‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 50 sur 73 · Od donne à ces maladies l'épilhète de locales · texte numérisé non relu

Od donne à ces maladies l'épilhète de locales

parce qu'on les croit des affections exclusivement fixées aux parties extérieures, auxquelles Torganisme prend peu ou point de part, en quelque sorte comme s'il en ignorait l'existence (1).

189. Cependant il suffit de la moindre réflexion pour concevoir qu'un mal externe qui n'a point été occasionné par une grave violence exercée du dehors, ne peut ni nattre, ni persister, ni moins encore empirer, sans une cause interne, sans la coopération de l'organisme entier, sans, par conséquent, que ce dernier soit malade. Il ne saurait se manifester si la santé générale n'était désaccordée, si la force vitale dominante, toutes les parties sensibles et irritables, tous les organes vivants du corps n'y prenaient part. Sa production ne serait même pas concevable si elle n'était le résultat d'une altération de la vie entière, tant les parties du corps sont y intimement liées les unes aux autres et forment un tour

. indivisible, eu égard à la manière de sentir et d'agir. Il ne peut pas survenir une éruption aux lèvres, un panaris, sans que, précédemment et simultanément, il n'y ait quelque dérangement intérieur chez le sujet.

190. Tout véritable traitement médical d'un mal survenu aux parties extérieures du corps sans violence exercée du dehors qui y ait donné lieu, doit donc avoir pour but l'anéantissement et la guérison , par des remèdes internes, du mal général dont l'organisme entier souffre. C'est de cette manière seulement qu'il peut être rationnel, sûr et radical.

(i) C'est là une des nombreuses absurdilés pernicieuses de l'ancienne école.

191. Cette proposition est mise hors de doute par Texpérience^ qui montre que tout remède interne énergique produit y immédiatement après avoir été administré , des changements considérables dans Tétat général du malade, et en particulier dans celui des parties extérieures affectées, que la médecine vulgaire regarde comme isolées, lors même que ces parties sont situées aux extrémités du coi*ps. Et ces changements sont de la nature la plus salutaire : ils consistent dans la guérison de l'homme tout entier, qui fait disparaître en même temps le mal local, sans qu'il soit nécessaire d'employer aucun remède extérieur, pourvu que le remède intérieur qu'on dirige contre l'ensemble de la maladie ait été bien choisi et soit parfaitement homœopathique.

192. La meilleure manière d'arriver à ce but consiste, quand on examine le cas de maladie , à prendre en considération non-seulement le caractère exact de l'affection locale , mais encore toutes les autres altérations qui se remarquent dans l'état du malade sans qu'on puisse les attribuer à l'action des médicaments. Tous ces symptômes doivent être réunis en une image complète , afin qu'on procède à la recherche d'un remède homœopathique convenable parmi les médicaments dont on connaît les symptômes morbides qu'ils sont capables de déterminer.

193. Ce remède, donné uniquement à l'intérieur, et dont une seule dose suffira si le mal est d'origine récente, guérit simultanément la maladie générale du corps et l'affection locale. Un pareil effet de sa part doit nous prouver que le mal local dépendait uniquement d'une maladie du corps entier , et qu'il faut le consi-

dérer comme une partie inséparable du tout , comme un des symptômes les plus considérables et les plus saillants delà maladie générale.

194. 11 ne convient ni dans les afiFections locales aiguës qui se sont développées rapidement, ni dans celles qui existent déjà de longue date , de faire l'application sur la partie malade d'aucun topique quelconque, fût-ce même la substance qui , prise intérieurement , serait homœopathique ou spécifique, et quand bien même on administrerait simultanément cet agent médicinal à rintérieur. Car les affections locales aiguës, comme inflammations, érysipèles, etc., qui ont été produites non par des lésions externes d'une violence proportionnée à la leur, mais par des causes dynamiques ou internes, cèdent d'ordinaire aux remèdes intérieurs susceptibles de faire naître un état de choses interne et externe semblable à celui qui existe actuellement (1). Si elles ne disparaissent pas tout à fait par là, si, malgré la régularité du genre de vie, il reste encore quelque trace de maladie que la force vitale n'ait point le pouvoir de ramener aux conditions de l'état normal, alors l'affection locale aiguë était, ce qui arrive assez souvent , le produit du réveil d'une psore jusqu'alors comme assoupie dans l'intérieur de l'organisme , et qui est sur le point de se manifester sous la forme d'une maladie chronique.

195. Dans ces cas, qui ne sont point rares, il faut, pour obtenir une guérison radicale , diriger un traitement antipsorique approprié à la fois et contre les affections qui persistent encore, et contre les symptômes

(i) Par exemple racomt, le ihus, la belladoone , le mercure , etc.

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que le malade éprouvait ordinairement par le passé. Du reste, le traitement antipsorique interne est seul nécessaire dans les affections locales chroniques qui ne sont pas manifestement vénériennes.

196. On pourrait croire que la guérisôn de ces maladies s'effectuerait d'une manière plus prompte si le moyen reconnu homœopathique pour la totalité des symptômes était employé non-seulement à l'intérieur, mais encore à l'extérieur, et qu'un médicament appliqué sur le point malade même y devrait produire un changement plus rapide.

197. Mais cette méthode doit être rejetée non-seulement dans les affections locales qui dépendent du miasme de la psore , mais encore dans celles qui proviennent du miasme de la syphilis ou de celui de la sycose. Car l'application simultanée d'un médicament à l'intérieur et à l'extérieur , dans des maladies qui ont pour symptôme principal un mal local fixe, a l'inconvénient grave que l'affection extérieure (1) disparaît d'ordinaire plus vite que la maladie interne ; ce qui peut faire croire à tort que la guérisôn est complète , ou du moins rend difficile et parfois même impossible de juger si la maladie totale a été anéantie par le remède donné intérieurement.

198. Le même motif doit faire rejeter l'application purement locale aux symptômes extérieurs d'une maladie miasmatique, des médicaments qui ont le pouvoir de guérir cette dernière, quand on les donne à l'intérieur. Car, si l'on se borne à supprimer localement ceis

(1) L'éruption jpsorique récente, les chancres, les fies.

symptômes , une obscurité impénétrable se répand ensuite sur le traitement interne nécessaire au rétablissement parfait de la santé : le symptôme principal ^ Faffection locale ^ a disparu, et il ne reste plus que les autres symptômes, beaucoup moins significatifs et constants, qui souvent sont trop peu caractéristiques* pour qu'on puisse en tirer une image claire et complète de la maladie.

199. Si le remède homœopathique de la maladie n'était point encore trouvé (1) lorsque le symptôme local a été détruit par la cautérisation, l'excision ou des applications dessiccatives, le cas devient beaucoup plus embarrassant, à cause de l'incertitude et de l'inconstance des symptômes qui restent encore ; car le symptôme externe qui, mieux qu'aucune autre circonstance,' aurait pu guider dans le choix du remède et indiquer combien de temps on doit l'employer à l'intérieur pour anéantir entièrement la maladie, se trouve soustrait à Tobservation.

200. Si ce symptôme existait encore, on^ aurait pu trouver le remède homœopathique convenable à l'ensemble de la maladie ; ce remède une fois découvert, la persistance de l'affection locale annoncerait que la cure n'est point encore parfaite , tandis que sa disparition prouverait qu'on a extirpé le mal jusqu'aux racines, et que la guérison est absolue, avantage qu'on ne saurait assez apprécier.

301 • Il est évident que la force vitale chargée d'une

(1) Comme c'était le cas avant moi pour les remèdes aniisycosiques et aDtipsoriques.

maladie chronique dont elle ne peut triompher par sa propre énergie, ne se décide à faire naître une affection locale dans une partie extérieure quelconque , qu'afin d'apaker, en lui abandonnant des organes dont l'intégrité n'est pas absolument nécessaire à l'existence, un mal interne qui menace de briser les rouages essentiels de la vie et de détruire la vie elle-même. Son but est de transporter en quelque sorte la maladie d'un lieu dans un autre, et de substituer un mal externe à un mal interne. L'affection locale fait taire de cette façon la maladie intérieure, mais sans pouvoir la guérir ni la diminuer essentiellement (1). Le mal local n'est cependant jamais autre chose qu'une partie de la maladie générale, mais une partie que la force vitale organique a fort agrandie, et qu'elle a reportée sur la surface exté* rieure du corps, où le danger est moindre, afin de diminuer d'autant l'affection intérieure. Mais cette dernière n'est rien moins que guérie pour cela : au contraire, elle fait peu à peu des progrès, de sorte que la nature est forcée de grossir et d'aggraver aussi le symptôme local, afin qu'il continue à pouvoir la remplacer jusqu'à un certain point , et lui procurer une sorte de soulagement. Ainsi, les vieux ulcères aux jambes s'agrandissent tant que la psore interne n'est point guérie, -et les chancres augmentent d'étendue tant que

(1) Les cautères des médecins de Pancienne école produisent quelque chose d'analogue. Ces ulcères que Part fait naître à rextérieor apaisent bien plusieurs maladies chroniques intérieures, mais ne les réduisent au silence que pour un laps de temps très-court , sans pouvoir les guérir; d^un aiHre côté, ils afifaiblis§£nt l'organisme, et lui portent une atteinte bien plus profonde que ne le feraient la plupart des métastases provoquées instinctivement pçir laiorce vitale.

la syphilis interne reste sans guérison , à mesure que^ par les progrès du temps, la maladie totale prend plus de développement et acquiert plus d'intensité.

202. Si le médecin , imbu des préceptes de Técole ordinaire , détruit le mal local par des remèdes extérieurs, dans la persuasion où il est de guérir ainsi la maladie tout entière, la nature remplace ce symptôme en donnant Téveil aux souflFrances intérieures et aux autres symptômes qui, bien qu'existant déjà , semblaient n'avoir fait que sommeiller jusqu'alors, c'est-àdire en exaspérant la maladie interne. Il est donc faux que , comme on a coutume de s'exprimer, les remèdes extérieurs aient fait alors rentrer le mal local dans le corps, ou qu'ils l'aient jeté sur les nerfs.

205. Tout traitement externe d'un symptôme local • qui a pour but de l'éteindre à la surface du corps sans guérir la maladie miasmatique interne, qui, par exemple, se propose d'effacer l'éruption galeuse de la peau au moyen d'onctions, de faire cicatriser un chancre en le cautérisant, de détruire un fie par la ligatm*e ou l'application d'un fer rouge, cette pernicieuse méthode, si généralement employée aujourd'hui, est la principale source des innombrables maladies chroniques, portant des noms ou n'en ayant point^ sous le poids desquelles gémit l'humanité entière. C'est une des actions les plus criminelles dont la médecine ait pu se rendre coupable. Cependant on a généralement opéré ainsi jusqu'à ce jour, et Ton n'enseigne même pas d'autre règle de conduite dans les écoles (I).

(1) Car tous les raédicameùts qu'on prescrivait de donner à l'inlérieur en pareil cas, ne servaient qu'à aggraver le mal, puisqu'ils ne

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204. Si Ton excepte les maux chroniques qui tiennent à l'insalubrité du genre de vie habituel, et ces innombrables maladies médicamenteuses (F. 74) qui sont produites par les fausses et dangereuses méthodes de traitement dont les médecins de Tancienne école aiment tant à prolonger l'emploi danâ des affections souvent légères, toutes les autres maladies chroniques, sans exception, dépendent d'un miasme chronique, de la syphilis, de la sycose, mais surtout de la psore, qui se trouvait en possession de l'organisme entier et en pénétrait toutes les parties dès avant même F apparition du symptôme local primitif, éruption psorique, chancre et buboil ou fie, et qui, lorsqu'on lui enlève ce symptôme, éclate inévitablement tôt ou tard, en faisant naître une multitude d'affections dont aucune ne serait aussi fréquente si lesmédecins s' étaient toujours attachés à ^érir radicalement les miasmes eux-mêmes, et à les anéantir dans l'organisme, par des remèdes homœopathiques internes, sans attaquer leurs symptômes locaux par des topiques.

205. Le médecin homœopathiste ne traite jamais les symptômes primitifs des miasmes chroniques, non plus que les maux secondaires résultant de leur .développement, par des moyens locaux agissant d'une manière soit dynamique (1), soit mécanique. Quaç^ les uns ou

possédaient point la vertu spécifique de le guérir dans sa lolalilé, mais que cependant ils attaquaient Forganisrae, l'aflaiblissaienl el lui attiraient d'autres maladies médicamenteuses chroniques.

(i) En conséquenceje ne puis conseiller, par exemple, la deslruclion locale du cancer aux lèvres ou à la face (fruit d'une psore Irèsdéveloppée?) parla pommade arsenicale du frère Côme, non-seulement parce que cette méthode est extrêmement ^douloureuse el échoue soufent , mais encore et surtout parce qu'un pareil moyen dynamique,

les autres viennent à paraître, il s'attache uniquement à guérir le grand miasme qui en est la base ; de cette manière les symptômes primitifs et les symptômes secondaires disparaissent d'eux-mêmes. Mais, comme cette méthode n'était pas celle qu'on suivait avant lui, et que malheureusement il trouve la plupart du temps les symptômes primitifs (1) déjà effacés à l'extérieur par les médecins qui l'ont précédé, il a le plus souvent à s'occuper des symptômes secondaires, des maux provoqués par le développement des miasmes, et surtout des maladies chroniques nées d'une psore interne. Je renvoie sur ce point à mon Traité des maladies chroniques^ dans lequel j'ai indiqué la marche k suivre d'une manière aussi rigoureuse qu'il était possible à un seul homme de le faire après de longues années d^expérience, d'observation et de méditation.

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