, on recommence à examiner ce qui reste encore de F état maladif, et l'on choisit ensuite le remède homœopathique le mieux approprié à la nouvelle image qu'on obtient. On continue de même jusqu'à ce qu'on soit arrivé au but, c'est-à-dire à rendre au malade la pleine jouissance de la santé.

169. D peut arriver qu'en examinant une maladie pour la première fois, et choisissant pour la première fois aussi le remède, on trouve que la totalité des symptômes n'est pas suffisamment couverte par les éléments morbiflques d'un seul médicament, ce qui tient au petit nombre de ceux dont l'action pure est bien connue, et que deux remèdes rivalisent de convenance, l'un étant homœopathiquc pour telle partie des symptômes de la maladie, le second l'étant davantage pour telle autre. Cependant il n'est pas proposable d'employer d'abord celui de ces deux remèdes qu'on jugerait être le plus convenable, puis de donner aussitôt après le second, parce que, le» circonstances ayant changé, celui-ci ne conviendrait plus au reste des symptômes encore subsistants, et qu'en pareil cas il faudrait examiner de nouveau l'état de la maladie, pour juger,

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