Si ce qui précède est vrai, le médecin homceo
(!) Quaudon prend desioformalionsde cq gttnre.il ne Itul pas s'en laisser imposer par les assertioas des malades et de leurs pareats, qui assignent pour causes aux maladies chroniques, m ellespliisinTëtërËes, un refroidissement subi Ion . vant, une frayeur éprouvée jadis , un effort, un cba sont beaucoup Irop petites pour engendrer une mal un corps sain, l'y enlrelenir pendant des années ei plus grande d'année en année, comme il arrive k chroniques provenant d'une psore développée. De meut imporlanles que cellcs^i doivent avoir présii aux progTËs d'un mal chronique grave et opiniâtre, et celles qui viennent d'être énumérées sont propres (out au ptus^ lirer un miasme chrooique de son assoupi ssemtnl léthargique.
pathiste doit encore s'informer des traitements allopathiques auxquels la personne atteinte de maladie chronique a pu être soumise jusqu'alors, des médicaments qui ont élé mis en usage de préférence et le plus fréquemment, des eaux minérales auxquelles on a eu recours et des effets qu'en a produits l'usage. Ces renseignements lui sont nécessaires pour concevoir jusqu'à quel point la maladie a dégénéré de son état primitif, corriger en partie ces altérations artificielles, s'il est possible d'y parvenir, ou du moins éviter les médicaments dont on a fait abus jusqu'à ce moment.
208. La première chose à faire ensuite, c'est de s'enquérir de l'âge du malade, de son genre de vie, de son régime, de ses occupations, de sa situation domestique, de ses rapports sociaux, etc. On examine si ces diverses circonstances contribuent à accroître le mal, et jusqu'à quel point elles peuvent favoriser le traitement ou lui être défavorables. On ne négligera pas non plus de rechercher si la disposition d'esprit et la manière de penser du malade naettent obstacle à la guérison, s'il faut leur imprimer ime autre direction, les favoriser ou les modifier.
209. C'est seulement à la suite de plusieurs entretiens consacrés à se procurer tous ces renseignements préalables, que le médecin cherche à tracer, d'après les règles exposées précédemment, un tableau aussi complet que possible de la maladie, afm de pouvoir noter les symptômes saillants et caractéristiques d'après lesquels il choisit le premier remède antipsorique ou autre, en prenant pour guide, au début du traitement, l'analogie aussi grande que possible des symptômes.
. 210. Alapsore se rapportent presque toutes les maladies que j'ai appelées autrefois partielles, et qui paraissent plus difficiles à guérir en raison de ce caractère même, consistant en ce que tous leurs autres accidents disparaissent devant un grand symptôme prédominant. Ici se rangent les maladies de l'esprit et du moral. Ces affections ne forment cependant point une classe à part et tout à fait séparée des autres : car Tétat du moral et de l'esprit change dans toutes les maladies appelées corporelles (1), et l'on doit le comprendre parmi les symptômes principaux qu'il importe de noter, quand on veut tracer une image fidèle de la maladie, d'après laquelle on puisse ensuite la combattre hpmœopathiquement avec succès.
21 1 . Cela va si loin que l'état moral du malade est souvent ce qui décide surtout dans le choix à faire du remède homœopathique : car cet état est un symptôme caractéristique, un de ceux que doit le moins laisser échapper un médecin habitué à faire des observations exactes.
(1) Combien de fois ne renconlre-l-on pas des malades qui, bien qu'en proie depuis plusieurs années à des afiections très-douloureuses, ont conservé néanmoins une humeur douce et paisible, de sorte qu'on se sent pénétré de respect et de compassion pour eux^? Mais, quand on a Dridmphé du mal, ce qui est souvent possible par la méthode homœopathique, on voit parfois éclater le changement de caractère le plus affreux j et reparaître l'ingr^ititude , la dureté de cœur, la méchanceté rafûnée, les caprices ré vollanls , qui étaient le lot du sujet avant qu'il ne tombât malade. Souvent un homme , patient quand il se portait bien , devient emporté, violent, capricieux, insupportable, ou impatient et désespéré, lorsqu'il tombe malade. H n'est pas rare que la maladie hébèt'e l'honune d*esprit , qu'elle fasse d'un esprit faible une tête plus capable , et d'un être apathique un homme plein dftprésence d'esprit et de résolution.
212. Le créateur des puissances médicinales a eu singulièrement égard aussi à cet élément principal de toutes les maladies, le changement de Tétat du moral et de l'esprit : car il n'existe pas un seul médicament héroïque qui n'opère un changement notable dans l'humeur et la manière de penser du sujet sain auquel on l'administre , et chaque substance médicinale en produit un différent.
215. On ne guérira donc jamais d'une manière conforme à la nature , c'est-à-dire d'une manière homœopathique, tant qu'à chaque cas individuel de maladie , même aiguë, on n'aura pas simultanément égard au symptôme du changement survenu dans l'esprit et le moral, et qu'on ne choisira point pour remède un médicament susceptible de provoquer par lui-même, nonseulement des symptômes pareils à ceux de la maladie, - mais encore un état moral et une disposition d'eq[)rit semblables (1).
214. Ce que j'ai à dire du traitement des affections de l'esprit et du moral se réduira donc à peu de chose : car on ne peut pas les guérir autrement que toutes les autres maladies, c'est-à-dire que , dans chaque cas individuel, il faut leur opposer un remède ayant une puissance morbifique aussi semblable que possible à celle de la maladie elle-même , eu égard à l'effet qu'il produit sur le corps et sur l'âme des personnes en santé. '
(1) yaooQÎt produit rarement, jamais même, une guérison rapide et durable , quand l'humeur du malade est égale et paisible; ni la noix Tomique , quand le caractère est doux et flegmatique; ni la pulsatille, quand il est gai , serein et opiniâtre ; ni la fève de Saint-Ignace, quand Thumeur est invariable et peu sii^ette à se ressentir soit du chagrin, soit de la frayeur.
"ils. Presque toutes les maladies qu'on appelle affections de Fesprit et du moral ne sont autre chose que des maladies du corps dans lesquelles TaltératioD des Êicullés morales et intellectuelles est devenue tellement piédominante àur les autres symptômes, dont la diminution a lieu plus ou moins rapidement, qu'elle finit par prendre le caractère d'une maladie partielle et presque d'une affection locale.
216. Les cas ne sont point rares, dans les maladies dites corporelles qui menacent l'existence, comme la suppuration du poumon, l'altération de tout autre viscère essentiel, la fièvre puerpérale , etc., où, le symptôme moral augmentant rapidement d'intensité, la maladie dégénère en une espèce de manie, de mélancolie ou de fiireur, ce qui éloigne le danger de mort résultant jusque-là des symptômes physiques. Ceux-ci s'amendent au point d'en revenir presque à l'état de santé, ou plutôt ils diminuent tellement qu'on ne peut plus s'apercevoir de leur présence qu'en mettant beaucoiq[> de pei'sévérance et de finesse dans ses observations. De cette manière , ils dégénèrent en une maladie pailielle et pour ainsi dire locale, dans laquelle le symptôme moral, auparavant très-léger, a pris une prépondérance telle qu'il est devenu le plus saillant de tous, qu'il tient en grande partie la place des autres, et qu'il apaise leiur violence en agissant sur eux à la manière d'un palliatif. En un mot, le mal des organes grossiers du corps a été transporté aux organes presque spirituels de l'âme, qu'aucun anatomiste n'a pu atteindre encore et n'atteindra jamais de son scalpel.